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Chauds, les marrons, chauds…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la criticature et de la vanille-fraise réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 15 septembre 2015, 29è jour de Fructidor dédié au 220px-Le_marchand_de_marrons4marron. Le marron c’est un peu comme la  madeleine de Proust; il suffit de l’évoquer pour percevoir cette odeur particulière qui nous titillait les narines. Je me souviens très bien, à Douarnenez, du père Hernandez qui vendait ses marrons grillés dès les premiers frimas. Il installait son brasero au coin de la place du marché en criant: Chauds, chauds les marrons… En été il faisait de la glace et se déplaçait dans une magnifique carriole tirée par un vieux cheval. Il faisait partie de ces réfugiés espagnols qui avaient fini par s’implanter pour de vrai quand bien même, au fond du regard du vieil homme on y voyait encore l’ombre de la nostalgie et:
Des pavés de flamenco aux gestes anarchiques
Les rythmes du jazz-band pour les paralytiques
Les tam-tams de l´Afrique à portée de guitare
De l´eau fraîche et de l´ombre à jurer pour y croire
Une rue de Madrid avec des fleurs fanées
Un fusil de trente-six qui revient s´y traîner. Manuel de Falla mis en musique par Ferré (L’espoir).

Ce 15 septembre est aussi la date anniversaire de la disparition de Suzanne Chevet (1972):

Militante socialiste, résistante, syndicaliste et anarchiste. Fille d’un père syndicaliste et mutualiste, elle est née en Anjou (date indéterminée). Elève de l’Ecole Normale d’Institutrices d’Angers, elle devient institutrice, mais n’enseignera pratiquement pas. Elle commence à militer au sein du Parti Socialiste (tendance Marceau Pivert), puis se fixe à Saint-Malo, où elle travaille dans les bureaux du service de chevet_suzyl’emploi. Parallèlement, elle s’occupe des Auberges de Jeunesse et en créera une à Saint-Malo. En 1938, elle participe aux Comités d’aide à la révolution espagnole. En 1941, elle est révoquée de l’enseignement et assignée à résidence. Après avoir mis sa fille en sûreté, elle organise une filière d’évasions passant par l’île anglo-normande de Jersey. Arrêtée par la Gestapo en 1942, elle est transférée à Angers mais réussit à s’évader et à rejoindre Lorient où, sous une fausse identité, elle arrive à travailler dans les bureaux du STO (Service du Travail Obligatoire) jusqu’à la Libération. Position stratégique qui lui permet de renseigner utilement la Résistance.
Après la Libération, elle arrive à Paris où elle a du mal à retrouver un poste d’enseignante. Elle finit par trouver un emploi au Ministère du Travail. En 1945, elle rencontre Maurice Joyeux qui va devenir son STO IIcompagnon. Elle va dès lors militer à ses côtés au sein de la Fédération anarchiste française et animer le « Groupe de L’Ouest » qui deviendra le « Groupe Louise Michel ». Elle est initiée en franc-maçonnerie à la loge « Raspail » du Droit humain à Paris, puis s’affilie à la loge « Louise Michel ». Elle militera également à « La Libre Pensée » ainsi qu’à « La Ligue des Droits de l’Homme » et prendra part en 1947 à la création du syndicat « Force Ouvrière » où elle sera membre de la commission exécutive de la région parisienne. Organisatrice de nombreux galas de soutien à la Fédération anarchiste, elle prend part à la création de la revue « La Rue » et collabore également au « Monde Libertaire » dans lequel elle anime la rubrique culturelle. Sources.

Allez, merci d’être passé par ici (si, si, ça fait plaisir) portez vous bien et à demain peut-être.

Entre ici Jean…ZAY

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la satirologie et du pain bénit-oui-oui réunis bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce jeudi 28 mai 2015, 9è jour de prairial, que nos amis fleurs serpoletrépublicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…

Ainsi donc voici panthéonisés quatre méritants supplémentaires. L’un d’entre eux a déjà fait l’objet de plusieurs billets sur ce blogue: Jean ZAY. Le cénobite, qui adore se faire des amis, décide de vous offrir une de ses œuvres plutôt que de rééditer l’éloge panégyrique que délivrent toutes les télés. Jean ZAY,  né le 6 août 1904 à Orléans, d’un jean Zay gauchepère lorrain et d’une mère issue d’une famille protestante orléanaise, fut un brillant élève avant de devenir journaliste au Progrès du Loiret, le quotidien radical que dirige son père et d’entamer en 1928 une carrière d’avocat. Il y traite quelques difficiles procès d’assises tout en continuant à militer activement au parti radical. Situé à l’aile gauche de son parti, favorable à l’alliance avec les socialistes, ses amis se nomment Pierre Cot ou Pierre Mendès-France. En 1932, Jean Zay, est élu député du Loiret. Juif, franc-maçon (initié à la loge Etienne Dolet), partisan de l’union des gauches et du soutien à l’Espagne républicaine, anti-munichois, Jean Zay est à peine entré en politique qu’il est déjà, pour une certaine droite, l’homme à abattre. 

Le poème qui suit a été écrit en 1924 par Jean Zay. Aujourd’hui, il vaudrait à son auteur amende et prison, pour injure au drapeau français. Mais, que l’on ne se méprenne pas en cherchant ici l’écho des diatribes d’extrême droite glaviotant sur le complot judéo-maçonnique; tel Céline qui se plaisait à dénoncer en 1938 dans L’École des cadavres le « négrite juif Jean Zay » en ajoutant au terme d’un délire verbal : « Mites ! Larves ! Je vous Zay ! », au lieu de « Je vous hais ». Non, « En un temps on l’on parle de crise des « valeurs républicaines », dans le relativisme ambiant , le grand mérite civique du Drapeau de Zay est qu’il nous aide à identifier et combattre tous les porteurs de drapeaux ennemis de la France républicaine, à différencier les patriotes des antipatriotes, les antifascistes des fascistes, l’esprit de résistance de l’esprit de collaboration. Il nous permet de donner l’exemple de « l’homme qu’il sut être » : un républicain et un patriote qui sut s’engager à l’âge d’homme dans la guerre contre les fascismes totalitaires alors qu’il aimait tant la paix depuis sa jeunesse. Ce n’est pas sans vertu patriotique. » Olivier Loubes – historien.

Le drapeau 

Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays,
Quinze millions dans tous les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?

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Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicle sous tes plis
Je te hais au nom des squelettes…
Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais à cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.

Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs

Extrait de Les Respects. 6 mars 1924.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Juste quelqu’un de bien…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des blés dorés et de la crèpe de froment réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 27 juillet, 9è jour de Thermidor dédié à la mûre. L’été étant le temps des rediffusions et de la légitime paresse, je vous propose un billet déjà paru.

Le 27 juillet 1949, mort de Jean ROUMILHAC dans un accident de voiture   à Aix-en-Provence. Militant libertaire français, Il naît le 2 novembre 1892, à Compreignac (Haute-Vienne), dans une famille de paysans limousins. J’ai beaucoup de sympathie et même d’admiration pour ce libertaire éloigné des clichés de l’anarchiste poseur de bombes. Très jeune, il fréquente les libertaires de Limoges puis part à Paris faire des études commerciales. Il séjourne ensuite en Angleterre où il s’initie à la technique des filatures. De retour en France au moment de la guerre, il est alors réformé et profite de ses activités commerciales pour voyager en Espagne où il entre en contact avec les groupes anarchistes de Bilbao et de Barcelone. Après la première guerre mondiale, il crée à Marseille sa propre filature « La Compagnie du Fil de Lin », les 250 employés qui la composent bénéficient alors de nombreuses mesures sociales. Il reste fidèle malgré ses responsabilités patronales à ses amitiés libertaires, et c’est tout naturellement qu’il apporte son aide aux anarchistes espagnols après le déclenchement de la révolution en Espagne le 19 juillet 1936, effectuant de nombreux voyages à Barcelone. Il est le premier président de S.I.A. (Solidarité Internationale Antifasciste) fondée par Louis Lecoin. En 1939, après la défaite du camp républicain, il se dépense sans compter pour faire libérer le plus grand nombre possible de réfugiés espagnols des camps de concentrations français, et embauche plusieurs libertaires espagnols dans sa filature. En 1940, il crée « la Fraternelle agricole provençale », et poursuit sa solidarité en hébergeant de nombreux républicains espagnols et en créant des colonies d’accueil pour les enfants. Parallèlement à ses activités, il prend part au mouvement de résistance « Combat ».

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Arrêté en novembre 1941, et emprisonné durant l’hiver 41-42, il parvient à s’enfuir et à poursuivre des actions de résistance dans les Alpes. A la Libération, il reprend la direction de sa filature tout en continuant à apporter son aide aux réfugiés. Il était également un membre actif de la Franc-maçonnerie depuis 1920. Jean Roumilhac, fut initié à l’âge de 28 ans après une entrée atypique, ayant connu la Maçonnerie par la Grande-Bretagne. Il travailla dans la Loge La Parfaite Union du Grand Orient de France à Marseille, dont il fut vénérable en 1935. Il fut élu au conseil de l’ordre en 1937 puis en 1946, élu enfin grand maître adjoint de l’ordre en novembre 1948.

Voila un personnage qui a toute sa place dans notre galerie. Allez, n’hésitez pas à repasser par ici, c’est ouvert tout l’été. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

PETIT COUP DE GUEULE…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis des colères homériques et du bouillon de poule réunis, bonjour !
Nous sommes le 16 janvier 2012, 27è jour de nivôse dédié au plomb et vous me faites l’amitié de jeter un œil sur le billet quotidien des « cénobites tranquilles ».
C‘est le 861è de la série et, comme vous, 40 000 autres visiteurs ont bien voulu s’y attarder un moment. Je ne dirais jamais assez l’indicible bonheur que cela me procure. Infime goutte d’eau dans l’océan chimérique d’internet, minuscule bloguinet tentant d’apporter sa pierre à l’édification d’une conscience universelle qui donnerait aux peuples la force de se débarrasser de tous ces malfaisants qui se sont accaparé  notre droit imprescriptible à disposer de nous mêmes…
Voilà pourquoi je continue et continuerai à présenter ma galerie de portraits des Proudhon, Louise Michel, Kropotkine, Bakounine et tant d’autres. Les résistants, les indignés. Ils n’avaient pas Free mais ils avaient tout compris.

Combien de temps encore les damnés de la terre supporteront-ils ce système qui, non content d’engraisser quelques uns avec la sueur des autres, s’ingénie à détruire notre planète ? Ce sont les mêmes qui font monter la menace du terrorisme pour justifier la guerre. Ce sont les mêmes qui exagèrent les risques de pandémie pour vendre leurs vaccins. Ce sont les mêmes qui louent les mérites des OGM pour forcer le commerce de leurs semences. Ce sont les mêmes qui polluent, qui déforestent, qui délocalisent, qui font travailler les mômes en Inde et au Pakistan pour un salaire de misère. Ce sont les mêmes qui laissent crever les habitants de Gaza et qui s’apprêtent à foutre sur la gueule de l’Iran parce que là bas il y a du pétrole qu’on ne peut tout de même pas laisser entre les mains de ces enturbannés.
Ils tiennent popotte à Bilderberg ou aux diners du Siècle, ils pantouflent dans les agences de notation, ils sinécurent dans les conseils d’administration, ils font du gras dans les salons dorés de l’Europe ou de la République, notre République. La leur, celle des copains et des coquins s’est couchée depuis longtemps, comme une vielle catin à la resquille devant sa majesté Le Marché. Marché de dupes bien entendu, qui pratique la théorie du pâté d’alouette ; enrichissement pour les déjà riches, austérité pour les toujours pauvres.
Résultat des courses, je m’emporte, je vitupère, et ça, c’est pas bon pour mes artères. Je m’en vais donc reprendre la taille de mes hortensias comme le sage sur sa montagne en attendant des lendemains qui chantent.
Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

UN VIEUX MONSIEUR INDIGNE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’Acratie* et des raisins de
corinthe réunis, bonjour !


*L’Acratie est un terme très
ancien quasi synonyme de Anarchie mais dépourvu de la
connotation de chaos que l’on attribue trop rapidement à cette belle
idée.


Ce lundi 15 novembre correspond au 25è
jour de brumaire dédié au faisan. C’est sans doute pour cela que je
me suis décidé à préparer des…Cailles aux raisins. L’esprit de
contradiction qui anime ce blogue se retrouve jusque dans la cuisine.


Aujourd’hui, pour satisfaire
« oui-oui », lectrice assidue de ce blogue, je veux
évoquer un vieux monsieur encore vivant et dont la jeunesse ne cesse
d’étonner. Stéphane HESSEL.

Diplomate, ambassadeur, grand
résistant, il a collaboré à la rédaction de la déclaration
universelle des droits de l’homme, celle de 1948. Peut-être les rédacteurs se sont-ils inspiré du cylindre de Cyrus rédigé en -539 par le créateur de la Perse et considéré comme la première charte des droits de l’homme ?

Il est né à
Berlin en 1917 dans une famille de la grande bourgeoisie allemande.
Et voilà t-il pas qu’à 93 ans, il publie un petit livre des plus
réjouissants sous le titre « Indignez vous  !»
(chez Indigène Editions, 32 pages et seulement 3 euros), petit
opuscule qui pourrait être sous titré: traité à l’usage des
jeunes générations.

Sa maman n’est autre que l’héroïne de
Jules et Jim, le célèbre roman de Henri-Pierre Roché dont
Truffaut fit le non moins fameux film avec Jeanne Moreau. Prisonnier
évadé en 1940, résistant lors de la seconde guerre mondiale,
Hessel rejoint le général de Gaulle à Londres en mai 1941. Fin
mars 1944, il est envoyé en mission en France. Quelques mois plus
tard, il est arrêté, déporté en Allemagne (train du 8 août), à
Buchenwald, d’où il échappe à la pendaison, après avoir échangé
son identité avec celle de Michel Boitel ; puis à Dora, où il
échappe aussi à la pendaison. Enfin, lors de son transfert vers
Bergen-Belsen  il saute du train et parvient aux lignes américaines
à Hanôvre d’où il est renvoyé à Paris.

Stéphane Hessel a signé l’appel collectif de résistants de la
première heure à la commémoration du 60e anniversaire
du Programme du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944.
Ce texte invite notamment « les jeunes générations à faire
vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux
toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. »

Le 21 février 2008, sur la place de la République à Paris,
Stéphane Hessel dénonce le non-respect de l’article 25 de la
Déclaration universelle des Droits de l’Homme par le Gouvernement
français et lance un appel pour que le Gouvernement mette des fonds
à disposition pour que tous les sans-logis puissent obtenir un toit.

Indignez vous ! Réunit de brefs discours sur la
résistance, le sens de l’histoire, l’engagement, la Palestine. Avec
des mots simples, sans emphases, juste le rappel de quelques
convictions. « L’immense écart qui existe entre les très
pauvres et les très riches…Le traitement fait aux immigrés, aux
sans-papiers, aux Roms…La bande de Gaza, la Jordanie
»
voilà à ses yeux des raisons actuelles de s’indigner.

Procurez vous ce petit livre et faites moi part de vos
commentaires, je suis preneur. En attendant, bonne lecture, portez
vous bien et à demain peut-être.

TOUT CE QUI EST EXCESSIF EST DERISOIRE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la psychiatrie institutionnelle et du canard à l’orange réunis, bonjour !

Tout ce qui est excessif est dérisoire ! Je crois que l’on doit cette sage parole à Pierre-Augustin Caron, plus connu sous le nom de Beaumarchais.

Ceci pour évoquer avec vous une idée qui m’est venu alors que j’attendais d’être servi au café-bar-tabac-presse-épicerie de mon village. Au coin du bar un convive se plaignait que la France était désormais en régime fasciste. Ce à quoi son acolyte (j’ai failli écrire alcoolyte) lui répondait que ça avait le goût du fascisme, la couleur du fascisme mais que non, quand même pas…
A peine avais-je rejoins mes pénates que je me suis rué sur les dictionnaires pour y trouver ceci: « Fascisme: mouvement politique ou régime hiérarchisé s’appuyant sur un pouvoir fort, prônant un Etat sécuritaire, le corporatisme, l’exaltation du sentiment nationaliste et une politique réactionnaire« . Cela m’a rappelé quelque chose.
Poursuivant mes recherches je suis tombé sur cette photo prise pendant les dernières manifestations et je me suis dit in petto, tiens, on dirait que l’idée
fait son chemin ! Et comme le dit Carlita, est-ce possible alors. Le point de vue de notre pilier de bar (faut suivre) est-il aussi excessif que son copain le laisse entendre. Et si dans le tréfonds des consciences populaires une petite voix était en train de s’éveiller ? Ami entends tu le cri sourd du pays qu’on enchaîne ? Et si les hommes et les femmes de cette vieille nation républicaine décidaient que basta, ça suffit. Et si le moment était venu d’organiser la résistance, et si on allait à l’île de Sein prendre un bateau pour l’Angleterre, et si…Et si ma tante, oui, bon ça va ! On a bien le droit de rêver, non ?

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

UN PICON SINON RIEN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la République républicaine et de l’appenzeller réunis, bonjour !

Oui nous sommes le 6 août et donc, le 19 de thermidor qui est généralement dédié à la gentiane. Magnifique fleur d’un bleu inégalable et dont les racines servent à plusieurs préparations dont le fameux Picon qui lui même entre dans l’alchimie du trop fameux PBC, Picon-Bière-Citron.


Je profite donc de cette date anniversaire pour vous parler d’une grand monsieur qui mérite bien de venir compléter notre galerie de portraits: Jean ZAY.

Né le 6 août 1904 à Orléans,
d’un père lorrain d’origine juive et d’une mère issue d’une famille
protestante orléanaise, il fut un brillant élève au lycée
Pothier, puit il devient journaliste au Progrès du Loiret, le
quotidien radical que dirige son père, avant d’entamer en 1928 une
carrière d’avocat au barreau d’Orléans. Il y traite quelques
difficiles procès d’assises tout en continuant à militer activement
au parti radical, où il relance la section d’Orléans des Jeunesses
laïques et républicaines. Situé à l’aile gauche de son parti,
favorable à l’alliance avec les socialistes, ses amis se nomment
Pierre Cot ou Pierre Mendès-France. En 1932, Jean Zay, est élu
député du Loiret.

Juif, franc-maçon initié à la
loge Etienne Dolet, partisan de l’union des gauches et du soutien à
l’Espagne républicaine, anti-munichois, Jean Zay est à peine entré
en politique qu’il est déjà, pour une certaine droite, l’homme à
abattre.

Nommé ministre de l’Education
nationale et des Beaux-Arts de juin 36 à septembre 39, il est le
plus jeune membre du gouvernement de Léon Blum . Partisan de l’école
unique et de l’égalité des chances pour tous, il instaure la
scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, l’harmonisation des
programmes et le rapprochement des filières. L’orientation se fait
selon les goûts des élèves, les effectifs sont réduits,
l’éducation physique devient obligatoire et l’après-midi de plein
air est créée. Par deux circulaires, Jean Zay s’inscrit contre les
propagandes politiques et religieuses à l’école. Son action dans le
domaine culturel et scientifique est tout aussi novatrice : aide à
la création du CNRS,
démocratisation des musées, politique de la
lecture et défense d’un droit d’auteur, projet de statut du cinéma
et d’un festival de Cannes…

Quand il démissionne de son
poste de ministre pour rejoindre l’armée et s’embarquer le 20 juin
1940 avec 27 autres parlementaires pour continuer à servir la France
depuis le Maroc, le régime de Vichy s’empare de l’événement pour
faire de Jean Zay et de ses amis des fuyards et des déserteurs.
Arrêté le 16 août 40 à Rabat, dans un climat terrible d’hostilité
à la République, il est condamné, le 4 octobre, à la déportation
à perpétuité» après un simulacre de procès. Le 20 juin 44, Jean
Zay est assassiné par des miliciens lors d’un transfert de prison.
Il faudra pourtant attendre jusqu’en 1994 pour que la vérité
historique soit clairement établie.

Son assassin lui, sera condamné au bagne à perpétuité. Mardi dernier j’évoquais ici même les relents Vichystes que je pressentais dans la politique actuelle de nos gouvernants…Jean Zay était le type même du bouc émissaire que la vieille droite revancharde voulait accrocher à son tableau de chasse après avoir « rater » Dreyfus. Aujourd’hui, si vous êtes Roms, musulmans,un peu bronzé et sans papiers…Faites attention en traversant la rue.

Allez, passez une bonne fin de semaine, portez vous bien et à demain peut-être.

EST-CE AINSI QUE LES HOMMES VIVENT ?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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J‘ai beau chercher, je ne trouve pas mieux…Pour moi, elle reste la plus belle quel que soit l’interprète. J’avoue tout de même avoir une petite préférence pour Marc Ogeret. Oui, en effet, on est en droit de se poser la question. Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Exploités, courbés, saignés aux quatre veines, ils en redemandent. Il y a pourtant longtemps que le philosophe nous mettait en garde contre la « servitude volontaire » mais rien n’y fait, il faut qu’ils y retournent. Cela fait plus de 450 ans qu’Etienne de la Boëtie, qui n’avait que 18 ans à l’époque, écrivit son discours dans lequel il posait la question: Comment se peut-il que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ».

Aujourd’hui on nous explique, paroles d’experts à l’appui, qu’il va falloir travailler davantage et plus longtemps et plus longtemps encore pour une retraite pas garantie du tout. Et pour faire passer la pilule amère, on va vous donner de la télé et des jeux sur internet .La Boétie condamne ainsi ces « drogueries »: Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie. On dirait vraiment qu’il parle de TF1 !

Mais fort heureusement, La Boëtie ouvre une porte à l’espoir, celle de la résistance:Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s’empêcher de le secouer; qui ne se soumettent jamais à la sujétion (…) Ceux-là ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière, ni devant; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l’avenir.

Je subodore, amis visiteurs que vous faites partie de ceux là et que ce modeste blog que vous me faites la joie de consulter saura vous encourager à pousuivre dans la voie de la résistance. Amen !

Allez  tiens, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, le samedi matin c’est le jour du marché. Portez vous bien et a demain peut-être. Ah oui, mon secrétariat me demande de vous rappeler que vous pouvez toujours voter pour ce blog, colonne de droite en haut, mais vous le saviez…

MANOUKIAN, 21 FEVRIER…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Missak Manouchian est né dans une famille de paysans Arméniens en Turquie. Enfant, il perd son père, probablement tué par des militaires turcs lors du génocide Arménien.  Missak écrit des poèmes et, avec son ami arménien Semma, il fonde deux revues littéraires, Tchank (l’Effort) et Machagouyt (Culture), où ils publient des articles concernant la littérature Française et Arménienne ; ils traduisent Baudelaire Verlaine et Rimbaud en arménien. À la même époque, Missak et Semma s’inscrivent à la Sorbonne comme auditeurs libres.

En1934, Missak adhère au parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du comité de secours pour l’Arménie  qui relève en fait de la MOI (main d’œuvre immigrée). Il devient alors un militant permanent. C’est là qu’il rencontre Mélinée qui deviendra sa compagne.

Au moment de la guerre, il semble qu’en tant qu’étranger, il ait été affecté dans une usine de la région de Rouen en qualité de tourneur. Mais rentré à Paris, après la défaite de juin 1940, il reprend ses activités militantes, devenues illégales puisque le parti communiste est interdit depuis septembre 1939. Il est arrêté au cours d’une rafle anticommuniste avant le 21 juin, date de l’invasion de l’URSS par les Allemands. Interné au camp de Compiègne, il est libéré au bout de quelques semaines, aucune charge n’étant retenue contre lui.

Il devient alors responsable politique de la section arménienne clandestine de la MOI dont on ne connaît guère l’activité jusqu’en 1943. En février 43, Manouchian est versé dans les FTP-MOI, groupe des francs-tireurs et partisans main d’oeuvre immigrée de Paris : il s’agit de groupes armés constitués en avril 42. Le premier détachement où il est affecté comporte essentiellement des Juifs roumains et hongrois et quelques Arméniens.

En juillet 43, il devient commissaire technique des FTP-MOI parisiens puis en août, il est nommé commissaire militaire, à la place de Boris Holban. On doit mettre l’actif de son groupe l’exécution, le 28 septembre 43, du général Julius RITTER, adjoint pour la France de Fritz SAUKEL, responsable de la mobilisation de la main-d’œuvre (STO). Les groupes de Manouchian accomplissent près de trente opérations en plein Paris d’août à la mi novembre 43.

Les Renseignements Généraux, après avoir  réussi deux coups de filet en mars et juillet 1943, purent mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement complet des FTP-MOI parisiens à la mi-novembre avec 68 arrestations dont celles de Manouchian et Joseph Epstein. Au matin du 16 novembre, Manouchian est arrêté. Sa compagne Mélinée parvient à échapper à la police. Missak Manouchian, torturé, et vingt-trois de ses camarades sont livrés aux Allemands.

Missak ­Manouchian meurt fusillé à 38 ans. Après avoir refusé qu’on leur bande les yeux, les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 44. Seule Olga Bancic, vingt-troisième membre du groupe, fut décapitée à la prison de Stuttgard le 10 mai 44.

Dans la foulée de ces exécutions, la propagande allemande placarde 15 000 exemplaires de ces fameuses affiches rouges portant en médaillons noirs les visages de dix fusillés. Au centre, la photo ­de Manouchian, avec cette inscription : « Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés. ».

Mais l’affaire de l’Affiche rouge, placardée sur les murs de Paris par l’ennemi, produit l’effet contraire à celui escompté : pour toute la Résistance, elle devient l’emblème du martyre. Chacun se souvient du magnifique texte d’Aragon mis en musique par Léo Ferré non moins magnifiquement.

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Bon, ben c’est pas gai tout ça. Il est vrai que le temps ne pousse pas à la franche rigolade. Ici on a coutume de dire: « Quand tu vois Ouessant, c’est qu’il va pleuvoir, quand tu la vois plus, c’est qu’il pleut ! ». En tous cas, depuis plusieurs mois, il pleut le matin, le soir, la nuit…Les jours où cela s’améliore, c’est qu’il neige ! Allez, merci de votre visite, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tous les jours, portez vous bien et à demain peut-être.