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Marc Ogeret nous a quitté…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis des amours saphiques et du soufflé au fromage réunis, bonjour ! Aujourd’hui, Lundi 11 juin 2018, 23è jour de prairial, dédié au chèvrefeuille, aujourd’hui donc, à l’heure où les forces de la réaction occupent le haut du pavé et font ressurgir les vieux démons qui ont toujours constitué son fond de commerce, je voulais dire quelques mots d’un magnifique interprète qui vient de nous quitter; répondant ainsi à un commentaire de notre ami Zap pow: « Quoi ! Pas le moindre hommage à Marc Ogeret ? »

Il sera inhumé avec un œillet rouge, symbole du Paris populaire qu’il a tant chanté et aimé. Le Paris des luttes et des travailleurs, dont les chants enflammèrent la Révolution française, la Commune, le Front populaire ou la Résistance, pour ne pas remonter jusqu’à François Villon. Ogeret, c’était une gouaille, un phrasé. Un chanteur Ogeret Gde poèmes ou « à textes », comme l’on disait jadis. Beaucoup se souviennent de ses albums, notamment Ogeret chante Aragon – son plus grand succès – ou bien le magnifique Chansons contre, récompensé (pour une seconde fois en 1970, après un premier prix en 1962, par l’Académie Charles-Cros). Il remet au goût du jour les grands classiques, parfois oubliés, des chants engagés des décennies passées, comme « La Marseillaise anticléricale » ou le superbe « Gloire aux soldats du 17e », en mémoire de ce bataillon de soldats qui refusa, en 1907 à Béziers, de tirer – sur ordre du ministre de l’Intérieur et président du Conseil, Georges Clemenceau – sur des vignerons en proie à la misère (ces soldats seront ensuite déportés en Tunisie dans un bataillon disciplinaire).

Né en 1932, il arpente la rive gauche dès les années 1950, d’abord aux terrasses des cafés de la Contrescarpe, de la rue Mouffetard et bientôt dans des cabarets, comme chez Georges rue des Canettes, àmarc-ogeret_exact1024x768_p la Vieille Grille ou à la Colombe, enchaînant des textes de Seghers, Ferré, Genet, Aragon… Il est vite repéré pour sa voix, son talent et ses chansons militantes, et Brassens le fait passer en première partie à Bobino en 1965. Très actif durant les années 1970 et au-delà, proche du PCF avec une teinte libertaire, il chante régulièrement à la Fête de l’Huma, dans les rassemblements syndicaux, tout en étant lui-même un infatigable pilier du Syndicat des artistes-interprètes. Il enchaîne au cours des décennies suivantes récitals et tournées, à Paris au théâtre Dejazet ou au Sentier des Halles, mais aussi à travers la France, la Suisse, la Belgique, le Canada ou jusqu’en Égypte.

Son vaste répertoire comprenait des chansons d’amour ou de marins, d’Aristide Bruant, de Félix Leclerc ou Jean Vasca, mais surtout les grands textes de la Résistance ou de la Commune de Paris, à laquelle il consacre un album (de nouveau récompensé par Ogeret jeunel’Académie Charles-Cros). Il reprend aussi « la Butte rouge », et certaines chansons longtemps censurées comme « Le Déserteur » durant la guerre d’Algérie ou « La Chanson de Craonne » des poilus et mutins de la Grande Guerre. C’est donc une figure de la chanson populaire et du Paris révolutionnaire, entre poètes, troubadours et musiciens-interprètes, qui vient de s’éteindre. Il laisse plus d’une vingtaine de disques, à l’instar de Chansons de révolte et d’espoir (1973) dont le titre résume en quelque sorte la couleur et le timbre de ses tours de chant. Sources: recension de différents articles de presse.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à bientôt peut-être.

C’est nous les canuts…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la rôtisserie française et du Saint-Pourçain réunis, bonjour! Nous sommes le Samedi 09 avril 2016, 20è jour de germinal dédié à la ruche. Mais en réalité le Mercredi 18 Clinamen 143 Les 27 Êtres Issus des Livres Pairs si l’on en croit les pataphysiciens. Les brittophones du payx vannetais vont célébrer les Meldreg: ce nom moderne procède vraisemblablement de Meldeoc, figurant dans la liste des évêques de l’ancien évêché de Vannes. Il a été rapproché de celui d’un saint irlandais, Melteoc (VIIème siècle) .

À Lyon, le 9 avril 1834, les ouvriers de la soie, les canuts, se soulèvent après que des meneurs aient été traduits en justice pour avoir dénoncé des baisses de salaires et fait grève. Le ministre de l’Intérieur Adolphe Thiers laisse les manifestants ériger des barricades puis fait donner la troupe. Celle-ci va méthodiquement reconquérir la ville. Après l’échec des grèves de février puis le vote de la loi contre les associations ouvrières, le jugement des meneurs de février, ce 9 avril, met le feu revolte canutsaux poudre. L’armée occupe la ville et les ponts, mais déjà les premières fusillades éclatent avec la troupe, qui tire sur la foule désarmée. Aussitôt, les rues se couvrent de barricades. Les ouvriers organisés prennent d’assaut la caserne du Bon-Pasteur, et se barricadent dans les quartiers en en faisant de véritables camps retranchés, comme à la Croix Rousse. C’est le début de la « Sanglante semaine ». Trois ans plus tôt, Le 21 novembre 1831, éclatait sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle allait se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique, interprétée ici par Marc Ogeret.

Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini. Il sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché canuts-gaucheau préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisé avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué. En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation. ». Et alors, 180 ans plus tard, où en sommes nous… A vous de juger ! A lire, le livre de Jacques Perdu aux éditions Spartacus.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Louise, ma Louise…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la chanson réaliste et du far aux pruneaux réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi 09 janvier 2016, 20è jour de nivôse, consacré au van, mais si, vous savez, ce panier d’osier qui permettait de séparer le bon grain de sa balle.

Il y a 111 ans, le 09 Janvier 1905, décès de Louise Michel. Louise, ma Louise, mon institutrice préférée, Louise, ma communarde, ma combattante, ma graine d’ananar… J’aime cette image taguée qui la Louise tagremet au goût du jour. Fille illégitime d’un notable et d’une servante, Louise Michel reçoit dans la famille de ses grands-parents paternels une éducation affectueuse et soignée. Après avoir obtenu un brevet d’institutrice, elle s’installe à Paris en 1856 pour y exercer ce métier. Mais elle se consacre également à la poésie, et, bientôt, à la politique, au sein du mouvement Blanquiste. Savez vous, qu’à ma connaissance, La station Louise Michel (métro de Paris) est la seule à honorer une femme et la seule à honorer une anarchiste…

C‘est durant la Commune de Paris que se révèle son dévouement à la cause révolutionnaire. La «Vierge rouge» déploie alors une activité inlassable : propagandiste, animatrice d’un club politique, ambulancière, elle participe également à la plupart des combats contre les troupes de Versailles. Arrêtée au terme de la Semaine Sanglante, Louise_Michel droite elle est, en 1873, condamnée à la déportation en Nouvelle-Calédonie. En exil, Louise Michel côtoie brièvement le libelliste Henri Rochefort. Plus sérieusement, elle se convertit à l’anarchisme et se lie à la population Kanaque. En 1880, l’amnistie générale des crimes commis sous la Commune l’autorise à regagner la métropole. Figure dès lors incontournable du mouvement anarchiste français, Louise Michel est étroitement surveillée par la police, qui l’arrête à plusieurs reprises pour ses participations à des manifestations ou des meetings insurrectionnels.

Le 13 septembre 1903, Louise Michel fut initiée au sein de la loge « la philosophie sociale » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise maintenue et mixte.  L’âge venu, elle repart inlassablement, à chacune de ses sorties de prison, pour de longues tournées de conférences à travers la France et le monde. C’est au cours de l’une d’entre elles michel_funerailles-300x202qu’elle s’éteint à Marseille en 1905, victime d’une pneumonie. Le 22 janvier 1905, enterrement de Louise MICHEL. Un cortège de plus de 100 000 personnes accompagne son cercueil. Parti à 8 heures de la gare de Lyon à Paris, il n’arrive qu’à 17 heures au cimetière de Levallois où elle sera enterrée. Le préfet Lepine, qui tente de suivre le cortège, en est chassé par les anarchistes. La cérémonie s’achève par un grand meeting, où Benoît Broutchoux, Charles Malato et Séverine prennent la parole. Eau-forte d’Albert Peters-Desteray.

Allez, portez vous bien, ken ar c’hoaz comme ils disent par ici.

Pour chanter Veni creator…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du mutualisme social et des pieds paquets réunis, bonjour ! Nous sommes  le vendredi 21 novembre 2014 qui correspond au 1er jour de frimaire habituellement dédié à la frimaireRaiponce, jolie petite fleur bleue. Oui je sais, il se trouve encore quelques pataphysiciens pour affirmer que Le 21 Novembre 2014 est en réalité le Jeudi 19 As 142
St Courtial des Péreires, aérostier et inventeur. L’allégorie qui représente frimaire est toute symbolique. La scène de chasse ne fait pas qu’allusion à la saison, mais aussi au signe du Sagittaire (symbolisé en filigrane, en haut à droite) correspondant à cette période.

Le 21 novembre 1831, éclate sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle va se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre canuts_revolte_pen travaillant ou mourir en combattant ». Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique. Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini.

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Ils sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail. Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer canut sur le métierprétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisé avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué.

En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard canuts_plaqueécrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation.». Et alors, 180 ans plus tard… A vous de juger ! A lire, le livre de Jacques Perdu aux éditions Spartacus.

En attendant qu’on prenne les fourches, portez vous bien et à demain peut-être.

La Commune n’est pas morte…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR, PORTRAIT

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Amis de la Commune et du velouté de potimarron réunis, bonjour !

Nous sommes donc le 06 novembre 2012, c’est vous dire comme les choses vont bon train. C’est le 16è jour de brumaire dédié au Chervis, plante dont les racines sont comestibles, ça fait penser un peu au panais, mais tant qu’à manger des plantes par la racine, je préfère le chervis au pissenlit…

Lorsque j’étais enfant, à Douarnenez, le fond de la ria du Port-Rhu était notre terrain de jeu. Il y avait là près du cimetière des bateaux, un vieux thonier qui attendait sa fin en s’envasant paisiblement et qui portait le nom de « Eugène POTTIER ». A cette époque là, on laissait les bateaux mourir de leur belle mort; le moment venu,on les remorquait vers un coin de rivière ou de plage et on laissait le temps faire son oeuvre. Je ne savais pas encore ce que nous lui devions à ce grand monsieur et entre-autres, les paroles de l‘Internationale.

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Révolutionnaire, il participe à la commune de Paris en 1871 et d’ailleurs, en fera le thème de magnifiques chansons. Marc OGERET en a fait un disque tout à fait sublime. On célèbre aujourd’hui l’anniversaire de sa disparition. Condamné à mort par contumace, il choisit l’exil et s’en va aux Etats Unis. Humaniste et Franc-maçon il nous lègue un héritage qui mériterait d’être largement diffusé. Jean Ferrat évoque Pottier dans sa chanson La Commune. Ses chansons sont reprises après sa mort, que ce soit par des artistes d’inspiration socialiste, anarchiste ou libertaire comme Pierre Degeyter. En 2010, Sébastien Ducret a mis en musique plus d’une vingtaine de textes d’Eugène Pottier. Le premier disque entièrement consacré à Eugène Pottier est sorti en décembre 2011, il s’intitule Quel est le fou ?. Eugène Pottier est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.