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Fais nous danser Julie la rousse…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du grand Nord et du p’tit salé réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 03 juin 2015, 15è jour de prairial, dédié à la caille. Ce sont de petits oiseaux migrateurs de la sous-famille des Perdicinae. Elles ressemblent beaucoup aux Caille arlequin Coturnix delegorguei Harlequin Quailperdrix, bien que plus petites; d’ailleurs, c’est bien connu, la caille comme la perdrix, cacabe (non, madame Michu, ce n’est pas sale). Le terme «Caille» s’est introduit dans une expression argotique encore que peu usitée de nos jours: «avoir quelqu’un à la caille.» ne pas pouvoir le blairer. Les américains disent Have someone on your shit list… Exemple: « Je l’avais à la caille qu’il me traite de bleu-bite, ce sac à vinasse. »
Alphonse Boudard – Les matadors – 1966

L‘homme du jour fait partie de ces artistes inclassables dont on continue à fredonner les rengaines en ayant oublié leurs auteurs. Souvenez vous la chanson de Charles Trénet:  « Longtemps, longtemps après que les poètes aient disparus, leurs chansons courent encore dans les rues. ». Je me souviens du personnage et de son côté Pierrot lunaire. Un peu de Boby Lapointe, un peu de Boris Vian. René-Louis Lafforgue, chanteur, compositeur, interprète et libertaire. Avec ses parents anarchistes du Pays Basque Sud, il subit la guerre Mokyd’Espagne, puis l’exil en France, où son frère trouve la mort en participant à la résistance. Après avoir exercé plusieurs métiers, il devient comédien puis chanteur compositeur. Les années cinquante voient son talent reconnu, après les premières parties des spectacles de Georges Brassens, il passe à l’Olympia. Au théâtre, il a joué notamment « l’équarissage pour tous » de Boris Vian. Au cinéma, il a collaboré avec Jean-pierre Mocky sur le film La cité de l’indicible peur. Il est le 467ème « je me souviens » de Georges Perec. Ici à droite, on le voit en compagnie de Jacques Dufilho.

Ses chansons comme: Julie la Rousse lui assurent la popularité. Avec sa compagne Claudie, il ouvre un cabaret rue lafforgue 2Mouffetard L’Ecole Buissonnière, lieu de rendez-vous des libertaires et pacifistes pour qui il anima de nombreuses fêtes. Il est mort le 3 juin 1967 dans le sud de la France (Albi) lors d’un accident de voiture. René-Louis LAFFORGUE qui, selon les souvenirs de témoins oculaires, chantait Le Grand Manitou en se tenant ostensiblement à l’ordre d’Apprenti, était membre de la Loge parisienne L’Etoile Polaire. L’une de ses chansons rappelle son appartenance maçonnique:

Quand je passerai l’arme à gauche
S’il faut me faire pendre ailleurs,
Pour le pire et pour le meilleur,
Je ne raterai pas le coche.
Par la route la plus directe,
Si Dieu n’est pas un chicanier,
J’irai jusqu’au Grand Architecte,
Le jour du jugement dernier,
Le jour du jugement dernier.

Allez, soyez remercié de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

L’EFFARÉ PRODIGIEUX…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des colonies de vacances et du surimi réunis, bonjour !

Nous sommes le 20 décembre, dernier jour de frimaire dédié à la Pelle. Ce qui réfute une fois pour toutes l’idée absurde qui voudrait que ce jour soit celui du 18 juin…

L‘Absurdie, justement, pleure un de ses enfants. Roland DUBILLARD nous a quitté et, c’est peu dire que de noter le quasi silence des médias. Dubillard était un génie dans son genre, un de ces artistes qui manient la langue avec brio et confrontent le spectateur à l’absurde de sa propre vie. On sort de ses textes le sourire aux lèvres mais vaguement inquiet : et si Dubillard, mine de rien, avait tout compris de tout ?

 

Voici comment le présentait Télérama : « Imaginez un homme au visage impassible avec des faux airs de Richard Burton jouant les clowns tristes, au phrasé lent et hésitant, presque timide, emportant son interlocuteur dans une spirale de mots où l’on peut se perdre puis, sans prévenir, avec un petit plissement des yeux, portant l’estocade en disant : « Mais je suis un auteur comique ». Alors, vous aurez une vague idée de ce Roland Dubillard, auteur parmi les auteurs mais se situant dans les hauteurs de cette confrérie pléthorique. »

Il était le maître d’un théâtre placé sous le signe du loufoque, drôle, léger en apparence. (Il faut l’avoir vu dans les films de MOCKY…) Bien plus profond, voire effrayant pour peu qu’on se perde dans les méandres de son langage jouant de tous les dérèglements. Connu pour ses Diablogues, suite de saynètes incongrues reprises régulièrement, Roland Dubillard demeure l’auteur d’une œuvre traversée par le sentiment de la fuite des mots et de l’existence, de la solitude et de la mort. Une mort qui l’a emporté le 14 décembre, à l’âge de 88 ans. L’ »effaré prodigieux », comme l’appelait Poirot-Delpech, s’était tellement mis en marge du monde et des mots qu’il avait fini par l’être aussi de lui-même : en 1987, un accident vasculaire cérébral l’avait privé de l’usage de ses bras et de ses jambes.

Séance de rattrapage: Le 22 décembre, à 23 h 10 (hélas), France 2 diffusera « Les Diablogues » filmé au Théâtre du Rond-Point avec François Morel et Jacques Gamblin.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


JULIE LA ROUSSE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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L‘homme du jour fait partie de ces artistes inclassables dont on continue à fredonner les rengaines en ayant oublié leurs auteurs. Souvenez vous la chanson de Charles Trénet: » Longtemps, longtemps après que les poètes aient disparus, leurs chansons courent encore dans les rues. » Je me souviens du personnage et de son côté Pierrot lunaire. Un peu de Boby Lapointe, un peu de Boris Vian.

René-Louis Lafforgue, chanteur, compositeur, interprète et libertaire. Avec ses parents anarchistes du Pays Basque Sud, il subit la guerre d’Espagne, puis l’exil en France, où son frère trouve la mort en participant à la résistance. Après avoir exercé plusieurs métiers, il devient comédien puis chanteur compositeur. Les années cinquante voient son talent reconnu, après les premières parties des spectacles de Georges Brassens, il passe à l’Olympia. Au théatre, il a joué notamment « l’équarissage pour tous » de Boris Vian. Au cinéma, il a collaboré avec Jean-pierre Mocky sur le film « La cité de l’indicible peur« . Il est le 467ème « je me souviens » de Georges Perec. Ici à droite, on le voit en compagnie de Jacques Dufilho.

Ses chansons comme: « Julie la Rousse » lui assurent la popularité. Avec sa compagne Claudie, il ouvre un cabaret rue Mouffetard « L’Ecole Buissonnière », lieu de rendez-vous des libertaires et pacifistes pour qui il anima de nombreuses fêtes. Il est mort le 3 juin 1967 dans le sud de la France (Albi) lors d’un accident de voiture. René-Louis LAFFORGUE qui, selon les souvenirs de témoins oculaires, chantait « Le Grand Manitou » en se tenant ostensiblement à l’ordre d’Apprenti, était membre de la Loge parisienne L’Etoile Polaire. L’une de ses chansons rappelle son appartenance maçonnique:

Quand je passerai l’arme à gauche
S’il faut me faire pendre ailleurs,
Pour le pire et pour le meilleur,
Je ne raterai pas le coche.
Par la route la plus directe,
Si Dieu n’est pas un chicanier,
J’irai jusqu’au Grand Architecte,
Le jour du jugement dernier,
Le jour du jugement dernier.

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Une gentille petite valse, après tout, c’est peut-être cela la solution pour échapper à cette actualité crasseuse où les mots de justice et d’équité semblent totalement incongrus.

Vivement la coupe du Monde, vivement que les jeux du cirque reprennent force et vigueur et que l’on puisse assassiner tranquillement sans courir le risque de se retrouver à la Une. Le terrorisme d’Etat est chose trop sérieuse pour laisser le petit peuple s’en approcher. Donnez lui son match de foot quotidien et il ne vous demandera plus combien de Palestiniens ou de Tchetchènes vous avez occis depuis hier. Le citoyen lamda se fout de connaître le nombre de kilomètres de côtes souillés par le pétrole de BP tant qu’il peut jouer au loto. Le pékin de base se soucie des OGM comme de sa première chemise pourvu qu’on le laisse faire son tiercé dominical, gratter son Millionnaire, taquiner le bandit manchot… 

Dans son « Discours de la servitude volontaire », Etienne de la Boëtie nous prévenait dès le XVIè siècle:« Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d’autres biens ni d’autres droits que ceux qu’ils ont trouvés ; ils prennent pour leur état de nature l’état de leur naissance ». Voila pourquoi, lorsque nos « dirigeants » nous annoncerons, le sourire en berne, qu’il faut désormais bosser jusqu’à 80 balais, il n’y aura ni grève générale ni révolution. Le troupeau est résigné, c’est inéluctable dit l’un, on n’y coupera pas reprend l’autre… Alors, hein, voulez vous valser ?

Bon, je vais peut-être m’arrêter là pour aujourd’hui, je voudrais éviter le coup de sang, c’est très mauvais pour la zénitude qui sied à un cénobite tranquille. Portez vous bien et à demain peut-être.