Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “restauration”

Page 1 de 1

Je retourne ma vesce…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

, , ,

Amis de la conscience éclairée et du maréchage réunis, bonjour ! Tiens, histoire de déroger un peu à la haute tenue traditionnelle qui a fait la vicia_cracca_5réputation de ce blogue, commençons par une histoire de vesces. Eh oui, nous sommes le mercredi 16 juillet 2014, 28è jour de Messidor que Fabre d’Eglantine avait imaginé consacrer à la vesce, plante herbacée appartenant à la famille des Fabacées  dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères ou comme légumineuses. Par exemple, la fève que nos cousins Québecois appellent « Gourgane » et que les anciens glissaient à l’intérieur des galettes des rois. Étonnant, non !

Justement, à propos de rois, je constate qu’un fois de plus et, nonobstant la commémo de notre 14 juillet révolutionnaire, le consommateur est élu le roi des c… Car, enfin est sorti, dimanche, au Journal officiel, le décret (2014-797 du 11 juillet 2014 relatif à la mention «fait maison »…) visant à pousser les restaurants à indiquer si leurs plats sont « faits maison » ou pas. Dès mardi, les restaurateurs devront s’y conformer, en apposant un logo « fait maison » sur leur screen_shot_2014-07-14_at_6.41.58_pm_0carte. Un sacré progrès hein, madame Michu !  Et bien non.  Car se serait oublier que les lobbies de l’agroalimentaire sont passés par là. Et à lire le texte de ce décret, un restaurant pourra afficher fièrement le logo « fait maison » tout en servant des plats à base de sauces en poudre, de viande hachée industrielle ou de poissons surgelés. On peut y lire en effet: « Peuvent entrer dans la composition d’un plat “fait maison” les produits qui ont été réceptionnés par le professionnel : épluchés, à l’exception des pommes de terre, pelés, tranchés, coupés, découpés, hachés, nettoyés, désossés, dépouillés, décortiqués, taillés, moulus ou broyés ; fumés, salés ; réfrigérés, congelés, surgelés, conditionnés sous vide. » Résultat des courses, le bougnat qui «réceptionne» un failli morceau de Colin surgelé et qui le passe au four en compagnie d’une poignée de carottes déja préparées pourra arborer fièrement le fameux logo «fait maison»… A l’heure où les blogueurs se font condamner pour avoir critiquer la prestation d’un restaurant, il y a vraiment de quoi retourner sa vesce… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.