Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Plouider”

Page 1 de 1

De Kernis à Keremma…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

, , , ,

Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 15 février 2015, 27è jour de Pluviôse dédié au noisetier. C’est en allumant ma pipe que je je m’aperçois qu’aujourd’hui, c’est la saint Claude… Chez nous on dit Glaode. C’est Albert le Grand (1636) qui nous en parle dans sa Vie des saints d’Armorique:   Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du 200px-063_Plougastel_Chapelle_Saint-Guénolé_Tryptique_Panneau_de_saint_Goulvennom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.
Le matin venu, Glaudan alla à la prochaine maison demander un peu d’eau, pour laver l’enfant & rafraischir la mere extrémement alterée ; mais, d’autant que la fontaine étoit éloignée de là, il en fut éconduit ; toutefois, un Païsan lui presta un vaisseau & luy monstra le sentier qui, à travers la forest, menoit à la fontaine. Estant entré un peu avant dans la forest, il s’égara, le chemin estant tout couvert de feüilles & rameaux ermitaged’arbres, & ayant perdu la pluspart de la journée pensant trouver cette fontaine ; enfin, sur le soir, il se trouva prés du lieu où estoit sa femme & son enfant. Voyant donc qu’en vain il avoit courru, d’ailleurs la necessité de sa femme, l’enfant foible & debile, il eut recours à Dieu, se jetta à genoux & luy présenta son humble priere, le supliant, la larme à l’œil, de les assister en cette extréme necessité. Sa priere finie, tout incontinent, une belle fontaine sourdit, distante seulement d’un jet de pierre du lieu où estoit gisante Gologuenn, de laquelle elle but, puis y lava son enfant ; prognostique que cét enfant, en faveur duquel cette fontaine fut miraculeusement produite, seroit une vive source de doctrine & sainteté, de laquelle les hommes puiseroient les eaux salutaires, pour rassasier la soif de leurs Ames altérées. Cette fontaine miraculeuse se voit prés l’Eglise de saint Goulven & s’apelle communément Feunteun Sant Goulven

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de scénarios pour les séries télévisées. Personnages, suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a plus de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma et le restaurant de la Butte à Plouider…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

POURQUOI N’ALLEZ-VOUS PAS A PARIS ?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , , ,

Amis de la révolution tranquille et de la peinture à l’eau réunies, bonjour !

Juillet tire à sa fin, les agités de la seringue arrivent à Paris et du coup, ma fiancée et moi même avons reporté notre visite à la capitale pourtant programmée de longue date. N’y voyez pas une relation de cause à effet mais, mauvais temps, chassé croisé des vacanciers sur les routes, impératifs professionnels, bref, les conditions n’étaient pas réunies pour une ballade des plus tranquilles.

J‘emprunte le titre de ce billet à René-Guy Cadou, vous savez…L’odeur des lys.

Pour compenser, on est allé visiter une table locale qui nous tentait depuis un certain temps: L’hôtel restaurant « La butte » à Plouider. Accueil sympathique, service impeccable et, en entrée une terrine de foie gras fondante après une coupette d’un champagne « maison » (ils ont leur propre cru – veuve Becam), suivi d’un lieu jaune relevé à l’anis étoilé accompagné d’un Rully blanc de chez Jadot. Je passe sur la petite coquille au gingembre avec l’apéro et la mise en bouche du meilleur effet quoique un peu trop axé sur le poivron à mon goût. Une table tout à fait recommandable et qui se trouve à proximité des dunes de Keremma dont je vous ai déjà parlé à propos d’une tentative de phalanstère au début du siècle dernier.
Et puis tiens, puisque j’en parle, voici un conseil de lecture pour l’été: KEREMMA de François Lunel aux éditions Riveneuve.
Roman, poème d’amour, chacun se fera son op
inion. Ca se lit d’une traite et on se laisse prendre par ce tête à tête singulier, corps à corps éperdu entre un homme et une femme dans la solitude des dunes de Keremma.

A Douarnenez, le rassemblement de bateaux a permis de découvrir la mascotte « Poru » ! C’est à n’y pas croire, il s’agit d’un lapin…Quand on sait à quel point la bête est interdite de séjour sur les navires, c’est assez rigolo.
Le clou du spectacle restera sans aucun doute les tentatives pour faire entrer le Bélem dans la ria du Port-Rhu. Et pourquoi pas dans une bouteille pendant qu’on y est…

Pour ce qui me concerne, je préfère de Port-Rhu ce cimetière marin, théâtre de nos jeux d’enfant avant que les rond-de-cuir n’inventent le principe de précaution qui empêche aujourd’hui les gosses de grimper aux arbres.

Allez, vivement l’hiver, portez vous bien et à demain peut-être.