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La femme est l’avenir de l’homme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de L’Espagne éternelle et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 06 janvier 2016 et, si j’en juge par mon calendrier républicain, cela correspond au 17è jour de Nivôse dédié à la marne. Rien à voir avec la Marne et ses taxis. On dit que la marne fut extraite comme matériau de construction dès que les outils en métal furent connus. On trouve (semble t-il) son origine dans le vieux gaulois Marga écrit Alain Rey, mais aussi dans le breton merl, qui a donné par emprunt merl, puis maërl. En néerlandais mergel, allemand Mergel (peut-être également Merkel). C’est amusant ça; depuis le temps qu’elle nous fait marner !

Le 6 janvier 2014, mort à Paris de Marina GINESTÀ à l’âge de 94 ans. Beaucoup connaissent cette photo d’une magnifique jeune femme à l’allure altière, prise sur le balcon de l’hôtel Colon à Barcelone. Cette photo passera à la postérité car elle va illustrer nombre d’ouvrage sur la guerre d’Espagne. marina_ginesta2 sur le balconC’est cette jeune militante antifasciste française, née à Toulouse le 29 janvier 1919, âgée de seulement 17 ans, qui deviendra une des icônes de la Guerre d’Espagne, grâce à la photo que Juan Guzmán (Hans Gutmann Guster) prendra d’elle portant son fusil, le 21 juillet 1936, sur la terrasse de l’Hôtel Colón à Barcelone. Elle vivait à Barcelone depuis que ses parents s’y étaient installés quand elle n’avait que onze ans. Adolescente, elle rejoint le Parti socialiste unifié de Catalogne.

Au début de la guerre d’Espagne, elle devient reporter et traductrice dans les Brigades internationales auprès de Mikhail Koltsov, correspondant du journal soviétique la « Pravda ». Elle l’accompagnera d’ailleurs à Bujalaroz pour un entretien avec l’anarchiste Buenaventura Durruti. Blessée avant la fin du 1936 Bujalaroz. Marina ginesta y su hermanoconflit, Marina Ginestà est évacuée en France à Montpellier. Après l’instauration du régime de Vichy et l’occupation de l’armée allemande, elle choisira l’exil au Mexique, rejoignant ainsi un certain nombre de combattants antifascistes espagnols qui réussirent à s’installer dans ce pays d’accueil après la défaite du camp républicain en 1939. Elle part ensuite en République Dominicaine où elle se marie. Mais en 1946 elle est contrainte de quitter le pays à cause des persécutions de la dictature de Rafael Trujillo. Elle devient également très critique à l’égard de Staline. Sa lecture de l’ouvrage de George Orwell « Hommage à la Catalogne » pendant les années 1960 fera pencher ses sympathies vers la CNT et le POUM. En 1960, elle épouse un diplomate belge et regagne Barcelone puis s’installe définitivement à Paris au début des années 1970.

En 2008, un documentaliste de l’Agence espagnole EFE réussit à l’identifier et lui fait découvrir ce cliché qu’elle ne connaissait pas. Lors d’un entretien marina ginestaaccordé à l’Agence, elle raconte : « C’est une bonne photo, elle exprime bien ce que nous ressentions à l’époque. Le socialisme était arrivé, les clients de l’hôtel avaient fui. Il y avait de l’euphorie. [...] On me dit que j’ai un regard orgueilleux. C’est possible. Nous nagions alors dans la mystique de la révolution prolétarienne et les images de Hollywood de Greta Garbo et de Gary Cooper ». Son portrait fait encore la couverture, en 2014, de la réédition de l’ouvrage de Burnett Bolloten sur « La Guerre d’Espagne » (Ed. Agone). Sources.

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.