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ELECTIONS, PIEGE ABSCON…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’humanisme et de l’andouillette de Senven-Lehart réunies, bonjour !

Nous sommes le 29 mars 2011, c’est à dire le 9è jour de germinal. En ce lendemain d’élections cantonales en France, le monde continue de s’envoyer en l’air. A Fukushima on est prié de respecter la dose indiquée mais, rien n’y fait, cela continue inexorablement. Fusion et confusion, stupeur et tremblement, kimono et tsunami. Du côté de chez Mouammar on chante « Ah Dieu! que la guerre est jolie » comme dans ce merveilleux poème de Guillaume Apollinaire (il savait de quoi il parlait).

 

L'adieu du cavalier

Ah Dieu! que la guerre est jolie
Avec ses chants ses longs loisirs
Cette bague je l'ai polie
Le vent se mêle à vos soupirs

Adieu! voici le boute-selle
Il disparut dans un tournant
Et mourut là-bas tandis qu'elle
Riait au destin surprenant

Rimbaud l'avait déjà évoqué dans "Le Mal"
Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu'une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;
Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature ! O toi qui fis ces hommes saintement !...

Et richard Attenborough de nous le rappeler dans son film en 1969.
L'imagination de l'homme en la matière est sans limite.

Car la guerre est toujours faite au nom de grandes idées, la patrie, la liberté, la démocratie…regardez, à droite, ce que réalisèrent 18 000 soldats avant de s’embarquer. Nous sommes en 1918 dans le camp de Dodge en IOWA. Etonnant non ?

Et cela dure depuis une éternité… Vous avez aimé les « révoltés du Bounty », vous allez adorer « les insurgés de Benghazi ». Benghazi justement, dans l’est de la Lybie .Un élément très important qui n’est mentionné dans aucun grand média est que cette ville est le point du continent Africain le plus proche de l’Europe. Benghazi est donc devenue, au cours des 15 dernières années environ, l’épicentre de la migration africaine vers l’Europe. Il est arrivé que plus de 1000 émigrés africains entrent par jour en Libye dans l’espoir d’atteindre l’Europe.

Le trafic humain, un de commerces les plus malsains et inhumains qui soit, s’est transformé en une véritable industrie à Benghazi, brassant des milliards de dollars. Un monde parallèle mafieux s’est développé dans la ville et il est profondément implanté et emploie des milliers de personnes dans tous les domaines et corrompt la police et les fonctionnaires. Lorsque les premières manifestations de jeunes mécontents se sont déroulées à Benghazi, la coalition informelle de groupes terroristes (notamment le Groupe Islamique Combattant, proche de Al Quaida) et de gangs de trafiquants ont immédiatement profité de la situation pour attaquer les prisons de haute sécurité à l’extérieur de Benghazi où leurs camarades étaient enfermés. Et d’ailleurs, pour ce qui doutent, Dans une interview au journal italien Il Sole 24 Or, M. al-Hasidi (ici à droite) chef de la rebellion lybienne, a admis qu’il avait recruté « environ 25 hommes » de la région de Derna, dans l’Est de la Libye, pour lutter contre les troupes de la coalition en Irak. Certains d’entre eux, dit-il, sont « aujourd’hui sur les lignes de front dans Adjabiya ».M. al-Hasidi affirme que ses combattants « sont des patriotes et de bons musulmans, pas des terroristes », mais il a également ajouté que les « membres d’Al-Qaïda sont également de bons musulmans et se battent contre l’envahisseur ». No comment.

Après la libération de leurs chefs, la rébellion a attaqué les postes de police et les bâtiments officiels, et les habitants de la ville se sont réveillés avec la vision de cadavres de policiers pendus aux ponts qui enjambent les autoroutes.Ce sont ces gens là que Sarkozy a reçu en leur décernant le titre de seuls représentants de la Lybie.

Pendant ce temps on nous demande de choisir, pour gérer un département, entre monsieur Truc et madame Machin…C’est comme si on nous demandait, vous êtes plutôt thé ou café, beurre ou confiture, de gauche ou socialiste…Je signe et je persiste: Elections = piège abscon…

Oui décidément que la guerre est jolie ! Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


 

LES PERLES DE L’ORIENT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du consensus mou et du filet mignon réunis, bonjour !

Nous sommes le 24 mars de l’an de grâce 2011 et je ne me résouds pas à rejoindre la majorité silencieuse ni dans les urnes cantonales ni à propos du proche-orient. Je vais donc en remettre une couche.

L’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont envahi le petit royaume de Bahreïn dans l’indifférence quasi générale. La population mène depuis plus d’un mois, un magnifique combat pacifique contre le despotisme de la dynastie des Al-Khalifa au pouvoir depuis trois siècles.

Au Yémen « le peuple veut renverser le régime », c’est ce que réclament les manifestants depuis plusieurs semaines. Ali Abdallah Saleh, surnommé par son propre peuple le « boucher », est au pouvoir depuis 1978 (1978/1990 président du Yémen du Nord et depuis 1990 du Yémen réunifié).

Le même vent de révolte souffle également sur le sultanat d’Oman dirigé depuis 1970 par le sultan Qaboos qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Ses ancêtres dirigeaient ce petit royaume depuis 1749 ! A droite, le sultan.

Cette aspiration profonde au changement inquiète évidemment les pouvoirs autoritaires en place, mais surtout l’impérialisme américain et européen. Car des régimes démocratiques, au Yémen, à Bahreïn et à Oman peuvent donner des idées et servir d’exemple aux autres peuples de la région qui subissent la même oppression, les mêmes injustices et les mêmes régimes tyranniques. En Arabie Saoudite, le peuple aspire lui aussi, comme les autres peuples arabes, à une société nouvelle débarrassée du joug de la dynastie des Al Saoud qui domine le pays depuis des siècles. Et il ne faut surtout pas que le peuple saoudien emprunte le même chemin que les peuples voisins et renverse le régime anachronique des Al Saoud serviteur local des États-Unis comme l’a fait le peuple tunisien et égyptien. Faut-il rappeler que le sol saoudien renferme les plus importants gisements de pétrole au monde, et que l’Arabie Saoudite est le premier exportateur mondial et le deuxième producteur de l’or noir. Elle est à ce titre un élément clé de la sécurité énergétique des USA. Les américains sont les protecteurs armés de la dynastie saoudienne et leur soutien à la famille royale est inconditionnel.

La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Une répression sauvage s’est abattue sur des hommes et des femmes qui manifestaient pacifiquement contre une dictature. A droite, la place de la Perle. Depuis, les autorités ont fait détruire le monument…

Alors que l’impérialisme américain et européen interviennent militairement en Libye « pour assurer la protection des civils », la population de Bahreïn, elle, non seulement n’a pas le droit à cette protection, mais on la réprime violemment avec l’aide des armées étrangères sous l’œil bienveillant des États-Unis. Il faut préciser que c’est à Bahreïn que se trouvent le quartier général de la Ve flotte et le port d’attache des bâtiments de guerre américains. Bahreïn occupe également une position stratégique entre l’Arabie Saoudite, l’Irak, le Koweït et l’Iran.

« Le boucher » du Yémen, Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 32 ans, continue à massacrer sa propre population avec, là encore, le silence complice des États-Unis et de l’Europe. Rien que pour la journée de vendredi 18 mars, selon l’AFP, la répression a fait 52 morts et 126 blessés. C’est que Abdallah Saleh est considéré comme un allié par les américains dans « la lutte contre Al-Qaïda ».

Une fois encore, on invoque l’humanitaire pour intervenir en Libye riche en pétrole, et on soutient des dictatures en Arabie Saoudite, à Bahreïn, à Oman et au Yémen, des régimes qui massacrent leur population. Aux yeux de l’impérialisme, Kadhafi, contrairement aux autres tyrans arabes, n’est pas tout à fait fiable. Le despote libyen, au pouvoir depuis 42 ans, reste pour les occidentaux « un mauvais dictateur ». Les peuples de Bahreïn, du Yémen, de l’Arabie Saoudite et tous les peuples arabes aspirent profondément à se débarrasser des tyrans d’un autre âge soutenus par les bourgeoisies américaines et européennes qui veulent faire tourner les roues de l’histoire en arrière.

Sources: D’après un article de Mohamed Benlaali sur le site Bellacio. voir le lien colonne de droite.

Voila une petite pierre au débat qui hélas ne fait pas la une des journaux. Les français semblent avoir d’autres chats à fouetter. DSK ne sait toujours pas s’il doit dire qu’il y pense en se rasant et du coup, c’est nous qu’il rase…Fillon ne sait toujours pas si il va voter pour-contre ou contre-pour…Guéant ne sais plus quoi inventer pour s’extrèmedroitiser…Et Le Pen (j’ai écouté Corsico) compte les marrons qu’elle va retirer du feu.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’ARMEE DU SALUT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la rhétorique et du couscous poulet réunis, bonjour !

 

A l’heure du flash, du tweet, du digest, il est de plus en plus difficile de proposer une analyse qui dépasse les 140 mots. Qu’à cela ne tienne, les « cénobites » prennent le risque de l’impopularité. La raison tient au fait que je ne supporte plus les commentateurs qui, à longueur d’émissions et d’éditos, se pâment devant le soi-disant printemps Arabe en restant constamment au niveau de l’émotion, du spectacle, de l’image susceptible de « faire » le 20h. Mais depuis Timisoara, les images, j’ai appris à m’en méfier. Voici donc ce que j’en pense moi de ces mouvements.

En effet, force est de constater que les mouvements qui ont ébranlé les pays Arabes depuis décembre 2010 n’ont pu être transformées en révolutions effectives, faute d’une opposition qui aurait été capable de constituer un gouvernement provisoire et de se substituer aux équipes en place.

Les organes du pouvoir sont ainsi restés tout au long des événements dans les mains de l’establishment des régimes contestés, en Tunisie comme en Égypte, et ce avec l’approbation de l’armée qui, tout en jouant la carte de la sympathie populaire en se déclarant favorable au changement, a réussi à encadrer les émeutiers et à éviter les débordements. Si en Tunisie, les troubles qui secouaient la rue se sont peu à peu dissipés après le départ de Ben Ali, le remaniement, s’est fait en faveur de troisièmes et quatrièmes couteaux du régime, visages inconnus de la population et dès lors recevables par elle. Et ce n’est pas le départ de Ghanoussi remplacé par Béji Caïd Essebsi, qui fut premier ministre sous la dictature de Bourguiba et président de la Chambre des députés sous celle de Ben Ali qui changera la donne…

Mais, aucun membre de l’opposition n’a été convié à participer à ce « gouvernement de transition » et l’opposition demeure complètement écartée du processus de réformation de l’État.

GAME OVER…

Le même scénario se profile en Egypte: Hosni Moubarak a lui aussi choisi de quitter ses fonctions. Il a laissé le gouvernement au Conseil supérieur des forces armées, présidé par le maréchal Mohamed Tantaoui, fidèle du régime et très proche du Pentagone.

L’armée égyptienne, désormais à la tête du pays, a progressivement dispersé les manifestants. Elle aurait également discrètement procédé à plusieurs arrestations parmi les meneurs, lesquels appelaient à ne pas se démobiliser . Le parlement a été dissout et les réunions syndicales interdites.

Les généraux égyptiens, issus de l’establishment moubarakiste et directement liés à Washington, principal bailleur de fonds de l’armée égyptienne, ont de la sorte réussi à préserver la stabilité régionale, la sécurisation du Canal de Suez, les intérêts états-uniens et européens et les traités d’entente avec l’État d’Israël.

les milieux populaires, très pauvres, seraient en fin de compte satisfaits par des réformes socio-économiques, même faibles, qui leur apporteraient un niveau de vie un peu moins mauvais. Ce sont bien là, en effet, les fondamentaux à l’origine des révoltes qui secouent le monde arabe, en Égypte plus profondément encore qu’en Tunisie : le prix des céréales et la dictature économique, en réalité plus féroce que la dictature policière, qui s’exerce sans pitié sur des millions de sujets misérables qui vivent dans la plus extrême précarité.

En conclusion, la « transition » n’est pas celle escomptée ; quelques grandes figures, symboliques, sont tombées, mais, structurellement, tout reste pareil.

Le dispositif installé par les États-Unis et l’Europe pour contrôler la région a résisté. En cela, de la Maison blanche au Palais de l’Élysée, en passant par Bruxelles, on ne peut que se réjouir du dénouement des événements : pour l’instant, si les dictateurs sont partis, les dictatures demeurent.

Reste, bien sûr, à savoir comment évoluera la situation en Libye. En Algérie, où le pouvoir semble maîtriser la situation, tout comme au Maroc, où la monarchie tente, avec succès semble-t-il, d’amadouer la contestation naissante par des réformes sociales; au Bahreïn également, où le bras de fer se poursuit, comme au Yémen, avec, dans les deux cas, l’intention déclarée de l’Arabie saoudite (c’est à dire les USA) d ‘intervenir militairement en faveur du pouvoir, si la révolte devait prendre de l’ampleur. Voila, maintenant attendons la suite des évènements.

Un point de vue très largement inspiré par les travaux du Cercle de chercheurs sur le Moyen-Orient et notamment les analyses de Pierre Piccinin.

Allez, si vous avez tout lu jusqu’au bout, vous gagnez un point. En tout cas merci d’être passé, portez vous bien, à demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !