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A CONTRE COURANT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tragédie antique et de la politique en toc, bonjour !

Nous sommes le 11 novembre 2011, 21è jour de brumaire dédié aux Bacchantes, ces nymphes qui célébraient les mystères de Dionysos au cours des fameuses Bacchanales. On dit qu’elles couraient çà et là, échevelées, à demi nues ou couvertes de peaux de tigres, la tête couronnée de lierre, le thyrse à la main, dansant et remplissant l’air de cris discordants. Elles répétaient fréquemment le cri Évoé, comme pour rappeler les triomphes de Bacchus sur les Géants. Berlusconi a du s’en inspirer pour ses Bunga-bungas…

 

Et si on profitait de cette crise et de son cortège de vraies fausses solutions libérales, pour se re-poser la question du partage du travail et du droit à la paresse…

Michel MAJOROS qui est doctorant à l’université libre de Bruxelles a eu la gentillesse d’attirer mon attention sur un colloque dont il est l’un des organisateurs et qui se tiendra outre-Quiévrain le 23 novembre. Ce blog ayant un lectorat international et un message universel, j’en profite pour m’en faire l’écho. En voici le texte de présentation :


Licencier à tours de bras et traquer les chômeurs. Renforcer la compétitivité  – travailler plus et à tout prix !

Et si les agences de notation et la FEB avaient tout faux? Si, face aux dégâts humains et planétaires,LE DROIT À LA PARESSE réalisait le droit à l’emploi et à la vie, en travaillant moins, mais dans de meilleures conditions, et tous. Le programme complet en cliquant sur le lien.

Paul Lafargue, témoin du machinisme triomphant, militant des débuts du socialisme (la manifestation du 1er mai, la journée de 8 heures), écrivit ce manifeste du mouvement ouvrier, diffusé partout, jusqu’à ce que la bataille pour la production et la guerre le jette aux oubliettes des années 30.

À l’occasion du centenaire de la mort de Laura Marx et Paul Lafargue, des acteurs du théâtre, de la recherche, du monde du travail, invitent à construire le droit à la paresse, comme nécessité urgente, alternative aux bricolages de l’Europe et des institutions financières.

Cent trente ans après sa publication, pamphlet pour la réduction du temps de travail, le droit à la paresse se pose à contre-courant, mais dans l’air (ou le contre-air !) de ce temps d’impasses. Vous êtes cordialement invité/e à cette rencontre entre le monde du travail et celui de la recherche. »

Ce visionnaire, qui avait épousé la fille de Karl Marx, déclarait à l’époque « Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traine à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture… »

 

Voici quelques mots d’un texte de Moustaki qui rend hommage à Paul Lafargue dont j’avais dressé le portrait ici même au mois de novembre de l’an passé. Et à droite, la photo de la tombre du couple Laura Marx et Paul Lafargue au père Lachaise.


« Je voudrais rendre grâce a celui qui peut-être
A été mon premier et mon unique maître
Un philosophe mort voici quelques décades
Mort de son propre choix ni trop vieux ni malade
Il n’était pas de ceux qui entre dans l’histoire
Nous sommes peu nombreux à servir sa mémoire
Il ne se posait pas en saint ou en prophète
Mais cherchait avant nous le bonheur et la fête… 

…Je voudrais rendre grâce à ce maître en sagesse
Qui ne demandait que le droit à la paresse
. »

 

Allez,c’est pas tout, j’veux pas louper la commémo (j’rigole). Merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

DE SOLON A GOLDMAN-SACHS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la démocratie et du pâté d’alouette réunis, bonjour !

C‘est aujourd’hui le 23 juin, jour anniversaire de ma filleule Salomé que j’adore, tellement qu’elle est belle, tellement qu’elle est intelligente, tellement qu’elle fait du cheval comme d’autres font de la trottinette… Quinze ans déjà, que cela passe vite quinze ans, comme disait le poète. J’aurai voulu parler d’espoir, d’avenir, de projets, d’insouciance, bref de toutes ces choses qui devraient illuminer le ciel d’une adolescente. Et puis, patatras, je tombe sur ce texte, un appel à la solidarité des grecs à l’initiative de Mikis Théodorakis et je ne résiste pas au désir de vous en livrer un extrait.

 

« La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe.

Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux cours des années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »

 

Espérons avec Moustaki qu’il soit encore temps…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

LE DROIT A LA PARESSE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du travailler-moins-pour-gagner-plus et du porc chop
suey réunis, bonjour !

26 novembre, 6è jour de Frimaire consacré à la mâche, tiens encore un truc de nantais, ailleurs on l’appelle aussi Blanchette, doucette, clairette, oreillette, rampon et même Valérianelle…Jean-Yves va bien nous dégoter une anecdote et Mirou nous dire que dans mâche…Il y a « H ».


C‘est un 26 novembre, en 1911, que nous
quittait Paul Lafargue à qui nous devons ce merveilleux
ouvrage, Le droit à la paresse, paru en 1880.

« Pour qu’il parvienne à la
conscience de sa force, il faut que le prolétariat foule aux pieds
les préjugés de la morale chrétienne, économique, … il faut
qu’il retourne à ses instincts naturels, qu’il proclame les
Droits de la Paresse, mille et mille fois plus sacrés que les
phtisiques Droits de l’Homme concoctés par les avocats
métaphysiques de la révolution bourgeoise ; qu’il se
contraigne à ne travailler que trois heures par jour, à fainéanter
et bombancer le reste de la journée et de la nuit.
»A droite, magnifique gravure que l’on doit à Félix Vallotton.

150 ans avant le débat sur les
retraites, Lafargue posait déjà les vraies questions. Il est vrai
qu’il avait des circonstances atténuantes; d’abord il était né à
Cuba et puis, bien que très influencé par les idées de Proudhon,
il avait épousé la fille de Karl Marx. Ce visionnaire mériterait le
Panthéon, qu’on en juge: « Une étrange folie possède les
classes ouvrières des nations où règne la civilisation
capitaliste. Cette folie traine à sa suite des misères
individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la
triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion
moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces
vitales de l’individu et de sa progéniture…
»

À 69 ans, en 1911, il se suicide avec sa femme, en se justifiant
dans une courte lettre : « Sain de corps et d’esprit,
je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un
les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes
forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne
brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux
autres
».

Paul Lafargue et Laura Marx sont enterrés au cimetière du
Père-Lachaise (division 77), face au mur des fédérés. Georges
Moustaki lui rend hommage dans une de ses chansons. Ici à droite, ce n’est pas Moustaki mais bel et bien Karl Marx, un peu arrangé.

Je voudrais rendre hommage à celui qui, peut-être,

a été mon premier et mon unique maître,

Un philosophe mort voici quelques décades,

Mort de son propre choix, ni trop vieux ni malade.

Malgré mes recherches, je n’ai pas réussi à la dénicher en vidéo.

Bon, et bien je vais me recoucher moi. Merci de votre visite,
portez vous bien et à demain peut-être.