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Armand Robin des bois…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la musique trad’ et du bigorneau marinière réunis, bonjour ! Ainsi nous sommes au dernier jour de nivôse, Jeudi 19 Janvier 2017, dédié au crible, cet instrument qui servait à tamiser la farine. Demain débute pluviôse et, Oh miracle!, il ne pleut pas sur Brest…

Allez, saluons un gars d’chez nous: Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren). Traducteur, écrivain et poète libertaire. Je lui emprunte ces quelques mots pour vilipender le petit con qui a agressé Valls à Lamballe, au nom d’une pseudo idéologie identitaire bretonne: « Je ne suis pas breton, français, letton, chinois, anglais; Je suis à la fois tout cela. Je suis homme universel et général du monde entier. . .»
Passionné par l’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant (on dit qu’il était capable de lire 22 langues). Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant Armand_Robindes rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels. Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, il avait 49 ans, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris. Quant à la malle de papiers retrouvée dans sa chambre le lendemain, on raconte qu’elle fut envoyée à la décharge publique sur ordre du commissaire.

Il revenait volontiers à Rostrenen (29) où il avait ses racines. Insomniaque, on le trouvait dans le fournil de Joseph Berthelot et un peu plus tard, à Campostal où Jean Kergrist et Christian Gautier l’ont croisé. Témoignage : « Tous les vendredis soir, notre cousin Job le combat littéraireBerthelot, boulanger-pâtissier place du centre à Rostrenen, venait en char à banc à la ferme chercher un pot de crème pour garnir ses gâteaux du dimanche. [...] Un vendredi soir, alors que nous rentrions de l’école à bicyclette, Job nous parla longuement d’un poète, Armand Robin, qui, la nuit, le visitait en son fournil. Armand, insomniaque, venait y chercher la chaleur du four, mais aussi celle du cousin Job. De leurs conversations, nous n’eûmes droit qu’à des bribes. Des histoires de blé, de farine, de chevaux qui mâchonnent leur trèfle et de « temps qu’il fait ». Le monde d’Armand Robin parlait, la nuit, à celui de mon cousin Job. Par ricochets, nous en parvenait un reflet, « surgi du fond du peuple armé du fouet des mots ».
Ce témoignage de Jean Kergrist est extrait de la revue Hopala ! N° 40, septembre novembre 2012
Armand Robin aurait rajouter: « En de très vieux temps où je parus exister, on prétendit m’avoir rencontré … Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue.»
Vous pouvez lire Le Combat libertaire, ouvrage paru sous son nom, et qui s’articule autour de sa poésie engagée, autrement dit ce qu’il nommait lui-même Les Poèmes indésirables. Cette édition établie par Jean Bescond et présentée par Anne-Marie Lilti vaut par sa cohérence, réunissant un ensemble de textes, articles et traductions qui parurent pour l’essentiel dans les revues et éditions anarchistes de 1945 à 1955. Chez Jean-Paul Rocher éditeur. Par ailleurs, un site lui est dédié.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète à souvent raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’hypotypose et du merlan frit réunis, bonjour! Nous sommes le dimanche 19 janvier 2014, 30è et dernier jour de nivôse dans le calendrier républicain, officiellement dédié au Crible. Passer au crible ou au tamis est devenu très tôt une métaphore pour désigner un examen sévère, qui « sépare le bon grain de l’ivraie ». L’apologue des trois tamis de Socrate nous rappelle la nécessité de réfléchir avant de la ramener et, beaucoup de blogueur devraient s’en inspirer. Demain débute pluviôse mais, sans attendre, il pleut sur Brest, étonnant, non !

Allez, saluons un gars d’chez nous: Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren) c’est à dire à proximité de Rostrenen dans le Finistère. Traducteur, écrivain et poète libertaire. Passionné par 72005178_pl’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant (on dit qu’il était capable de lire 22 langues). Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant des rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels. Ecoutons Michel Ragon nous parler de Robin au cours d’une émission de France Culture, « la fabrique de l’histoire » en 2011:

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Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, il avait 49 ans, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris. Quant à la malle de papiers retrouvée dans sa chambre le lendemain, on raconte qu’elle fut envoyée à la décharge publique sur ordre du commissaire.

Il revenait volontiers à Rostrenen où il avait ses racines. Insomniaque, on le trouvait dans le fournil de Joseph Berthelot et un peu plus tard, à Campostal où Jean Kergrist et Christian 72006187_pGautier l’ont croisé. Et lui de dire : « En de très vieux temps où je parus exister, on prétendit m’avoir rencontré »… Et, ailleurs: « Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue« .  Vous pouvez lire Le Combat libertaire, ouvrage paru sous son nom, et qui s’articule autour de sa poésie engagée, autrement dit ce qu’il nommait lui-même Les Poèmes indésirables. Cette édition établie par Jean Bescond (voir le site ) et présentée par Anne-Marie Lilti vaut par sa cohérence, réunissant un ensemble de textes, articles et traductions qui parurent pour l’essentiel dans les revues et éditions anarchistes de 1945 à 1955. Chez Jean-Paul Rocher éditeur.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.