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22 mars 1968…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du pendule de Foucault et de « qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 22 mars 2015, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Peut-être avez vous remarqué comme moi que l’éclipse à fait pshitt et que la marée du siècle à fait plouf… Vous allez voir que les élections vont faire splash.  Tiens, à ce propos, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver en cette veille d’élections.

Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université (photo de droite). Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de la salle du 22 marsrevendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam (parmi eux, Xavier LANGLADE, j’y reviendrais), il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles). Rapidement ce mouvement conduit, entre autres, par Daniel COHN-BENDIT (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment de ce qu’on allait appeler par la suite: les évènements de mai 68.

J’évoque d’autant plus volontiers Xavier Langlade (ici à gauche) que j’ai eu l’occasion de connaître ce dernier. A cette langladeépoque là nous étions très engagés dans les comités Viet-Nam et le Front de Solidarité Indochine. Il s’est fait arrêter après le caillassage des vitrines de American express, symbole de l’impérialisme Etatsunien. Voici à rue scribedroite une photo de notre arrivée rue Scribe, je pense qu’il y a prescription… Je dis cela pour le monsieur des renseignements généraux. A rennes, où je sévissais à l’époque, il était venu nous enseigner quelques techniques pour faire face aux forces de l’ordre et autres nervis de « Occident », « Ordre nouveau » ou de la C.F.T., milice patronale, qui faisait régner l’ordre à Citroën. Allez, tiens; Renaud & Evariste.

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Ecoutez plutôt ce qu’en disait Daniel Bensaïd: « 25 janvier 2007, Xavier Langlade nous a quittés brutalement. Il est mort à Cuba, sur cette île qui nous fit tant rêver, presque 40 ans après le premier grand meeting parisien de la Jeunesse communiste révolutionnaire, organisé en hommage au guérillero tombé en Bolivie, un funeste jour d’octobre 1967. En 1966, sur le campus de Nanterre, il avait une solide réputation de praticien des arts martiaux et de dirigeant (avec Jacques Tarnero) d’un service d’ordre étudiant performant, chargé de face à faceprotéger le campus des descentes répétées des commandos d’Occident. Discret, un peu secret, Xavier avait le goût de la pénombre plus que des projecteurs. Comme la plupart d’entre nous, il vibrait à l’appel de la Révolution cubaine et de l’Amérique latine. Pendant plus de dix ans, nous avons souvent collaboré dans la conspiration contre l’ordre établi: le 21 juin 1973 et la dissolution de la Ligue, l’agonie de l’Espagne franquiste, amers voyages en Argentine et au Chili, où l’atmosphère s’alourdissait des préparatifs du coup d’État. À la fin des années 1970, l’histoire édentée ne nous mordait guère plus la nuque. ». J’imagine que pour les plus jeunes d’entre vous tout cela a un parfum un peu surané mais, nous avions 20 ans et étions convaincus que le vieux monde était derrière nous…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du pendule de Foucault et de « qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 22 mars 2014, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane 62942167_palors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à ce propos, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver en cette veille d’élections.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher. Or donc, le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre (région parisienne), le mouvement contestataire 51065612_pétudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles).Rapidement ce mouvement conduit par Daniel COHN-BENDIT (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68 français.

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Le 2 mai 1968, à la Faculté de Nanterre, la contestation étudiante  s’amplifie, malgré les menaces que font courir les51109185_p groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars » avec Daniel COHN-BENDIT, mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.
La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. (La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.)

Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de Nanterre qui y tiennent meeting. Mais Occident-photo-1deux cents militants d’extrême-droite du « groupe Occident »  aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer. La police procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police.
Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite, Le 31 octobre 1968, après le plastiquage d’une librairie maoïste rue Gît-le-Cœur, le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin dissout Occident afin d’éviter un nouvel engrenage. Certains de ses militants iront fonder Ordre Nouveau, puis le Front National et le tristement célèbre GUD. D’autres se rallieront à la droite parlementaire, et deviendront ministres.                                                   Allez, merci encore d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.