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TOUS LES GOUTS DOUX SONT DANS LA NATURE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la poésie érotique et du riz pilaf réunis, bonjour !

Nous sommes le 18 novembre, 28è de brumaire dédié au coing… Pendant que les banksters qui nous gouvernent continuent d’ajouter les réformes aux réformes, l’austérité à la rigueur et la chienlit au menu quotidien des peuples qui n’en peuvent mais… Le cénobite se retourne plein de zénitude vers les chemins de la poésie… Vous ai-je déjà parlé de cette merveilleuse poétesse, enlevée à l’affection de ses admirateurs bien trop tôt ?

 

Renée Vivien, née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 », est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.

Renée Vivien était la fille d’une mère américaine et d’un père britannique fortuné qui mourut en 1886, lui laissant un héritage qui la mettait à l’abri du besoin. Après sa scolarité (au cours de laquelle elle se fait remarquer par son attachement pour son amie Violet Shillito) effectuée d’abord à Paris, ensuite à Londres, elle retourne, à sa majorité s’établir à Paris dans un luxueux appartement avenue du Bois de Boulogne donnant sur un jardin japonais. Elle voyagea beaucoup à travers le monde. Ainsi, le Japon, Mytilène et Constantinople figuraient au nombre de ses destinations préférées. Elle eut une relation orageuse avec Natalie Barney, qu’elle quitta, trouvant ses infidélités trop stressantes, refusant même, à son retour des États-Unis de la revoir. Natalie, qui ne se résigna jamais à cette séparation, devait faire des efforts acharnés jusqu’à la mort de Renée pour tenter de la reconquérir, y compris en lui envoyant des amis communs plaider en son nom.

Elle eut, en revanche, une liaison plus stable avec la richissime baronne Hélène de Zuylen, pourtant mariée et mère de deux fils. En effet, Hélène lui apporta un équilibre émotif et une stabilité bénéfiques à sa création littéraire, rédigeant même quatre ouvrages en collaboration avec elle sous le pseudonyme collectif de Paule Riversdale.

Alors qu’elle était toujours avec Zuylen, Vivien reçut une lettre d’une mystérieuse admiratrice stambouliote, Kérimé Turkhan Pacha, l’épouse d’un diplomate turc d’où s’ensuivit, quatre ans durant, une correspondance intense, passionnée, suivie de brèves rencontres clandestines. En 1907, la baronne la quitta brusquement pour une autre femme, donnant lieu à toutes sortes de commérages dans la coterie lesbienne de Paris. Profondément choquée et humiliée, Vivien s’enfuit avec sa mère au Japon et à Hawaï, tombant sérieusement malade au cours du voyage. Le départ en 1908 de Kérimé pour Saint-Pétersbourg, pour suivre son mari en poste, mettant un terme à leur liaison, fut un nouveau coup dur pour Renée. Elle se tourna de plus en plus vers l’alcool, la drogue et les fantasmes sadomasochistes. De mystérieuses frasques sexuelles la laissant des jours entiers sans repos, elle recevait à des dîners au champagne des invités qu’elle abandonnait aussitôt qu’une amante exigente la faisait demander.

« À l’instar de Natalie Barney, plus connue parce que plus mondaine, Renée Vivien a radicalement rejeté les valeurs machistes de son temps pour créer un univers exclusivement féminin, organiser des soirées littéraires et tenter de recréer un cénacle de poétesses à l’image de celui qu’à animé Sappho au VIe siècle avant Jésus-Christ. Ensuite et surtout parce qu’elle est la première femme, plus de vingt siècles après Sappho, à avoir bâti toute son oeuvre sur l’affirmation de son amour pour les femmes, à une époque où le discours lesbien était l’apanage des hommes. De ce fait, elle peut être considérée comme un véritable précurseur, un pilier de la culture lesbienne contemporaine. » extrait du site Gouts-doux.fr

Lors de son séjour à Londres en 1908, elle tente de se suicider au laudanum après s’être allongée sur son canapé en tenant un bouquet de violettes sur son cœur. Souffrant de gastrite chronique, due à des années d’abus d’alcool et d’hydrate de chloral, elle avait également commencé à refuser de s’alimenter. Au moment de sa mort, elle pesait à peine plus de 30 kilos. Morte au matin du 18 novembre, âgée de 32 ans, le décès fut attribuée, à l’époque, à une « congestion pulmonaire », mais sans doute attribuable à une pneumonie compliquée par l’alcoolisme, la toxicomanie et l’anorexie mentale.

« Dans mon âme a fleuri le miracle des roses.
Pour le mettre à l’abri, tenons les portes closes.
Je défends mon bonheur, comme on fait des trésors,
Contre les regards durs et les bruits du dehors.
 »

voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LE CERCLE DES POETES RETROUVES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du club des poètes disparus et du poulet basquaise réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 26 octobre, 5è jour de brumaire dédié à l’oie…En Belgique, ils n’ont toujours pas de gouvernement mais ils ont des poètes… Pour agrémenter notre galerie de portraits, aujourd’hui quelques mots à propos de NORGE, décédé un 26 octobre, pseudo de Georges MOGIN, grand poète belge dont de très beaux textes furent interprétés par Jeanne MOREAU. Par exemple: Fille d’amour. .

 

«  La poésie ne verra peut-être jamais les îles promises, mais elle demeure au sommet du grand mât la vigie passionnée. Elle connait les vagues par leur nom. L’équipage s’endort. Elle veille.  »

Ou encore:

«Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ca ne va pas tout seul:
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre
Et qui préfèrent crever.
À la fin j’arrive à avoir beaucoup d’ordre,
Et presque plus d’idées.»

Géo Norge

En compagnie de Raymond Rouleau, il fonde, en 1925, le théâtre du Groupe libre, un groupe avant-gardiste et éphémère qui mettra en scène Cocteau, entre autres. Norge meurt à Mougins, en 1990, précédé de quelques années par sa femme. Il est enterré dans le cimetière du Grand Jas à Cannes.

 «Avec Henri Michaux, Geo Norge est le poète contemporain belge qui a le plus contribué à la vitalité de la poésie francophone. Comme il ne se prenait pas beaucoup au sérieux, on a souvent tendance à ne pas le prendre au sérieux. C’est un tort : sa poésie, pour légère qu’elle puisse paraître (dans le sens où la poésie de Charles Cros, de Germain Nouveau ou de Jules Laforgue est légère) n’en rend pas moins compte d’une palette étendue de bouleversements intérieurs, où, entre autres, la foi et le désespoir ont chacun leur tour. Comme René Depestre, Max Jacob, Desnos, il ne joue pas au poète, il est « le plus naturellement du monde poète » et plutôt que d’essayer de nous impressionner par des acrobaties verbales, il voudrait bien nous parler et nous rejoindre. Sa langue colorée, charnelle, vivante, joueuse, sa « langue verte » pour emprunter le titre d’un de ses livres publiés à la NRF, y parvient le plus souvent.» Piers Tenniel

La vie et l’oeuvre de Norge ont été évoquées par son ami Marc Alyn dans la collection « Poète d’Aujourd’hui » de Pierre Seghers. C’est donc une poésie très neuve qui caractérise Norge, elle a pour modèles la chanson populaire et les fables, s’attache à décrire, à force d’argot, des anecdotes de la vie des gens simples, ceux d’en-bas, et se moque continuellement de la poésie « noble », c’est-à-dire de presque toute la poésie.

Et bien voila pour ce mercredi, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

UN DANDY PAS MANCHOT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du dandysme et de la crevette rose réunis, bonjour !

Nous sommes le 16 octobre, vous pouvez encore ne pas voter Hollande, ce jour correspond au 25 de vendémiaire, aimablement dédié au bœuf.

C‘est aussi l’anniversaire de la naissance de Oscar Fingal O’Flaherty Wills Wilde, plus connu sous le nom de Oscar WILDE et j’en profite pour évoquer cette figure de l’anticonformisme libertaire.

Oscar Wilde est né à Dublin en 1854. Il est le fils d’un chirurgien irlandais de réputation internationale. Sa mère, Jane Francesa Elgee, est une poètesse pleine de ferveur nationaliste, qui dans les années 1840, soutient la cause irlandaise face à l’Angleterre. Après des études classiques au Trinity College à Dublin, où déjà il fait preuve d’une forte personnalité et se distingue des autres étudiants par l’extravagance des ses vêtements, Oscar Wilde est admis à l’université d’Oxford. Il a notamment comme professeur John Ruskin, l’un des porte-paroles d’un mouvement culturel qui estime que l’art ne doit être que recherche du Beau, sans aucune préoccupation morale ou sociale. Oscar Wilde est un élève brillant et distingué. Il a les cheveux longs, porte des cravates lavallière et orne les boutonnières de ses costumes d’un œillet, d’un lis ou d’un chrysanthème.

Esprit subtil et excentrique, dandy d’une rare élégance, sa célébrité devient grande dans les milieux culturels et aristocratiques londoniens qui accueillent avec ravissement ses premiers Poèmes (1881). Il devient très vite l’un des théoriciens de « l’art pour l’art », et le chef de file des « esthètes ». Il est ainsi invité à donner une série de conférences aux Etats-Unis sur l’esthétisme.

De retour en Europe, il s’installe à Paris, où il écrit deux pièces de théâtre (la Duchesse de Padoue, 1883), Véra ou les Nihilistes, 1883) . Il rencontre les principaux écrivains français de l’époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, et Hugo. De retour à Londres (1884), il épouse l’une de ses admiratrices, Constance Lloyd. Ils auront deux enfants. Il s’emploie également à défendre la cause féministe. Il est à noter qu’il fut Franc-Maçon et, ce fut donc le 16 février 1875 qu’Oscar Wilde fut proposé à l’Appolo University Lodge par Sinclair Franklin Hood et John Edward Courtenay Bodley. Le vote revint favorable. Wilde dut bénéficier d’une dérogation car il avait moins de 21 ans. Il fut initié la semaine suivante. Il atteind le 2e Degré le 24 avril 1875 et fut élevé à la Maîtrise le 25 mai de la même année. Il rejoignit la Churchill Lodge en novembre 1875. Il y remplit des charges comme Inner Guard (littéralement garde intérieur) en 1876 et Junior Deacon (Diacre) en 1877. Membre également de l’Oxford University Chapter n°40 (Rite Ecossais), il y atteint le Grade de Rose Croix (18e). A gauche, la célèbre statue de Merrion square à Dublin.

Pour ses enfants, il organise des bals costumés et écrit des contes. Il publie également des nouvelles (le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires, 1891), un essai (Intentions, 1891) et aussi son seul roman (le Portrait de Dorian Gray, 1891). On lui doit aussi la célèbre pièce Salomé, créée par Sarah Bernhardt. Le portrait de DORIAN GRAY lui vaut une très grande notoriété, mais le public anglais, choqué, lui reproche l’immoralité de certains personnages.
En 1895, Oscar Wilde décide de porter plainte en diffamation contre le Marquis de Queensberry, le père d’Alfred Douglas, son amant. Ce procès tourne mal. Finalement c’est le Marquis de Queensberry qui porte l’affaire devant les tribunaux, accusant Wilde de pervertir son fils . Oscar Wilde est condamné pour délit d’homosexualité à 2 ans de travaux forcés le 27 mai 1895. Il purgera cette peine dans la très répressive prison de Reading, au sud de l’Angleterre. Il sort de prison le 19 mai 1897, et s’exile en France, à Berneval, près de Dieppe. C’est un homme brisé et ruiné. Il prend pour pseudonyme le nom de Sebastian Melmoth. Il publie en 1898, la ballade de la geôle de Reading, un témoignage émouvant sur sa douleur de prisonnier. Il meurt à Paris, en 1900 dans la misère et la solitude. Il est enterré au Père Lachaise a Paris, où il repose sous un étrange sphinx aîlé de l’américain Jacob Epstein (photo de droite). Le visage, vu de face, évoque les traits de l’écrivain à la fin de sa vie. Cette sculpture fut « interdite de séjour » durant six ans par le préfet de Seine en raison du sexe masculin apposé à cet ange, sexe mutilé en 1961 par un prude ou un collectionneur. On raconte qu’il servit un temps de presse-papiers au conservateur du cimetière. et sa tombe est célèbre parce qu’elle est pleine des empreintes des baisers de toutes ses admiratrices.

Voilà, maintenant, jetez vous sur ses œuvres, portez vous bien et à demain peut-être.

CES ETRES LA SONT ADORABLES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du symbolisme décadent et du jambon de Bayonne réunis, bonjour!

C‘est aujourd’hui le trentième et dernier jour de thermidor, dédié au moulin. A l’heure où vous lirez ce billet (pour ceux qui suivent au jour le jour les aventures du cénobite) je serai sur la route des vacances avec ma belle amie. Nous abandonnons quelques jours les brûmes d’Avallon pour visiter nos amis d’Euskadi. Pour l’heure je voulais vous inviter à profiter de cette période estivale pour délaisser un peu vos ordinateurs et vous plonger dans un beau recueil de poésie. J’ai opté pour Jules Laforgue dont la misogynie au 18è degré me comble d’aise à chaque fois.

 

Je me souviens d’un soir d’hiver dans un manoir proche de Dinard, alors que la soirée traînait en longueur et que le feu crépitait faiblement dans la grande cheminée de granit. On refaisait le monde à notre manière quand l’un de nous récita ce poème et pour beaucoup ce fut une découverte. Le récitant s’appelait Bernard Lavillier et fit plus tard la carrière que vous savez.

Un couchant des Cosmogonies ! 
Ah ! que la Vie est quotidienne...

 Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
 Comme on fut piètre et sans génie...

On voudrait s'avouer des choses,
Dont on s'étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu'on s'entendrait à travers poses.

On voudrait saigner le Silence,
Secouer l'exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.

Elles boudent là, l'air capable.
Et, sous le ciel, plus d'un s'explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.

Justement, une nous appelle,
Pour l'aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d'AMOUR, dit-elle !

Ces êtres-là sont adorables !

Au moment de la mort de son père, en 1881, il part pour Berlin, où il devient lecteur de la francophile et libérale Impératrice Allemande Augusta de Saxe-Weimar, grand-mère du futur Guillaume II. Son travail consiste à lire à l’impératrice, deux heures par jour, les meilleures pages des romans français. Il s’agit d’un emploi très rémunérateur qui lui laisse du temps libre et qui lui permet de voyager à travers l’Europe. Malgré cela, il éprouve ennui et mal de vivre.

Ce n’est qu’en 1886 qu’il quitte ce poste ; dès le début de l’année, à Berlin, il rencontre une jeune Anglaise, Leah Lee, qu’il épouse le 31 décembre à Londres. Il rentre alors à Paris. Mais son état de santé se dégrade rapidement : atteint de phtisie, il meurt en août 1887 à son domicile; il venait d’avoir 27 ans ; sa femme, atteinte du même mal, succombera l’année suivante. Il rejoint le club des 27 dont j’ai déjà parlé ici.

 

Et voila, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la géométrie et du carré d’agneau réunis, bonjour !

Le 28 de germinal (c’est aujourd’hui) est généralement dédié à la pensée (la fleur). J’en aurai donc une (de pensée) pour un bonhomme qui nous a quitté un 17 avril justement, après avoir traversé le siècle.

Le 17 avril 1989 Eugène BIZEAU, anarchiste, athée, pacifiste, jardinier, apiculteur, vigneron et poète, nous quittait à près de 106 ans, à Veretz (là bas ils disent Verett), non loin de Vouvray. 15 ans plus tôt, j’avais accompagné un ami, poète et journaliste au « Courrier de l’Ouest », pour une interview du vieil anarchiste. Je me souviens de la petite maison aux volets vert et de la bouteille de Vouvray qu’il avait des difficultés à ouvrir. N’eut été sa fraicheur d’esprit et sa liberté de langage, il avait un côté professeur Tournesol indéniablement.

Issue d’une famille de vignerons socialistes et anticléricaux, il découvre très tôt les idées libertaires. Abonné dès 14 ans à la presse anarchiste, c’est tout naturellement qu’il y donnera ses premiers poèmes, qui seront publiés dans le journal « L’anarchie » fondé par Libertad.
Sa poésie sociale et révolutionnaire fera les beaux jours des chansonniers de « 
La Muse Rouge« . En 1914, Eugène est réformé pour « faiblesse de constitution », il n’en poursuivra pas moins sa dénonciation du militarisme, rusant avec la censure et collaborant à la presse anarchiste dont « La Mêlée ».
En 1921 pour sauver Sacco et Vanzetti, il exhorte dans « Le Libertaire » : « 
Il faut que notre voix, grondant vers l’Amérique , aille exiger pour eux justice et liberté« 
En 1929 puis 1934 ses poèmes sont mis en musique et enregistrés, ils passeront même, durant la révolution espagnole, sur les ondes de Radio Barcelone. En Auvergne, Bizeau assistera au conflit mondial et à ses ultimes violences.
En 1980-81 le cinéaste libertaire Bernard Baissat lui à consacré un film émouvant : « Ecoutez Eugène Bizeau ». On peut par ailleurs trouver certains de ses textes sur un disque de 1985 « Les Cent Printemps des Poètes »
Gérard Pierron, Alain Meilland et Michel Grange sont les interprètes des textes et chansons des Cent Printemps des Poètes, spectacle créé le 30 mars 1985 au Printemps de Bourges.

Extrait du poème : Lutter (1979)

« Lutter contre le joug des maîtres de la terre
Masquant leur dictature en tapageurs discours;
Contre les trublions, les criminels de guerre,
Aigles noirs de haut vol et répugnants vautours… »

 

 

 

Et celui-ci que j’aime beaucoup:

« J’ai rêvé de toute mon âme,
Rêvé comme on rêve à vingt ans,
Devant les beaux yeux d’une femme,
À l’éternité du printemps.
J’ai rêvé d’étreintes moins brèves
Et d’amour jamais achevé ;
Je ne sais plus où sont mes rêves…
Mais je sens bien que j’ai rêvé !
 »

 

Allez, restons en là pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

UN TAXI POUR TOBROUK…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la poésie universelle et  de la saucisse de Molène réunies,
bonjour !

Nous sommes le jeudi 24 février et, le jeudi c’est poésie…

ألا
أيها الظالم المستبد

حبيب
الظلام عدو الحياه

سخرت
بأنات شعب ضعيف

و
كفك مخضوبة من دماه

و
سرت تشوه سحر الوجود

C‘est
très joli en arabe mais néanmoins, je vous laisse apprécier ce
texte en français d’un poète tunisien à la vision prémonitoire.
Il a été écrit au début du XXè siècle par un jeune poète Abou
el Kacem Chebbi
.

En 2002, alors que la seconde Intifada touche le
Proche-Orient, la chanteuse Latifa Arfaoui décide de mettre en
musique le poème, en faisant clairement allusion au conflit
israëlo-arabe dans son clip.Ici à droite Abou Chebbi à l’age de dix huit ans.

Ô
tyran oppresseur…

Ami de la nuit, ennemi de la
vie…
Tu t’es moqué d’un peuple impuissant
Alors que ta main
est maculée de son sang
Tu abîmes la magie de l’univers
Et tu
sèmes les épines du malheur dans ses éminences

Doucement !
Que ne te trompent pas le printemps,
La clarté de l’air et la
lumière du jour
Dans l’horizon vaste, il y a l’horreur de la
nuit
Le grondement du tonnerre et les rafales du vent
Attention !
Sous la cendre, il y a des flammes
Celui qui plante les épines
récolte les blessures

Regarde là-bas où tu as moissonné
les têtes humaines
et les fleurs de l’espoir
Et tu as englouti
de sang, le cœur du sol et tu l’as abreuvé de larmes à
l’ivresse
Le flot, torrent du sang va te brûler

Et l’orageux brûlant va te
dévorer.

De santé fragile, le jeune homme
mourra subitement à l’âge de 25 ans. Clin d’oeil de l’histoire, les
deux premiers vers de son poème la volonté de vivre seront
intégrés dans le texte de l’hymne national tunisien à l’occasion
du retour de Bourguiba. Plus haut, la photo de son buste à Tozeur.

Lorsqu’un
jour le peuple veut vivre,
Force est pour le destin de
répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper,
Force
est pour les chaînes de se briser.

voilà pour
aujourd’hui, le poète a toujours raison comme le disait Jean Ferrat
en évoquant Aragon. En attendant la suite, portez vous bien, à
demain peut-être et, n’oubliez pas: Indignez vous !

LE JEU DE LA MORT, LA MORT DU JE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Le 21 mars a été proclamé Journée mondiale de la poésie par la Conférence générale de l’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture, lors de sa 30e session, à Paris, en octobre et novembre 1999. L’objectif de cette journée est d’encourager la lecture, la rédaction, la publication et l’enseignement de la poésie dans le monde entier et de « donner une reconnaissance et une impulsion nouvelles aux mouvements poétiques nationaux, régionaux et internationaux ». Alors saluons à notre manière cette initiative de l’UNESCO.

Voici ce que cela produit lorsque deux génies se rencontrent; l’immense Ferré interprétant de façon toute personnelle, quasiment jazzie, la » chanson d’automne » de Paul Verlaine… Voyez cette photo, en se penchant un peu, on devine l’absinthe. Une merveille.

Et maintenant, sans transition: LE JEU DE LA MORT.

Après la diffusion du documentaire de Christophe NICK sur France 2, le débat fait rage, il fallait s’y attendre. Chacun à entendu parler de l’expérience de Stanley MILGRAM à l’université de Yale dans les années soixante et qui était destinée à évaluer la capacité de l’homme à se soumettre à une autorité légitime.(L’expérimentateur (E) amène le sujet (S) à infliger des chocs électriques à un autre participant, l’apprenant (A), qui est en fait un acteur. La majorité des participants continuent à infliger les chocs jusqu’au maximum prévu (450V) en dépit des plaintes de l’acteur). Peut-être avez vous vu le film de Henri Verneuil «I comme Icare » sorti en 1979 avec Yves Montand dans le rôle d’un procureur chargé d’élucider le meurtre d’un chef d’Etat ? On y voit se dérouler l’expérience de Milgram dans le but d’expliquer le comportement du tueur.

Tout cela ne date donc pas d’hier. Pourquoi un plombier zingueur Bavarois se transforme t-il en bourreau nazi ? Pourquoi un candidat à un jeu télévisé accepte t-il n’importe quelle débilité ? Pourquoi monsieur et/ou madame un(e)tel(le) ne trouve pas en lui (elle) la force de dire non ?

Il faut bien l’admettre, notre éducation à tendance à faire de nous de bons petits soldats peu aptes à se rebeller. Il faut se plier aux règles, il faut accepter la loi du chef, du patron, du curé, du père, du mari, du flic, du président…Sous peine d’être isolé, marginalisé, stigmatisé, il faut se soumettre. Or l’être humain ne craint rien davantage que la solitude; il est grégaire par nature. Son comportement doit donc être compatible avec celui de la meute, de la troupe, de la secte, de la communauté, de la famille, de la nation…

Les résultats de ces expériences peuvent paraître stupéfiants, grosso modo 80% des gens sont dans la soumission à l’ordre établi qu’il soit représenté par la Faculté en blouse blanche, l’Autorité en uniforme ou, et c’est sans doute cela le phénomène nouveau, la télé.

Voilà pourquoi je m’efforce ici de raviver la mémoire de tous ceux qui se sont battus pour une éducation active, non-directive. Une éducation qui consiste à développer le sens critique, la curiosité, la capacité à transgresser, et en définitive, cette aptitude à être minoritaire.

Et bien voila, c’est le printemps, les jardins de Keramoal commencent à se doter de quelques couleurs, jonquilles, camelias, forsythia, primevères…On tient le bon bout. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

TIRE PAR LES CHEVEUX…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Bonjour à tous et à chacun.


Nous voici déja (pourquoi déja ?) le 18 mars, c’est à dire le 28ème jour de Ventôse qui est comme vous le savez, consacré au capillaire dans le fameux et désormais célèbre calendrier républicain. Moi qui fut, comme Fabrice Lucchini,  apprenti coiffeur (la comparaison s’arrête là) je ne pouvais pas ne pas en parler. Mon aïeule, à qui je fais souvent référence ici, avait l’habitude de nous répéter: « On ne dit pas: Je vais au coiffeur mais… Je vais au capilliculteur. » Oui, mon aïeule était une dame très distinguée. En fait, il s’agit d’une fougère (pas mon aïeule, la plante) que l’on nomme aussi: Cheveux de Vénus et que vous avez souventes fois rencontrée.

Tiens, à propos de cheveux, je voulais vous parler de talon.
Je vois à vos airs hébétés que vous cherchez le rapport. Rassurez vous, il n’y en a pas ! Je vous embarque à destination de la planète foot où l’actualité vaut toujours son pesant de cacahuètes.


Vous le savez, Beckham est aux Brittaniques ce que Zidane est aux Français. Seulement voilà, patatra, le Beckham il s’est fait bobo et du coup, privé de coupe du monde.

La poétesse officielle du Royaume-Uni, Carol-ann Duffy, a écrit un poème en hommage au footballeur, dans lequel elle le compare au héros de la mythologie grecque, Achille, a-t-elle annoncé mardi. Le poème, intitulé « Achille », est parsemé de références à la vie de Beckham.

Madame Duffy a justifié à la BBC sa décision d’écrire sur Beckham en expliquant que le footballeur était « presque un personnage mythique lui-même, dans la culture populaire », même si elle a estimé « être plus susceptible de regarder un match de football que lui de lire de la poésie ». Je ne connais pas le poète officiel de la République Française, il doit se terrer quelque part à l’académie et écrire comme Jean Richepin, ou peut-être, Barbelivien. J’attend vos suggestions.

Rappelons qu’Achille était un héros légendaire de la guerre de Troie (rien à voir avec Brad Pitt). En le plongeant dans le Styx, l’un des fleuves des Enfers, sa mère l’avait rendu invulnérable, hormis au talon par lequel elle le tenait. Il mourra finalement, frappé en cet endroit par une flèche. Beckham, 34 ans, a été victime d’une rupture du tendon d’Achille gauche dimanche avec le club italien de l’AC Milan. Il a été opéré lundi dans une clinique en Finlande, et le chirurgien a estimé qu’il n’avait « aucune chance » de participer au Mondial 2010 en juin en Afrique du Sud.

Tout comme le nez de Cléopatre, le talon de Beckham  aurait bien pu changer la face (de la coupe) du Monde…

L’homme du jour est STEPHANE MALLARME.

Etienne MALLARME dit Stéphane MALLARME est à mon sens l’un de nos plus grands poètes. Il est né un 18 mars à Valvins en 1842. Avec Apollinaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud ou Desnos, il a marqué mes jeunes années. Auteur d’une œuvre poétique ambitieuse et difficile, Stéphane Mallarmé a été l’initiateur, dans la seconde moitié du 19è siècle, d’un renouveau de la poésie dont l’influence se mesure encore aujourd’hui. En médaillon, un portrait de Mallarmé signé Nadar.

Parmi ses oeuvres, J’ai choisi celle là qui est un peu ma Proustienne madeleine.

DON DU POEME.

Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée!
Noire, à l’aile saignante et pâle, déplumée,
Par le verre brûlé d’aromates et d’or,
Par les carreaux glacés, hélas! mornes encor,
L’aurore se jeta sur la lampe angélique.
Palmes! et quand elle a montré cette relique
À ce père essayant un sourire ennemi,
La solitude bleue et stérile a frémi.
O la berceuse, avec ta fille et l’innocence
De vos pieds froids, accueille une horrible naissance:
Et ta voix rappelant viole et clavecin,
Avec le doigt fané presseras-tu le sein
Par qui coule en blancheur sibylline la femme
Pour les lèvres que l’air du vierge azur affame?

Voila pour aujourd’hui, passez une bonne journée, portez vous bien et à demain peut-être.