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Veronique, nique, nique…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la vérité historique et du homard à l’armoricaine, bonjour ! véroniqueNous sommes le Lundi 22 Juin 2020, quatrième jour de Messidor dédié à la véronique, jolie petite fleur qui doit son nom à sainte Véronique bien connue dans son immeuble et qui aurait recueilli un linge portant les traits du Christ et aurait, grâce à ce linge, guéri l’empereur Tibère de la lèpre. On dit que la véronique officinale était utilisée autrefois en application sur les plaies des lépreux d’où son nom familier d’herbe-aux-ladres. Les anciens pensaient que la véronique possédait des vertus aussi nombreuses qu’infaillibles

Tout à fait autre chose.

Il est des êtres humains auxquels le destin réserve un sort exceptionnel… Pierre Martin est de ceux là, toute sa vie a été consacrée à la paix et à l’amitié entre les peuples. Je l’avais rencontré alors que je Pierre Martin-G-traînais mon sac de couchage sur le plateau du Larzac au début des années 70. Il était un des animateurs infatigables de cette fameuse lutte contre l’extension du camp militaire qui dura une dizaine d’années, préfigurant ce qui allait se passer à Plogoff contre l’implantation d’une centrale nucléaire. Ci-dessous à droite, le Larzac en 1977, bon d’accord, j’étais pas tout seul… Ce grand militant des causes justes qui, pacifiste et libertaire, sa vie durant, refusa avec une conscience exigeante de prendre une arme pour éliminer son semblable, était doté d’une stature exceptionnelle qu’il dissimulait sous une modestie et une totale générosité. Tour à tour et parfois en même temps, il sera sociologue, économiste ou expert en coopération pour le développement, mais le militant pacifiste restera avant tout un vrai citoyen du monde.

Quel destin singulier que celui de Pierre Martin, incarcéré pour objection de conscience : il se retrouve prisonnier de guerre, lorsque les hordes nazies envahissent la France, en 1940. Sa volonté inébranlable de Larzac-2ne pas porter les armes, le conduit à faire du « tourisme pénitentiaire» lui à qui le Mahatma Gandhi avait écrit que, s’il était résolu à agir dans l’esprit de la non-violence, il se devait de la pratiquer, là où il se trouvait : Plus il approfondissait la pratique de la non-violence, plus il souhaitait rencontrer Gandhi. C’est ainsi qu’en 1948, il entreprend de rallier l’Inde et enfourche sa bicyclette. C’est en Libye, qu’il apprend martin03qu’une violence fanatique venait de ravir la vie du Mahatma. En 1962, il assistera Louis Lecoin dans sa grève de la faim, qui a permis de convaincre de Gaulle de la nécessité de reconnaître l’objection de conscience. Ceux qui liront son ouvrage « Candide face au Moloch » (1983), comme ceux qui s’abreuveront aux sources fécondes du pacifisme, découvriront un homme qui n’a jamais abdiqué face à l’histoire. Membre du congrès des Peuples, c’est lui qui crée les mouvements des Citoyens du monde au Sénégal. Grand humaniste laïque, il restera toujours vivant par la constance de son engagement. Voila un salut à un grand bonhomme qui nous a quitté un 22 juin en 1998 et qui méritait bien de figurer en bonne place dans notre galerie de portraits.

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un citoyen du Monde…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de mes amis et du fromage de brebis réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 juin 2016, 4è jour de messidor dédié à la véronique et vous lisez le 2572è billet des cénobites tranquilles.

Il est des êtres humains auxquels le destin réserve un sort exceptionnel... Pierre Martin est de ceux là, toute sa vie a été Martinconsacrée à la paix et à l’amitié entre les peuples. Je l’avais rencontré alors que je traînais mon sac de couchage sur le plateau du Larzac au début des années 70. Il  était un des animateurs infatigables de cette fameuse lutte contre l’extension du camp militaire qui dura une dizaine d’années, préfigurant ce qui allait se passer à Plogoff contre l’implantation d’une centrale nucléaire. A droite, le Larzac en 1977, bon d’accord, j’étais pas tout seul… Ce grand militant des causes justes qui, pacifiste et libertaire, salarzac vie durant, refusa avec une conscience exigeante de prendre une arme pour éliminer son semblable, était doté d’une stature exceptionnelle qu’il dissimulait sous une modestie et une totale générosité. Tour à tour et parfois en même temps, il sera sociologue, économiste ou expert en coopération pour le développement, mais le militant pacifiste restera avant tout un vrai citoyen du monde.

Quel destin singulier que celui de Pierre Martin, incarcéré pour objection de conscience : il se retrouve prisonnier de guerre, lorsque les hordes nazies de l’Allemagne Hitlérienne envahissent la France, en 1940. Sa volonté inébranlable de ne pas porter les armes, le conduit à faire du « tourisme pénitentiaire « . Lui à qui le Mahatma Gandhi avait afficheécrit que, s’il était résolu à agir dans l’esprit de la non-violence, il se devait de la pratiquer, là où il se trouvait : Plus il approfondissait la pratique de la non-violence, plus il souhaitait rencontrer Gandhi. C’est ainsi qu’en 1948, il entreprend de rallier l’Inde et enfourche sa bicyclette. C’est en Libye, qu’il apprend qu’une violence fanatique venait de ravir la vie du Mahatma. En 1959, il rejoint l’expédition internationale contre l’explosion atomique au Sahara. Les autorités françaises le bloquent au Ghana, il y mène quinze jours de grève de la faim devant l’Ambassade de France, à Accra. En 1962, il anticipe son départ en congé en France pour assister Louis Lecoin dans sa grève de la faim, qui a permis de convaincre de Gaulle de la nécessité de reconnaître l’objection de conscience. Ceux qui liront son ouvrage « Candide face au Moloch », comme ceux qui s’abreuveront aux sources fécondes du pacifisme, découvriront un homme qui n’a jamais abdiqué face à l’histoire. Grand humaniste laïque, il restera toujours vivant par la constance de son engagement.

Voila un salut à un grand bonhomme qui nous a quitté un 22 juin en 1998 et qui méritait bien de figurer en bonne place dans notre galerie de portraits. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

DE LA NON-VIOLENCE EN GENERAL…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’amitié retrouvée et du pain perdu réunis, bonjour!

Nous sommes le vendredi 16 décembre, 26è jour de frimaire dédié au Pignon. Le pignon de Pin, évidemment.

J‘avais envisagé aujourd’hui de vous parler de Remedios Varo, peintre surréaliste, anarchiste et espagnole, autant dire quelqu’un qui avait tout pour me plaire, mais je m’aperçois que je lui ai déjà consacré un billet que vous pouvez retrouver en fouillant dans les archives des « cénobites tranquilles » ici :http://erwandekeramoal.canalblog.com/archives/2010/12/16/19869331.html

Elle disait régulièrement que vers ses soixante ans, elle aimerait se retirer de la vie publique, et finir ses jours dans un cloître Carmélite près de Cordoba fondé par un de ses ancêtres. Mais ce n’était qu’un fantasme, car il est très peu probable qu’ils auraient accueilli à bras ouverts une artiste telle que Varo. On ne le saura jamais, le 8 octobre 1963, alors que personne ne s’y attendait, elle meurt d’un infarctus à 54 ans.

 

Donc, Tout à fait autre chose, quoique…

C‘est aujourd’hui l’anniversaire de la naissance d’un militaire pas comme les autres. Un général qui fait honneur à l’uniforme qu’il a longtemps porté. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises et j’en ai gardé un souvenir très fort, il se trouve que sa fille et moi étions amis et il nous arrivait d’évoquer la figure de ce grand bonhomme qu’était son père.

Jacques Pâris de Bollardière, né le 16 décembre 1907 à Châteaubriant en Loire-Atlantique et mort le 22 février 1986 au Vieux-Talhouët, dans le Morbihan, était un officier général de l’armée française, combattant de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre d’Indochine et de la guerre d’Algérie. C’est également (et peut-être, surtout) une des figures de la non-violence en France.

 

Jacques de Bollardière est le seul officier supérieur à avoir condamné ouvertement l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie : il dénonce « certains procédés » pratiqués par une partie de l’armée française dans la recherche du renseignement lors de la guerre d’Algérie .

Sa prise de position publique lui vaut une sanction de soixante jours d’arrêt de forteresse.

 

Le 30 janvier 2009, le Conseil municipal de Rezé (Message perso : les rezéens qui sont attendus à Keramoal ce week-end sont prié de ne pas oublier les bottes et le ciré…) a adopté une délibération baptisant une rue au nom du Général Jacques Pâris de Bollardière (photo de droite). Cette décision faisait suite à une démarche pédagogique engagée par une classe de BEP électrotechnique du lycée professionnel Louis-Jacques Goussier de Rezé, dont les élèves s’étaient émus du fait qu’aucune commune de l’agglomération nantaise n’avait immortalisé le nom de ce grand humaniste pourtant natif du département. Décédé dans sa résidence du Vieux-Talhouët le 22 février 1986, il est inhumé à Vannes.

Allez, que maudite soit la guerre, portez vous bien et à demain peut-être.

LIBERTAIRE, JE CRIE TON NOM…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour !

Le 29 mai est le jour anniversaire de la naissance d’un écrivain à qui je voulais rendre un petit hommage tant son engagement mérite qu’on s’y arrête ; l’amenant à défendre un humanisme basé sur la sauvegarde de l’homme et de la nature, le recours à la non-violence Bernard CLAVEL. Pour lui, « un fleuve, une terre, un vignoble, des forêts sont tellement liés à l’existence de l’homme qu’il me paraît impossible que l’humanité oublie ce lien sans courir à sa perte. » Engagement pour l’écologie et les enfants martyrs, engagement contre l’État guerrier et marchand d’armes. Engagement aussi dans l’affaire Jean-Marie Deveaux ou l’affaire Buffet-Bontemps contre la peine de mort, contre les pratiques policières, l’impéritie de la justice et du système pénitentiaire. C’est un homme en colère qui fustige policiers et magistrats indifférents ou trop répressifs. Quelqu’un a dit de lui qu’il était une espèce d’anarchiste chrétien.

J‘ai découvert cet auteur à l’occasion de l’adaptation de son livre, le voyage du père, au cinéma par Denys de la patellière, en 66 où 67 avec un Fernandel à contre emploi tout à fait exceptionnel.

Je reprends ci-dessous un article de Gilles Heuré paru dans Télérama à l’occasion de son décès en octobre 2010. « C’est un homme de la terre, un forban des bois qui, vu ses quarante déménagements en France, en Suisse, au Canada ou en Irlande, semble avoir avalé un atlas. il fut, à 14 ans, apprenti pâtissier à Dole, pénible expérience dont il tirera La Maison des autres. « Mon patron était un vrai salaud, et pendant deux ans ce fut un enfer. C’était un avorton que j’aurais pu coucher d’une gifle, mais à cette époque le patron c’était le patron et on la fermait. » Il rêve alors d’un tour du monde, mais la guerre contrarie ses rêves de voyage. Il est successivement bûcheron, lutteur de foire avec le fameux Ted Robert, qui sera le personnage de L’Hercule sur la place, ouvrier agricole avec L’Espagnol puis résistant dans le maquis du Jura.

A lire son texte sur Gauguin, par exemple, on comprend mieux son propre itinéraire; celui d’un homme prêt à tout pour vivre sa passion d’écrire, humble artisan obsédé par les immensités calmes et, pourquoi le taire, râleur impénitent et libertaire jamais défroqué. Les hommes dont il fut l’ami n’étaient pas exactement de paisibles pèlerins : Pierre Mac Orlan, Roland Dorgelès, Jean Guéhenno, Jean Reverzy, Marcel Aymé, l’anarchiste Louis Lecoin, sans oublier les sans-nom et les gens de peu qui ont croisé sa route.

Ce conteur magnifique est bien un écrivain « prolétarien », selon le mot de Michel Ragon, avec la fierté que cela suppose. Les millions de lecteurs qui ont lu ses livres ne s’y sont pas trompés : cet homme est « en prise directe avec le mot humain », comme disait Pierre Mac Orlan. Il ne triche pas. » on le voit ici en compagnie de Josette Pratte qui fut sa compagne jusqu’au bout.

Voilà pour aujourd’hui, regardez bien au fond de la bibliothèque, il y a sûrement un livre de Clavel qui attend d’être relu. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

ET GARE A LA REVANCHE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
de la figure de style et du chou braisé réunis, bonjour !

 

L’année
déjà a fini sa carrière…
Vous connaissez la suite. Le 3O
décembre est le dixième jour de nivôse dans notre désormais
célèbre calendrier républicain, et, Fabre d’Eglantine avait choisi
de dédier ce jour au fléau. Le notre ne devrait pas tarder à nous
présenter ses voeux alors, faites comme moi, boycottez, éteignez la
télé, allez boire un coup en entonnant cette chanson de la Commune:

« Oui
mais !

Ça
branle dans le manche,

Les
mauvais jours finiront.

Et
gare ! à la revanche

Quand
tous les pauvres s’y mettront.
»

 

Le
30 décembre 1997
voyait la disparition d’un grand éducateur dont je
voulais dire quelques mots.
Danilo
DOLCI
.

Après
avoir complété ses études à Milan, durant les années du
fascisme, Danilo Dolci développa une profonde aversion de la
dictature. Arrêté en 1943 par les nazis,
il réussit à fuir. En 1952 il déménage en Sicile occidentale où
il engage une lutte Non-violente contre la Mafia et le
sous-développement, en faveur des droits et du travail. Il y subit
plusieurs persécutions et procès. Danilo Dolci est considéré
comme l’une des plus importantes figures de la non-violence dans le
monde.(ici on le voit en compagnie de Dorothy DAY, journaliste et militante américaine)

Avec
Vincenzina Mangano
, la veuve d’un pécheur et syndicaliste, mère de
cinq enfants qu’il adopta, il y construisit un orphelinat, avant d’y
initier la première de ses nombreuses grèves de la faim, sur le lit
d’un enfant mort de malnutrition. Dolci devint alors connu comme le
« Gandhi de Sicile ». En 1956 il organise une « grève
inversée », fondée sur le principe du travail bénévole, à
Partinico. Des centaines de chômeurs s’organisent pour réparer une
route de campagne abandonnée . La police met un terme à la
manifestation, la qualifiant d’« obstruction ». Dolci et
quelques-uns de ses collaborateurs sont arrêtés. Cet événement
suscite l’indignation à travers le pays et provoque de nombreuses
questions au parlement. Il sera soutenu par des intellectuels comme
Moravia et Carlo Levi. Dix ans plus tard, il lutte pour aider les
victimes du tremblement de terre dans la vallée de Belice
 en
Sicile. Les fonds gouvernementaux alloués aux victimes sont
détournés par des politiciens corrompus, le nom de « Belice »
devenant synonyme, en Italien, de corruption.(à gauche, les ruines de Santa Margharita à Belice)

À
partir des années 70, l’engagement éducatif occupe une place
centrale dans le travail de Dolci. Il approfondit son étude,
toujours en parallèle avec l’expérimentation, de la méthode
Socratique, c’est-à-dire une manière coopérative de débattre,
d’étudier et de rechercher en commun la vérité, dans la lignée des Ferrer, Freinet et autres éducateurs non-directifs. Vous pouvez lire:
«
Enquête
à Palerme
»
paru chez Julliard.

 

Un
peu de non-violence dans ce monde de brutes, voilà ce qu’il nous
fallait pour finir l’année.Demain, petit réveillon aux chandelles avec ma fiancée à moi que j’ai. Pour le menu je vous renvoie vers mon billet de l’année dernière à la même époque, que des valeurs sûres d’origine locales certifiées genre foie gras et homard de Portsall, le tout mijoté de main de maître par un cénobite en toque (pas de contrepèterie). A ce propos j’en ai déniché une concernant notre tsar Nicolas 1er: « Il a sa place sur un plateau de fromage, c’est un nain sectaire…« 

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.