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Hé, Ho, c’est l’été !

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la démocratie référendaire et du poulet basquaise réuni, bonjour ! Nous sommes le Mardi 28 juin 2016, dixième jour de Messidor dédié à la faucille et, normalement c’est l’été depuis quelques jours… Oui, l’ ÉTÉ, en vieux françois: ESTÉ, du grec  aithein, qui signifiait « faire brûler » et qui a donné aithêr (éther) « ciel lumineux », « région supérieure de l’air ». Le fait que le mot été soit aujourd’hui un masculin est certainement dû aux autres noms de saison, tous masculins. La forme aestivus signifiant « de l’été », a donné en bas latin aestivalis, qui a donné estival qui à son tour à propos des fêtes de l’été a donné festival qui en bas-breton se dit vieilles charrues. Étonnant, non !

L’homme du jour se nomme Gaston Couté, il est né à Beaugency, Loiret, le 23 septembre 1880. Ses parents étaient meuniers au vieux moulin des Murs. On appelait son père  « Couté des Murs », pour ne pas le confondre avec un autre Couté habitant la région. Avant le baccalauréat, il quitte l’école, qu’il détestait. Il est employé comme commis auxiliaire à la Recette générale des impôts d’Orléans, puis travaille pour un journal local, Le Progrès du Loiret. Il commence àGaston-Couté-265x300 publier ses poèmes, dont certains sont composés en patois beauceron, dans des feuilles locales. Il a l’occasion de les faire entendre à une troupe d’artistes parisiens en tournée. Ayant reçu quelques encouragements, il se décide, en 1898, à monter à Paris. Il a dix-huit ans. Il semble que Gaston Couté se voua de tout son cœur à la cause du peuple, en donnant sa collaboration à quelques journaux anarchistes de ce temps. Ses chansons, écrites sur des sujets d’actualité, pouvaient se chanter sur des airs connus. Bâclées à la dernière heure, elles étaient souvent trop violentes et dépassaient ainsi le but qu’elles voulaient atteindre.

Le 13 juin 1911,  « La Guerre Sociale » annonçait que Gaston Couté était poursuivi pour « outrages à la Magistrature ». Un ouvrier, arrêté au cours d’une manifestation, avait été trouvé porteur d’un tire-bouchon. Il avait été traduit en Correctionnelle pour port d’arme prohibée. Couté en avait fait une chanson sous le titre:  Il avait an tire-bouchon. Elle pouvait se chanter sur l’air de: Elle avait une jambe en bois.

 Il avait un tir’ bouchon
 Dans la poch’ de son veston
 On s’ demande où s’arrêt’ra
 L’audace de ces scélérats ?

Par cette poursuite judiciaire Couté payait les outrances des chansons parues dans les journaux et revues anarchistes. Il était très connu dans les milieux syndicaux. On fredonnait ses chansons dans les rues et les ateliers. Il paraît qu’il y eut, quelques mois plus tard, un second procès. La fin de sa vie allait lui être difficile : la tuberculose, l’absinthe, la privation… Il meurt vingt-quatre heures après avoir été conduit à l’hôpital Lariboisière. Après la mort de Couté, les foudres de la justice se déchaînèrent encore une fois sur lui. Il fut poursuivi au sujet de la coute_recueil-191x300chanson  Pour faire plaisir au Colon. Le prévenu ne put venir au tribunal et pour cause. Après un bref jugement, il fut condamné par contumace. Le Président demanda à l’avocat s’il n’avait rien à objecter. Il répondit : « Si, Messieurs, j’ai simplement à vous dire que vous venez de condamner un mort ! ». Il est venu à la grand’ville, avec cent francs en poche et le reste en pur talent, y faire montre de son art. La bohème est sœur de misère et Couté débute une vie d’errance « sous la neige et sous la pluie, sans chaussures et sans presque de vêtements.  » A son arrivée, il n’a comme salaire qu’un café-crème pour réciter ses poèmes. C’est parti pour treize ans de vaches maigres même si, étrange paradoxe, il devient populaire, hantant de sa voix et de ses mots les cabarets à la mode, à Montmartre, aussi sûrement qu’il l’est à Belleville, à y déclamer ses vers aux ouvriers. Ces infos sont extraites d’un site qui lui est consacré.

C‘est tout pour aujourd’hui, allez, portez vous bien et, à demain peut-être.

Germain et la vache enragée…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la tautologie et du bœuf miro(n)ton réunis, bonjour  Nous sommes le Samedi 31 octobre 2015, 10è jour de brumaire dédié à la charrue… C’est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un artiste, peintre et graveur sur bois, qui a toute sa place dans notre galerie de portraits.

Fils d’un jardinier, Germain Delatousche avait commencé à dessiner vers sept ou huit ans, reproduisant des dessins d’illustrés, alors qu’un accident à la jambe l’avait immobilisé au lit pendant trois ans et lui fera delatousche_ggarder toute sa vie une jambe raide. Il désirait devenir peintre, et il insista tellement qu’il fut mis en apprentissage à Chartres, où il s’initia au métier de peintre verrier. En 1915 suite à la guerre, l’atelier ayant fermé ses portes, Delatousche dut, pour vivre, s’astreindre aux tâches les plus diverses. Membre des Jeunesses syndicalistes du 15ème arrondissement, il était allé, pendant la guerre, avec quelques compagnons, au café concert Excelsior, près de la place d’Italie, pour assister à un concert de Montéhus et lui réclamer vainement et bruyamment les chansons antimilitaristes Les soldats du 17ème et La Grève des mères

En mai 1921, il entrait au cabaret montmartrois La Vache Enragée de Jules Depaquit, Roger Toziny et Maurice Hallé. « Germain Delatousche, jeune pâtre de La Vache », écrit J.-D. Maublanc, « remplissait lescavalcade Montmartre verres, soutenait les chœurs, ordonnait les cimaises. Il cumulait avec ses fonctions de bistrot, celles de metteur en page, de collaborateur et d’accrocheur de toiles d’amis. C’est dans ce cabaret, qui devint aussitôt le siège de la « Commune libre de Montmartre », qu’il fit montre de ses aptitudes à l’organisation d’expositions, qu’il groupa ses premiers fidèles et qu’il fonda son premier groupe, « Les Compagnons… » dont l’un des principaux soutiens était le journal La Vache enragée (Paris, 1917-1933).

«J’les avins vu sur le grand’route,
Passer en huit ou dix p’lotons,
Même qu’ien a qu’avaient d’la goutte
Su leux guidons, dans des poch’tons.
D’leus sacs, i’s tiraint des p’tit’s fioles,
I’s mettaint ça au bord… du creux.
Pis i’s s’enfilaint la bricole.
Ah ! que l’diabl’ brul’ ben les coureux!»

(recueil de Maurice Hallé, poète-chansonnier d’Oucques dans le Loir-et-Cher. Pote au fameux Gaston Couté, il sévissait comme lui dans le Montmartre de la grande époque, publiant à La Vache enragée, éditeur et cabaret. publié en 1921 et illustré par Germain Delatousche)

L’œuvre de Germain Delatousche est le reflet de la misère qu’il a subie. Il a su y transposer sa vision accablante des vieilles rues désertes — il les montrait toujours ainsi, et volontairement — des quartiers populaires de Paris (le XIIIe était son quartier de prédilection), des maisons délabrées, des mornes coins de zones (ici à gauche: La rue des reculettes). Et cependant, s’il était un révolté, il n’était nullement un être triste ou morose. Dans ses rue des reculettesmoments les plus noirs, il demeurait un homme gai, entier, un compagnon accueillant. Il soutenait les publications libertaires, et Henri Bourrillon, qui fut un de ses intimes, rapporte qu’il était abonné à nombre de revues anarchistes ou anarchisantes « alors que souvent il ne savait pas s’il pourrait manger le lendemain… ». Son atelier de la rue Croulebarbe situé dans une maison, déjà ancienne, appelée à être démolie et objet des spéculateurs qui y élevèrent un gratte ciel, Delatousche dut, bien à contre-cœur, la quitter et alla s’installer au 36, boulevard de Clichy (XVIIIe). Il se maria alors, peu avant son départ en Loire-Atlantique, à Bouguenais, dans une grande maison qu’il allait retaper, étant tour à tour maçon, plombier, menuisier etc.. tandis que sa compagne Camille continuait de travailler comme assistante sociale. Atteint d’une grave maladie, il devait y décéder quelques années après, le 31 octobre 1966. Sources: Dictionnaire des militants anarchistes.Mais aussi, le site Animula vagula

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Quatre grains d’ellébore…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du cinématographe et du pop-corn réunis, bonjour ! Nous voici le vendredi 30 janvier de l’an 2015 et nos amis républicains dans leur calendrier avaient dédié ce jour à l’hellébore. A ce propos, ma fiancée a eu la riche idée d’agrémenter les jardins de Keramoal d’une nouvelle plantation, l’helléborus niger, appelé aussi « rose de Noël » qui tient son appellation d’une jolie légende que je m’en vais vous 250px-Helleborus_foetidus_070406conter ici. Depuis le Moyen-Âge la fleur est placée dans certaines crèches. Elle symbolise la pureté et rappelle la légende à l’origine du nom de rose de Noël : la nuit de la naissance du petit Jésus, Madelon, une bergère gardant ses moutons, voit une caravane de bergers et Rois Mages traverser son champ enneigé pour aller offrir leurs cadeaux au nouveau-né. La pauvrette se dit in petto: Tiens, le Paris-Dakar est plus tôt cette année.. N’ayant rien à offrir, elle se met à pleurer. Un ange qui appartenait au comité de course voit ses larmes sur la neige, les effleure et fait éclore son cadeau, une fleur blanche ombrée de rose : la rose de Noël. C’est pas beautiful ça !

Au Moyen-Âge encore, la plante se nommait aussi Aliboron, terme de l’ancien français issu lui-même du grec elleboros, folie.  L’ellébore porte le nom d’anticyricón , notamment chez  Dioscoride. Dans la Rome antique, le proverbe Mettre le cap sur Antycire signifiait montrer des signes de folie; on retrouve ce proverbe chez Horace. Considérée comme un remède Boronaliuniversel contre la folie dès l’Antiquité, aliboron a pu être associé au nom de maistre pour désigner le médecin, puis le savant et enfin l’âne ou le « maître Aliboron », personnage ridicule car se mêlant de tout. C’est un peu le rôle du blogueur des temps modernes que de vouloir assaisonner de son grain de sel l’actualité. Aliboron a aussi donné son nom, par anagramme interposé, à un peintre qui défraya la chronique: Boronali fut célèbre au début du XXe siècle, bien que n’ayant jamais peint qu’une seule toile…Mais auparavant, un tour à Montmartre avec Georges Chelon.

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Au salon des Indépendants de 1910 figure la toile Coucher de soleil sur l’Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur « JR. Boronali, peintre né à Gênes ». En raison du caractère abstrait de cette peinture, les critiques s’enthousiasment et l’affaire fait grand bruit, jusqu’au jour où le journal Le Matin reçoit la visite de l’écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d’huissier à l’appui, que l’auteur se nomme en fait « Lolo », et qu’il est l’âne du patron du Lapin Agile, célèbre cabaret de la lapin à Gilbutte Montmartre. Sur la photo à droite plus haut, le « Père Frédé » et son âne Lolo. Boronali est l’anagramme d’Aliboron, le nom donné à l’âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, avec deux amis peintres, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l’animal qui devint ainsi la vedette du Salon. Et la toile s’est vendue 400 francs… Le fameux cabaret lui, il doit son nom au caricaturiste André Gill qui imagina comme enseigne, un lapin bondissant hors de la casserole. Par jeux de mots, le lapin à Gill devint le lapin agile. L’original de l’enseigne est conservé au musée de Montmartre.

Et voilà, on cause, on cause et on ne sait plus très bien où cela nous entraîne. En tous cas, c’est sympa à vous d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

A propos d’Aristide Bruant…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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 Amis des séries télé et des salades bio réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 6 mai64347178_p 2014, autrefois désigné comme 17 de floréal et c’est le jour de la pimprenelle. Très jolie fleur qui ne se dissimule pas dans une peau de vache et qui, outre son aspect décoratif se déguste en salade. Avec des navets et du fromage de brebis, on me dit que c’est un délice; surtout si vous l’accompagnez d’un petit rosé bien frais. Il y a quelques années j’avais piqué la recette à ma consœur « La pecnaude » dans l’excellentissime blog qui s’appelait « Ruminances » et que beaucoup d’entre vous ont connu pour ne pas dire animé.

Tout à fait autre chose

A propos d’un qui est né un 06 mai en 1851 (billet corrigé après intervention vigilante de Rem*). Inventeur de la chanson réaliste, il est l’inspirateur de Damia, Fréhel, Piaf, François Béranger, Renaud et des Garçons Bouchers. Aussi bien homme de théâtre que chansonnier, il a connu le  succès en prenant ses spectateurs à rebrousse-poil, et même en les injuriant, pour le compte. Trônant dans son Aristide_Bruant_foto cabaret montmartois, il a fait frissonner le bourgeois, en composant des titres apparemment légers, qui marquaient en fait le retour à la tradition argotique de François Villon. Première star de la chanson engagée et interprète exceptionnel, Bruant est issu d’une famille bourgeoise du Loiret qui a connu beaucoup de revers de fortune. Né à Courtenay, il y apprit le latin par les soins du curé. Envoyé  au lycée de Sens, dès onze ans, il collectionne les premiers prix de grec, de latin, d’histoire et de musique vocale. Et en 1862, il compose sa première chanson. À la fin de l’année 1867, il travaille pour faire vivre toute sa famille, avant de devenir  apprenti, puis ouvrier-bijoutier. Il suit ses parents à travers Paris et la banlieue, fréquentant les restaurants pour pauvres, les cafés d’ouvriers, côtoyant les malheureux, les révoltés, les filles et les mauvais garçons.

Pendant la Guerre de 1870, il est engagé comme franc-tireur, dans la compagnie des « gars de Courtenay », puis il travaille à la Compagnie des chemins de fer du Nord. Durant quatre ans, il se passionne pour le langage des cheminots, se met à Bruantrechercher les origines de l’argot jusqu’à François Villon et aux coquillards et travaille sur les dictionnaires d’argot des bibliothèques municipales. Il compose des romances tendres qu’il chante dans les guinguettes avec succès et se fait engager au Robinson. Là, il se compose un costume de vedette : veston long, pantalon à patte d’éléphant, gilet clairet et chapeau haut-de-forme. Dès sa démobilisation, il franchit rapidement les étapes : des tréteaux Concert de l’Époque, il passe ensuite à la Scala et à l’Horloge. C’est de cette époque que datent les premiers chefs-d’oeuvre sur les quartiers de Paris qui sont repris par les stars de l’époque, comme Paulus et Jules Jouy qui le fait entrer au Chat Noir, dont il compose illico la ballade.

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Ce cabaret artistique se situait dans un ancien bureau de poste 84, boulevard Rochechouart. Bruant y a adopté la tenue de garde-chasse, vareuse de velours côtelé noir avec culotte assortie, enfoncée dans de grosse bottes noires, chemise et cache-nez écarlates, en guise de manteau une immense cape noire et, comme couvre-chef, le feutre noir à large bords que son ami Toulouse-Lautrec a souvent croqué. Un nouveau Bruant est né qui va dire deux mots à la foule des fils-à-papa, des fainéants, des incapables ! Reprenant l’endroit, il le rebaptise le Mirliton et comme le soir de l’inauguration, il n’y a que trois clients, il se met à les insulter copieusement ; le Ogeret - Bruantpublic apprécie ! On se déplace d’Auteuil ou Passy pour l’écouter chanter les peines et les joies de la crapule. Dans sa poésie apparemment simple, la puissance du raccourci et la précision du terme dissimulent de longues recherches : « sept mois pour une chanson ! » a-t-il déclaré à propos de Biribi. Il lui fallait moins de temps pour composer les mélodies qu’il voulait nostalgiques et dépourvues de fioritures, à la manière de celle des cantiques de son enfance. C’est la réussite : on le chante sur toutes les scènes, d’Eugénie Buffet à Yvette Guilbert. Il atteint une gloire internationale et, en 1895, abandonne son cabaret pour  des tournées à l’étranger et des galas mondains. Avec la gloire, la fortune récompense ses efforts : aux bénéfices du Mirliton s’ajoutent de confortables droits d’auteur et de gros cachets. Après une dizaine d’années, il  s’offre un château à Courtenay, grâce à Nini Peau de Chien, à la Méloche, à Toto Laripette et à La Filoche. Il s’y retire avant qu’en mai 1898, le châtelain se présente aux élections législatives à Belleville. Mais malgré une campagne, en partie chantée, il obtient seulement 525 voix… Le monument national se retire alors de la chanson pour se consacrer à l’écriture, mais continue à donner des spectacles, jusqu’en 1924 (un an avant sa mort) où il fait un triomphe. Sa carrure, sa présence en scène, sa voix rauque et puissante et ses chansons populaires ont fait de lui un monument de la chanson française. Il est un des poètes de l’argot de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Il laisse ainsi des traces durables jusque dans la chanson française contemporaine où le texte garde une place importante. Un bel héritage ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le cercle des hydropathes…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du Chicago blues et du Gin-fizz réunis, bonjour! Nous sommes le lundi 17 mars 2014 qui correspond au 27è jour de images7-150x150ventôse dédié à la Sylvie. Ah, la Sylvie… Euh, oui, bon, ça c’est une autre histoire. Il s’agit bien évidemment de cette jolie fleur encore appelée anémone des bois. L’anémone sylvie est considérée comme toxique alors évitez les décoctions. Par contre, mon aïeule qui, vous le savez maintenant, se piquait de quelques connaissances en herboristerie, l’utilisait en friction contre les rhumatismes.

Le 17 mars 189, mort de Jules JOUY (né en avril 1855, à Paris). Chansonnier, poète et anarchiste, pionnier de la chanson sociale, il fait partie de ces goguettiers dont j’ai souvent parlé ici.
Après une enfance pauvre, marquée par la Commune, il exerce divers métiers : boucher, peintre sur porcelaine, etc. Mais c’est la poésie et la chanson qui vont révéler ce parfait autodidacte. Il débute au « Tintamarre », puis aux « Hydropates » et au « Chat noir », faisant le succès des cabarets de Montmartre. Il écrit dès lors un nombre impressionnant de260px-Jouy_Jules chansons sociales qui évoquent la misère du monde ouvrier, et qu’interpréteront aussi les célébrités de l’époque. Il collabore au journal « Le cri du peuple » de Vallès, à qui il donnera « La chanson du jour » pendant des années. Il s’opposera à la tentative de dictature du général Boulanger, et contribuera, par ses chansons, à ridiculiser cet « aventurier ». Aimant faire des blagues, mais aussi teigneux, il se battra plusieurs fois en duel. Il faut néanmoins regretter que Jules Jouy comme Adolphe Willette  ait fait partie du courant antisémite qui existait à l’époque à Montmartre. Mais son obsession de la guillotine et de la mort l’entraînèrent dans la folie. Interné dans un asile, il y mourut deux ans plus tard. l’ensemble des chansonniers montmartrois suivra son enterrement au cimetière du Père-Lachaise. Sa sépulture située dans la 53e division est ornée d’un buste en bronze réalisé par Dalou.
Patrick BIAU lui a consacré une biographie : « Jules Jouy, le poète chourineur ».                                                          Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

A Montmartre, le soir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson libertaire et du kougloff réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 07 janvier 2014, 18è jour de Nivôse dédié à la pierre à chaux. Oyez chers lecteurs la belle histoire d’un gars pas ordinaire. A la demande générale, j’m'en va vous r’kaoser d’un p’tit gars de la Butte. Le 7 janvier 1887, naissance d’Henri CHASSIN à Belleville (Paris). Poète, chansonnier anarchiste et antimilitariste.

Cet antimilitariste qui se présentait comme le petit-fils d’un Communard, savait de quoi il parlait. Après sept années passées sous l’uniforme militaire chez les « Zouaves », il est 60578957_penvoyé au front en 1914. Refusant de tuer, il déserte, mais est repris et envoyé pour cinq ans dans les bataillons disciplinaires d’Afrique à Sidi-Bel-Abbès. Il s’en évade à trois reprises, sans succès, il sera même un temps interné en hôpital psychiatrique. Il est finalement libéré après la fin de la guerre et rentre comme cheminot à la Compagnie des Chemins du fer du Nord. En 1920, il prend une part active à la grande grève du Chemin de fer, mais cela lui vaudra d’être condamné puis révoqué.

Il reprend alors des études et obtient une licence de droit, qui lui permettra de retrouver en 1923 un emploi au service du contentieux chez Dunlop. Emploi qu’il conservera jusqu’à sa retraite en 1952. Mais Henri Chassin menait en parallèle une 60579055_pcarrière de chansonnier, il était auteur de poésies et de chansons engagées qu’il chantait dans les cabarets montmartrois, il interprétait aussi les textes de Gaston Couté et d’Aristide Bruant. Il rejoindra le groupe de « La Vache Enragée » et prendra part aux activités de « La Muse Rouge ». On voit ici une reproduction d’un numéro de 1921 de « La vache enragée ». Il habitait Montmartre et était l’auteur de nombreux poèmes sur le Paris populaire et plus particulièrement les quartiers de Belleville et de Montmartre qu’il interprétait dans les cabarets de la butte et en particulier au Grenier de Grégoire. Conseiller municipal de la Commune libre de Montmartre il était le créateur avec Bernard Salmon, avec qui il avait reformé le groupe des Hydropathes, des matinées du « Tire Bouchon ». Il était également le président des Sauvagistes et des amis de Gaston Couté. Tiens, écoutez Bernard Lavilliers:

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On retrouve son nom dans l’annuaire de la confrérie des chevaliers du taste-fesses: Membre fondateur, doyen 60579097_pd’âge,conseiller municipal de la Commune libre de Montmartre, triumvir du club des hydropathes et de l’aquadémie de Montmartre. Il est vrai qu’il est en bonne compagnie puisque on y trouve aussi, Boris Vian, Léo Campion, Jean Rigaux, et tant d’autres joyeux drilles.En 1927, il publiera un recueil de ses poésies « Machin de Belleville » et en 1933 il sera initié à la franc-maçonnerie. Il est mort en 1964.

Sacré bonhomme, on va lui faire une place dans notre galerie de portraits. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le lapin à Gill…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis du cinématographe et du pop-corn réunis, bonjour !

Nous voici le mercredi 30 janvier de l’an 2013 et nos amis républicains dans leur calendrier avaient dédié ce jour à l’hellébore. A ce propos, ma fiancée a eu la riche idée d’agrémenter les jardins de Keramoal d’une nouvelle plantation, l’helléborus niger, appelé aussi « rose de Noël » qui tient son appellation d’une jolie légende que je m’en vais vous conter ici.

Depuis le Moyen âge la fleur est placée dans certaines crèches. Elle symbolise la DownloadedFile-1pureté et rappelle la légende à l’origine du nom de rose de Noël : la nuit de la naissance du petit Jésus, Madelon, une bergère gardant ses moutons, voit une caravane de bergers et Rois Mages traverser son champ enneigé pour aller offrir leurs cadeaux au nouveau-né. La pauvrette se dit in petto: Tiens, le Paris-Dakar est plus tôt cette année.. N’ayant rien à offrir, elle se met à pleurer. Un ange qui appartenait au comité de course voit ses larmes sur la neige, les effleure et fait éclore son cadeau, une fleur blanche ombrée de rose : la rose de Noël. C’est pas beautiful ça !

Au Moyen-Âge, la plante s’appelait aussi aliboron, terme de l’ancien français issu lui-même du grec elleboros, folie. Considérée comme un remède universel contre la folie dès l’Antiquité, aliboron a pu être associé au nom de maistre pour désigner le médecin, puis le savant et enfin l’âne ou le « maître Aliboron », personnage ridicule car se mêlant de tout. C’est un peu le rôle du blogueur des temps modernes que de vouloir assaisonner de son grain de sel l’actualité.

Aliboron a aussi donné son nom, par anagramme interposé, à un peintre qui défraya la chronique:

Boronali fut célèbre au début du XXe siècle, bien que n’ayant jamais peint Boronaliqu’une seule toile… Au salon des Indépendants de 1910 figure la toile Coucher de soleil sur l’Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur « JR. Boronali, peintre né à Gênes ». En raison du caractère abstrait de cette peinture, les critiques s’enthousiasment et l’affaire fait grand bruit, jusqu’au jour où le journal Le Matin reçoit la visite de l’écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d’huissier à l’appui, que l’auteur se nomme en fait « Lolo », et qu’il est l’âne du patron du Lapin Agile, célèbre cabaret de la butte Montmartre. Sur la photo, le « Père Frédé » et son âne Lolo.

Boronali est l’anagramme d’Aliboron, le nom donné à l’âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, avec deux amis peintres, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l’animal qui devint ainsi la vedette du Salon. Et la toile s’est vendue 400 francs… Le images-1fameux cabaret, lui, doit son nom au caricaturiste André Gill qui imagina comme enseigne, un lapin bondissant hors de la casserole. Par jeux de mots, le lapin à Gill devint le lapin agile. L’original de l’enseigne est conservé au musée de Montmartre. dans les veillées, où chacun joue, récite, chante ses œuvres, et reprend en chœur les chansons populaires, on peut reconnaître Picasso, Utrillo, Derain, Braque, Modigliani, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, André Salmon, Pierre Mac Orlan, Francis Carco, Roland Dorgelès, Gaston Couté, Jules Depaquit, Caran d’Ache, Forain, Jehan Rictus, Charles Dullin, etc… Quelle compagnie !

Et voilà, on cause, on cause et on ne sait plus très bien où cela nous entraîne. En tous cas, c’est sympa à vous d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

La complainte de la butte…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la géologie et du rougaï saucisse réunis, bonjour!

Nous sommes le jeudi 10 janvier 2013, 21è jour de nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement dit le Gypse. On l’a extrait pendant fort longtemps des fameuses carrières 71738564_pde Montmartre, dont le gypse fut exploité depuis l’époque gallo-romaine et transformé par les nombreux fours à chaux de la butte Montmartre. Ils ont longtemps servi à confectionner le plâtre le plus fin et le plus réputé, tant pour la construction que pour les moulages : le « plâtre de Paris » ou « blanc parisien ».

 

 

À la fin du XIXe siècle, les carrières s’étendaient sur plus de 300 km de galeries. Le plâtre fut utilisé à grande échelle dans la capitale, d’où le dicton montmartrois : « Il y a bien plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ! » Hélas, lors de la Commune de Paris, les carrières de Montmartre furent transformées en lieu d’exécution et en fosses communes. D’ailleurs, lors de votre prochaine visite, cheminez donc jusqu’au bout de la rue Ronsard, vous y trouverez le square Louise Michel ; c’était l’entrée des carrières. C’est au gypse que l’on doit ces merveilleuses concrétions sédimentaires que sont les roses des sables. Et puisque l’on parle de Montmartre, prenez deux minutes pour écouter « la complainte… » par Cora Vaucaire.

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Allez, portez vous bien, faites du feu dans la cheminée, je reviens demain, peut-être.

 

LA COMPLAINTE DE LA BUTTE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la géologie et du rougaï saucisse réunis, bonjour!

Nous sommes le 10 janvier, 21è jour de nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement dit le Gypse. On l’a extrait pendant fort longtemps des fameuses carrières de Montmartre, dont le gypse fut exploité depuis l’époque gallo-romaine et transformé par les nombreux fours à chaux de la butte Montmartre. Ils ont longtemps servi à confectionner le plâtre le plus fin et le plus réputé, tant pour la construction que pour les moulages : le « plâtre de Paris » ou « blanc parisien ».

À la fin du XIXe siècle, les carrières s’étendaient sur plus de 300 km de galeries. Le plâtre fut utilisé à grande échelle dans la capitale, d’où le dicton montmartrois : « Il y a bien plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ! » Hélas, lors de la Commune de Paris, les carrières de Montmartre furent transformées en lieu d’exécution et en fosses communes. D’ailleurs, lors de votre prochaine visite, cheminez donc jusqu’au bout de la rue Ronsard, vous y trouverez le square Louise Michel ; c’était l’entrée des carrières. C’est au gypse que l’on doit ces merveilleuses concrétions sédimentaires que sont les roses des sables. Et puisque l’on parle de Montmartre, prenez deux minutes pour écouter « la complainte… »

 

Et voila, maintenant vous l’avez dans la tête pour toute la journée… Vous remarquerez que je fais court car les travaux des champs mobilisent mon temps libre. Chez vous, je ne sais pas, mais à Keramoal la nature est en avance de plusieurs semaines: Tout bougeonne, les narcisses pointent déjà le bout de leur queue et mes hortensias sont repartis pour un tour… Le réchauffement madame Michu!

En attendant le prochain billet, portez vous bien et à demain peut-être

« PAPIERS A CUL Un jour souffrant et tout pâleD’une colique autoritaire,Je me suis servi de mon livret militaire.N’allez pas m’accuser iciDe façon trop peu délicate,Ils usent à peu près ainsiDe leurs traités, les diplomates. » (…)

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la tautologie et du bœuf miro(n)ton réunis, bonjour !

Nous sommes le 31 octobre, 10è jour de brumaire dédié à la charrue…

C‘est aussi le jour anniversaire de la disparition d’un chansonnier libertaire qui fit les belles heures de La Muse rouge. En voici un court portrait qui va venir s’accrocher aux cimaises de notre galerie.

 

Fils d’un ferblantier et d’une giletière, François-Henri Jolivet travailla dans une imprimerie, dans un atelier puis comme livreur. Mais sa passion pour la chanson l’emportait : dès l’âge de dix-sept ans, il chanta ses compositions dans les cafés concerts du boulevard Sébastopol. Il participa à une association de chansonniers amateurs, La Bellevilloise, et fut dès 1901 membre du Groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires avec notamment Sébastien Faure, F. Mouret, Le Père Lapurge, Paul Paillette, etc..

Jolivet qui fut longtemps livreur, tirant une voiture à bras, composait ses chansons en arpentant les rues de Paris et les écrivait pendant ses haltes.

Pendant la Première Guerre mondiale, il entra dans le groupe La Muse rouge, dont j’ai souvent parlé ici, où, par dérision, il chantait habillé en poilu. Jolivet était un habitué des fêtes, des organisations et des journaux ouvriers, particulièrement de ceux qui maintenaient l’esprit pacifiste comme la Patrie humaine.

En mai 1930 il fut nommé membre du Comité directeur de La Muse Rouge aux cotés notamment de J.P. Monteil, Robert Bernard Fredy, Guérard, Toziny , Thulerelle, Coladant et Jane Monteil. En 1931, comme la majorité des chansonniers libertaires de la Muse rouge, il s’opposera à l’adhésion du groupe à la Fédération du théâtre ouvrier de France (FTOF) qui venait d’être fondée et était contrôlée par les communistes. Ce refus entraînera une censure et un boycott de la Muse par les organisations proches du PC. A droite sur la photo, on reconnait: Henri Poulaille,Léon Gerbe,Maurive Fombeure,Guignard,Aubry,T. Rémy. J’ai récupéré cette photo inédite sur le site d’Olivier Mathieu, dit Robert Pioche, candidat à l’académie française, j’espère qu’il ne m’en voudra pas de cet emprunt non-autorisé.

Son oeuvre comporte près de sept cents chansons ou monologues, parfois popularisés par les voix de Marguerite Greyval, Musidora et Édith Piaf. Cette dernière le soutint pendant ses dernières années alors qu’il était devenu presque invalide et aida à la publication de son oeuvre sous le titre : Chansons sociales et satiriques, Paris, 1956, avec une préface d’Henri Poulaille. Plusieurs de ces chansons avaient été publiées dans les revues Nos Chansons et La Muse Rouge (Paris, 25 fascicules de 1922 à 1934). Extrait :

« PAPIERS A CUL

Un jour souffrant et tout pâle
D’une colique autoritaire,
Je me suis servi de mon livret militaire.
N’allez pas m’accuser ici
De façon trop peu délicate,
Ils usent à peu près ainsi
De leurs traités, les diplomates. » (…)

Au début des années 1950, à près de 80 ans, il monta encore à Montmartre pour y chanter dans une soirée organisée au « Tire-bouchon » par les amis du chansonnier libertaire Henri Chassin. A sa mort le 31 octobre 1955 à Paris, F.H. Jolivet était le doyen de La Muse rouge. Il a été incinéré au Père Lachaise le 4 novembre accompagné de nombreux amis libertaires. Sources : Dictionnaire international des militants anarchistes. Ephémérides anarchistes.

Bon, et bien voila pour ce début de semaine, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.