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Le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à Paris, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine d’André SOUDY, de Raymond CALLEMIN, et d’Elie MONIER , tous les trois membres de la bande à BONNOT.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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NINA SIMONE…

La chanteuse noire américaine est morte lundi 21 avril 2003, à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), à l’âge de 70 ans. Cette artiste fut l’interprète de standards comme « My Baby Just Cares For Me » ou « Ne me quitte pas ». J’ai retrouvé un article que lui avait consacré Véronique Mortaigne dans « Le Monde » à l’époque, je m’en inspire pour ce billet.

Large , grande, magnifique (j’aime bien cette photo avec sa coupe à la Angéla Davis), Nina Simone jouait du piano habillée en peau de panthère ou coiffée d’un turban. Femme noire longtemps exploitée par les hommes de son entourage, traitée par le milieu musical comme il se devait à l’époque de ses débuts – c’est-à-dire très mal -, Nina Simone avait changé les paroles du classique de Jacques Brel, Ne me quitte pas, car elle ne supportait pas que quiconque, et surtout pas une Noire, prononce des mots aussi dégradants que « Laisse-moi devenir l’ombre de ton chien ».

Derrière Nina la star, il y eut toujours Eunice Waynon, la jeune noire née d’un père barbier et prédicateur méthodiste. Son histoire est celle d’un sacrifice, celui de la jeunesse, passée dans l’étude du piano. Au début des années 1950, Eunice s’enfonce dans le destin obligatoire du musicien noir. Par admiration pour Signoret, elle adopte le nom de Simone. Trois ans plus tard, Nina Simone, avec ses dons hypnotiques, ses drôles d’arrangements au piano et sa voix poignante, enflamme les clubs. I Love’s You Porgy, My Baby Just Cares For Me : les tubes s’enchaînent, Nina a vingt-quatre ans. La jeune et gracieuse jeune fille qu’elle fut avant d’adopter des courbes de madone s’engage dans la bataille pour les droits civiques aux Etats-Unis, avec ses chansons rebelles : Young, Gifted and Black, Mississippi Goddam (pour les quatre enfants noirs morts dans un attentat raciste en Alabama en 1963), Why (pour l’assassinat de Martin Luther King). « Mes amis -Stokely Carmichael, Malcom X-, tous morts ou en exil.

Nina Simone précisait qu’elle se sentait totalement africaine:

 » Myriam Makeba -chanteuse sud-africaine, interprète de Pata Pata, exilée aux Etats-Unis et fer de lance de la lutte contre la ségrégation- était dans le secteur. Elle me demande : « Nina, es-tu prête à rentrer à la maison ? » Je lui dis oui. Après avoir réglé quelques affaires, nous sommes parties directement en Afrique. C’est elle qui a choisi le Liberia, car elle y connaissait du monde, de plus, le Liberia était symboliquement important dans l’histoire de l’esclavage », déclarait-elle au Monde en 1991 à la veille d’un des nombreux passages qu’elle fit à l’Olympia.

Nina, portée sur l’alcool et les paradis artificiels, fut lâchée et lâcha tout le monde, entama un chemin de croix solitaire, borné d’humeur et d’envies, de petits escrocs amoureux qui partaient avec la caisse. Des humeurs, des envies… Elle eut de brusques illuminations qui la faisaient abandonner les salles de concert au désespoir de tous. D’autres, belles et profondes, qui lui firent porter des stades et des salles vers le swing et la chaleur. Nina Simone était aussi une voix, spéciale, inimitable, grave, avec la quelle elle pouvait chanter aussi bien My Way, I Love’s You Porgy, ou un classique du blues.

Nina Simone avait chanté Brel, mais aussi Brassens – Il n’y a pas d’amour heureux, évidemment. Dans les années 1980, un ami lui avait offert une cassette de Jacques Brel. « J’étais à New York, je l’écoutais et à chaque fois que Brel disait : « Ne me quitte pas », je pleurais. Puis, je suis partie en Suisse et j’ai appris la chanson avec un professeur. Je l’ai répétée pendant trois ans avant d’oser la chanter. »

Tiens, petite pensée pour les « ceusses » de la bande à Bonnot…

« La Guillotine » lithographie de Steinlen (1900)


Il faudra attendre l’année 1981 pour voir disparaître ce « type d’humanisme français »

Le 21 avril 1913, sur le boulevard Arago à Paris, devant la prison de la Santé, exécutions capitales par la guillotine d’André SOUDY, de Raymond CALLEMIN, et d’Elie MONIER , tous les trois membres de la bande à BONNOT.


 » C’est fini. La société a fait justice. Justice? Cette opération odieuse, dans ce décor de deuil, sous ce ciel bas et impavide? Justice, ce triple meurtre, préparé dans tous ses détails, réglé, ordonné avec précision, parmi tous ces soldats, ces pelotons de gendarmes et de gardes? Justice, cette méthode sournoise de suppression? Mais à quoi bon philosopher ? Les hommes n’ont encore découvert d’autres moyens que de punir le meurtre par le meurtre. »
Victor Méric dans « Les bandits tragiques » (1926).

Allez, c’est tout pour aujourd’hui, je m’en vais surveiller le nuage et je vous dis portez vous bien et, à demain peut être.