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Quand viendra t-elle ?

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la médecine par les plantes et du Viandox réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 22 janvier 2016, troisième jour de pluviôse et, je vous le confirme, il pleut. C’est le jour du Fragon dans le calendrier républicain. Plante très commune dans nos sous-bois, on en fait de très jolis bouquets. Le fragon est aussi une plante médicinale appréciée pour son action contre l’inflammation et le rétrécissement fragondes vaisseaux sanguins. On l’utilise par voie interne mais aussi par voie externe, (contre les varices par exemple et en cosmétologie).
Les jeunes drageons tendres sont comestibles mais bon, je vous laisse faire l’expérience. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. Ainsi il a été vu à la vente aux marché des Lices (à Rennes) durant la dernière guerre, vendu roulé en boule et servant  à récurer le matériel de cuisine allant au feu de cheminée, les pointes des feuilles faisant office de grattoir. Un ancien couvreur se rappelle s’en être servi de hérisson pour ramoner: il s’agissait alors de lier tête-bêche de nombreuses tiges par le milieu pour fabriquer ce « hérisson ». En  Gallo, j’ai entendu Jaosé et René (humoristes locaux) parler de  « hayen » mais, je ne suis pas sûr de la  prononciation. Merci aux « gallophones » de laisser un commentaire.

Dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode 200px-SergeantGardeNationaleMobilisee-111x300peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un soulèvement populaire parisien pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. Une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). La foule rassemblée sur la place de l’Hôtel de Ville est clairsemée mais, vers 15 heures, des Gardes nationaux arrivent sur la place. Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par Le Bouëdec dont fait partie le lieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre chateau de Trévarez dans le Finistère) installés dans l’hôtel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent. Ecoutez cette complainte d’Eugène Pottier interprétée par Mouloudji.

C‘est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Elle vient de découvrir que ces gens là ne se défendent pas contre les trochuprussiens mais contre les travailleurs parisiens. On relève cinq morts et quelques dizaines de blessés chez les manifestants. Le soir, la manifestation a échoué. Le pouvoir était alors entre les mains du trop célèbre général breton TROCHU. ici caricaturé par Faustin Betbeder en compagnie de Napoléon III. Il fut vite remplacé par THIERS le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. »  Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

La grande dame blanche…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la rive gauche et du baiser de l’hôtel de ville réunis, bonjour !Tiens, nous sommes le dimanche 20 septembre 2015, encore un de ces jours complémentaires sur le calendrier républicain, judicieusement nommé, le jour de l’opinion… J’en profite donc pour vous donner la mienne à propos de cette dame blanche qui nous a quitté en septembre 2011. Cora Vaucaire.

Elle nous a quitté discrètement comme elle a vécu. Une voix à nulle autre pareille, une interprète remarquable de nos plus grands poètes. Elle a tout chanté : les mélodies d’Erik Satie, les rengaines populaires L’hirondelle du faubourg, le folklore français Le roy a fait battre tambour, les poètes (Aragon, Prévert). Son plus beau titre de gloire : avoir créé, cora_vaucaireavant Montand et Gréco , Les feuilles mortes, devenue l’une des chansons françaises les plus connues dans le monde. Pourtant Cora Vaucaire n’a pas fait une carrière de star. Surnommée « la dame blanche de Saint-Germain-des-Prés », parce qu’elle s’habillait invariablement de blanc à une époque où le noir était de rigueur, elle débute en 1938 à La Chauve-souris, boîte un peu louche de Pigalle, puis fait la connaissance de Michel Vaucaire, parolier de Damia et de Piaf, qu’elle épouse. En 1941, on la retrouve au cabaret d’Agnès Capri, où elle côtoie Serge Reggiani et Mouloudji.

En 1950, elle lance son propre cabaret, le Caveau Thermidor, qui deviendra le Milord l’Arsouille, situé rue de Beaujolais à la porte des lilas, là où Gainsbourg à débuté, puis six ans plus tard, prend la direction de La Tomate où elle présente Pierre Louki et le québécois Raymond Lévesque. En 1955, elle fait une apparition mémorable dans le film de cora gaucheJean Renoir French Cancan, dans lequel elle chante la célèbre Complainte de la butte. Après de longues années où la dépression l’empêche de donner sa pleine mesure, elle fait son retour au théâtre de la Ville en 1973. Chanteuse d’une grande subtilité, elle est de la race des diseuses. D’un grand éclectisme dans le choix de son répertoire (elle a chanté aussi bien Bruant que Brassens), elle savait, par un art consommé de la théâtralité, imprimer sa marque à toute chanson dont elle s’emparait. Curieusement, elle était très apprécié au Japon. Cette grande dame de la chanson française était aussi une « indignée » et n’hésitait pas à entonner le temps des cerises devant une usine en grève.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

La fille de Londres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des droits de l’homme et de la marine à voile réunis, bonjour ! Nous voici le samedi 29 juin 2013 c’est à dire le 11è jour du mois de Messidor, généralement consacré à la coriandre. Les étymologistes se disputent à propos de l’origine du mot: Grecs pour les uns, de source Mycéenne pour les autres – Koriadnon, pour54685429_p Ariane la fille de Minos – En arabe le mot se dit Kuzbur, même si dans l’Algérois on dit hachiche qui veut dire littéralement: Herbe. Mais, même bien  séchée, je vous déconseille de la fûmer. La coriandre se marie très bien avec les carrottes sous toutes les formes. Mais ça le fait aussi avec les patates.  Avec l’été venu, imaginez une petite salade de pommes de terre au cumin, légèrement citronnée et parsemée de coriandre; un vrai régal qui mériterait un article chez Madame « dans ma cuizine ». La coriandre c’est comme le cochon, tout est bon de la feuille à la racine en passant par la fleur et la graine. On lui prête même des vertus antiseptiques dans les bains de bouche destinés à calmer les douleurs dentaires et ça, ça m’intéresse…

Tiens, je m’aperçois que c’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’une grande dame de la chanson: Germaine MONTERO. Germaine Heygel naît à imagesParis le 22 octobre 1909, d’un père alsacien et d’une mère normande. Elle passe les premières années de sa vie à Montrouge en banlieue parisienne. Après des études au lycée de Versailles et un séjour en Grande-Bretagne, elle se rend en Espagne au début des années trente et suit des cours à l’université de Valladolid. À Madrid, où elle habite par la suite, elle rencontre le poète et dramaturge Frederico Garcia Lorca. Il la fait débuter au théâtre en 1932-1933 dans l’interprétation des grands classiques espagnols. De retour à Paris après le coup d’État franquiste de 1936, elle prend le pseudonyme de Montero. En 1938, elle se révèle au public parisien dans la pièce Font aux Cabres de Lope de Vega. Elle joue ensuite dans Noces de sang de Garcia Lorca et dans Divines Paroles de Valle Inclan.

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En 1939, elle débute en tant que chanteuse dans le cabaret d’Agnès Capri en y interprétant un florilège de chansons populaires espagnoles. Germaine Montero mènera toujours de front et avec un égal succès ses carrières de comédienne et de chanteuse. Au théâtre, elle joue Pirandello, Cocteau, Brecht (Mère Courage), Anouilh, Claudel, Montherlant… En 1947, elle participe à la création du festival images-1d’Avignon aux côtés de Jean Vilar. Elle entre par la suite au TNP qu’il dirige. Au cinéma, elle tourne dans de nombreux films, dont Le soleil a toujours raison (1943, de Pierre Billon, adaptation et dialogues de Jacques Prévert), Lady Paname (1950, Henri Jeanson), Monsieur Ripois (1954, René Clément), Mélodie en sous-sol (1963, Henri Verneuil). En dehors des chansons espagnoles qui firent son succès, Germaine Montero mit sa voix au service des grands auteurs français. Elle est l’interprète fétiche de Pierre Mac OrlanJe peux vous raconter, Ça n’a pas d’importance, La Chanson de Margaret, La Fille de Londres (titre repris par Juliette Gréco et Catherine Sauvage). Comme Yves Montand, Patachou, Cora Vaucaire, Mouloudji et d’autres chanteurs de la Rive gauche, elle a interprété les chansons de Jacques Prévert et Joseph Kosma (Barbara, Les Enfants qui s’aiment, Les Feuilles mortes, En sortant de l’école, Et puis après – Je suis comme je suis). Elle a aussi chanté Léo Ferré (Paris Canaille, Le Piano du pauvre), Mouloudji et Georges Van Parys (Un jour tu verras) et Léon Xanrof. Son répertoire contient par ailleurs des chansons plus anciennes : La Semaine sanglante Jean-Baptiste Clément, 1871, Nini peau de chien (Aristide Bruant, 1904), Du gris (Benech et Dumont, 1920), La Butte rouge (Montéhus, 1922), La Java Bleue (Vincent Scotto et Geo Koger, 1938). En mars 1955, elle enregistre dix chansons de Pierre-Jean de Béranger, parmi lesquelles Les Cinq Étages, Les Gueux, À mes amis devenus ministres et Ma grand-mère. Sources

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Les singes à cul nu…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la trompette acoustique et de la chaussette à clous réunies, bonjour !

Nous sommes le dimanche 10 mars 2013, 20è jour de ventôse dédié au cordeau.

Rendons hommage à un des grands bonhomme du début du XXè siècle qui aurait 93 ans aujourd’hui: Boris Vian est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, aujourd’hui Hauts-de-Seine), mort le 23 juin 1959 à Paris. Il fut aussi ingénieur de l’École centrale, inventeur, scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur d’occasion et peintre.

À douze ans, Boris est victime d’un rhumatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique. Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en 54461608_pfera la cible de l’affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L’Herbe rouge, et plus encore dans L’Arrache-cœur. Il fait ses études primaires et de collège au lycée de Sèvres (1927-1932), puis entre au lycée Hoche de Versailles, de la troisième à la classe de Philosophie (1932-1936). S’il passe avec facilité la première partie du baccalauréat en 1935, il est contraint de suivre une seconde terminale au lycée Condorcet, à Paris, où il obtient le baccalauréat final A-philosophie, avec option mathématiques. Il suit les classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques au lycée Condorcet et entre à l’École centrale Paris en 1939. À la fin de ses études, il travaille comme ingénieur à l’Association française de normalisation (AFNOR) de 1942 à 1946, où il profite de ses instants de liberté pour écrire et jouer de la musique jazz. Le 5 juillet 1941, il épouse Michelle Léglise à Paris. Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l’époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis. Son premier roman célèbre est J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan l’un des nombreux pseudos qu’il utilisera, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu’il est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S’ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c’est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur 54461631_partistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz ». 1951 et 1952 seront des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948, et vit difficilement de traductions dans une chambre de bonne, au 8 boulevard de Clichy. Il n’a plus un sou mais le fisc s’acharne à lui soutirer des impôts anciens qu’il ne peut payer. Son esprit fécond l’amène cependant à collaborer au Collège de Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis Satrape en mai 1953. En 1954, il se remarie avec Ursula Kübler.

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Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J’irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu’il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s’effondre dans son siège et, avant d’arriver à l’hôpital, meurt d’une crise cardiaque. Le Collège de Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».

Chacun se souvient de « l’herbe rouge », de « l’arrache coeur », de « j’irai cracher sur vos tombes », de « l’écume des jours »; et ses célèbres chansons écrites pour Salvador, Gréco, Mouloudji, Reggiani…La plus fameuse est sans doute « le déserteur », longtemps interdite à cause du dernier couplet litigieux: « si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je possède une arme et que je sais tirer ». Couplet qui fut tardivement transformé par Vian à la demande de Mouloudji: « …Prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’armes et qu’ils pourront tirer ».

Bon, des « comme ça » on n’en fait plus, le moule est cassé. C’est bien simple, de Boris Vian, j’aime tout, sans modération, sans condition…En hiver 1970, alors que 54462395_pj’avais la chance de réveillonner en compagnie de Bernard Lavilliers (pas encore célèbre) il nous avait interprété « je voudrai pas crever » (je voudrai pas crever avant d’avoir connu les chiens noirs du Mexique, les singes à cul nu dévoreurs de tropiques…)  un des poèmes de Vian. J’en garde un souvenir impérissable et ému. Voici, à droite, une photo de l’époque.

 

Allez, surtout n’hésitez pas à repasser, les « cénobites tranquilles » c’est un peu comme le bistro (avec ou sans T, c’est comme on veut) du coin, c’est ouvert tous les jours.

La cerise sur le chaos…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du paradoxe et du tiramisu aux spéculoos réunis, bonjour !

Nous voici le jeudi 14 juin 2012, 26è jour de prairial dédié au jasmin. Avant de donner son nom à une révolution méditerranéenne (le jasmin blanc est la fleur emblématique de Tunisie) cette plante avait conquis les parfumeurs. L’un d’entre-eux, Jean Patou, disait à propos du jasmin, qu’il fallait 10 600 fleurs pour produire une once de parfum. On dit que Cléopatre serait allée à la rencontre de Marc Antoine sur un bateau dont les voiles étaient enduites d’essence de jasmin…Il est vrai qu’elle avait du nez !

Tout à fait autre chose.

C‘est aujourd’hui l’anniversaire de la disparition de Mouloudji (14 juin 1994) dont je suis un inconditionnel. Je vous renvoie vers le billet que je lui ai consacré l’année dernière.

Allez, tiens, le temps des cerises car, comme disait mon aïeule: A la saint Rufin, des cerises plein la main.

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Et autre chose encore.

Au Québec la police est sur les dents (les dents des autres évidemment). Les Grecs continuent leur descente aux enfers. (Si l’on en croit Ovide dans ses Métamorphoses: Le Chaos est un gouffre sans fond où l’on fait une chute sans fin..) En Espagne les banques vont se goinfrer de 100 milliards d’euros… En Tunisie, c’est reparti pour un tour, mais sans BHL. L’OTAN nous prépare un coup de Jarnac en Syrie; sans doute une répétition grandeur nature avant l’Iran… En Afghanistan, les piou-piou continuent à se faire dézinguer. L’UMP n’en finit pas de se FNiser. En Russie, des milliers de manifestants défilent… Et en douce-France-cher-pays-de-mon-enfance les médias consacrent leurs « Unes » à un malheureux tweet de la copine du président. On marche sur la tête, madame Michu.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

LA COMPLAINTE DE LA BUTTE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la géologie et du rougaï saucisse réunis, bonjour!

Nous sommes le 10 janvier, 21è jour de nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement dit le Gypse. On l’a extrait pendant fort longtemps des fameuses carrières de Montmartre, dont le gypse fut exploité depuis l’époque gallo-romaine et transformé par les nombreux fours à chaux de la butte Montmartre. Ils ont longtemps servi à confectionner le plâtre le plus fin et le plus réputé, tant pour la construction que pour les moulages : le « plâtre de Paris » ou « blanc parisien ».

À la fin du XIXe siècle, les carrières s’étendaient sur plus de 300 km de galeries. Le plâtre fut utilisé à grande échelle dans la capitale, d’où le dicton montmartrois : « Il y a bien plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ! » Hélas, lors de la Commune de Paris, les carrières de Montmartre furent transformées en lieu d’exécution et en fosses communes. D’ailleurs, lors de votre prochaine visite, cheminez donc jusqu’au bout de la rue Ronsard, vous y trouverez le square Louise Michel ; c’était l’entrée des carrières. C’est au gypse que l’on doit ces merveilleuses concrétions sédimentaires que sont les roses des sables. Et puisque l’on parle de Montmartre, prenez deux minutes pour écouter « la complainte… »

 

Et voila, maintenant vous l’avez dans la tête pour toute la journée… Vous remarquerez que je fais court car les travaux des champs mobilisent mon temps libre. Chez vous, je ne sais pas, mais à Keramoal la nature est en avance de plusieurs semaines: Tout bougeonne, les narcisses pointent déjà le bout de leur queue et mes hortensias sont repartis pour un tour… Le réchauffement madame Michu!

En attendant le prochain billet, portez vous bien et à demain peut-être

LA COMPLAINTE DE LA BUTTE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la liberté d’opinion et du gratin de courgettes réunis, bonjour !

Nous sommes le 16 septembre et c’est la date qui correspond au 30è et dernier jour de fructidor, dédié au panier. C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de Mouloudji dont je suis un fan inconditionnel. Je vous propose de le rajouter à notre galerie de portraits, visitable tous les jours d’un simple clic, colonne de droite…

Marcel Mouloudji naît à Paris le 16 septembre 1922. Son père, Kabyle, est originaire d’Algérie. Emigré en France, il exerce le métier de maçon et s’inscrit au Parti communiste. Il épouse une Bretonne catholique très pratiquante, mais qui assez vite sombre dans l’alcoolisme et la folie. Elle sera internée.

La famille Mouloudji vit dans un modeste logis du XIXème arrondissement de Paris. Marcel suit son père aux meetings communistes, parti dont il se sentira proche une partie de sa vie. Enfant plutôt mignon, il décroche à 11 ans un rôle dans un film sur Ménilmontant.

Adolescent, Marcel s’inscrit aux Faucons Rouges, association issue du parti communiste, au sein de laquelle il monte un petit groupe avec son frère. En 1935, il fait la connaissance de Sylvain Atkine, metteur en scène dans le Groupe Octobre, organisation affiliée à la Fédération des théâtres ouvriers de France. C’est là qu’à 13 ans il rencontre déjà de grands noms de la scène dont Jean-Louis Barrault ou Roger Blin.

Plutôt doué, l’adolescent est adopté par le monde du théâtre. Il est même parrainé par l’homme de lettres Marcel Duhamel qui l’initie à la littérature et à la poésie. Celui-ci l’envoie travailler avec Jean-Louis Barrault chez qui Marcel vit quelques temps. Il prend également des cours avec Charles Dullin. En 1936, il joue dans son premier spectacle, « le Tableau des Merveilles » inspiré de l’Espagnol Cervantès et adapté en français par Jacques Prévert. Parallèlement au théâtre, Mouloudji démarre au cinéma.

Via Jacques Prévert, il rencontre Marcel Carné qui lui donne un petit rôle chantant dans « Jenny » en 1936 puis, « les Disparus de Saint-Agil » de Christian-Jaque en 1938 (Eric Von Stroheim, Michel Simon, Aznavour, Reggiani, imaginez la distribution) . A 16 ans, Mouloudji est déjà une vedette de l’écran.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Mouloudji file dans le sud de la France, à Marseille, en zone libre, avec le Groupe Octobre. Il rencontre à cette occasion le chanteur Francis Lemarque (voir mon billet du 20 avril). Assez vite, il retourne à Paris où il effectue un tas de petits boulots en semi-clandestinité. Il chante au Bœuf sur le Toit et surtout, découvre le milieu artistique de Saint-Germain-des-Prés.

Pendant la guerre, en 1943, Mouloudji fait la connaissance de Louise Fouquet, dite Lola, qu’il épouse. Elle sera sa femme et son agent artistique jusqu’en 1969. Dans les cabarets en vogue, il chante Boris Vian ou Jacques Prévert. Certains de ses films sont devenus des classiques dont « Boule de suif » (Christian-Jaque, 1947) ou « Nous sommes tous des assassins » (André Cayatte, 1952).

En 1951, Mouloudji enregistre un tout premier disque avec quelques titres importants tels « Rue de Lappe », « Si tu ‘imagines » et « Barbara ». C’est également à cette époque qu’il monte pour la première fois sur la scène d’un grand music-hall, Bobino. Comme pour de nombreux débutants de l’époque, c’est Jacques Canetti, fameux agent artistique et patron du cabaret les Trois Baudets qui entraîne Mouloudji vers le succès. Il lui fait enregistrer « Comme un p’tit coquelicot » qui obtient un énorme succès et qui marque une étape dans son parcours de chanteur.

Toujours engagé et militant pacifiste, Mouloudji rencontre quelques soucis de censure lors de la Guerre d’Indochine. L’objet de discussion est la chanson « le Déserteur », manifeste anti-militariste écrit et créé par Boris Vian. Quand Mouloudji l’interprète au Théâtre de l’Œuvre le jour même de la chute de Diên Biên Phu, cela provoque un scandale et il devient la cible des censeurs et des politiques. La chanson est interdite d’antenne. Seule la station Europe1 la diffuse. Cette première censure le poursuivra et par la suite, d’autres titres connaîtront le même sort. Ici à gauche avec Prévert.

Mouloudji crée finalement sa propre marque de disques sous forme d’une coopérative. C’est ainsi qu’il lance en 1965 un jeune Néo-zélandais installé en France, Graeme Allwright. Peu enclin à se fondre dans l’industrie du disque, Mouloudji n’a pas le succès qu’il a connu dans les années 50 avec le cinéma. En 1966, il monte même un salon de coiffure.

Lorsque surviennent les événements de Mai 68, c’est le militant politique qui chante dans les usines comme en 1936. Rester intègre et ne pas sacrifier ses convictions à sa carrière est essentiel pour lui.

A sa façon, Mouloudji lutte contre l’industrie du disque qui ne lui laisse guère de place. Après avoir maintes fois été victime de la censure, il écrit sans se soucier de l’effet produit. Il sait que de toutes façons, il sera peu ou pas diffusé en radio. Dans « Autoportrait » en 70, il évoque son métissage : « Catho par ma mère, musulman par mon père« ; avec sa reprise de « Allons z’enfants » de Vian, il repart en guerre contre les militaires. Toujours présent lors de combats politiques, il participe en 1974 à l’enregistrement d’un album consacré aux chants et poèmes de la Résistance. On l’entend également sur une compilation de chants ouvriers et une autre sur la Commune. Sa lutte se passe aussi sur scène comme lorsqu’il participe à un gala de soutien à la gauche chilienne en 1974.

En 1980, il sort un album « Inconnus Inconnues » et donne d’innombrables concerts à travers le pays mais dont les médias se font rarement l’écho. Fatigué, il consacre plus de temps à l’écriture et à la peinture, ses anciennes amours. Il s’éteint le 14 juin 1994 alors qu’il avait de nombreux projets en route.

Sources:Wiki et les biographies de RFI ainsi que le livre de Gilles Schlesser éd. L’Archipel.

Voila, c’est un peu long mais quand on aime, on ne compte pas! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

QUAND ON A RIEN A DIRE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la conscience éclairée et du maréchage réunis, bonjour !


Tiens, histoire de déroger un peu à la haute tenue traditionnelle qui sied à ce blogue, commençons par une histoire de vesces. Et oui, nous sommes le 28 de messidor et Fabre d’Eglantine avait imaginé de consacrer ce jour à la vesce, plante herbacée appartenant à la famille des Fabacées  dont certaines sont cultivées comme plantes fourragères ou comme légunineuses. Par exemple, la fève que nos cousins Québecois appellent « Gourgane » et que les anciens glissaient à l’intérieur des galettes des rois.

A propos de rois, je vous invite à accrocher aux cimaises de la galerie le portrait de l’un d’entre eux. Parolier, écrivain, poète né un 16 juillet en 1931 du côté de Nogent (ça commençait bien !) Bernard DIMEY fait partie de ces pierrots la lune qui ont hanté les bistros de Montmartre et qui nous ont laissé quelques textes sublimes. Il a été interprété par les plus grands: Montand, Aznavour, Reggiani, Patachou, Gréco et Salvador pour ne citer qu’eux. Souvenez vous de Syracuse, ou encore de Mémère chanté par Michel Simon. Ses poèmes sont ceux du monde de la nuit, de l’ivresse, de la dérive. Bernard Dimey était un « être démesuré » qui se demandait pourquoi il vivait souvent avec les « nains ». J’ai connu quelqu’un qui dans ses moments d’ivresse répétait souvent: « On est entouré de petits… », sans doute un connaisseur… Voici un extrait de l’un de ses textes qui en dit plus que trois pages d’explications:


Ivrogne, c’est un mot que ni les dictionnaires
ni les intellectuels, ni les gens du gratin
ne comprendront jamais…C’est un mot de misère
qui ressemble à de l’or à cinq heures du matin.
Ivrogne…Et pourquoi pas ? Je connais cent fois pire,
Ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard,
qui sont moches en troupeau et qui n’ont rien à dire.
Venez boire avec moi…On s’ennuiera plus tard.

Bernard Dimey restera parmi les poètes du XX° siècle aux côtés de Prévert ou de Vian….Eternel angoissé par la vie qui lui filait entre les doigts au fil de ses excès, il était une des figures de la Place du Tertre dont il avait fait son refuge, et plus largement de tous les quartiers de Paris dans lesquels il déambulait des nuits entières, son carton à dessins sous le bras et dans lequel ses croquis se mélangeaient avec les bribes de poèmes ou les traits de génie qui lui venaient à l’esprit dans le feu de ses ivresses . Mouloudji disait de lui: « c’est un tragique qui ne se prends pas au sérieux » J‘ai choisi, pour illustrer ce billet, un texte dit par Dimey lui même et qui devrait interpeller bon nombre de blogueurs…Ca s’appelle: Quand on n’a rien à dire.

Allez, sur ces considérations, portez vous bien et à demain peut-étre.

JE VOUDRAI PAS CREVER…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la trompette acoustique et de la chaussette à clous, bonjour !


Rendons hommage à un des grands bonhomme du début du XXè siècle: Boris Vian est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, aujourd’hui Hauts-de-Seine), mort le 23 juin 1959 à Paris. Il fut aussi ingénieur de l’École centrale, inventeur, scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur d’occasion et peintre.
 

À douze ans, Boris est victime d’un rhumatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique. Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en fera la cible de l’affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L’Herbe rouge, et plus encore dans L’Arrache-cœur. Il fait ses études primaires et de collège au lycée de Sèvres (1927-1932), puis entre au lycée Hoche de Versailles, de la troisième à la classe de Philosophie (1932-1936). S’il passe avec facilité la première partie du baccalauréat en 1935, il est contraint de suivre une seconde terminale au lycée Condorcet, à Paris, où il obtient le baccalauréat final A-philosophie, avec option mathématiques. Il suit les classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques au lycée Condorcet et entre à l’École centrale Paris en 1939. À la fin de ses études, il travaille comme ingénieur à l’Association française de normalisation (AFNOR) de 1942 à 1946, où il profite de ses instants de liberté pour écrire et jouer de la musique jazz. Le 5 juillet 1941, il épouse Michelle Léglise à Paris. Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l’époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis. Son premier roman célèbre est J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan l’un des nombreux pseudos qu’il utilisera, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu’il est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S’ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, Et on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c’est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz ». 1951 et 1952 seront des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948, et vit difficilement de traductions dans une chambre de bonne, au 8 boulevard de Clichy. Il n’a plus un sou mais le fisc s’acharne à lui soutirer des impôts anciens qu’il ne peut payer. Son esprit fécond l’amène cependant à collaborer au Collège de ‘Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis satrape en mai 1953. En 1954, il se remarie avec Ursula Kübler.

Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J’irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu’il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s’effondre dans son siège et, avant d’arriver à l’hôpital, meurt d’une crise cardiaque. Le Collège de ‘Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».

Chacun se souvient de « l’herbe rouge », de « l’arrache coeur », de « j’irai cracher sur vos tombes », de « l’écume des jours »; et ses célèbres chansons écrites pour Salvador, Gréco, Mouloudji, Reggiani…La plus fameuse est sans doute « le déserteur », longtemps interdite à cause du dernier couplet litigieux: « si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je possède une arme et que je sais tirer ». Couplet qui fut tardivement transformé par Vian à la demande de Mouloudji: « …Prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’armes et qu’ils pourront tirer ».

Bon, des « comme ça » on n’en fait plus, le moule est cassé. C’est bien simple, de Boris Vian, j’aime tout, sans modération, sans condition…En hiver 1970, alors que j’avais la chance de réveillonner en compagnie de Bernard Lavilliers (pas encore célèbre) il nous avait interprété « je voudrai pas crever » (je voudrai pas crever avant d’avoir connu les singes à culs nus dévoreurs de tropiques…)  un des poèmes de Vian. J’en garde un souvenir impérissable et ému. Voici, à droite, une photo de l’époque.

Allez, surtout n’hésitez pas à repasser, les « cénobites tranquilles » c’est un peu comme le bistro (avec ou sans T, c’est comme on veut) du coin, c’est ouvert tous les jours. Tiens, à propos de bistro, il faut que je vous parle de « La muse vin », c’est à Brest même et ça vaut le détour mais, la place me manque. Portez vous bien et à demain peut-être.

Post-scriptum: Message perso pour Salomé » happy birthday ».