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Allez dire à la ville…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis du grand Nord et des lichouseries réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 11 décembre 2014, 21è jour de frimaire dédié à l’érable à sucre. C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un poète qui se voulait breton et que j’ai eu le bonheur de croiser.

Xavier Grall est un journaliste, poète et écrivain breton. Son œuvre mystique magnifie la Bretagne. Xavier Grall « redevient breton » lorsqu’il quitte Paris en 1973, pour retourner définitivement dans la région de Pont-Aven, à Nizon, dans la ferme de Botzulan. Il exerce à La Vie catholique (oui bon, personne n’est parfait) dont il fut le rédacteur en chef, au journal Le Monde, à l’hebdomadaire Témoignage chrétien (un peu plus gauchisant), et au mensuel Bretagne. Au début des années Xavier Grall</p><br /><br /><p>Crédit photo Bernard Grall1970, il fonde le journal nationaliste breton la Nation bretonne avec Alain Guel et Glenmor, où l’on retrouve ses textes sous le pseudonyme de « Saint Herbot », entre autres. Disparu le 11 décembre en 1981, à l’âge de 51 ans, Xavier Grall fut journaliste, poète, romancier. Mal édité, mal lu, on le range volontiers dans la catégorie des poètes à tirage limité. Il a pourtant marqué toute une génération qui se reconnaît dans ses textes et dans sa célébration de la terre bretonne. L’admirateur de Rimbaud était aussi le père de cinq filles à qui il n’a cessé d’écrire. Son itinéraire fait écho aux questions que se sont posées nombre de bretons qui ont eu vingt ans au lendemain de la libération : rester, partir, revenir. Plus que d’autres, il a porté l’appel à vivre et travailler au pays. Un appel romantique et quelquefois désespéré.

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Je me contente de citer la 4ème de couverture de son livre « Le cheval couché » qu’il écrivit en 1977 en réponse au fameux « Cheval d’orgueil » de Per Jakez Hélias: « L’auteur ne se satisfait ni du folklore, ni du tourisme, ni du passéisme, qui voudraient figer son pays en terre des morts. Sur ses chemins, il a lu la trace des Bretons vivants. Bardes et militants, les filles de Xavier Gpaysans et ouvriers… On les voit dans ce livre, tels des chevaux qui courent à la mer, à la fierté, à l’espoir. Au large… ».  Le Cheval d’orgueil est un beau tombeau pour un peuple que l’on croit mort. J’ai essayé, pour ma part d’écrire une petite stèle à un peuple que je crois vivant.Disait-il à l’époque? Et puis encore ces quelques mots: « Ah quand je mourrai, enterrez moi à Ouessant avec mes épagneuls et mes goélands. Ah quand je mourrai, mettez moi en ce jardin de gravier. »
Ou encore: «C’est la vie qui est étrange et fabuleuse, le trépas est un événement qui ne devrait point nous surprendre.» Vous pouvez essayer de vous procurer le film documentaire que lui a consacré Ariel Nathan, il est titré Lettre à mes filles, on le trouve en DVD.

Allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.