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Sacré Maurice…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

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Amis de la presse satirique et (forcément) du canard laqué réunis, bonjour !

Ce mardi 29 janvier 2013 ressemble comme deux gouttes d’eau à un 10 de Pluviôse, jour dédié à la cognée. Rassurez vous, je n’évoque pas ici les violences conjugales mais ce bel outil qui, nous dit-on, ne doit pas être jeté ni avant ni après le manche. Allusion à l’apologue du bûcheron qui, ayant laissé tomber dans un gouffre le fer de sa cognée, et désespérant de l’en retirer, y jeta le manche dont il pouvait encore faire usage. En clair, il ne faut jamais baisser les bras. En voici un qui n’a jamais céder un pouce de terrain.

L’homme du jour.

Comment ne pas évoquer ce 29 janvier 1910 et la naissance de Maurice JOYEUX, à Paris. 100 ans déjà, on a l’impression que cela fait un siècle ! (hilarant non ?)
Figure marquante de l’anarchisme français, on le voyait rarement sans qu’il ait à la bouche, une remarque cinglante et/ou une de ses célèbres pipes.
Il milite très jeune et s’engage au Comité des Chômeurs dont il deviendra le secrétaire. Il raconte leurs premières actions dans le livre « Consulat Polonais ». L’attaque de cejoyeu_morice Consulat lui vaut 1 an de prison. En 1936, il participe aux occupations d’usines et anime le Front Révolutionnaire. 1938 : encore six mois de prison pour violences. Réfractaire à la guerre, il est arrêté en 1940 et condamné à 5 ans de prison. Incarcéré à Montluc, il s’évade après avoir fomenté une mutinerie (sujet du livre « Mutinerie à Montluc, édité en 1971), mais il sera repris et finalement libéré en 1944.
Dès la libération, il s’emploie à la reconstruction de la Fédération Anarchiste et à l’édition du « Libertaire ». Il milite aussi activement dans le syndicat (CGT-FO) et ouvre une librairie à Paris « Le Château des brouillards » (dans une petite rue du vieux Montmartre). En imagesdécembre 1953, c’est la scission. Mais Maurice joyeux reconstruit la F.A. autour du nouveau journal « Le Monde Libertaire » et de sa librairie qui verront le regain des idées libertaires, suscité par mai 68. Le nom du journal avait changé pour des nécessités administratives mais chacun avait reconnu le vieux journal de Sébastien FAURE et Louise MICHEL dont je vous ai déjà entretenu.


Avec sa compagne, Suzy CHEVET, et le « Groupe Louise Michel », il crée « La Rue », revue d’expression culturelle libertaire.
En 1981, il est le premier invité de Radio Libertaire (radio libre de la F.A, à Paris).
Il meurt le 9 décembre 1991. Il nous laisse, outre divers ouvrages théoriques, deux livres de souvenirs « Sous les plis du drapeau noir », et « Souvenirs d’un anarchiste ».

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Trochu, participe passé du verbe trop choir…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la médecine par les plantes et du viandox réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 22 janvier 2013, troisième jour de pluviôse et, je vous le confirme, il pleut. C’est le jour du Fragon dans le calendrier républicain. Plante très commune dans nos sous-bois, on en fait de très jolis bouquets. Le fragon est aussi une plante médicinale appréciée pour son action contre l’inflammation et le rétrécissement des vaisseaux72091557_p sanguins. On l’utilise par voie interne mais aussi par voie externe, (contre les varices par exemple et en cosmétologie). Les jeunes drageons tendres sont comestibles mais bon, je vous laisse faire l’expérience. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais. 

Ainsi il a été vu à la vente aux marché des Lices (à Rennes) durant la dernière guerre, vendu roulé en boule et servant  à récurer le matériel de cuisine allant au feu de cheminée, les pointes des feuilles faisant office de grattoir. Un ancien couvreur se rappelle s’en être servi de hérisson pour ramoner: il s’agissait alors de lier tête-bêche de nombreuses tiges par le milieu pour fabriquer ce « hérisson ». En  Gallo, j’ai entendu Jaosé et René (humoristes locaux) parler de  « hayen » mais, je ne suis pas sûr de la  prononciation. Merci aux « gallophones » de laisser un commentaire.

 

 

Dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un soulèvement populaire parisien pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. Une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). La foule rassemblée sur la place de l’Hôtel de Ville est clairsemée mais, vers 15 heures, des Gardes nationaux arrivent sur la place. Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par Le Bouëdec dont fait partie le lieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre chateau de Trévarez) installés dans l’hotel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent.

 

 

C‘est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Elle vient de découvrir que ces gens là ne se
défendent pas contre les prussiens mais contre les travailleurs parisiens.72091591_p On relève 5 morts et quelques dizaines de blessés chez les manifestants. Le soir, la manifestation a échoué. Le pouvoir était alors entre les mains du trop célèbre général breton TROCHU. ici caricaturé par Faustin Betbeder en compagnie de Napoléon III. Il fut vite remplacé par THIERS le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » . Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Elle était une fois…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la macrobiotique et du filet de merlan réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 18 décembre 2012, 28è jour de Frimaire dédié à la Truffe.

Il y a 90 ans, le 18 décembre 1922, nous quittait Nelly ROUSSEL, née le 5 janvier 1878.

Qui se souvient de cette femme, Libre penseuse, anarchiste, féministe. Elle fut la compagne du sculpteur Henri Godet, libre penseur et Franc-Maçon. Elle même suivra les traces de Maria Deraismes (qui créa « Le droit humain ») et Madeleine Pelletier ou Louise Michel en fréquentant « La Grande Loge Symbolique Ecossaise ». Elle milita avec Paul Robin à la diffusion des idées néo-malthusiennes, contre l’idéologie nataliste du pouvoir et la loi de 1920 qui réprimait la contraception et sa propagande. Oratrice de talent, elle donnait des conférences, à travers la France, exaltant la maternité consciente, pourfendant le machisme des hommes (militants compris). Elle réclamait l’indépendance complète pour les femmes, fondée sur de nouveaux rapports entre les sexes.

Elle est militante antinataliste. Comme Madeleine Pelletier, elle est l’une des premières femmes en Europe à revendiquer publiquement le droit des femmes à disposer de leurs corps et à prôner une politique de contrôle des naissances en autorisant le recours aux contraceptifs et à l’avortement. Elle adhère au mouvement néo-malthusianiste de Paul Robin qui soutient que le contrôle des naissances, la « prudence parentale », est un moyen d’émancipation des classes sociales les plus pauvres.

Elle lutte pour modifier l’image traditionnelle de la femme. C’est ainsi que l’« action, la vie et la pensée de Nelly Roussel s’insurgent bien sûr contre ce modèle, développant au contraire celui de la « nouvelle femme », bien représenté aux États-Unis : une femme sportive, active, investie dans une profession valorisante. Roussel oppose à « l’éternel féminin » ce qu’elle nomme « l’éternelle sacrifiée » – c’est le titre de l’un de ses livres. La femme, écrit-elle, est en effet sacrifiée non seulement par Dieu et par la Nature mais aussi par la société républicaine elle-même. »

Parmi ses écrits: « Paroles de combat et d’espoir » (1919) – « Quelques lances rompues pour vos libertés » – « Trois conférences », etc.

Allez, une militante de plus pour notre galerie de portraits. Portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

La victoire de Victorine…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis des sciences naturelles et du chinchard poëlé réunis, bonjour !

Aujourd’hui c’est mardi, 04 septembre 2012, qui correspond au 18 de Fructidor dans notre calendrier républicain. A l’allure où les ultralibéraux ont décidé de dépecer nos acquis et l’énergie poussive que mettent les sociaux-démocrates à les défendre, c’est bientôt tout ce qu’il nous restera de notre République…  Le 18 de fructidor était généralement dédié au Nerprun qui comme chacun le sait est un arbuste qui accueille volontiers les chenilles de papillons et notamment celle du phalène du marronnier et du Jason à deux queues.

Je profite de cette rentrée des classes pour esquisser le portrait d’une institutrice. En effet, je voudrais vous dire un mot de Victorine BROCHER qui vit le jour à Paris un 4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites tranquilles« .
Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière.
Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans.
De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genêve à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscrits de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de
communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés.
En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va
mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante. (ed. La Découverte.) Les Versaillais avaient fait d’elle une pétroleuse type à tel point que durant la semaine sanglante on fusilla sans vérification plusieurs « fausses » Victorine B. Elle a donc choisi ce titre pour rappeler qu’elle avait été officiellement fusillée en 1871.

 

C‘est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de laisser dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée…

 

Bon allez, c’est reparti pour une nouvelle saison des Cénobites tranquilles, votre blog préféré qui a déjà vu passer plus de 65 000 visiteurs et qui reste fidèle à ses engagements: un billet quotidien plein d’humeur et d’humour… En attendant le prochain, portez vous bien et à demain peut-être.

 

A LA BASTILLE…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la libre pensée et du coq au vin réunis, bonjour!

Nous sommes le lundi 19 mars 2012, 29è jour de ventôse dédié au Frêne. Hier les troupes du front de gauche de Mélenchon et consort ont rejoué la prise de la Bastille histoire de commémorer les évènements qui allaient rester dans l’histoire sous l’appellation « La Commune de Paris », le 18 mars 1871.

 

Puisque nous sommes en pleine commémoration de la naissance de la Commune de Paris, je souhaitais épingler cet infatigable combattant à notre galerie de portraits. Il est certes moins célèbre que Louise Michel et d’autres protagonistes de cette époque mouvementée mais il a dédié sa vie entière à une certaine idée de la République. Le blog des « Cénobites » se devait de lui rendre hommage.

Le 19 mars 1820, naissance de Charles Ferdinand GAMBON à Bourges. Avocat à 19 ans puis magistrat, d’abord républicain modéré, il devient socialiste révolutionnaire puis anarchiste et pacifiste.Elu du peuple après la révolution de 1848, il est arrêté dès 1849 pour son hostilité au futur empereur, et emprisonné à Belle-Ile en mer, puis en Corse, jusqu’en 1859. (Jean-Yves Mollier lui a consacré un livre « Dans les bagnes de Napoléon III, mémoires de Ferdinand Gambon» aux Presses Universitaires de France en 1983). Par la suite, ne reconnaissant pas l’Empire, il refuse d’acquitter l’impôt. Il adhère à l’Internationale et participe à la fédération des sociétés ouvrières. Le 26 mars 1871, il est élu membre de la Commune de Paris. Désigné à la fonction de procureur, il refuse le poste, trop conscient des méfaits de la justice et de la prison. Il est partisan d’aider au soulèvement des villes de province, dans le but de former une grande fédération des communes. Présent sur les dernières barricades, le 28 mai, il parvient pourtant à échapper aux massacres et se réfugie en Suisse. Il devient propagandiste anarchiste et milite à la Fédération Jurassienne. A son retour en France,en 1880, il prend part au mouvement anarchiste aux côtés de Louise Michel, sans rompre avec les socialistes révolutionnaires il sera même élu député en 1882. Il défendra les anarchistes lyonnais emprisonnés lors du procès de 1883. Il est l’auteur, dans « Le cri du peuple », du célèbre slogan pacifiste « Guerre à la guerre ». Il meurt le 16 septembre 1887.J’ai retrouvé un texte de Eugène Pottier, auteur de chants magnifiques sur la Commune et de « l’Internationale », écrit en 1883 et dédié à Ferdinand Gambon, il s’intitule Abondance.

Toute une mer d’épis ondule et les sillons
Portent à la famine un défi ; l’été brille,
De chauds arômes d’ambre emplissant les rayons ;
Les blés murs, pleins et lourds, attendent la faucille.

Les moineaux, les mulots festinent ; les grillons
Poussent un chœur strident comme un feu qui pétille.
La brute semble croire à ce que nous croyons,
On entend tout chanter l’Abondance en famille.

Du sein de la nourrice, il coule en ce beau jour
Une inondation d’existence et d’amour.
Tout est fécondité, tout pullule et foisonne !

Mais, rentrant au faubourg, mon pied heurte en chemin
Un enfant et sa mère en haillons… morts de faim !
Qu’en dites-vous, blés mûrs, et qui donc vous moissonne?

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

TROCHU, THIERS, FERRY ET LES AUTRES…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la médecine par les plantes et du viandox réunis, bonjour !
Nous sommes le 22 janvier, troisième jour de pluviôse et, je vous le confirme, il pleut. C’est le jour du Fragon dans le calendrier républicain. Plante très commune dans nos sous-bois, on en fait de très jolis bouquets. Le fragon est aussi une plante médicinale appréciée pour son action contre l’inflammation et le rétrécissement des vaisseaux sanguins.
On l’utilise par voie interne mais aussi par voie externe, (contre les varices par exemple et en cosmétologie).
Les jeunes drageons tendres sont comestibles mais bon, je vous laisse faire l’expérience. Certains l’appellent la fragonnette et on l’utilisait autrefois pour fabriquer des balais.

Très franchement, l’actualité n’est guère folichonne : encore des morts en Afghanistan, mais qu’est-ce que l’on fait encore là-bas ?
Les cow-boys du FBI ont lancé un raid contre le site Megaupload et bien sûr, le petit monde d’internet est en émoi. De toute évidence, qu’ils soient du nouveau ou de l’ancien monde, les ceusses qui nous gouvernent veulent absolument réguler le Net. Les atteintes aux droits d’auteur ne sont que l’arbre qui cache la forêt.

Dans l’histoire, la date du 22 janvier 1871, nous renvoie à un épisode peu glorieux pour les bretons. C’est le jour d’un soulèvement populaire parisien pour empêcher le gouvernement de défense nationale de signer la capitulation devant les prussiens. une délégation des manifestants est reçue par Gustave Chaudey, adjoint du maire (Jules Ferry). La foule rassemblée sur la place de l’Hôtel de Ville est clairsemée. Mais, vers 15 heures, des Gardes nationaux arrivent sur la place. Soudain, un coup de feu est tiré par un provocateur. Les Gardes mobiles bretons, commandés par le Bouëdec dont fait partie le lieutenant James Marie Antoine Monjaret de Kerjégu,(du célèbre chateau de Trévarez) installés dans l’hotel de ville tirent sur la foule qui s’éparpille tandis que des gardes nationaux ripostent. C’est ce jour où Louise Michel prendra pour la première fois les armes. Elle vient de découvrir que ces gens là ne se défendent pas contre les prussiens mais contre les travailleurs parisiens. On relève 5 morts et quelques dizaines de blessés chez les manifestants. Le soir, la manifestation a échoué. Le pouvoir était alors entre les mains du trop célèbre général breton TROCHU.ici caricaturé par Faustin Betbeder en compagnie de Napoléon III. Il fut vite remplacé par THIERS le massacreur des communards. Victor Hugo l’a marqué d’une définition cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » . Deux mois plus tard démarrait la Commune de Paris.
Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

LA COMPLAINTE DE LA BUTTE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la géologie et du rougaï saucisse réunis, bonjour!

Nous sommes le 10 janvier, 21è jour de nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement dit le Gypse. On l’a extrait pendant fort longtemps des fameuses carrières de Montmartre, dont le gypse fut exploité depuis l’époque gallo-romaine et transformé par les nombreux fours à chaux de la butte Montmartre. Ils ont longtemps servi à confectionner le plâtre le plus fin et le plus réputé, tant pour la construction que pour les moulages : le « plâtre de Paris » ou « blanc parisien ».

À la fin du XIXe siècle, les carrières s’étendaient sur plus de 300 km de galeries. Le plâtre fut utilisé à grande échelle dans la capitale, d’où le dicton montmartrois : « Il y a bien plus de Montmartre dans Paris que de Paris dans Montmartre ! » Hélas, lors de la Commune de Paris, les carrières de Montmartre furent transformées en lieu d’exécution et en fosses communes. D’ailleurs, lors de votre prochaine visite, cheminez donc jusqu’au bout de la rue Ronsard, vous y trouverez le square Louise Michel ; c’était l’entrée des carrières. C’est au gypse que l’on doit ces merveilleuses concrétions sédimentaires que sont les roses des sables. Et puisque l’on parle de Montmartre, prenez deux minutes pour écouter « la complainte… »

 

Et voila, maintenant vous l’avez dans la tête pour toute la journée… Vous remarquerez que je fais court car les travaux des champs mobilisent mon temps libre. Chez vous, je ne sais pas, mais à Keramoal la nature est en avance de plusieurs semaines: Tout bougeonne, les narcisses pointent déjà le bout de leur queue et mes hortensias sont repartis pour un tour… Le réchauffement madame Michu!

En attendant le prochain billet, portez vous bien et à demain peut-être

COURS, CAMARADE, LE VIEUX MONDE EST DERRIERE TOI…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des commémorations et du goulash de bœuf réunis, bonjour !

Nous sommes le 04 novembre 2011, 14è jour de brumaire dédié à l’endive…

Il y a maintenant fort longtemps de cela, un petit bonhomme vit le jour dans la maison familiale sur les bords du Port-Rhu à Douarnenez. Très tôt il montra tous les signes du révolté chronique, vilipendant la famille, l’école, l’armée, les patrons, les curés, les flics et tutti quanti. Comme Jean kemener, de Recouvrance, il grandit puis il devint grand…Il fêta son vingtième anniversaire en 1968 ; autant dire que l’air du temps lui convenait parfaitement. Le stalinisme et les atermoiements de la sociale-démocratie achevèrent sa conversion et il se rangea définitivement dans le camp des non-alignés. Aujourd’hui, après une carrière, somme toute bien remplie, il coule des jours heureux dans son ermitage de Keramoal et vous abreuve quotidiennement de ses modestes billets sous le pseudonyme du cénobite.

 

C‘est aussi un 04 novembre que disparut cette ardente militante que futVictorine BROCHER qui vit le jour à Paris un 4 septembre de l’an 1839. Internationaliste, Communarde, anarchiste et pédagogue, voila une carte de visite comme on les aime chez « les cénobites tranquilles« .
Elle naît, Victorine Malenfant, dans une famille de Républicains pur jus (son père, Franc-maçon et Républicain fut contraint à l’exil en 1851), en 61 elle épouse Jean Rouchy et le couple ira s’installer à Paris. Elle travaille comme couturière puis participe à la création d’une boulangerie coopérative. Dès le début, elle va participer à la Commune de Paris et s’engagera comme cantinière de bataillon. Puis on la retrouve qui prend part aux combats (bataillon des Turcos) comme ambulancière. ici en compagnie de Paule Mink et Louise Michel.


Condamnée à mort par contumace comme « pétroleuse », elle se réfugie en Suisse; son mari sera emprisonné deux ans.
De Suisse, elle part enseigner en Hongrie puis reviendra à Genêve à la libération de son mari où elle va créer une coopérative de la chaussure et venir en aide aux proscrits de la Commune. De retour à Paris après l’amnistie elle va fréquenter les anarchistes (Malatesta fut arrêté en sa compagnie), à la mort de son mari, elle se lie avec le libre penseur Gustave Brocher, ils adopteront cinq enfants de communards et feront de leur maison un asile pour de nombreux exilés.
En 1890, la voici institutrice dans une école libre initiée par Louise Michel. Elle va mourir le 4 novembre 1921 à Lausanne où, avec Gustave, elle avait fondé une école. En 1909, elle publiera souvenirs d’une morte vivante.
C‘est à ces gens que nous devons l’école laïque (donc libre) l’école émancipatrice, l’école de l’égalité des chances, bref, l’école de la République. Et aujourd’hui, on assiste à un retour en arrière au motif qu’une bande de gougnafiers (certes élus !) se  sont mis en tête de dépecer un à un deux siècles d’acquis sociaux: L’école, la sécu, l’âge légal de départ à la retraite, le temps de travail, le droit d’asile, etc. La prochaine fois que tu mettras un bulletin dans l’urne, réfléchis petit scarabée…

voilà pour ce jour anniversaire, on n’est jamais si bien servit que par soi même, n’est-il pas ? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

LES PETROLEUSES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du genre humain et de la gavotte des montagnes réunis, bonjour !

Nous sommes donc le 18 août, c’est le premier jour de fructidor, dédié à la prune, bref, pour beaucoup d’entre vous c’est les vacances.Y compris pour votre serviteur, résultat des courses, le billet de hier s’est malencontreseument trouvé amputé d’une partie du poème que je voulais vous présenter. C’est réparé… Vacances d’accord, mais, ce n’est pas une raison suffisante pour oublier ceux sans qui il n’y aurait jamais eu de congés payés.

Je pense à André Léo qui fut une femme aux principes solides, qui plaida sa cause par son œuvre littéraire et ses actions politiques. L’histoire ne lui a guère rendu justice, « les cénobites tranquilles » essaye modestement de raviver la flamme du souvenir. Elle milita avec acharnement, mais surtout sans aucune sorte de compromission et même parfois en “solo” pour la défense des principes de solidarité, coopération, émancipation, égalité, justice, démocratie ; elle voulut et sut lever sa voix forte et orgueilleuse quelquefois même en désaccord avec ses camarades et compagnons de lutte, comme quand elle prit nettement parti contre Marx et le Conseil Général de l’Association Internationale des Travailleurs, qu’elle jugeait une institution autoritaire, hiérarchique et trop liée à la vieille organisation sociale.

Quand dans ses textes elle plaidait l’instruction des femmes ou leur droit à un salaire comparable à celui des hommes, quand elle condamnait les mariages “ de convenance” ou les religions qui s’allient aux systèmes politiques autoritaires et centralisateurs, pour ne citer que quelques-uns des thèmes qui lui étaient chers, elle abordait des sujets brûlants, périlleux, qui gênaient l’opinion publique et l’ordre social. Rejetée donc par la bourgeoisie, d’où elle était pourtant issue, contestée par d’importants secteurs du socialisme contemporain, elle s’est destinée à l’isolement et à l’oubli. Sa condition de femme, en outre, ne l’a certes pas aidée à s’affirmer dans une société où les principes de l’infériorité de la femme étaient  encore bien solides. ( Sources : La thèse de Fernanda Gastaldello accessible sur le site de l’association André Léo)

Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s’engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink et Maria Deraisme (à droite en photo, et qui allait créer l’obédience maçonnique « Le droit humain ») pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à la « Ligue de la Paix et de la Liberté ».
Très liée à
Noémie Reclus, c’est chez elle, en 1869, qu’est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». Avec Noémie, elle projette la création d’une école primaire laïque de jeunes filles. En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s’occupe ensuite de l’aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice à « La République des travailleurs », organe de l’Internationale. Dès le 18 mars 1871, André Léo se voua sans réserve à la cause de la Commune. Son engagement politique se livra sur plusieurs fronts : elle fut journaliste, oratrice et adhéra à différents comités.

En voilà de sacrées pétroleuses. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

JE PENSE A TOI NAFISSATOU…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la gent féminine et de la dinde au four réunies, bonjour !

Dans le calendrier républicain, le premier jour de prairial (20 mai) est dédié à la luzerne. Avouez que l’actualité n’a pourtant rien de buccolique. Je pense à cette femme de chambre qui s’est plaint des agissements d’un des hommes les plus puissants de la planète.

Je pense à nos médias franchouillards et à nos pseudos journalistes qui ont mis plusieurs jours à se rendre compte de son existence.

Je pense à cet homonyme malfaisant, Jean-François Kahn, qui considère qu’il n’y a pas eu viol, tout au plus « un troussage de domestique » (lundi matin sur France-culture).

Je pense à ces hommes qui se disent de gauche et qui ne sont que les tristes représentants d’une bourgeoisie arrogante.

Je pense à cette femme africaine, on dit qu’elle est d’origine Peule et à cette chanson de Pierre Perret Lili.

Je pense à André LEO qui, il y a plus d’un siècle se battait déjà pour la cause des femmes.

Le 20 mai 1900, mort d’André LEO (pseudonyme de Léodile BERA, veuve CHAMPSEIX), à St-Maurice.
Ecrivaine, journaliste, militante féministe, membre de l’Internationale et bien sûr, communarde.
Elle naît le 18 août 1824, à Lusignan (dép. de la Vienne) dans un milieu bourgeois. Vers 1849, elle se lie avec Grégoire Champseix, un brillant journaliste qui, condamné à plusieurs mois de prison en 1849, vit en exil en Suisse. Le mariage a lieu à Lausanne en 1851 et en 1853 Léodile donne naissance à des jumeaux : André et Léo. C’est vers 1860 qu’elle commence sa carrière littéraire avec son roman « La vieille fille » puis « Un mariage scandaleux » qu’elle auto-éditera à Paris. Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s’engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à « Ligue de la Paix et de la Liberté ».
Très liée à Noémie Reclus, c’est chez elle, en 1869, qu’est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». En compagnie de
Maria Deraisme, créatrice de l’ordre maçonnique « Le droit Humain ». En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s’occupe ensuite de l’aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice à « La République des travailleurs », organe de l’Internationale. Elle rentre à Paris début avril pour prendre part à la Commune. Elle collabore à divers journaux, en particulier au « Cri du peuple ». Après son appel « Au Travailleur des campagnes » puis « Toutes avec tous », où elle tente de faire accepter les femmes parmi les révolutionnaires, elle s’investit dans divers Comités de vigilance d’arrondissements puis à la Commission organisant l’enseignement dans les écoles de filles aux côtés notamment de Noémie Reclus et d’Anna Jaclard. Après la semaine sanglante, elle parvient à quitter la France et à rejoindre Malon en Suisse.
Par testament, elle lèguera une petite rente à la première commune de France qui voudra tenter une expérience collectiviste.
« Il faudrait cependant raisonner un peu : croit-on pouvoir faire la Révolution sans les femmes ? « 

Je pense à toutes celles là qui doivent espérer que la voix d’une immigrée africaine au pays d’Emma Goldman pèsera autant que celle d’un représentant de l’Empire.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.