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Merveilleuse Angélique…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de l’anarchisme serein et du Saint-Pourçain réunis, bonjour !

Nous sommes le mercredi 23 mai de l’an 2012, c’est le quatrième jour de Prairial dédié à l‘Angélique. Rien à voir avec Michelle Mercier qui était encore toute petite à l’époque des faits…

L’angélique, dite encore “herbe aux anges”, doit son nom à ses prétendues vertus magiques. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle les protégerait en particulier des maléfices de toute nature. Mais elle pouvait également servir d’amulette aux adultes.

Les médecins de la Renaissance la surnommaient “racine du Saint-Esprit”, à cause de ses “grandes et diverses propriétés contre de très-graves maladies”. Ainsi Paracelse (1490-1541) rapporte-t-il que, lors des grandes épidémies de peste de 1510, de nombreux Milanais furent sauvés grâce à ses prescriptions : de l’angélique en poudre dissoute dans du vin. Selon Olivier de Serres (1539-1619), la précieuse plante “sert à tenir la personne joyeusement”. Je connais d’autres plantes qui remplissent aussi cet office mais on me dit qu’elles ne sont pas en vente libre…

Édité en 1716, un Dictionnaire botanique et pharmaceutique à durable succès qualifie l’angélique de “stomacale, cordiale, céphalique, apéritive, sudorifique, vulnéraire. Elle résiste au venin. On l’emploie pour la peste, pour les fièvres malignes, pour la morsure du chien enragé, à laquelle on l’applique en cataplasme. On en avale un dragme** contre la peste, qui chasse le venin par la sueur.” Un Niçois qui mourut en 1759 à l’âge de 123 ans et trois mois (cela reste à vérifier !) attribuait sa longévité à son habitude de chiquer de la racine d’angélique en guise de tabac…L’angélique (Angelica archangelica) pousse à l’état sauvage dans les régions septentrionales et en Europe centrale. Elle n’est plus guère cultivée pour la confiserie et la liquoristerie qu’à Niort et dans la plaine de la Limagne.

**Le dragme était la huitième partie de l’once. Cela vient du Grec Drakma (quatre grammes et 30 centigrammes) qui a donné le nom de la monnaie Drachme dont les Grecs vont peut-être redécouvrir tout le charme…

Bon, maintenant, moi je vous raconte cela, je dis rien… Allez portez vous bien et à demain peut-être.

 

ABRAKADABRA…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la pharmacopée et du ris de veau réunis, bonjour !

Nous voici le dimanche 11 mars de l’an 2012 c’est à dire le 21 de ventôse qui était généralement dédié à la Mandragore.

Les effets hallucinogènes remarquables de la plante, ainsi que la capacité qu’ont ses principes actifs de pouvoir aisément traverser la peau et de passer dans la circulation sanguine, explique certainement pourquoi les sorcières du Moyen Age, qui s’enduisaient les muqueuses et les aisselles à l’aide d’un onguent à base de mandragore, entraient en transe.

La plante était également utilisée par les guérisseuses, notamment pour faciliter les accouchements, mais aussi contre les morsures de vipère. En raison de la forme vaguement humaine de sa racine et de ses composés alcaloïdes psychotropes, la mandragore a été associée depuis l’antiquité à des croyances et des rituels magiques. La Mandragore Officinale est devenue, au fil des années, tellement mystérieuse dans le folklore, qu’elle a été par la suite considérée non seulement comme la plus puissante mais également comme la plus dangereuse de toutes les herbes magiques. Elle représente tout ce qui est mystérieux et attirant dans le monde étrange des plantes. A noter qu’elle contient un alcaloïde, la scopolamine, dont on a tiré les premiers sérums de vérité…

Il faut bien reconnaître que sa cueillette n’est pas une mince affaire.Paracelse  conseillait d’opérer la nuit du vendredi, lorsque les mandragores sont lumineuses après l’orage, il convient de les rechercher au pied d’un gibet, où le sperme du pendu leur apporte vitalité, ou sur les places de supplice ou de crémation. Un chien noir affamé, animal condamné, est attaché au pied de la plante, et ,excité par le son du cor, est appelé au loin, devant franchir trois cercles concentriques inscrits à terre autour de la mandragore à l’aide d’un poignard magique. La plante émet lors de l’arrachage un cri d’agonie insoutenable, tuant l’animal, et l’homme non éloigné aux oreilles non bouchées de cire. La racine devient magique après lavage, macération et maturation en linceul ; elle représente l’ébauche de l’homme, « petit homme planté » ou « homonculus ». Ainsi choyée, elle reste éternellement fidèle à son maître et procure à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité.

Bon ben dites donc, ça nous fait un dimanche pas très catholique tout cela. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.