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La mauvaise réputation…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de mes amis et du petit salé aux lentilles réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 22 juillet 2020 qui correspond au quatrième jour de thermidor c’est à dire au jour consacré par le calendrier Républicain à Livraie-4-768x510l’ivraie. Séparer le bon grain de l’ivraie; voila ce qu’il convient de faire disait l’autre. L’ivraie c’est aussi le nom d’un café librairie à Douarnenez (29). Mon pote Thierry, sensible à tout ce qui touche l’Espagne, me fait remarquer que Lucio Urtubia, à qui j’avais consacré un billet, nous a quittés ce 18 juillet 2020, lui qui se définissait comme « anarchiste et maçon ». Du coup, j’ai pompé le communiqué du secrétariat international de la CNT sur le site de Mille Bâbords

Lucio est né en Navarre en 1931. Il a été marqué très jeune par la pauvreté et la répression du régime franquiste. Antifasciste de la première heure, il s’exile en France en 1954 et s’engage auprès Lucio à Douarndes jeunesses libertaires. Sa rencontre avec Quico Sabate, maquisard résistant à Franco, a donné un tournant à sa vie militante. Créant des imprimeries à Paris, Lucio organise la lutte en s’attaquant aux puissances financières. La redistribution des richesses, Lucio en a fait une réalité très concrète mettant par exemple à genou la First National City Bank. « Quel plaisir d’exproprier, pas pour soi mais pour subventionner une grève, pour des imprimeries, pour faire des faux papiers… ». « Quel plaisir quel orgueil de donner des papiers à quelqu’un qui pourra fuir la dictature et retrouver la liberté. »

Sur les traces de Louise Michel, Lucio répétait sans relâche que le pouvoir corrompt, qu’il ne faut rien attendre de l’État et du gouvernement. Il luttait contre le capitalisme et son monde qui enferme, il s’est toujours battu contre les prisons, il aimait souvent dire « la prison même pas pour mon pire ennemi ! ». Jusqu’à son dernier lucio & le Chesouffle il a déployé toute son énergie pour la libération des prisonnières et des prisonniers politiques. En 1997, Lucio crée l’Espace Louise Michel -Sustraiak (racines en basque) rue des Cascades dans le 20e arrondissement de Paris. Il en fait un lieu d’accueil pour les luttes anti-impérialistes, sociales, syndicales, anti-carcérales qui hébergera nombre de réunions, d’expositions et d’activités. Un lieu aussi ouvert aux artistes engagés.  le Festival de Cinéma de Douarnenez (en 2012 je crois)  avait permis au public de découvrir le documentaire de Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga. Intitulé « Lucio », qui retrace l’itinéraire hors norme de ce militant.

Allez merci pour votre infinie indulgence à l’égard de l’auteur. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Un faux air de faussaire…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la culture partagée et du chinchard grillé réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 24 août, 7è jour de fructidor dédié au sucrion dans le calendrier républicain. Je soupçonne Fabre d’Eglantine d’avoir un peu abusé de boissons fortement fermentées car le 4 de fructidor était lui dédié à l’escourgeon qui est à peu près la même espèce d’orge.

La semaine dernière, Gueveur m’invitait à me rendre à Douarnenez pour suivre l’intervention de Lucio Urtubia dans le cadre du festival de cinéma qui s’y tient. Hélas je n’ai pu faire le déplacement. Fort heureusement, le site Dilhad sul ( dont je vous ai déjà dit tout le bien que j’en pensais) y a dépêché un envoyé spécial, Gérard Alle à qui l’on doit le compte-rendu ci après. Je vous le propose in extenso sans l’aimable autorisation de l’auteur. La prochaine fois que je passe à Douarn, je lui paye une bière…

« S’il fallait recommencer, je recommencerais ». Sans regret, ni hésitation, Lucio raconte ses luttes, ses engagements. Né en 1931 dans le village de Cascante, en Navarre, Lucio se réfugie en France en 1954. Maçon, anarchiste, déserteur, faux-monnayeur, ce personnage rocambolesque est d’abord militant. Un militant de l’honnêteté, du devoir de créativité, de la responsabilité. Rencontre.

« Véritable légende vivante, Lucio Urtubia Jiménez était à Douarnenez pour le Festival de cinéma. Il est considéré comme le dernier specimen des « bandidos buenos » (les bons bandits). Né dans une famille pauvre, il déserte l’armée sous Franco, après avoir créé un réseau de vol de denrées et de vêtements militaires, et s’exile en France. Traqué par Interpol et la PJ, il braque des banques, puis fabrique de la fausse monnaie et des faux papiers, le tout au bénéfice de quantité d’organisations révolutionnaires à travers le monde. Il rencontre Che Guevarra et lui propose de fabriquer à Cuba des millions de faux dollars pour faire plonger l’économie américaine. Mais l’entrevue se passe mal et le projet est rejeté.

Le jour, Lucio travaille sur les chantiers comme maçon et carreleur ; la nuit, il travaille clandestinement, chez un imprimeur anarchiste. Et il fera ça pendant la majeure partie de sa vie.

Son plus haut fait d’armes date des années 80, avec la fabrication massive de travellers chèques de la Citibank, la plus grande banque du monde, pour une valeur de 20 millions de dollars. Arrêté et défendu par Roland Dumas, il refuse la proposition de la Citibank (5 ans de prison, restitution des plaques d’impression et d’une partie de l’argent). Au directeur de la banque, écœuré de devoir négocier avec un simple maçon, il dit : « C’est vous, qui êtes les bandits, pas moi. Alors, je n’irai pas en prison. Et c’est vous qui me donnerez l’argent, en échange des plaques ». Pendant ce temps, les faux travellers sont toujours fabriqués par des complices et envahissent un nombre croissant de pays. Acculé, le banquier doit se soumettre au maçon. Et l’argent ira aux mouvements politiques. De la Bande à Baader aux Tupamaros, on ne compte plus les bénéficiaires. Convaincu que jamais la jeunesse n’a été aussi libertaire dans le monde, Lucio, 81 ans, est résolument optimiste : la révolution mondiale est en marche. Et il encourage les jeunes à désobéir. Il vit au dessus le l’Espace Louise Michel qu’il a créé, à Paris, et sa porte est ouverte pour quiconque veut discuter avec lui.

A voir absolument : Lucio, le superbe documentaire de Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga, à nouveau projeté le samedi 25, à la MJC de Douarnenez. »

Gérard Alle.  voir son site

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.