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LES PETROLEUSES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du genre humain et de la gavotte des montagnes réunis, bonjour !

Nous sommes donc le 18 août, c’est le premier jour de fructidor, dédié à la prune, bref, pour beaucoup d’entre vous c’est les vacances.Y compris pour votre serviteur, résultat des courses, le billet de hier s’est malencontreseument trouvé amputé d’une partie du poème que je voulais vous présenter. C’est réparé… Vacances d’accord, mais, ce n’est pas une raison suffisante pour oublier ceux sans qui il n’y aurait jamais eu de congés payés.

Je pense à André Léo qui fut une femme aux principes solides, qui plaida sa cause par son œuvre littéraire et ses actions politiques. L’histoire ne lui a guère rendu justice, « les cénobites tranquilles » essaye modestement de raviver la flamme du souvenir. Elle milita avec acharnement, mais surtout sans aucune sorte de compromission et même parfois en “solo” pour la défense des principes de solidarité, coopération, émancipation, égalité, justice, démocratie ; elle voulut et sut lever sa voix forte et orgueilleuse quelquefois même en désaccord avec ses camarades et compagnons de lutte, comme quand elle prit nettement parti contre Marx et le Conseil Général de l’Association Internationale des Travailleurs, qu’elle jugeait une institution autoritaire, hiérarchique et trop liée à la vieille organisation sociale.

Quand dans ses textes elle plaidait l’instruction des femmes ou leur droit à un salaire comparable à celui des hommes, quand elle condamnait les mariages “ de convenance” ou les religions qui s’allient aux systèmes politiques autoritaires et centralisateurs, pour ne citer que quelques-uns des thèmes qui lui étaient chers, elle abordait des sujets brûlants, périlleux, qui gênaient l’opinion publique et l’ordre social. Rejetée donc par la bourgeoisie, d’où elle était pourtant issue, contestée par d’importants secteurs du socialisme contemporain, elle s’est destinée à l’isolement et à l’oubli. Sa condition de femme, en outre, ne l’a certes pas aidée à s’affirmer dans une société où les principes de l’infériorité de la femme étaient  encore bien solides. ( Sources : La thèse de Fernanda Gastaldello accessible sur le site de l’association André Léo)

Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s’engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink et Maria Deraisme (à droite en photo, et qui allait créer l’obédience maçonnique « Le droit humain ») pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à la « Ligue de la Paix et de la Liberté ».
Très liée à
Noémie Reclus, c’est chez elle, en 1869, qu’est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». Avec Noémie, elle projette la création d’une école primaire laïque de jeunes filles. En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s’occupe ensuite de l’aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice à « La République des travailleurs », organe de l’Internationale. Dès le 18 mars 1871, André Léo se voua sans réserve à la cause de la Commune. Son engagement politique se livra sur plusieurs fronts : elle fut journaliste, oratrice et adhéra à différents comités.

En voilà de sacrées pétroleuses. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.