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Allez dire à la ville…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis du grand Nord et des lichouseries réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 11 décembre 2014, 21è jour de frimaire dédié à l’érable à sucre. C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un poète qui se voulait breton et que j’ai eu le bonheur de croiser.

Xavier Grall est un journaliste, poète et écrivain breton. Son œuvre mystique magnifie la Bretagne. Xavier Grall « redevient breton » lorsqu’il quitte Paris en 1973, pour retourner définitivement dans la région de Pont-Aven, à Nizon, dans la ferme de Botzulan. Il exerce à La Vie catholique (oui bon, personne n’est parfait) dont il fut le rédacteur en chef, au journal Le Monde, à l’hebdomadaire Témoignage chrétien (un peu plus gauchisant), et au mensuel Bretagne. Au début des années Xavier Grall</p><br /><br /><p>Crédit photo Bernard Grall1970, il fonde le journal nationaliste breton la Nation bretonne avec Alain Guel et Glenmor, où l’on retrouve ses textes sous le pseudonyme de « Saint Herbot », entre autres. Disparu le 11 décembre en 1981, à l’âge de 51 ans, Xavier Grall fut journaliste, poète, romancier. Mal édité, mal lu, on le range volontiers dans la catégorie des poètes à tirage limité. Il a pourtant marqué toute une génération qui se reconnaît dans ses textes et dans sa célébration de la terre bretonne. L’admirateur de Rimbaud était aussi le père de cinq filles à qui il n’a cessé d’écrire. Son itinéraire fait écho aux questions que se sont posées nombre de bretons qui ont eu vingt ans au lendemain de la libération : rester, partir, revenir. Plus que d’autres, il a porté l’appel à vivre et travailler au pays. Un appel romantique et quelquefois désespéré.

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Je me contente de citer la 4ème de couverture de son livre « Le cheval couché » qu’il écrivit en 1977 en réponse au fameux « Cheval d’orgueil » de Per Jakez Hélias: « L’auteur ne se satisfait ni du folklore, ni du tourisme, ni du passéisme, qui voudraient figer son pays en terre des morts. Sur ses chemins, il a lu la trace des Bretons vivants. Bardes et militants, les filles de Xavier Gpaysans et ouvriers… On les voit dans ce livre, tels des chevaux qui courent à la mer, à la fierté, à l’espoir. Au large… ».  Le Cheval d’orgueil est un beau tombeau pour un peuple que l’on croit mort. J’ai essayé, pour ma part d’écrire une petite stèle à un peuple que je crois vivant.Disait-il à l’époque? Et puis encore ces quelques mots: « Ah quand je mourrai, enterrez moi à Ouessant avec mes épagneuls et mes goélands. Ah quand je mourrai, mettez moi en ce jardin de gravier. »
Ou encore: «C’est la vie qui est étrange et fabuleuse, le trépas est un événement qui ne devrait point nous surprendre.» Vous pouvez essayer de vous procurer le film documentaire que lui a consacré Ariel Nathan, il est titré Lettre à mes filles, on le trouve en DVD.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Poètes, vos papiers…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis des gymnopédies et de la trois-fromages réunies, bonjour! Nous sommes le jeudi 04 décembre 2014, 14è jour de frimaire dédié au sapin… Bien entendu, si vous êtes pataphysicien, nous sommes en réalité  le Mercredi 4 Sable 142 *Ste Barbe (femme à), femme-canon. L’avenir de l’Homme étant de plus en plus compromis (je vous invite à prendre connaissance du document signalé par Rem*) il nous reste la poésie…

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ici Rainer-Maria RILKE… Je profite de ce quatre décembre, jour anniversaire de sa naissance, en 1875 à Prague, pour en remettre une couche. En 1896, il part pour Munich et rencontre un an plus tard, Lou-Andréa Salomé, qui a alors trente-six ans. Leur amour enflammé se transforme progressivement en amitié réciproque et en admiration mutuelle se poursuivant jusqu’à la fin de leur rilkevie. En 1897, il change de prénom : de René Maria, il devient Rainer Maria. Il voyage en Italie puis en Russie avec Lou et son mari. Il rencontre à cette occasion Léon Tolstoï. Je suis un admirateur inconditionnel de l’oeuvre de Rilke, que j’ai eu la chance de découvrir très tôt à travers les élégies de Duino. Rilke fut sans doute le poète allemand le plus important de la première moitié du XXème siècle. Son oeuvre,introvertie, est une longue méditation sur les événement essentiels de l’existence humaine, et en particulier, la mort, qui lui semblait le point culminant auquel toute vie doit préparer. «Donne à chacun sa propre mort/La mort née de sa propre vie, où il connut l’amour et la misère…» « car nous ne sommes que l’écorce, que la feuille,le fruit qui est au centre de tout, c’est la grande mort, que chacun porte en soi» écrit-il dans Le Livre de la Pauvreté et La mort. En voici un extrait :

Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre
et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;
et aucun d’eux n’a vu la pauvre grimace
qui s’est substituée au fond des nuits sans nom
au sourire heureux d’un peuple plein de foi.
Ils vont au hasard, avilis par l’effort
de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,
et leurs vêtements s’usent peu à peu,
et leurs belles mains vieillissent trop tôt.

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Assez tôt considéré comme un maître par les autres poètes, il n’en demeura pas moins pendant très longtemps peu lu, et doit, en particulier en France, sa notoriété à un recueil de lettres Les lettres à un jeune poète , publié après sa mort par Franz Xaver Kappus, avec qui il avait correspondu. Rilke y ouvre son cœur à quelqu’un qu’il ne connaissait pratiquement pas, avec une confiance et une justesse de ton, qui ne peuvent pas laisser indifférent. Il y parle encore de la mort, rilke peinturemais aussi de l’amour, de la solitude, et de la création, avec une profondeur qui fait encore de cet ouvrage une source où toute une jeunesse en quête d’une spiritualité sans dogme vient s’abreuver. A gauche, son portrait par Paula Modersohn-Becker. Il nourrit des amitiés vivantes avec quelques-uns des créateurs les plus novateurs de son époque, en particulier, Auguste Rodin, dont il fut le secrétaire, et dont il admirait la force de travail et la volonté, et Marina Tsvetaeva, dont il décela le génie avant tout le monde et avec qui il entretint quelques mois une correspondance d’une altitude et d’une liberté à la mesure de ces deux grands esprits contemporains. Afin de parachever sa biographie de poète et de lui assurer une traversée des siècles sans encombre, il mourut (lui qui avait écrit un recueil en Français sur les jardins, Verger) du fait des suites d’une mauvaise piqûre de rose qui dégénéra en leucémie, et au seuil de la mort, refusa les soins thérapeutiques qui auraient pu lui éviter la souffrance, de peur de voir lui échapper «sa propre mort.».(Piers Tenniel) Sources:Wiki et pierdelune.com

Allez, merci de votre, vos visites, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète a toujours raison…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la poésie érotique et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 11 juin 2014, 23è jour de Prairial dédié au chèvrefeuille… Pendant que les banksters qui nous gouvernent continuent d’ajouter les réformes aux réformes, l’austérité à la rigueur et la chienlit au menu quotidien des peuples qui n’en peuvent mais… Le cénobite se retourne plein de zénitude vers les chemins de la poésie… Et pas seulement pour marquer la date anniversaire de la naissance de Renée Vivien merveilleuse poétesse:
On m’a montrée du doigt en un geste irrité
Parce que mon regard cherchait ton regard tendre…
En nous voyant passer, nul n’a voulu comprendre
Que je t’avais choisie avec simplicité.

Mais aussi parce que j’ai entendu pour la première fois Yvon le Men dire ses textes en public, il y a très, très longtemps, avec cette fougue qui donne envie de faire comme lui. Or, aujourd’hui, un sous-chef de service adjoint, un rond de cuir plus borné ou plus obéissant que d’autres décide que Le Men n’est pas homme de spectacle, mais un type qui a poletrouvé la combine pour échapper au merveilleux statut de désosseur dans les abattoirs GAD ou Tilly et décide de contester son droit au statut d’intermittent du spectacle. Et, cerise sur le gâteau, à titre rétroactif avec obligation de rembourser les indemnités perçues depuis le 12 août 2010, soit 29.796 euros  Ce cas est bien sûr loin d’être isolé et met en évidence le gouffre qui sépare les gens de l’esprit et celui des chiffres. Et le père UBU, nouveau directeur de Paulamploi, accélère ses courbettes devant le Medef au fur et mesure que la gauche solférinienne brade nos valeurs à l’encan. Pour un Le Men médiatisé et soutenu par ses pairs, combien de bardes, relégués au rang de paria? Condamnés à faire la manche dans le métro, griot de parvis, musicien de couloir, stars des arrière salles de MJC. Ah oui, c’est vrai, dans deux jours débutent les jeux du cirque et le peuple va pouvoir applaudir les inter mi-temps du spectacle à la buvette du stade. Ceux la ne sont pas menacés par le mouvement qui risque de mettre en péril un certain nombre de spectacles voire de festivals. Décidément y font rien qu’à m’embêter… Vive l’anarchie, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète à souvent raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’hypotypose et du merlan frit réunis, bonjour! Nous sommes le dimanche 19 janvier 2014, 30è et dernier jour de nivôse dans le calendrier républicain, officiellement dédié au Crible. Passer au crible ou au tamis est devenu très tôt une métaphore pour désigner un examen sévère, qui « sépare le bon grain de l’ivraie ». L’apologue des trois tamis de Socrate nous rappelle la nécessité de réfléchir avant de la ramener et, beaucoup de blogueur devraient s’en inspirer. Demain débute pluviôse mais, sans attendre, il pleut sur Brest, étonnant, non !

Allez, saluons un gars d’chez nous: Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren) c’est à dire à proximité de Rostrenen dans le Finistère. Traducteur, écrivain et poète libertaire. Passionné par 72005178_pl’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant (on dit qu’il était capable de lire 22 langues). Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant des rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels. Ecoutons Michel Ragon nous parler de Robin au cours d’une émission de France Culture, « la fabrique de l’histoire » en 2011:

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Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, il avait 49 ans, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris. Quant à la malle de papiers retrouvée dans sa chambre le lendemain, on raconte qu’elle fut envoyée à la décharge publique sur ordre du commissaire.

Il revenait volontiers à Rostrenen où il avait ses racines. Insomniaque, on le trouvait dans le fournil de Joseph Berthelot et un peu plus tard, à Campostal où Jean Kergrist et Christian 72006187_pGautier l’ont croisé. Et lui de dire : « En de très vieux temps où je parus exister, on prétendit m’avoir rencontré »… Et, ailleurs: « Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue« .  Vous pouvez lire Le Combat libertaire, ouvrage paru sous son nom, et qui s’articule autour de sa poésie engagée, autrement dit ce qu’il nommait lui-même Les Poèmes indésirables. Cette édition établie par Jean Bescond (voir le site ) et présentée par Anne-Marie Lilti vaut par sa cohérence, réunissant un ensemble de textes, articles et traductions qui parurent pour l’essentiel dans les revues et éditions anarchistes de 1945 à 1955. Chez Jean-Paul Rocher éditeur.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Poètes, vos papiers…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la poésie et de l’ormeau poêlé réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 24 octobre 2013, troisième jour de Brumaire dédié à la poire. L’actualité n’a vraiment rien de réjouissant par les temps qui courent. La série Léonarda commence sérieusement à me les briser menu, les états d’âme de l’équipe de France de fouteballe m’en touchent une sans faire bouger l’autre, et l’union sacrée contre les portiques écotaxe me confirme dans l’idée qu’on nous prend vraiment pour des perdreaux de l’année… Ecoutez Victor JARA avant de lire la suite.

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Pourtant, une brève a attiré mon attention de cénobite scrupuleux, toujours à la recherche de la petite bête. La justice du Qatar, un pays qui s’est posé en fervent soutien des soulèvements du Printemps arabe, a condamné hier un poète à 15 ans de prison pour un poème jugé critique envers le régime des Al-Thani. La Cour de cassationimages-1 de Doha a confirmé la peine de 15 ans de prison prononcée en appel contre Mohamed al-Ajmi, alias Ibn al-Dhib, pour « un poème du jasmin » saluant le Printemps arabe et exprimant l’espoir qu’il s’étende aux monarchies du Golfe. « Il a été condamné en cassation à 15 ans de prison », a déclaré à l’AFP son avocat, Néjib al-Naïmi. 15 ans de prison ferme. Oui. Pour un simple petit poème d’une quinzaine de vers, soit un ratio de un an de prison par vers. Cela donne une idée du tarif de la liberté au pays du cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani. « Ainsi, il aura suffi d’un «petit poème» pour mettre à nu le régime de Doha.  Et, sur ce coup, le sourire «marketing» de Beckham n’occultera pas le verbe flamboyant de cet homme révolté. Oui, lui, Mohammed Al Ajami. Le griot qui a refusé d’être un «poète de cour». » extrait de:  El Watan.

Allez, c’est sympa d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Le poète a toujours raison…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la poésie et du Télégramme de Brest réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 juin et, ce 17è jour de Prairial, dédié au sureau est aussi celui de l’anniversaire de ma neveuse préférée. Souffrez que je lui fasse un petit coucou…

J‘avoue avoir depuis fort longtemps, une tendresse particulière pour Garcia Lorca et je saisis l’occasion de l’anniversaire de sa naissance pour en redire un mot car, en vérité, ce billet a déjà deux ans…

Célèbre poète et écrivain de théâtre, Federico Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, près de Grenade.  Jeune homme, il fit ses études en philosophie,  en littérature et en droit à l’Université de Grenade.   Surtout reconnu pour son talent d’écrivain, Lorca était aussi un peintre et musicien accompli.  Ses oeuvres musicales puisent dans la musique et le folklore gitans, plus particulièrement le flamenco, musique populaire de son Andalousie natale.

Il y a un petit texte intitulé « Memento » et que j’ai retrouvé dans « Poème du chant profond » (paru en 1946) qui attendait sur une étagère de ma bibliothèque que l’on veuille bien le dépoussièrer; je soupçonne Xavier Grall de s’en être inspiré…

D’abord Garcia Lorca:

Quand je mourrai,

enterrez moi avec ma guitare

sous le sable

Quand je mourrai parmi les orangers

et la menthe…

Et maintenant Xavier Grall:

Quand je mourrai enterrez moi à Ouessant

avec mes épagneuls et mes goélands

Quand je mourrai

mettez moi en ce jardin de gravier…

De toutes les façons…Deux grands poètes.

La relation tumultueuse et passionnée qu’il avait avec le peintre DALI s’acheva quand ce dernier rencontra sa future femme. Garcia Lorca en ressenti une immense douleur et plongea dans la dépression. Il s’était persuadé que le film « Le chien Andalou » réalisé par Bunuel et Dali était une flèche qui lui était destinée. Il s’éloigna un temps de sa chère Espagne et ne revint qu’à la chute du dictateur Primo de Rivera pour l’avènement de la République.

Les madrilènes lui ont réservé un bel endroit sous les frondaisons de la place Santa ana.

L’influence du folklore Gitan transparaît dans ses pièces de théâtre Bodas de Sangre (les noces de sang), Yerma, Las Casa de Bernarda Alba où Lorca réussit subtilement à capter l’essence de l’âme divisée du peuple espagnol de l’époque.  Ses livres sont lus dans tous les pays de langue espagnole et ont connu un immense succès en Argentine, Uruguay et à Cuba.  Les principaux thèmes traités dans ses oeuvres sont l’amour, la fierté, la passion ainsi que la mort violente, qui ont beaucoup marqué la vie de Lorca.

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À la veille de la guerre civile espagnole en 1936, Lorca fut arrêté par des sbires de la Falange du parti fasciste, partisans du général Franco. Deux jours plus tard, le 19 août, il fut fusillé par un peloton d’exécution.   Par une nuit sans lune, son corps fut jeté dans une tombe sans nom. Le poète est pareil au prince des nuées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher Baudelaire avait compris que le souffle de la poésie était incompatible avec l’odeur de sang de tous les totalitarismes.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LA POESIE D’ARMAND ROBIN…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de l’hypotypose et du merlan frit réunis, bonjour!

Nous sommes le 19 janvier, 30è et dernier jour de nivôse dans le calendrier républicain, officiellement dédié au Crible. Demain débute pluviôse mais, sans attendre, il pleut sur Brest…

Allez, saluons un gars d’chez nous:Le 19 janvier 1912, naissance d’Armand ROBIN à Plouguernével ( e kichen Rostren).
Traducteur, écrivain et poète libertaire.
Passionné par l’étude des langues, il en parlera un nombre impressionnant (on dit qu’il était capable de lire 22 langues). Après un séjour en URSS en 1933, il fera une critique acerbe du régime soviétique et de sa dictature. Il traduit de la poésie et fait découvrir des auteurs russes tel que Essenine, Blok, Maïakovski, Pasternak, etc. Il se passionne également pour l’écoute radio en ondes courtes, réalisant des rapports d’écoute d’émissions étrangères. Dès 1945, il adhère à la Fédération Anarchiste (qui publiera ses « Poèmes indésirables », dédiés aux peuples martyrisés), et il y côtoiera Georges Brassens. A la libération, Elsa Triolet, qui lui vouait une haine farouche, fit pression sur Aragon pour que Armand Robin figure sur la liste noire des intellectuels.
Dans « La fausse parole », parue en 1953, il dissèque les mécanismes de propagande dans les pays totalitaires. Il continuera de traduire et d’écrire d’innombrables poèmes, jusqu’à sa mort, inexpliquée, le 29 mars 1961, il avait 49 ans, à l’infirmerie du Dépôt de la police, à Paris. Quant à la malle de papiers retrouvée dans sa chambre le lendemain, on raconte qu’elle fut envoyée à la décharge publique sur ordre du commissaire.

Il revenait volontiers à Rostrenen où il avait ses racines. Insomniaque, on le trouvait dans le fournil de Joseph Berthelot et un peu plus tard, à Campostal où Jean Kergrist et Christian Gautier l’ont croisé. Et lui de dire : « En de très vieux temps où je parus exister, on prétendit m’avoir rencontré »
« Que m’importe qu’on m’abatte au coin de la rue, j’écrirai des poèmes jusqu’à ce qu’on me tue« . Armand Robin.

Vous pouvez lire Le Combat libertaire, ouvrage paru sous son nom, et qui s’articule autour de sa poésie engagée, autrement dit ce qu’il nommait lui-même Les Poèmes indésirables.

Cette édition établie par Jean Bescond et présentée par Anne-Marie Lilti vaut par sa cohérence, réunissant un ensemble de textes, articles et traductions qui parurent pour l’essentiel dans les revues et éditions anarchistes de 1945 à 1955. Chez Jean-Paul Rocher éditeur.


Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.


FRERES HUMAINS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des bars-à-vins et du coquelet en sauce réunis, bonjour!

Nous sommes le 12 janvier, 23è jour de nivôse dédié au fer. Comme n’aurait pas manqué de le faire remarquer Bourvil: il fallait le faire…

Alors que je poursuis ma paisible retraite dans mon modeste ermitage et que les bruits du monde me parviennent assourdis par l’étrange lucarne, il m’est venu à l’esprit de relire Villon… Je vous ai mis de côté cette stophe qui ne saurait vous déplaire:

Sur mol duvet assis , ung gras chanoine ,
Lez ung erasier , en chambre bien nattée,
A son costé gysant dame Sidoine ,
Blanche , tendre , polie et attintée ,
Boire ypocras , à jour et à nuytée ,
Rire , jouer , mignonner et baiser ,
Et nu à nu , pour mieux des corps s’aiser
FRANÇOIS VILLON …

Voila bien la philosophie qui sied à un cénobite. D’ailleurs, je vais de ce pas m’en resservir un petit qui devrait avoir un effet immédiat sur ce maudit lumbago qui tient absolument à m’accompagner au cours de mes travaux de jardinage. Juste pour vous faire baver, il s’agit d’un Single Malt en provenance de Isle of Jura, un Signatory vintage millésimé 1997, bouteille N° 311… Quand je pense qu’à une lettre près notre poète porte le même nom que notre premier sinistre…C’est un coup à vous éloigner de la poésie.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

ENTRE L’ESPOIR ET LE FROMAGE…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des causes désespérées et des cailles aux raisins réunies, bonjour!

Nous sommes le 08 décembre, 18è jour de frimaire dédié au Lierre… Oui je sais, je l’ai annoncé hier par erreur alors que hier, c’était le jour du Cyprès. Bel arbre que l’on préfère voir de loin car il sert souvent d’ornement à nos cimetières. On dit que l’on s’en sert pour fabriquer le cercueil des papes car il symbolise l’immortalité. Mea maxima culpa donc! Même sur un blog, vitesse et précipitation font rarement bon ménage…

Allez savoir pourquoi, hier soir j’ai ressorti de ma bibliothèque un vieux manuscrit de Georges PERROS. Nostalgie peut-être de nos rencontres douarnenistes. ce sont quelques feuillets griffonnés sur des bristols, dont il fit cadeau à mon aïeule, celle-là même que j’évoque souvent ici, pour la remercier de ses soins attentionnés. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cet inédit.

« On meurt de rire, on meurt de faim, 

On meurt pour blessure à la guerre,

On meurt au théatre, à la fin

D’un drame où le ciel est par terre.

Il est cent façons de mourir.

Pour vivre on est beaucoup plus sage,

Il suffit de savoir moisir

Entre l’espoir et le fromage. »

Je n’oserai aucun commentaire, j’attends les vôtres. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


POUR FAIRE LE PORTRAIT D’UN…POETE.

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des gymnopédies et de la trois-fromages réunies, bonjour!

Nous sommes le 04 décembre, 14è jour de frimaire dédié au sapin…

Je m’étais engagé il y a quelque temps déjà à consacrer un billet à Rainer-Maria RILKE…Je profite de ce quatre décembre, jour anniversaire de sa naissance, en 1875 à Prague, pour m’y atteler.

En 1896, il part pour Munich et rencontre un an plus tard, Lou-Andréa Salomé, qui a alors trente-six ans. Leur amour enflammé se transforme progressivement en amitié réciproque et en admiration mutuelle se poursuivant jusqu’à la fin de leur vie. En 1897, il change de prénom : de René Maria, il devient Rainer Maria. Il voyage en Italie puis en Russie avec Lou et son mari. Il rencontre à cette occasion Léon Tolstoï.

Je suis un admirateur inconditionnel de l’oeuvre de Rilke, que j’ai eu la chance de découvrir très tôt à travers les élégies de Duino.

 

 

Rilke fut sans doute le poète allemand le plus important de la première moitié du XXème siècle. Son oeuvre,introvertie, est une longue méditation sur les événement essentiels de l’existence humaine, et en particulier,la mort, qui lui semblait le point culminant auquel toute vie doit préparer. «Donne à chacun sa propre mort/La mort née de sa propre vie, où il connut l’amour et la misère…»« car nous ne sommes que l’écorce,que la feuille,le fruit qui est au centre de tout, c’est la grande mort,que chacun porte en soi» écrit-il dans Le Livre de la Pauvreté et La mort. En voici un extrait :

 

Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre
et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;
et aucun d’eux n’a vu la pauvre grimace
qui s’est substituée au fond des nuits sans nom
au sourire heureux d’un peuple plein de foi.

Ils vont au hasard, avilis par l’effort
de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,
et leurs vêtements s’usent peu à peu,
et leurs belles mains vieillissent trop tôt.

Assez tôt considéré comme un maître par les autres poètes, il n’en demeura pas moins pendant très longtemps peu lu, et doit, en particulier en France, sa notoriété à un recueil de lettres Les lettres à un jeune poète , publié après sa mort par Franz Xaver Kappus, avec qui il avait correspondu. Rilke y ouvre son coeur à quelqu’un qu’il ne connaissait pratiquement pas, avec une confiance et une justesse de ton, qui ne peuvent pas laisser indifférent. Il y parle encore de la mort, mais aussi de l’amour, de la solitude, et de la création, avec une profondeur qui fait encore de cet ouvrage une source où toute une jeunesse en quête d’une spiritualité sans dogme vient s’abreuver. A gauche, son portrait par Paula Modersohn-Becker.

Il nourrit des amitiés vivantes avec quelques-uns des créateurs les plus novateurs de son époque, en particulier, Auguste Rodin, dont il fut le secrétaire, et dont il admirait la force de travail et la volonté, et Marina Tsvetaeva, dont il décela le génie avant tout le monde et avec qui il entretint quelques mois une correspondance d’une altitude et d’une liberté à la mesure de ces deux grands esprits contemporains.

Afin de parachever sa biographie de poète et de lui assurer une traversée des siècles sans encombre, il mourut (lui qui avait écrit un recueil en Français sur les jardins, Verger) du fait des suites d’une mauvaise piqûre de rose qui dégénéra en leucémie, et au seuil de la mort, refusa les soins thérapeutiques qui auraient pu lui éviter la souffrance, de peur de voir lui échapper «sa propre mort.».(Piers Tenniel)

Sources:Wiki et pierdelune.com

voilà, un peu de poésie en ce dimanche pluvieux. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.