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Portrait: May Picqueray

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la tiédeur estivale et du crabe mayo réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 08 juillet 2014, 20è jour de Messidor, dédié au parc…

Née le 8 juillet 1898 à Savenay (Loire-Inférieure), morte le 3 novembre 1983 à Paris. Marie-Jeanne Picqueray passa son enfance avec ses frères et sa sœur en Bretagne et fréquenta une école privée que dirigeaient des sœurs. Son père était convoyeur postal ; sa mère, couturière en picqueray_maychambre, qui avait failli mourir en la mettant au monde, la détestait et l’éleva très durement. L’enfant travaillait assidûment à l’école et fut reçue à dix ans et demi au Certificat d’études avec mention Très bien. Placée chez un négociant à Penhoët, elle y resta peu et fut engagée par une institutrice pour s’occuper d’un de ses deux fils épileptique. Considérée comme l’enfant de la maison, Marie-Jeanne partit avec ses employeurs et leurs deux fils pour le Canada. Deux ans plus tard, le petit épileptique mourut et Marie-Jeanne fréquenta alors le lycée de Montréal. Mais ce fut la guerre. Son  » maître  » regagna la France et fut tué, sa femme mourut et un oncle recueillit le fils restant. Quant à May Picqueray, elle fut rapatriée.
Elle travailla alors comme interprète puis dactylo bilingue. Mariée une première fois, elle quitta son mari qui se droguait.
Venue à Paris en 1918, elle se lia à Dragui, étudiant en médecine qui Mayl’initia aux doctrines anarchistes auxquelles elle adhéra. Elle participa aux sorties champêtres collectives que pratiquaient volontiers les compagnons, elle connut Sébastien Faure, Lecoin… Mais Dragui partit pour l’Allemagne, son frère aîné s’opposant à ses fréquentations.
May Picqueray devint en 1922 secrétaire administrative de la Fédération des Métaux. Elle assista au premier congrès de la CGTU, tenu à Saint-Étienne en juin-juillet 1922, et fut déléguée pour accompagner Louis Chevalier, secrétaire fédéral, au IIe congrès de l’Internationale syndicale rouge à Moscou en novembre 1922.
Elle profita de son séjour pour demander une entrevue à Trotsky au cours de laquelle elle obtint la libération de deux jeunes anarchistes russo-américains, Mollie Steiner et Sonya Flechine, condamnés à la déportation aux îles Solovietsky.
Bloquée à Moscou par défaut de passeport, elle put revenir grâce à de faux papiers remis par les autorités russes ; arrêtée à la frontière franco-belge, elle fut écrouée à Avesnes-sur-Helpe et condamnée pour usage de faux. Elle fut également, pendant trois ans (jusqu’en juillet 1926), la secrétaire particulière d’Emma Goldman qui résidait alors à Saint-Tropez. Elle revint à Paris pendant la guerre d’Espagne et travailla pour diverses œuvres de bienfaisance. C’est ainsi qu’elle collabora, pour le compte de Quakers américains, à l’évacuation des enfants espagnols.
A partir de juin 1940, à Toulouse, toujours pour le compte de Quakers, elle s’occupa des camps de concentration français de la zone libre, en picqueraiparticulier des camps de Noé et du Vernet. Elle favorisa alors plusieurs évasions, puis se sentant suspectée, elle dut quitter la région. Elle n’en continua pas moins, de manière indépendante, à fabriquer de faux papiers pour des évadés ou des résistants de divers groupements.
A la disparition de Libre Soir Express, journal qui l’employait, May Picqueray et l’une de ses camarades décidèrent de citer la direction du journal devant les autorités prud’homales, ce qui ne s’était jamais fait, afin d’obtenir un mois d’indemnité de licenciement. A l’étonnement général, satisfaction leur fut donnée et le jugement fit jurisprudence.
May Picqueray fonda les Amis de Louis Lecoin pour continuer sa propagande et apporter une aide pratique aux insoumis, réfractaires et autres objecteurs de conscience. Elle fit paraître le mensuel des Amis, Le Réfractaire (premier numéro le 1er avril 1974) jusqu’à son décès en 1983. Voila ce qu’en dit le Maitron.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Atmosphère, atmosphère…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Nous sommes donc le mercredi 06 novembre 2013, c’est vous dire comme les choses vont bon train. Hier encore, oui bon, n’en parlons plus. C’est le 16è jour de brumaire dédié au Chervis, plante dont les racines sont comestibles, ça fait penser un peu au panais, mais tant qu’à manger des plantes par la racine, je préfère le chervis au pissenlit…

Aujourd’hui donc, une pensée pour Henri JEANSON, journaliste, pamphlétaire, dialoguiste de cinéma et pacifiste libertaire. Faut-il rappeler qu’il était satrape du collège de pataphysique. C’est à lui que l’on doit le fameux dialogue entre Louis Jouvet et Arletty : « Atmosphère… atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? Puisque c’est ça vas-y tout seul à La Varenne… » Il est mort le 6 novembre 1970, à Équemauville, près de Honfleur (Calvados), France.
69789115_pFils d’un professeur, il naît le 6 mars 1900, à Paris. En 1917, après divers petits métiers, il devient journaliste au journal « La Bataille » organe de la CGT. Remarqué pour sa plume redoutable, il travaille ensuite dans divers journaux le »Journal du peuple », les « Hommes du Jour », le « Canard enchaîné » etc.
Passionné par le théâtre, il écrit de nombreuses pièces, mais c’est comme dialoguiste pour le cinéma qu’il atteint la notoriété avec des films comme « Pépé le Moko » et « Carnet de bal » en 1937, « L’Entrée des artistes » et « Hôtel du Nord » en 1938, etc.


Antimilitariste, ses articles publiés dans le journal « Solidarité Internationale Antifasciste » et sa signature du tract de Louis Lecoin, « Paix immédiate », lui vaudront d’être arrêté le 6 novembre 1939, à Meaux (où il avait pourtant répondu à l’ordre de mobilisation). Le 20 décembre 1939, il est condamné par un tribunal militaire à 5 ans de prison pour « provocation de militaires à la désobéissance ». Mais soutenu69789139_p par diverses personnalités du cinéma et de la littérature, il est libéré au bout de 5 mois. Durant l’occupation, il tente de faire sortir un journal indépendant « Aujourd’hui », mais début 1941, il est arrêté et emprisonné par les Allemands. Libéré, il restera dans la clandestinité jusqu’à la Libération. Il reprend alors son métier de journaliste (au « Crapouillot », au « Canard enchainé », à « Combat », à « l’Aurore ») et de dialoguiste pour le cinéma « Boule de suif »(1945), etc. On lui doit aussi cette maxime, oh combien d’actualité:  » en ces temps où tout augmente, seule la liberté diminue. » Sources. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

 

Graine d’ananar…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour !

Nous sommes donc le dimanche 19 août 2012 et c’est, nous dit-on, la canicule partout sauf au dessus de l’ermitage de Keramoal où la brise de Sud-Ouest agite les roseaux. Nos amis républicains avaient dédié ce deuxième jour de Fructidor au Millet. Comme dirait madame Michu, toujours à la recherche d’un calembour: pas une raison pour donner l’angélus… Allez, tiens, un petit portrait pour notre galerie.

Le 19 août 1877, naissance de Pierre Jules RUFF, à Alger.

Militant anarchiste et antimilitariste. Issu d’une famille bourgeoise juive, il obtient une licence de mathématique, mais il rompt avec son milieu pour militer au sein du mouvement anarchiste. Antimilitariste convaincu, il subit de nombreuses condamnations. Le 14 septembre 1907, il est jugé par la cour d’Assises de la Seine et écope de 3 ans de prison pour « provocation à la désobéissance et au meurtre adressée à des militaires ».  En 1911, il est signalé comme membre de la « Fédération Communiste Anarchiste « et gérant de la revue « le mouvement anarchiste ». Arrêté avec Louis Lecoin, il est condamné en novembre 1912 à cinq ans de réclusion pour « provocation au meurtre, à l’incendie et au pillage ». Il est libéré en novembre 1916, mais c’est pour être arrêté un mois plus tard avec Lecoin pour la distribution d’un tract pacifiste « Imposons la paix! ». En octobre 1917, il est encore condamné à 15 mois de prison pour sa participation à la sortie, le 15 juin 1917, d’un numéro clandestin du « Libertaire ». Après guerre, il devient correcteur d’imprimerie, mais en 1930 effectue encore 6 mois de prison pour un délit de presse. En avril 1936, il prend part au congrès de « l’Union Anarchiste » où il est élu membre de la commission administrative. En 1942 (durant l’occupation Nazi), le fait d’avoir exprimé ouvertement ses opinions et son passé de militant lui valent d’être arrêté puis déporté en Allemagne, au Camp de Neuengamme d’où il ne reviendra pas (il aurait été envoyé au four crématoire la veille de l’entrée des Américains). Sources: Ephéméride anarchiste

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.

LIBERTAIRE, JE CRIE TON NOM…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’esprit critique et du baekehoffe réunis, bonjour !

Le 29 mai est le jour anniversaire de la naissance d’un écrivain à qui je voulais rendre un petit hommage tant son engagement mérite qu’on s’y arrête ; l’amenant à défendre un humanisme basé sur la sauvegarde de l’homme et de la nature, le recours à la non-violence Bernard CLAVEL. Pour lui, « un fleuve, une terre, un vignoble, des forêts sont tellement liés à l’existence de l’homme qu’il me paraît impossible que l’humanité oublie ce lien sans courir à sa perte. » Engagement pour l’écologie et les enfants martyrs, engagement contre l’État guerrier et marchand d’armes. Engagement aussi dans l’affaire Jean-Marie Deveaux ou l’affaire Buffet-Bontemps contre la peine de mort, contre les pratiques policières, l’impéritie de la justice et du système pénitentiaire. C’est un homme en colère qui fustige policiers et magistrats indifférents ou trop répressifs. Quelqu’un a dit de lui qu’il était une espèce d’anarchiste chrétien.

J‘ai découvert cet auteur à l’occasion de l’adaptation de son livre, le voyage du père, au cinéma par Denys de la patellière, en 66 où 67 avec un Fernandel à contre emploi tout à fait exceptionnel.

Je reprends ci-dessous un article de Gilles Heuré paru dans Télérama à l’occasion de son décès en octobre 2010. « C’est un homme de la terre, un forban des bois qui, vu ses quarante déménagements en France, en Suisse, au Canada ou en Irlande, semble avoir avalé un atlas. il fut, à 14 ans, apprenti pâtissier à Dole, pénible expérience dont il tirera La Maison des autres. « Mon patron était un vrai salaud, et pendant deux ans ce fut un enfer. C’était un avorton que j’aurais pu coucher d’une gifle, mais à cette époque le patron c’était le patron et on la fermait. » Il rêve alors d’un tour du monde, mais la guerre contrarie ses rêves de voyage. Il est successivement bûcheron, lutteur de foire avec le fameux Ted Robert, qui sera le personnage de L’Hercule sur la place, ouvrier agricole avec L’Espagnol puis résistant dans le maquis du Jura.

A lire son texte sur Gauguin, par exemple, on comprend mieux son propre itinéraire; celui d’un homme prêt à tout pour vivre sa passion d’écrire, humble artisan obsédé par les immensités calmes et, pourquoi le taire, râleur impénitent et libertaire jamais défroqué. Les hommes dont il fut l’ami n’étaient pas exactement de paisibles pèlerins : Pierre Mac Orlan, Roland Dorgelès, Jean Guéhenno, Jean Reverzy, Marcel Aymé, l’anarchiste Louis Lecoin, sans oublier les sans-nom et les gens de peu qui ont croisé sa route.

Ce conteur magnifique est bien un écrivain « prolétarien », selon le mot de Michel Ragon, avec la fierté que cela suppose. Les millions de lecteurs qui ont lu ses livres ne s’y sont pas trompés : cet homme est « en prise directe avec le mot humain », comme disait Pierre Mac Orlan. Il ne triche pas. » on le voit ici en compagnie de Josette Pratte qui fut sa compagne jusqu’au bout.

Voilà pour aujourd’hui, regardez bien au fond de la bibliothèque, il y a sûrement un livre de Clavel qui attend d’être relu. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Amis de la Maçonnerie spéculative et du Homard Thermidor réunis, bonjour !

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la Maçonnerie spéculative et du Homard Thermidor réunis, bonjour !

Puisque le 27 juillet correspond au 9ème jour de thermidor, consacré à la mûre et non pas au homard…A vos confitures ! Rappelons nous que ce 9 thermidor a vu la chute de Robespierre…

Le 27 juillet 1949, mort de Jean ROUMILHAC dans un accident de voiture   à Aix-en-Provence. Militant libertaire français, Il naît le 2 novembre 1892, à Compreignac (Haute-Vienne), dans une famille de paysans limousins. J’ai beaucoup de sympathie et même d’admiration pour ce libertaire éloigné des clichés de l’anarchiste poseur de bombes. Très jeune, il fréquente les libertaires de Limoges puis part à Paris faire des études commerciales. Il séjourne ensuite en Angleterre où il s’initie à la technique des filatures. De retour en France au moment de la guerre, il est alors réformé et profite de ses activités commerciales pour voyager en Espagne où il entre en contact avec les groupes anarchistes de Bilbao et de Barcelone. Après la première guerre mondiale, il crée à Marseille sa propre filature « La Compagnie du Fil de Lin », les 250 employés qui la composent bénéficient alors de nombreuses mesures sociales. Il reste fidèle malgré ses responsabilités patronales à ses amitiés libertaires, et c’est tout naturellement qu’il apporte son aide aux anarchistes espagnols après le déclenchement de la révolution en Espagne le 19 juillet 1936, effectuant de nombreux voyages à Barcelone. Il est le premier président de S.I.A. (Solidarité Internationale Antifasciste) fondée par Louis Lecoin. En 1939, après la défaite du camp républicain, il se dépense sans compter pour faire libérer le plus grand nombre possible de réfugiés espagnols des camps de concentrations français, et embauche plusieurs libertaires espagnols dans sa filature. En 1940, il crée « la Fraternelle agricole provençale », et poursuit sa solidarité en hébergeant de nombreux républicains espagnols et en créant des colonies d’accueil pour les enfants. Parallèlement à ses activités, il prend part au mouvement de résistance « Combat ».
Arrêté en novembre 1941, et emprisonné durant l’hiver 41-42, il parvient à s’enfuir et à poursuivre des actions de résistance dans les Alpes. A la Libération, il reprend la direction de sa filature tout en continuant à apporter son aide aux réfugiés. Il était également un membre actif de la Franc-maçonnerie depuis 1920. Jean Roumilhac, fut initié à l’âge de 28 ans après une entrée atypique, ayant connu la Maçonnerie par la Grande-Bretagne. Il travailla dans la Loge
La Parfaite Union du Grand Orient de France à Marseille, dont il fut vénérable en 1935. Il fut élu au conseil de l’ordre en 1937 puis en 1946, élu enfin grand maître adjoint de l’ordre en novembre 1948.

Voila un personnage qui a toute sa place dans notre galerie. Allez, n’hésitez pas à repasser, c’est ouvert tout l’été. Portez vous bien et à demain peut-être.