Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “maçonnerie”

Page 1 de 1

Le plus beau de saint Jean…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

, , , , , ,

Amis des confessions de saint Augustin et de la casquette du père Bugeaud réunies, bonjour ! Nous sommes le samedi 21 décembre 2013, c’est vous dire si Noël approche. Quand au calendrier républicain, il est dédié ce jour, premier de Nivôse, à la tourbe (voir 71207089_pmon billet du 21/12/2009). Nivôse qui nous vient tout droit du latin Nivosus, riche en neige… C’est bien tout ce qu’il reste de riche par les temps qui courent ; mis à part quelques spéculateurs véreux qui se repaissent sur le dos des peuples qui n’en peuvent mais. Quelques évadés fiscaux qui trouvent que l’herbe est plus verte chez le voisin. Quelques patrons du CAC 40 qui continuent de se verser des salaires indécents. Quelques prévaricateurs de basse extraction. Quelques golden boys endimanchés. Quelques concussionnaires avides. Quelques traders perfides et quelques gougnafiers sans étiquettes… Merde, ça commence à faire du monde !

C‘est aussi le Solstice d’hiver qu’évoquait Paul l’autre jour dans son commentaire. L’année celto-druidique commence au solstice d’hiver avec la cérémonie de la Modra Necht, fête quiimages12 est marquée par la « cueillette du gui ». A chaque fois que le druide officiant coupe une touffe de gui, il s’écrie : « O Gehl an Heu ! » qui signifie « Le Blé lève ! ». Cet usage maintenu tout le Moyen-âge fut mal compris de la foule qui traduisit par « Au Gui l’An neuf ! », amusant, non ? Enfin bon, c’est ce que l’on m’a raconté hein… Lors du solstice d’hiver, les druides contemporains ne fêtent pas Yule comme dans les pays nordiques, mais Alban Arthan (la lumière de l’ours). C’est une fête solaire majeure qui a été célébrée de toute antiquité. Il y a un paradoxe et une grande sagesse sans doute à invoquer la nouvelle lumière lors de la nuit la plus longue du cycle annuel. Ce nom est tiré des écrits de Iolo Morganwg qui produisit plusieurs textes néo-druidiques au 18ème siècle et les fit passer pour des textes ayant une origine authentique. Les Francs-Maçons aussi fêtent les Solstices notamment celui d’hiver (21 décembre) ou Saint Jean d’hiver (l’évangéliste). Dans La franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes , Oswald Wirth note : « Jean l’Evangéliste personnifie la lumière crépusculaire du soir, celle qui embrase le ciel lorsque le soleil vient de disparaître sous l’horizon (…)  On lui attribue l’Apocalypse, qui, sous prétexte de dévoiler les janus1mystères chrétiens, les masque sous des énigmes calculées pour entraîner les esprits perspicaces au delà des étroitesses du dogme. Aussi est-ce de la tradition johannite que se sont prévalues toutes les écoles mystiques, qui, sous le voile de l’ésotérisme, ont visé à l’émancipation de la pensée. N’oublions pas, enfin, que le quatrième évangile débute par un texte d’une haute portée initiatique, sur lequel s’est longtemps prêté le serment maçonnique. Au début était le verbe… » Dans sa grande volonté de récupération, l’église chrétienne apostolique et romaine a remplacé le culte romain de Janus par celui des deux saints Jean en choisissant ces personnages parce qu’ils ont le même nom, et en plaçant leurs fêtes aux dates des solstices. Jean le Baptiste ouvre la porte estivale et annonce le cycle d’obscuration. Jean l’Évangéliste ouvre la porte hivernale et annonce le cycle d’illumination. Et les feux d’Alban Arthan ont été remplacé par les guirlandes de l’union des commerçants et la bûche de Noël… Quelle misère madame Michu.

Bon, c’est l’occasion ou jamais de vous dire, portez vous bien et à demain… Peut-être.

Femme, femme, femme…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , , , , ,

Amis de la macrobiotique et du filet de merlan réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 18 décembre 2013, 28è jour de Frimaire dédié à la Truffe ce qui bien entendu n’a rien à voir avec ce qui va suivre. Alors que dans une récente étude, le ministère du travail (Dares), révèle que la « ségrégation professionnelle » est toujours d’actualité en France (On estime en effet qu’il faudrait que plus de la moitié des femmes (52%) changent de métier pour aboutir à une répartition égalitaire des sexes dans les différents métiers.) rendons un petit hommage à une pionnière oubliée de (presque) tous.

Le 18 décembre 1922, nous quittait Nelly ROUSSEL, née le 5 janvier 1878. Qui se souvient de cette femme, Libre penseuse, anarchiste, féministe. Elle fut la compagne du sculpteur Henri Godet, libre penseur et Franc-Maçon. Elle même suivra les nellyroussel05-179x300traces de Maria Deraismes (qui créa « Le droit humain ») et Madeleine Pelletier ou Louise Michel en fréquentant « La Grande Loge Symbolique Ecossaise ». Elle milita avec Paul Robin à la diffusion des idées néo-malthusiennes, contre l’idéologie nataliste du pouvoir et la loi de 1920 qui réprimait la contraception et sa propagande. Oratrice de talent, elle donnait des conférences, à travers la France, exaltant la maternité consciente, pourfendant le machisme des hommes (militants compris). Elle réclamait l’indépendance complète pour les femmes, fondée sur de nouveaux rapports entre les sexes.

Elle est militante antinataliste. Comme Madeleine Pelletier, elle est l’une des premières femmes en Europe à revendiquer publiquement le droit des femmes à disposer de leurs corps et à prôner une politique de contrôle des naissances en autorisant le recours aux contraceptifs et à l’avortement. Elle Nelly_Roussel_1896-234x300adhère au mouvement néo-malthusianiste de Paul Robin qui soutient que le contrôle des naissances, la « prudence parentale », est un moyen d’émancipation des classes sociales les plus pauvres. Elle lutte pour modifier l’image traditionnelle de la femme. C’est ainsi que l’« action, la vie et la pensée de Nelly Roussel s’insurgent bien sûr contre ce modèle, développant au contraire celui de la « nouvelle femme », bien représenté aux États-Unis : une femme sportive, active, investie dans une profession valorisante. Roussel oppose à « l’éternel féminin » ce qu’elle nomme « l’éternelle sacrifiée » – c’est le titre de l’un de ses livres. La femme, écrit-elle, est en effet sacrifiée non seulement par Dieu et par la Nature mais aussi par la société républicaine elle-même. »

Parmi ses écrits: « Paroles de combat et d’espoir » (1919) – « Quelques lances rompues pour vos libertés » – « Trois conférences », etc.

Allez, une militante de plus pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à demain peut-être.

L’épée flambloyante…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

, , , , ,

Amis de la carabistouille et de la bande dessinée réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 20 août 2013, troisième jour de Fructidor dédié à la vesse-de-loup. C’est aussi le jour anniversaire de la disparition de Hugo PRATT (1995).

Il était né en 1927 à Rimini en Italie mais, dans ce que raconte Pratt de imagessa propre existence, on ne sait pas vraiment quelle est la part d’exagération ou d’affabulation qu’il a introduite. « J’ai treize façons de raconter ma vie et je ne sais pas s’il y en a une de vraie, ou même si l’une est plus vraie que l’autre. »  Aventurier moderne, il a traversé les époques en dilettante ; ici touriste, ailleurs impliqué, sans doute jamais vraiment engagé. Il pourrait être l’un des multiples personnages de son œuvre, car il a mené une vie presque aussi mouvementée et cosmopolite que celle de son héros emblématique, Corto Maltese.

Hugo Pratt rencontre la maçonnerie dans les années 1970 et est initié le 19 novembre 1976 par la loge Hermès Trismégiste de Venise . S’épanouissant en loge, il y cultive son goût pour le symbolisme, l’érudition et les mystères du passé. Il exprime cela en 1981 dans La Fable de Venise où il met en scène les frères de sa loge dans un récit images-2onirique. Cette histoire transpose, de façon romancée, l’initiation d’une femme dans une loge maçonnique en 1710. Son attachement à la maçonnerie s’exprime également avec l’anecdote de « l’Épée flamboyante ». Le père d’Hugo Pratt, fasciste et anti-maçon, avait participé en 1925 au pillage organisé des temples maçonniques sur ordre de Mussolini. Comme tribut de ses razzias, il avait rapporté chez lui une épée flamboyante, outil attaché à la fonction de Vénérable Maître. Marqué par ce souvenir, Hugo Pratt entreprend des recherches familiales et finit par la retrouver avant d’en faire don à sa loge. En 1989, Hugo Pratt accède au 4ème degré du Rite Écossais Ancien et Accepté. Il est élevé à ce grade dans une loge de Nice en présence des deux Souverains Commandeurs des Suprêmes Conseils du Grand Orient de France et de la Grande Loge d’Italie. J’avais évoqué ici même, en son temps, l’exposition consacrée à Corto Maltese au Grand Orient, rue Cadet à Paris.

Je reste un inconditionnel de son oeuvre et j’aime à m’y replonger de temps à autre. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.