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COMME A OSTENDE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour !

Nous sommes le samedi 19 novembre, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins , les dents rapportées sur couronne en fonte de l’engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être plusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et loire.

 

Le 19 novembre c’est aussi la date anniversaire de la mort d’un grand peintre et graveur Belge: James ENSOR.

Anarchiste, symboliste et expressionniste, il est né à Ostende en 1860. Fils d’un ingénieur Anglais ruiné, sa maman tenait une boutique de souvenirs. En 1877, il s’inscrit à l’académie des beaux arts de Bruxelles et commence à fréquenter les milieux artistiques de la capitale. Il se lie avec Félicien Rops et le professeur Rousseau qui vont l’introduire plus avant dans l’anarchisme. En 1881, il expose ses premières oeuvres et va intégrer divers cercles artistiques d’avant-garde mais, ses toiles ne suscitent qu’incompréhension et refus de la part des salons d’Anvers et Bruxelles. C’est en 88 qu’il peint le tableau qui le rendra célèbre par la suite: « Entrée du Christ à Bruxelles » aujourd’hui au musée Getty à Los-Angeles.Ici à droite.

J‘imagine l’accueil que lui réserveraient les fondamentalistes chrétiens qui manifestent contre les affiches Benneton, le « Piss-Christ » de Serrano ou la pièce de Donatelli…

Soutenu par Emile Verhaeren (les villes tentaculaires), il expose au salon de la « libre esthétique » puis à Paris en 1894 sans pourtant soulever un grand enthousiasme. Il ne rencontrera la reconnaissance officielle qu’à partir de 1929, année où il devient citoyen belge et où la bourgeoisie, pas rancunière, lui décerne le titre de Baron, organisant une grande rétrospective de son oeuvre au palais des beaux arts de Bruxelles. Ce précurseur du surréalisme et du mouvement Cobra, est aussi un musicien et un écrivain pamphlétaire insolent et savoureux.

Si vos pérégrinations vous conduisent du côté d’Ostende, n’hésitez pas à visiter la « Maison ENSOR« , transformée en musée. Je vous préviens l’espace est réduit et il faut parfois attendre que les visiteurs précédents aient vidé les lieux pour y accéder.

Voila qui devrait suffire pour un samedi. En vidéo, j’ai choisi le meilleur des représentant pour chanter Comme à Ostende, cette merveilleuse chanson de Jean-René Caussimont sur une musique de Léo Ferré, ARNO. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.