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Poètes, vos papiers…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis des gymnopédies et de la trois-fromages réunies, bonjour! Nous sommes le jeudi 04 décembre 2014, 14è jour de frimaire dédié au sapin… Bien entendu, si vous êtes pataphysicien, nous sommes en réalité  le Mercredi 4 Sable 142 *Ste Barbe (femme à), femme-canon. L’avenir de l’Homme étant de plus en plus compromis (je vous invite à prendre connaissance du document signalé par Rem*) il nous reste la poésie…

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ici Rainer-Maria RILKE… Je profite de ce quatre décembre, jour anniversaire de sa naissance, en 1875 à Prague, pour en remettre une couche. En 1896, il part pour Munich et rencontre un an plus tard, Lou-Andréa Salomé, qui a alors trente-six ans. Leur amour enflammé se transforme progressivement en amitié réciproque et en admiration mutuelle se poursuivant jusqu’à la fin de leur rilkevie. En 1897, il change de prénom : de René Maria, il devient Rainer Maria. Il voyage en Italie puis en Russie avec Lou et son mari. Il rencontre à cette occasion Léon Tolstoï. Je suis un admirateur inconditionnel de l’oeuvre de Rilke, que j’ai eu la chance de découvrir très tôt à travers les élégies de Duino. Rilke fut sans doute le poète allemand le plus important de la première moitié du XXème siècle. Son oeuvre,introvertie, est une longue méditation sur les événement essentiels de l’existence humaine, et en particulier, la mort, qui lui semblait le point culminant auquel toute vie doit préparer. «Donne à chacun sa propre mort/La mort née de sa propre vie, où il connut l’amour et la misère…» « car nous ne sommes que l’écorce, que la feuille,le fruit qui est au centre de tout, c’est la grande mort, que chacun porte en soi» écrit-il dans Le Livre de la Pauvreté et La mort. En voici un extrait :

Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre
et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;
et aucun d’eux n’a vu la pauvre grimace
qui s’est substituée au fond des nuits sans nom
au sourire heureux d’un peuple plein de foi.
Ils vont au hasard, avilis par l’effort
de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,
et leurs vêtements s’usent peu à peu,
et leurs belles mains vieillissent trop tôt.

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Assez tôt considéré comme un maître par les autres poètes, il n’en demeura pas moins pendant très longtemps peu lu, et doit, en particulier en France, sa notoriété à un recueil de lettres Les lettres à un jeune poète , publié après sa mort par Franz Xaver Kappus, avec qui il avait correspondu. Rilke y ouvre son cœur à quelqu’un qu’il ne connaissait pratiquement pas, avec une confiance et une justesse de ton, qui ne peuvent pas laisser indifférent. Il y parle encore de la mort, rilke peinturemais aussi de l’amour, de la solitude, et de la création, avec une profondeur qui fait encore de cet ouvrage une source où toute une jeunesse en quête d’une spiritualité sans dogme vient s’abreuver. A gauche, son portrait par Paula Modersohn-Becker. Il nourrit des amitiés vivantes avec quelques-uns des créateurs les plus novateurs de son époque, en particulier, Auguste Rodin, dont il fut le secrétaire, et dont il admirait la force de travail et la volonté, et Marina Tsvetaeva, dont il décela le génie avant tout le monde et avec qui il entretint quelques mois une correspondance d’une altitude et d’une liberté à la mesure de ces deux grands esprits contemporains. Afin de parachever sa biographie de poète et de lui assurer une traversée des siècles sans encombre, il mourut (lui qui avait écrit un recueil en Français sur les jardins, Verger) du fait des suites d’une mauvaise piqûre de rose qui dégénéra en leucémie, et au seuil de la mort, refusa les soins thérapeutiques qui auraient pu lui éviter la souffrance, de peur de voir lui échapper «sa propre mort.».(Piers Tenniel) Sources:Wiki et pierdelune.com

Allez, merci de votre, vos visites, portez vous bien et à demain peut-être.

POUR FAIRE LE PORTRAIT D’UN…POETE.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des gymnopédies et de la trois-fromages réunies, bonjour!

Nous sommes le 04 décembre, 14è jour de frimaire dédié au sapin…

Je m’étais engagé il y a quelque temps déjà à consacrer un billet à Rainer-Maria RILKE…Je profite de ce quatre décembre, jour anniversaire de sa naissance, en 1875 à Prague, pour m’y atteler.

En 1896, il part pour Munich et rencontre un an plus tard, Lou-Andréa Salomé, qui a alors trente-six ans. Leur amour enflammé se transforme progressivement en amitié réciproque et en admiration mutuelle se poursuivant jusqu’à la fin de leur vie. En 1897, il change de prénom : de René Maria, il devient Rainer Maria. Il voyage en Italie puis en Russie avec Lou et son mari. Il rencontre à cette occasion Léon Tolstoï.

Je suis un admirateur inconditionnel de l’oeuvre de Rilke, que j’ai eu la chance de découvrir très tôt à travers les élégies de Duino.

 

 

Rilke fut sans doute le poète allemand le plus important de la première moitié du XXème siècle. Son oeuvre,introvertie, est une longue méditation sur les événement essentiels de l’existence humaine, et en particulier,la mort, qui lui semblait le point culminant auquel toute vie doit préparer. «Donne à chacun sa propre mort/La mort née de sa propre vie, où il connut l’amour et la misère…»« car nous ne sommes que l’écorce,que la feuille,le fruit qui est au centre de tout, c’est la grande mort,que chacun porte en soi» écrit-il dans Le Livre de la Pauvreté et La mort. En voici un extrait :

 

Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre
et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;
et aucun d’eux n’a vu la pauvre grimace
qui s’est substituée au fond des nuits sans nom
au sourire heureux d’un peuple plein de foi.

Ils vont au hasard, avilis par l’effort
de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,
et leurs vêtements s’usent peu à peu,
et leurs belles mains vieillissent trop tôt.

Assez tôt considéré comme un maître par les autres poètes, il n’en demeura pas moins pendant très longtemps peu lu, et doit, en particulier en France, sa notoriété à un recueil de lettres Les lettres à un jeune poète , publié après sa mort par Franz Xaver Kappus, avec qui il avait correspondu. Rilke y ouvre son coeur à quelqu’un qu’il ne connaissait pratiquement pas, avec une confiance et une justesse de ton, qui ne peuvent pas laisser indifférent. Il y parle encore de la mort, mais aussi de l’amour, de la solitude, et de la création, avec une profondeur qui fait encore de cet ouvrage une source où toute une jeunesse en quête d’une spiritualité sans dogme vient s’abreuver. A gauche, son portrait par Paula Modersohn-Becker.

Il nourrit des amitiés vivantes avec quelques-uns des créateurs les plus novateurs de son époque, en particulier, Auguste Rodin, dont il fut le secrétaire, et dont il admirait la force de travail et la volonté, et Marina Tsvetaeva, dont il décela le génie avant tout le monde et avec qui il entretint quelques mois une correspondance d’une altitude et d’une liberté à la mesure de ces deux grands esprits contemporains.

Afin de parachever sa biographie de poète et de lui assurer une traversée des siècles sans encombre, il mourut (lui qui avait écrit un recueil en Français sur les jardins, Verger) du fait des suites d’une mauvaise piqûre de rose qui dégénéra en leucémie, et au seuil de la mort, refusa les soins thérapeutiques qui auraient pu lui éviter la souffrance, de peur de voir lui échapper «sa propre mort.».(Piers Tenniel)

Sources:Wiki et pierdelune.com

voilà, un peu de poésie en ce dimanche pluvieux. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.