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Paris s’éveille…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis du matérialisme historique et du cachou Lajaunie réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 20 Mai 2016, premier jour de Prairial dédié à la luzerne. Le mois de prairial était le neuvième mois du cPrairialalendrier républicain français. Il correspondait, à quelques jours près (selon l’année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier grégorien. Il tirait son nom « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin », selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d’Églantine, au nom de la « commission chargée de la confection du calendrier ». Quel poète ce Fabre… Et c’est donc le jour de la luzerne, nommée aussi le sainfoin (celui là n’aura pas sa statue à Carnoët) très appréciée par nos amis les bêtes, il parait que c’est plein de protéine et de carotène. Par ailleurs, un ami écolo me demande de préciser que la luzerne déshydratée remplace avantageusement les tourteaux de soja importés et aux origines douteuses (OGM), voila, j’ai fait ma b.a.

Le 20 mai 1968, en France, Le général de Gaulle fustige la « chienlit » , mais la chienlit comptait, en ce jour, plus de six millions de grévistes! Lesla chienlit étudiants des Beaux arts en firent une affiche célèbre. Quarante ans plus tard, mon fiston s’en était inspiré pour illustrer le carton d’invitation à mon pot de départ en retraite… A cette époque, après les usines ce sont les transports publics comme la SNCF et RATP qui ne fonctionnent plus, les magasins sont contraint de fermer leur portes, les poubelles s’amoncellent de façon impressionnante dans les rues, l’essence se fait rare et les gens tentent de retirer leur argent dans les guichets des banques qui ne sont pas encore en grève.

La veille, sur la Croisette, le Festival de Cannes s’est lui-même numérisation chienlit0001sabordé, après les interventions des cinéastes Truffaut, Godard et Lelouch qui proposaient d’occuper le Palais du festival pour y instaurer un forum permanent. Je crois que c’est Thucydide, historien grec, qui disait:  l’histoire est un perpétuel recommencement. A l’époque on cherchait la plage sous les pavés mais c’était pour déboulonner la statue du commandeur, pour renvoyer aux poubelles de l’histoire une vieille droite réactionnaire et conservatrice. Aujourd’hui, les ceusses qui nous gouvernent se disent socialistes (me faites pas rire, j’ai les lèvres gercées). Siné, Reiser, Cabu, Cavanna, Wolinski, Choron, ils ont tous disparu des écrans radar… Ah, madame Michu, qui saura croquer l’infinie vacuité de ce monde où se sont les flics qui manifestent ?

Allez, merci d’être encore là, portez vous bien et à demain peut-être.

22 mars 1968…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du pendule de Foucault et de « qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 22 mars 2015, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Peut-être avez vous remarqué comme moi que l’éclipse à fait pshitt et que la marée du siècle à fait plouf… Vous allez voir que les élections vont faire splash.  Tiens, à ce propos, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver en cette veille d’élections.

Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université (photo de droite). Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de la salle du 22 marsrevendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam (parmi eux, Xavier LANGLADE, j’y reviendrais), il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles). Rapidement ce mouvement conduit, entre autres, par Daniel COHN-BENDIT (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment de ce qu’on allait appeler par la suite: les évènements de mai 68.

J’évoque d’autant plus volontiers Xavier Langlade (ici à gauche) que j’ai eu l’occasion de connaître ce dernier. A cette langladeépoque là nous étions très engagés dans les comités Viet-Nam et le Front de Solidarité Indochine. Il s’est fait arrêter après le caillassage des vitrines de American express, symbole de l’impérialisme Etatsunien. Voici à rue scribedroite une photo de notre arrivée rue Scribe, je pense qu’il y a prescription… Je dis cela pour le monsieur des renseignements généraux. A rennes, où je sévissais à l’époque, il était venu nous enseigner quelques techniques pour faire face aux forces de l’ordre et autres nervis de « Occident », « Ordre nouveau » ou de la C.F.T., milice patronale, qui faisait régner l’ordre à Citroën. Allez, tiens; Renaud & Evariste.

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Ecoutez plutôt ce qu’en disait Daniel Bensaïd: « 25 janvier 2007, Xavier Langlade nous a quittés brutalement. Il est mort à Cuba, sur cette île qui nous fit tant rêver, presque 40 ans après le premier grand meeting parisien de la Jeunesse communiste révolutionnaire, organisé en hommage au guérillero tombé en Bolivie, un funeste jour d’octobre 1967. En 1966, sur le campus de Nanterre, il avait une solide réputation de praticien des arts martiaux et de dirigeant (avec Jacques Tarnero) d’un service d’ordre étudiant performant, chargé de face à faceprotéger le campus des descentes répétées des commandos d’Occident. Discret, un peu secret, Xavier avait le goût de la pénombre plus que des projecteurs. Comme la plupart d’entre nous, il vibrait à l’appel de la Révolution cubaine et de l’Amérique latine. Pendant plus de dix ans, nous avons souvent collaboré dans la conspiration contre l’ordre établi: le 21 juin 1973 et la dissolution de la Ligue, l’agonie de l’Espagne franquiste, amers voyages en Argentine et au Chili, où l’atmosphère s’alourdissait des préparatifs du coup d’État. À la fin des années 1970, l’histoire édentée ne nous mordait guère plus la nuque. ». J’imagine que pour les plus jeunes d’entre vous tout cela a un parfum un peu surané mais, nous avions 20 ans et étions convaincus que le vieux monde était derrière nous…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis du pendule de Foucault et de « qui veut gagner des millions » réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 22 mars 2014, deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane 62942167_palors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à ce propos, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont  contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver en cette veille d’élections.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher. Or donc, le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre (région parisienne), le mouvement contestataire 51065612_pétudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles).Rapidement ce mouvement conduit par Daniel COHN-BENDIT (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68 français.

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Le 2 mai 1968, à la Faculté de Nanterre, la contestation étudiante  s’amplifie, malgré les menaces que font courir les51109185_p groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars » avec Daniel COHN-BENDIT, mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.
La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. (La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.)

Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de Nanterre qui y tiennent meeting. Mais Occident-photo-1deux cents militants d’extrême-droite du « groupe Occident »  aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer. La police procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police.
Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite, Le 31 octobre 1968, après le plastiquage d’une librairie maoïste rue Gît-le-Cœur, le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin dissout Occident afin d’éviter un nouvel engrenage. Certains de ses militants iront fonder Ordre Nouveau, puis le Front National et le tristement célèbre GUD. D’autres se rallieront à la droite parlementaire, et deviendront ministres.                                                   Allez, merci encore d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

AVOIR 20 ANS EN 68…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis soixante-huitards et néanmoins optimistes, bonjour!

Le 22 mars est le deuxième jour de Germinal et c’est le jour du platane alors, soyez prudent si vous prenez la route. Tiens, à propos d’élections, le 22 mars 1871, la Commune de Paris énonce que les membres de l’assemblée municipale sont contrôlés, révocables, comptables et responsables et que leur mandat est impératif. C’est pas interdit de rêver.

On l’oublie souvent mais, mai 68 a en fait débuté au mois de mars. Certains disent même que cela a commencé en Bretagne un an plus tôt. Laissons aux historiens le soin de trancher.Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre région parisienne, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars », occupe les locaux de l’Université. Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Rapidement ce mouvement conduit par Daniel COHN-BENDIT qui se réclame alors de l’anarchie va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68 français. Le 2 mai 1968, à la Faculté de Nanterre. La contestation étudiante entamée depuis le mois de mars, s’amplifie, malgré les menaces que font courir les groupes d’extrême droite qui le matin même se sont attaqués à la Sorbonne. Une journée anti-impérialiste est organisée par le « mouvement du 22 mars », mais l’Université est fermée sur l’ordre du doyen.La contestation se transportera alors à la Sorbonne le lendemain. La photo, a fait le tour du monde et traversé l’histoire. D’ailleurs, il est amusant de comparer la photo, à gauche, et l’expression graphique, à droite, qui en a été faite avec les moyens de l’époque.Le 3 mai 1968, à Paris, l’Université de la Sorbonne est occupée par les étudiants de108 Nanterre qui y tiennent meeting. Mais deux cents militants d’extrême-droite du « groupe Occident » certains sont devenus ministres aux cris de: « tuons tous les communistes » menacent de les attaquer.La police procède dans l’après-midi à l’évacuation de la Sorbonne qu’ils encerclent. Ils arrêtent alors près de 400 étudiants, mais ceux qui ont réussi à fuir se rassemblent à l’extérieur et harcèlent les forces de l’ordre aux cris de « Libérez nos camarades » ou de « CRS=SS » devant la brutalité de la police.Cela va provoquer de nombreux affrontements dans les rues avoisinantes et l’apparition dans la soirée des premières barricades dans le quartier latin, qui est placé en état de siège. Vous connaissez la suite.Et voila, aujourd’hui, Dany le rouge a viré au vert et il a mené Europe-Ecologie-Les-Verts en haut de l’affiche, quand bien même il n’est pas loin de penser que le choix d’Eva est une erreur de casting.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

SOUS LES PAVES…LA PLAGE !..

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du Chicago blues et du canard laqué réunis, bonjour !

Oui nous sommes le 24 mai, cinquième jour de prairial dédié au canard. Un qui en faisait rarement et qui va rejoindre notre galerie de portraits, c’est Elmore JAMES.

Il est né à Richland, Mississippi, un 27 janvier en 1918 et a définitivement cessé de jouer de la guitare le 24 mai 1963 à Chicago.

Né sur une petite plantation il partage son temps entre le travail des champs et les juke-joints du Delta où il joue en compagnie de Robert Johnson et surtout Sonny Boy Williamson. Sa façon de jouer avec une espèce de rage et de chanter d’une voix presque éraillée, en fait une des sonorités les plus excitantes de l’histoire du blues.

Il a gravé son premier disque, Dust my broom (ici en vidéo), sur le petit label Trumpet et rencontré un succès immédiat. A partir de ce moment il va enregistrer massivement, une œuvre un peu chaotique dont beaucoup de morceaux tournés vers le Rythm & Blues des années 50 avec cuivres et la présence de Ike Turner.

A partir de la fin des années cinquante sa popularité est en baisse et c’est le producteur Bobby Robinson qui va le remettre en selle. Il en restera une œuvre magnifique, moderne, sensuelle et agressive avec des compositions extraordinaires comme Shy is crying ou Every day i have the blues, cette dernière prend place parmi les plus grands moments du blues d’après-guerre. Il est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il préparait une tournée européenne. Je crois savoir que son fils, Elmore James Jr a repris le flambeau.Sources: la grande encyclopédie du blues de Gérard Herzaft chez Fayard.

Tout à fait autre chose, quoique…

Je viens de retrouver dans mes cartons le premier numéro de l’enragé daté du 24 mai 1968. Ce premier numéro fut publié avec l’appui de l’éditeur Jean-Jacques Pauvert et sur une initiative de SINE (déjà). Extraits: Il peut servir de cache matraque. Il peut servir de mouchoir anti-gaz. Nous sommes solidaires, et nous le resterons, de tous les enragés du monde… Dans ce journal rien n’est interdit, sauf d’être de droite !

Je ressens dans le mouvement citoyen actuel qui se développe en Espagne et qui emplit la Puerta del sol de Madrid de milliers de manifestants, comme un parfum de 68.Sous les pavés, la plage ! Pourvou qué ça doure…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.



 

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la nostalgie et du pain perdu réunis, bonjour !

Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre, le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de « mouvement du 22 mars« , occupe les locaux de l’Université (photo de droite). Il est l’aboutissement d’une contestation grandissante emmenée par des groupes d’extrême-gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d’abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam (parmi eux, Xavier LANGLADE, j’y reviendrais), il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d’accéder à la résidence universitaire des filles).
Rapidement ce mouvement conduit, entre autres, par Daniel COHN-BENDIT (qui se réclame alors de l’anarchie) va passer de la critique de l’Université à la critique de la société et de l’autoritarisme. Il sera le ferment de ce qu’on allait appeler par la suite: les évènements de mai 68.

Je réponds d’autant plus volontiers à la sollicitation de Corsico concernant Xavier Langlade (ici à gauche) que j’ai eu l’occasion de connaître ce dernier. A cette époque là nous étions très engagés dans les comités Viet-Nam et le Front de Solidarité Indochine. Il s’est fait arrêter après le caillassage des vitrines de American express, symbole de l’impérialisme Etatsunien. Voici à droite une photo de notre arrivée rue Scribe, je pense qu’il y a prescription… Je dis cela pour le monsieur des renseignements généraux.

A rennes, où je sévissais à l’époque, il était venu nous enseigner quelques techniques pour faire face aux forces de l’ordre et autres nervis de « Occident », « Ordre nouveau » ou de la C.F.T., milice patronale, qui faisait rêgner l’ordre à Citroën.

Ecoutez plutôt ce qu’en disait Daniel Bensaïd: « 25 janvier 2007, Xavier Langlade nous a quittés brutalement. Il est mort à Cuba, sur cette île qui nous fit tant rêver, presque 40 ans après le premier grand meeting parisien de la Jeunesse communiste révolutionnaire, organisé en hommage au guérillero tombé en Bolivie, un funeste jour d’octobre 1967. En 1966, sur le campus de Nanterre, il avait une solide réputation de praticien des arts martiaux et de dirigeant (avec Jacques Tarnero) d’un service d’ordre étudiant performant, chargé de protéger le campus des descentes répétées des commandos d’Occident. Discret, un peu secret, Xavier avait le goût de la pénombre plus que des projecteurs. Comme la plupart d’entre nous, il vibrait à l’appel de la Révolution cubaine et de l’Amérique latine. Pendant plus de dix ans, nous avons souvent collaboré dans la conspiration contre l’ordre établi: le 21 juin 1973 et la dissolution de la Ligue, l’agonie de l’Espagne franquiste, amers voyages en Argentine et au Chili, où l’atmosphère s’alourdissait des préparatifs du coup d’État. À la fin des années 1970, l’histoire édentée ne nous mordait guère plus la nuque. »

J‘imagine que pour les plus jeunes d’entre vous tout cela a un parfum un peu surrané mais, nous avions 20 ans et étions convaincus que le vieux monde était derrière nous…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


MAI 68, VOUS CROYEZ…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’histoire bégayante et du
Gevrey-Chambertin réunis, bonjour !


Nous sommes le vingt-huitième jour du
mois de vendémiaire, dédié à la tomate, il vous reste donc 73
jours pour préparer votre réveillon.


Au risque de passer pour un attardé
rédhibitoire, je ne peux m’empêcher de penser à mai 68 en
observant les cortèges qui envahissent nos rues ces jours ci. Je
sais bien que l’histoire ne se répète pas et que l’expérience
n’est guère transmissible. Néanmoins, j’ai retrouvé dans mes
cartons quelques traces de l’époque qui ne sont pas sans similitude
avec la situation actuelle.

Déjà à cette époque, la bonne
vieille droite réactionnaire usait d’un argument qui voulait que les
jeunes n’étaient pas à leur place dans la rue. On infantilisait
l’étudiant comme l’ouvrier et on soupçonnait l’un comme l’autre
d’être manipulés.

Déjà, « les casseurs »
s’avéraient souvent être des sbires à la solde du pouvoir qui
pouvait ainsi légitimer sa répression et faire donner ses troupes.
Les gardes mobiles ne ressemblaient pas encore à des robotcops
encarapaçonnés mais le résultat d’un coup de matraque n’a guère
évolué.

Déjà les médias et la télévision
en particulier prenaient leurs ordres à Matignon ou au château (l’Elysée). Et déjà SINE dans
l’Enragé s’en donnait à coeur joie.

Déjà les réformistes n’avaient de
cesse de répéter qu’il fallait raison garder et qu’il fallait
savoir arrêter une grève.

Pour un peu, l’UMP nous organiserait
une grande manifestation de la majorité silencieuse sur les Champs
Elysée au cri de: « De gaulle reviens, ils sont devenus fous
! »

Déjà des petits malins faisaient des
stock d’essence aggravant la pénurie. La France éternelle
ressemblait étrangement à celle d’aujourd’hui, celle des jardiniers
joviaux, des notaires véreux, des professeurs émérites, des
alcooliques anonymes, des Nous-ne-céderons-pas, des
Nous-irons-jusqu’au-bout…Et le retour à la normale pointe déjà le bout de son nez. Le troupeau bêlant va retrouver son PMU, sa foire aux vins au Carrefour du coin et, ainsi que le chantait Nougaro dans « Mai mai Paris »:

Le casque des pavés ne bouge plus d’un cil
La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile…

Je crains fort que les actionnaires du CAC 40 soient en train de gagner une manche supplémentaire et que ceux que l’on appelle communément les travailleurs, soient contraints de porter ce joli nom quelques années de plus.Il va falloir repasser par la case départ, inutile de vous rappeler que vous ne touchez pas les 20 000 euros.

Allez, ne désespérez pas, tant va la cruche à l’eau… Comme disait mon aïeule qui en matière de cruche en connaissait un rayon. Merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

GREVE GENERALE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la théorie des quatre mouvements et de la gallinette cendrée réunies, bonjour !

Les français sont descendus dans la rue, un million, deux millions, trois millions…Peu importe, à force de se prendre la tête sur les questions sécuritaires, le gouvernement de Nicolas 1er  est devenu complètement autiste. Roselyne, en charge de la santé, avait pourtant prévenu: La masturbation, ça rend sourd !
Résultat des courses, rebelote le 2 octobre. Ben oui, disent nos syndicalistes, faut faire ça un samedi, ça coutera rien aux salariés. Et pourtant, l’histoire nous l’apprend, sans remonter aux barricades de la révolution, tous les grands acquis sociaux furent le fruit de luttes longues, âpres et quelquefois désespérées. Le front populaire, mai 68, les grandes grèves de 95 ont permis des avancées sociales significatives parce que le patronat, les possédants, et leurs marionnettes politiques étaient acculés (restons polis).

Les petites promenades « traine-savates » entre Nation et République n’ont jamais fait reculer les capitalistes. Oui je sais, c’est un gros mot. Aujourd’hui, on veut nous faire croire qu’il n’y a plus de classes puisque, la preuve madame Michu, il n’y a plus de lutte des classes. Nous sommes tous dans le même bateau, il faut se rallier à l’intérêt supérieur de la Nation. Sauf que dans ce bateau là, il y a ceux qui rament et ceux qui se la coule douce. Il y a Liliane Bettencourt, ses îles paradisiaques ses dons pharaoniques à l’UMP, ses milliards à l’étranger et Liliane Duchmoll, caissière à temps partiel à Carrefour et ses 750 euros mensuels. Et comme le chantait Maurice Chevalier, tout cela ça devrait faire d’excellents français, copains comme cochons et prêts à travailler jusqu’à pas d’âge si ils veulent « jouir » de leur retraite à taux plein. En échange de cette union sacrée, on garantit leur sécurité, on expulse les métèques et on autorise les jeux du peuple sur le Net.

Voila pourquoi, contrairement à Chérèque, je n’ai pas peur de prononcer le terme de grève générale et voila pourquoi, amis lecteurs, je suis Fouriériste dans l’âme et je cite plus haut la théorie qui lui était chère:

La Théorie des quatre mouvements éditée pour
la première fois en 1808, est l’ouvrage premier et fondamental dans lequel Fourier déclare
ses objectifs pour un gouvernement et une économie mondiale régis par
l’Attraction Passionnée, seule possibilité pour
transformer la société, « remédier au plus scandaleux des désordres
sociaux, à la pauvreté » ; contre les morales et les idéologies qui
prêchent pauvreté et médiocrité, il défend l’opulence pour tous, le
luxe, la gourmandise et la volupté ; seule l’émancipation de la femme,
libérée de la servitude du mariage et par conséquent la libération de
l’enfant des principes oiseux de l’obéissance, pourra permettre la
réalisation de cette transformation. Les trois ennemis naturels des
passions et de l’harmonie sont, dit-il, l’uniformité, la tiédeur et la
médiocrité. Camarade Chérèque, tu devrais relire Fourier…

Bon ben dites moi, ça démarre fort pour un lundi. Allez c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Bon, et bien ça m’apprendra à jouer avec le calendrier. Le billet du 19 est paru le 18…Mais, aujourd’hui, nous sommes bien le 20.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Bon, et bien ça m’apprendra à jouer avec le calendrier. Le billet du 19 est paru le 18…Mais, aujourd’hui, nous sommes bien le 20.

Pour nos amis Républicains, nous sommes le 1er de Prairial. Fabre d’Eglantine avait proposé ce nom dans son rapport à la Convention Nationale du 3 Brumaire de l’an II, à cause « de la fécondité riante & de la récolte des prairies de mai en juin ». Quel poète ce Fabre…

Et c’est donc le jour de la luzerne, appelée aussi le sainfoin (celui là n’aura pas sa statue à Carnoët) très appréciée par nos amis les bêtes, il parait que c’est plein de protéine et de carotène. Par ailleurs, un ami écolo me demande de préciser que la luzerne déshydratée remplace avantageusement les tourteaux de soja importés et aux origines douteuses (OGM), voila, j’ai fait ma b.a.

Le 20 mai 1968, en France, Le général de Gaulle fustige la « chienlit« , mais la chienlit compte, en ce jour, plus de six millions de grévistes! Les étudiants des Beaux arts en firent une affiche célèbre.

 Après les usines ce sont les transports publics comme la SNCF et RATP qui ne fonctionnent plus, les magasins sont contraint de fermer leur portes, les poubelles s’amoncellent de façon impressionnante dans les rues, l’essence se fait rare et les gens tentent de retirer leur argent dans les guichets des banques qui ne sont pas encore en grève.
La veille, sur la Croisette, le Festival de Cannes s’est lui-même sabordé, après les interventions des cinéastes Truffaut, Godard et Lelouch qui proposaient d’occuper le Palais du festival pour y instaurer un forum permanent.

 En 2010, Godard est toujours là mais n’a pas fait le déplacement à Cannes pour accompagner la présentation de son dernier opus « Film socialisme ».

Il a fait parvenir un billet aux organisateurs:« Avec le festival, j’irai jusqu’à la mort, mais je ne ferai pas un pas de plus. Chers Thierry Frémaux, Wild Bunch, Vega Film, Alain Sarde : suite à des problèmes de type grec, je ne pourrai être votre obligé à Cannes. Amicalement, Jean-Luc Godard ».

C‘est du Godard craché, non ? Cinquante ans après Fellini pour « la dolce vita », à qui ira la palme ?

Tout à fait autre chose.
Comme de coutume les médias ont déjà oublié la terrible catastrophe qui a touché Haïti. Et bien rendons hommage à une grande figure de la révolution Haïtienne. C’est un 20 mai en 1746 que naît Toussaint Louverture.

En août 1791, les esclaves de la plaine du Nord se révoltent suite à la cérémonie de Bois-Caïman (voir les dernières BD de Bourgeon). Toussaint Bréda devient aide-de-camp de Georges Biassou, commandant des esclaves qui, réfugiés dans la partie orientale de l’île, s’allient aux Espagnols qui l’occupent pour renverser les Français esclavagistes. Toussaint est initié à l’art de la guerre par les militaires espagnols. À la tête d’une troupe de plus de trois mille hommes, il remporte en quelques mois plusieurs victoires. On le surnomme dès lors « louverture ».

Le 29 août 1793, Toussaint lance sa proclamation où il se présente comme le leader noir :

« Frères et amis. Je suis Toussaint Louverture ; mon nom s’est peut-être fait connaître jusqu’à vous. J’ai entrepris la vengeance de ma race. je veux que la liberté et l’égalité règnent à Saint-Domingue. Je travaille à les faire exister. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l’arbre de l’esclavage. »

Toussaint Louverture est souvent présenté comme le créateur de la première République noire au monde. C’était néanmoins un furieux opportuniste qui s’allia dans un premier temps avec les Espagnols puis avec les Français, dénonçant l’esclavage puis, en 1800, reconduisant le travail forcé des noirs sur les plantations. Deux années plus tard, Bonaparte organise l’expédition de Saint Domingue, 20 000 hommes sont envoyés dans les iles, l’ordre est rétabli et…L’esclavage aussi !

Toussaint Louverture est emprisonné au fort de Joux dans le Doubs ou il mourra en avril 1803.

Allez, que la force soit avec vous, je vous salue et vous remercie de votre visite. Portez vous bien et, à demain peut-être.

La nuit des barricades.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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La
nuit des barricades.

Durant
la nuit du 10 au 11 mai
1968,
au quartier latin à Paris, de nouveaux affrontements vont se
dérouler, c’est la « 
Nuit
des barricades
« .

Dès le début de la soirée, 20 000 manifestants occupent le
quartier latin, qui prend un aspect insurrectionnel. Les rues se
couvrent de barricades, certaines hautes de 3 mètres. Ici à droite, c’est la rue Gay-Lussac.

La
population sympathise avec les émeutiers. Après l’échec des
négociations, à 2 heures 15, les CRS se lancent à l’assaut des
premières barricades de la rue Gay-Lussac. La police ne prendra la
dernière que trois heures plus tard, après de très violents
affrontements qui feront plus de 350 blessés (dont 251 chez les
policiers). 469 manifestants seront interpellés et 188 véhicules
seront incendiés ou endommagés.


La
contestation va alors gagner le monde du travail, les syndicats et
les partis politiques, la grève générale sera effective à partir
du 13 mai. A la fin du mois de mai, les accords de Grenelle aboutissaient à une augmentation du SMIG de 25%, une hausse des salaires, une diminution du temps de travail… Sur les murs, les graffitis chantaient l’avènement d’un nouveau monde: « Il est interdit d’interdire » – « Sous les pavés, la plage » – « L’imagination au pouvoir« … Plus de quarante années se sont écoulées, l’heure est peut-être venue d’en remettre une couche !


Et oui
parce que, aujourd’ui, les grands méchants loups relèvent la tête,
montrent leurs crocs acérés,  dévoilent leur appétit féroce et
veulent à toutes forces revenir sur les malheureux acquis conquis au
cours d’un siècle de lutte par les masses laborieuses… (on dirait
du Georges Marchais dans le texte). Au motif que « tout va
mal », il faut, enfin il faudra, repousser l’age de départ à
la retraite, allonger le temps de cotisation, diminuer les salaires,
abandonner les 35 heures, bref, travailler plus pour gagner moins,
c’est à dire, en arrière toute comme on dit dans la marine. Les
caisses sont vides ! Telle est l’antienne qui nous est servie matin
et soir par tous les commentateurs de tous les médias appuyés par
les experts de l’expertise et les professionnels de la profession. Et
pourtant, les responsables (pas encore coupables) Européens viennent
de trouver 750 milliards d’euros pour sauver la Grèce, la zone euro,
et surtout, pour sauver les apparences. 750 OOO OOO OOO d’euros,
ahurissant non ?

Pas
pour réduire la fracture sociale, pas non plus pour un gigantesque
plan contre les maladies génétiques, le cancer ou Alzheimer, ni
encore moins contre la faim dans le monde, et surtout pas pour
relancer une économie durable et verte non, simplement « pour
ne pas décevoir le marché
» comme le déclare le ministre
Suédois des finances… Pour renflouer les caisses vidées par des
incompétents, des corrompus, quand ce ne sont pas des politiciens
véreux et/ou des financiers abjects…Jean Ziegler, revient, ils
sont devenus fous !

En vérité, je vous le dis, il y aura d’autres barricades et oui, ça branle dans le manche, les mauvais jours finiront comme le chantaient les communards…En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.