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ça branle dans le manche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du marais poitevin et du p’tit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 23 juin 2015, cinquième jour de Messidor, habituellement dédié au mulet. Attention, pas le poisson hein. Non non, cette bonne vieille mule issue d’une jument trait mulassier poitevin et d’un baudet du Poitou, c’est la plus grande et la plus forte des mules. la mule du Poitou. Autrefois fleuron de la production mulassière française et reconnue dans le monde entier, elle a failli disparaître. Il y avait la mule du pape, voici celle du Poitou.

Quand le peuple divorce de ses représentants…

Le 23 juin 1848 éclatent à Paris de violentes émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux. Leur répression, très brutale, consacre la rupture entre la classe ouvrière et le régime républicain. Les Ateliers nationaux ont barricadesété créés le 28 février par le gouvernement provisoire de la IIe République en vue de procurer aux chômeurs un petit revenu en échange d’un travail symbolique. Là-dessus se déroulent les élections législatives, les 23 et 24 avril. Ce sont les premières élections au suffrage universel (masculin). Contre toute attente, elles amènent à l’Assemblée une forte majorité de notables provinciaux très conservateurs… Le 10 mai, dans l’attente d’une Constitution, le gouvernement provisoire cède la place à une Commission exécutive issue de l’Assemblée.

Cette Commission compte cinq membres, des républicains de mérite qui vont être dépassés par les événements et surtout écrasés par la pression de l’Assemblée : François Arago, président de la Commission et chef d’État virtuel, Garnier-aragoPagès, Marie, Lamartine et Ledru-Rollin. L’administration des Ateliers nationaux est confiée à un conservateur, Marie, qui va s’employer à les disqualifier. Tandis que les effectifs employés croissent de 25.000 à près de 120.000, on ne leur confie aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée. Les bénéficiaires pavent et dépavent les rues en contrepartie d’un franc par jour. Désœuvrés, ils refont le monde et cultivent qui les idées bonapartistes, qui les idées socialistes.

La Commission décide donc le 20 juin 1848 de supprimer les Ateliers nationaux avec l’espoir d’étouffer ainsi l’agitation ouvrière. C’est le contraire qui se passe. 20.000 ouvriers descendent dans la rue le 23 juin 1848 et forment jusqu’à 400 barricades. Le général Cavaignac engage une terrible insurgésrépression, à la mesure de l’effroi qu’éprouvent les bourgeois de l’Assemblée. Au total, du 23 au 26 juin, trois jours de combats feront 4.000 morts parmi les insurgés et 1.600 parmi les forces de l’ordre. Aujourd’hui, la bourgeoisie est devenue d’État, composée de hauts fonctionnaires, d’énarques, d’experts de l’expertise, de politicards consanguins (mais pas sans gains), de technocrates, européens ou pas. Mais leur rapacité est la même. Gageons que l’avenir ne se soldera pas de la même façon.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Veni creator et chasuble d’or…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’octuple sentier et du ris basmati réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 14 avril 2015, 25è jour de Germinal dédié au pigeon. Certains, cependant, vous diront que ce jour est en réalité le Lundi 23 Clinamen 142 Locus Solus; soyez sûr que ce sont là des pataphysiciens.

Le 14 avril 1834 l’armée reconquiert progressivement la ville et attaque pour la troisième fois le quartier de la Croix Rousse, massacrant de nombreux ouvriers. Quelques jours plus tôt, à Lyon, début de la seconde insurrection des Canuts. Après l’échec des grèves de février puis le vote de la loi contre les associations ouvrières, le jugement des meneurs de février, ce 9 avril, met le feu aux poudre. L’armée occupe la ville et lescanuts droite ponts, mais déjà les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers organisés prennent d’assaut la caserne du Bon-Pasteur, et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à la Croix Rousse. C’est le début de la « Sanglante semaine ». Trois ans plus tôt, Le 21 novembre 1831, éclatait sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle allait se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique, interprétée ici par Marc Ogeret.

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Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini. Il sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que canuts gaucheles soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisé avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué. En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation. ». Et alors, 180 ans plus tard, où en sommes nous… A vous de juger ! A lire, le livre de Jacques Perdu aux éditions Spartacus.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Poètes, vos papiers…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la poésie et de l’ormeau poêlé réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 24 octobre 2013, troisième jour de Brumaire dédié à la poire. L’actualité n’a vraiment rien de réjouissant par les temps qui courent. La série Léonarda commence sérieusement à me les briser menu, les états d’âme de l’équipe de France de fouteballe m’en touchent une sans faire bouger l’autre, et l’union sacrée contre les portiques écotaxe me confirme dans l’idée qu’on nous prend vraiment pour des perdreaux de l’année… Ecoutez Victor JARA avant de lire la suite.

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Pourtant, une brève a attiré mon attention de cénobite scrupuleux, toujours à la recherche de la petite bête. La justice du Qatar, un pays qui s’est posé en fervent soutien des soulèvements du Printemps arabe, a condamné hier un poète à 15 ans de prison pour un poème jugé critique envers le régime des Al-Thani. La Cour de cassationimages-1 de Doha a confirmé la peine de 15 ans de prison prononcée en appel contre Mohamed al-Ajmi, alias Ibn al-Dhib, pour « un poème du jasmin » saluant le Printemps arabe et exprimant l’espoir qu’il s’étende aux monarchies du Golfe. « Il a été condamné en cassation à 15 ans de prison », a déclaré à l’AFP son avocat, Néjib al-Naïmi. 15 ans de prison ferme. Oui. Pour un simple petit poème d’une quinzaine de vers, soit un ratio de un an de prison par vers. Cela donne une idée du tarif de la liberté au pays du cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani. « Ainsi, il aura suffi d’un «petit poème» pour mettre à nu le régime de Doha.  Et, sur ce coup, le sourire «marketing» de Beckham n’occultera pas le verbe flamboyant de cet homme révolté. Oui, lui, Mohammed Al Ajami. Le griot qui a refusé d’être un «poète de cour». » extrait de:  El Watan.

Allez, c’est sympa d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.