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Klask pemp troad d’ar maout…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’onomastique et du Télégramme de Brest réunis, bonjour ! Nous sommes le jeudi 23 juillet 2015, 5è jour de Thermidor dédié au bélier (ar maout en breton – c’est traditionnellement, le prix attribué au vainqueur d’un tournoi de lutte bretonne. Il existe une jolie expression en breton: klask pemp troad da’r maout ce qui veut dire: chercher cinq pieds à un mouton, c’est à dire: pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué). C’est aussi, la images.duckduckgo.comsainte Sève au nom aussi énigmatique que sa vie. Les experts de l’expertise ne sont même pas d’accord pour affirmer qu’il s’agit d’un saint ou d’une sainte… En effet, on trouve aussi bien: Sev (breton), Sewo (gallois), Sewa, Loève, Loaven (breton), mais aussi Sant Segne (XIè siècle), Sent Seguot(1128), sainte Scevat (1598). On sait très peu de chose sur cette sainte, semi-légendaire du VIè siècle, non reconnue par l’Église de Rome. Et pourtant…

Fille de Hoël Ier, roi de Domnonée  et de sainte Koupaia (Pompée), sœur de saint Tugdual, évêque, l’un des sept fondateurs de la Bretagne christianisée, sœur de saint Lunaire (Léonor) et de Hoël II. Albert le Grand, de Morlaix (1637), raconte que son saint frère Tugdual parcourant l’Armorique avec ses disciples, reçut au cours de ses prêches, en dons, manoir seveplusieurs terres (appelées paroisses dans les textes), où il installa des monastères. Sur le domaine de l’actuelle village de Sainte-Sève, où se trouve le joli manoir du Grand-Plessis, près de Morlaix, il fonda une abbaye pour sa sœur, vers 530. Sainte Sève est la patronne des paroisses de Sainte-Sève et de Langoat. Elle a donné son nom à l’île de Loaven située à deux encablures dans l’Ouest-Nord-Ouest de Roc’h Skeiviec face à Plougrescant ( je peux assurer par expérience, qu’elle offre un très bon mouillage par gros temps) où est inhumée, dans sa chapelle, sainte Elibouban aussi mystérieuse qu’elle, dont j’ai déjà parlé ici. Voici ce qu’écrivait Louis Thiercelin (1894): Le pardon de sainte Elibouban se déroulait autrefois le lundi des Rogations, le 25 juillet…

…A la fin du 19ème siècle, les jeunes filles, vêtues de blanc, avec un ruban bleu sur la poitrine, portant la grande coiffe à deux larges cornets de dentelles, forment la procession, accompagnées des petits choristes, du prêtre, des moines, du maire et de son conseil et de la foule des fidèles. Les barques des marins pêcheurs transportent les pavillons, portés par les hommes. la statue de sainte Elibouban est portée par des femmes vêtues de noir. Elles sont une trentaine à se relayer pardon eliboubanpour ce pieux devoir, faisant une garde d’honneur à la sainte, qui va rendre visite à son fils saint Gonéri en la chapelle de Plougrescant. Le lundi 25 juillet, la statue s’en retourne dans son île, accompagnée par la statue de saint Gonéri et des paroissiens. La statue de la sainte est conduite vers son oratoire, bâti de l’autre côté de l’île, au Nord, à cinquante pas de l’ancienne chapelle (en ruines vers 1890 et reconstruite plus tard). A droite, s’élève le rocher qui sert d’autel aux rogations. Les porteurs de bannières grimpent au sommet du rocher, d’autres l’entourent ; un des moines adresse quelques paroles aux fidèles, et la sainte qui attendait à la porte de son oratoire, la franchit. On la replace sur son autel. Si la tempête ou quelque fête plus grande empêchent cette visite annuelle du saint à sa mère, sainte Elibouban, suivant les uns, saint Gonéri, suivant les autres, à la nuit, feront seuls le voyage ; mais malheur aux bateaux rencontrés par la barque mystérieuse ; ils sont impitoyablement chavirés.

Et voilà pour la petite histoire bretonne. Portez vous bien et à demain peut-être.

ALLEZ DIRE A LA VILLE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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BIG MAMA THORNTON.

C‘est une des plus grandes chanteuses de blues et de gospel que le monde ait connu. De son vrai nom Willie Mae Thornton, elle était née en Alabama un 11 décembre 1926.

Malheureusement, elle eut une triste fin, seule, sans le sou et, il faut bien le reconnaître, quelque peu alcoolisée; elle mourut en 1984. Fille d’un pasteur et d’une mère chanteuse d’église, elle semblait prédestinée à une telle carrière. On se souvient de « Ball n’chain» et de l’extraordinaire reprise qu’en fit Janis Joplin. Elle connut les premières places du hit parade avec « Hound Dog » et le célébrissime orchestre de Johnny Otis, pendant plusieurs semaines. Si la politique de Éric Besson vous met vraiment le cafard, glisser un 33 tours de Big Mama sur votre platine, servez vous un verre de bourbon du Kentucky et…

XAVIER GRALL.

Lui, il est mort un 11 décembre en 1981. Je me contente de citer la 4ème de couverture de son livre « Le cheval couché » qu’il écrivit en 1977 en réponse au fameux « Cheval d’orgueil » de Per Jakez Hélias: « L’auteur ne se satisfait ni du folklore, ni du tourisme, ni du passéisme, qui voudraient figer son pays en terre des morts. Sur ses chemins, il a lu la trace des Bretons vivants. Bardes et militants, paysans et ouvriers…On les voit dans ce livre, tels des chevaux qui courent à la mer, à la fierté, à l’espoir. Au large… » Et puis encore ces quelques mots: « Ah quand je mourrai, enterrez moi à Ouessant avec mes épagneuls et mes goélands. Ah quand je mourrai, mettez moi en ce jardin de gravier. »

LE GOUREN.

C‘est le terme employé en Breton pour désigner la lutte Bretonne. Voici que des bonnes âmes se sont mis en tête de chercher des poux dans celles des lutteurs. En effet, des associations de protections des animaux portent plainte contre la fédération de lutte pour mauvais traitements envers des animaux. De quoi s’agit-il ? D’une très vieille et très ancienne tradition qui veut que le vainqueur d’un tournoi se voit attribuer un bélier – ar maout- et fasse le tour de l’arène en le portant sur ses épaules. Comme vous pouvez le constater, on est loin de la mise à mort, de ses picadors et de ses banderilles. J’ai pratiqué ce « jeu » breton que nous avons relancé avec quelques autres, notamment Patrick Goarnig, du coté de Douarnenez dans les années 70. et j’ai encore en tête ce qui se disait du coté de la chapelle de St Cadou à Gouesnac’h: Celui qui se baigne dans la fontaine la veille du tournoi, sera invincible toute l’année. Que les empêcheurs de lutter en rond se rassurent, le bélier est ici symbole de force et non victime expiatoire pour l’Aïd el Kébir.

Allez, portez vous bien, que la force du « maout » soit avec vous, et, à demain peut-être.