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Contre les coliques, votez saint Yvi…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’épigramme* et du veau marengo réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 06 octobre 2014 qui correspond au 15è jour de Vendémiaire dédié à l’âne… *Ex :

« Ils sont à table
 Ils ne mangent pas
 Ils ne sont pas dans leur assiette
 Et leur assiette se tient toute droite
 Verticalement derrière leur tête. »
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Paroles – La Cène)

En Bretagne on célèbre saint Yvi ce qui, bien évidemment, n’a rien à voir. En effet, la tradition désigne le moine breton Ivi comme le fondateur de Pontivy. Venu du monastère écossais de Lindisfarne au 7e siècle, il aurait édifié un oratoire sur les bords du Blavet. C’était, nous dit-on, un grand voyageur ce qui explique qu’on en fit le patron des touristes… De son petit monastère et du pont construits par ses soins naquit une modeste bourgade qui devint une 300px-StIvi1-185x300ville lorsque les vicomtes de Rohan la choisirent pour être la capitale de leur fief : « Pont Ivi ». Fils de Branon et d’Egida, de lignée noble, il refuse le métier des armes. Fait diacre par
l’évêque Cuthbert de Lindisfarme (Holy Island, sur la côte de Nothumberland), il se retire au monastère de Lindisfarme. La vie érémitique le tente et il s’embarque pour la Bretagne. Il serait mort vers l’an 700 à Saint-Yvi (29). Ses reliques seront ramenées en Angleterre et placées dans l’église du monastère de Wilton (comté de Wilts). Ce serait l’un des derniers saints d’origine insulaire à avoir émigré en Bretagne. Son culte était bien répandu si l’on en juge par le nombre de lieux dont il est l’éponyme, comme Pontivy (56), Loquivy en Lannion (22), Loguivy-Plougras (22), Saint-Divy (29).

Dans le Trégor on l’invoquait contre les coliques des jeunes enfants : « leur chemise était jetée dans l’eau de sa fontaine, au bord du Léguer ; si les manches flottaient, la guérison était assurée. » Dans le Finistère, une chapelle et une fontaine sont dédiées à  fontaine-saint-ivy-lannionSaint Evy (avatar probable de Saint Ivy) dans le village de Saint Evy en Saint-Jean-Trolimon (canton de Pont-Labbé). On peut raisonnablement penser que la chapelle a été construite sur une source reconnue « guérisseuse » antérieurement à l’ère chrétienne. Son eau est en effet censée détenir des vertus dont celle d’améliorer le sort des rhumatisants. Mais il faut respecter la coutume. Le pèlerin doit d’abord effectuer trois fois le tour du sanctuaire. Ensuite, il consomme de l’eau et s’en jette sur les membres atteints. Le jour du pardon, le 15 août, nombreux étaient ceux qui suivaient le rituel.  En voilà un qui ne devrait pas tarder à rejoindre ses potes du côté de Carnoët dans la désormais fameuse « vallées des saints ». Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

ADIEU L’EMILE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la raison pure et des causes perdues réunies, bonjour !

En ce mercredi 28 juillet, je voulais vous entretenir d’un brestois, disparu lui aussi dans les oubliettes de l’histoire: Emile MASSON, né un 28 juillet en 1869.
Né à Brest, il n’est pas élevé en breton et n’apprendra la langue que plus tard non sans avoir obtenu deux licences, en philosophie et en anglais.
A Paris il fréquente les mouvements dreyfusard, anarchistes, antimilitaristes et se lie d’amitié avec Elisée Reclus, Kropotkine et Romain Rolland. Il deviendra professeur d’anglais au lycée de Pontivy entre 1904 et 1921. On lui doit la création de la revue « Brug » (bruyère), revue anarchiste en langue bretonne.Il a traduit une brochure d’Elisée Reclus « à mon frère paysan » en dialectes Léonard et Vannetais.
Son oeuvre est toute axée sur la libération de l’homme, il accorde une place essentielle à l’éducation et se réfère sans cesse aux concepts de pédagogie, humanisme, tolérance, non violence…Il y a du Gandhi chez Emile Masson. On peut se demander pourquoi cet écologiste avant l’heure, antimilitariste en pleine boucherie de 14/18, féministe déclaré, socialiste ET breton, intellectuel original et prolixe (il faut lire « l’utopie des iles bienheureuses dans le Pacifique ») a disparu des mémoires.
Plus qu’oublié, il semble avoir été refoulé de la mémoire collective des uns et des autres tant ses idées refusaient la simplicité et le manichéisme, le bien et le mal. Parce que il était athée ET tolérant, parce que son nationalisme breton était la voie vers l’internationalisme, parce que ses idées anarchistes étaient faites d’amour et de fraternité;
Bref, Emile Masson emmerdait tout le monde et particulièrement le petit monde de gauche franchouillard et Jacobin. Dans « Brug » en 1914, il écrit ceci: « …Les ouvriers manifestent pour leur langue un mépris de civilisés et les intellectuels bretons, nourris aux lettres françaises et latines, considèrent qu’un honnête homme (un bon français) commence par cesser d’être breton.« 
Il va mourir à Paris le 9 février 1923. Son fils Michel Masson a été maire de Pontivy. Il est intéressant de relire « Les bretons et le socialisme » paru aux éditions Maspero accompagné d’une présentation de Jean-Yves Guiomar. Un recueil de textes et de lettres où la question nationale bretonne se mêle au socialisme libertaire.

Tout à fait autre chose…

Message personnel pour Stéphanie et sa machine à pâtes. Vous savez la dame dont on cause dans les magazines et qui est directrice générale du site « dans ma cuizine », vous trouverez le lien colonne de droite. Donc, hier soir, réalisation de fettucini all’Arancio. Un peu de beurre dans une sauteuse, y verser les zestes d’oranges et la menthe émincée, sel et poivre…Rajouter le jus d’orange, laisser réduire. Une fois les pâtes al dente, on mélange le tout et on saupoudre de parmigiano-reggiano…C’est un vrai régal.

Bon et bien, je vous abandonne à vos méditations, mes tomates réclament leurs soins quotidiens et Dieu sait qu’il n’y a pas plus susceptible que la tomate…Allez, portez vous bien et à demain peut-être.