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Je m’indigne, tu t’indignes, il ou elle…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la vertu outragée et du bicarbonate de soude réunis, bonjour !

Nous sommes le jeudi 30 août 2012, treizième jour de Fructidor dédié à l’Épine-vinette. Ses baies séchées sont utilisées en Iran dans les plats de riz.

Vous je ne sais pas, mais pour ce qui me concerne, j’ai quelques difficultés avec les indignations sélectives.

Tenez, prenez le cas de ce monsieur Assange de Wikileaks. Enfermé volontaire dans une ambassade pour éviter d’être extradé vers les États-Unis qui lui cherchent des poux dans la tonsure. En vérité, c’est la Suède qui réclame son témoignage à propos d’une affaire de moeurs. sauf qu’entre la Suède et l’oncle Sam l’extradition est envisageable.

Et bien, qui voyez vous monter au créneau pour prendre la défense de l’infortuné informateur masqué ? Mis à part les réalisateurs Oliver Stone et Michael Moore, ils sont peu nombreux et le silence se fait assourdissant comme dit l’autre. Et pourtant, souvenez vous de Polanski, lui aussi menacé d’extradition vers les États-Unis au motif, là encore, d’une histoire de moeurs, arrêté en mai 2010 alors qu’il se rendait au festival du film de Zurich.

Nous avions assisté à l’époque à un déferlement médiatique des soutiens du réalisateur, depuis le French doctor Kouchner, alors ministre des affaires étrangères, jusqu’à l’ineffable neveu de Tonton Frédéric Mitterand, alors ministre de la culture, en passant par sa granditude BHL ministre clandestin délégué aux printemps arabes…

Or, Julien Assange, le fondateur de Wikileaks, n’est à ce jour formellement accusé d’aucun crime; il est simplement réclamé comme témoin dans une affaire de harcèlement sexuel présumé dont il se serait rendu coupable en 2010. Alors que Roman Polanski était accusé d’avoir drogué puis violé une gamine de treize ans quand bien même, il avait plaidé coupable d’un « simple » délit de relation sexuelle consentie avec une mineure.

Le New York Times a donc publié un appel signé des réalisateurs Oliver Stone et Michael Moore en faveur de Julien Assange: « Comme réalisateurs, nous avons consacré nos carrières à démontrer que les médias de ce pays échouent souvent lorsqu’il s’agit d’informer les américains des actes les plus laids de notre gouvernement. C’est pour cela que nous sommes profondément reconnaissant à Wikileaks et que nous nous félicitons de la décision de l’Equateur d’accorder l’asile politique à son fondateur, Julien Assange, actuellement réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres. »… « Si il était extradé vers les USA, les conséquences s’en feront sentir dans le monde entier pendant des années. Mr Assange n’est pas citoyen américain et aucun de ses actes n’a été commis à partir du sol américain… Un tel précédent devrait inquièter n’importe qui, qu’il soit admirateur de Wikileaks ou pas. » Maintenant, à vous de vous faire votre propre opinion.

Allez, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

DEJA 1000 EMEUTES EN 2011…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’antilogie* et de l’apple pudding réunis, bonjour!

*exemple d’antilogie:Mon Dieu, mon Dieu, délivrez nous de toutes les religions!

Nous sommes le 14 août, il pleut sur Brest Barbara, et pour corsé le tout, c’est le 27 de thermidor, jour du colza…Drôle de plante à la vérité qui doit son existence au croisement d’un chou et d’une navette et dont le nom provient du néerlandais koolzaad (graine de chou), en breton kaol. Mon aïeule que rien n’arrêtait lorsqu’il s’agissait de qualifier un malfaisant, le traitait de pav kaol skornet; ce qui pourrait se traduire par: pied de chou gelé…

Profitant du mois d’août, les capucheux londoniens s’adonnent à une activité des plus récréatives et qui égayent les nuits de la capitale. Ils pillent, ils incendient, ils caillassent les bobbys…On voudrait nous faire croire que tout cela n’a rien de politique, que ce sont des voyous désoeuvrés, des jeunes sans conscience, sans foi ni loi, soit, mais cela n’empêche nullement d’avoir une lecture politique de ces évènements. Que ce soit en Espagne, au Portugal, en Grèce ou en Grande-Bretagne, une part de plus en plus importante de la jeunesse, ghettoïsée, communautarisée, se trouve sans emploi, sans logement, sans avenir. Les repères ont disparu, les différentes sortes d’autorité se sont effilochées, les organisations sociales défaites, ne restent que les signes ostentatoires d’une vaine existence sociale: Les baskets de marque, la dernière console, l’Ipad, le portable, si possible Blackberry, et leurs corollaires, le trafic, l’économie underground, le système D. Mais qui sont-ils ces « bandits » que Cameron veut ramener à la raison. A bien y regarder ce ne sont pas les mêmes qui fréquentent Eton ou Cambridge. Leurs parents viennent de l’Afrique sub-saharienne, du Penjab, du Bangladesh et du Sri-Lanka. De ces pays que Cameron et ses accolytes ont rendu exangues à force d’exploitation, obligeant leurs enfants à choisir la voie de l’émigration. Le système capitaliste représenté par la City londonienne récolte aujourd’hui ce qu’il a semé…

La situation est comparable à une cocotte minute qui peut exploser à tout moment. Les raisons structurelles existent depuis plusieurs années déjà : soumission des Etats aux logiques financières et aux agences de notation, aggravation considérable des inégalités, politique ultra-sécuritaire…
Avec tous ces ingrédients, on ne peut pas être surpris par ces événements. Ce qui est toujours étonnant, en revanche, est l’alchimie collective qui les déclenche. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Alain Bertho, anthropologue à l’université Paris 8, qui ajoute: Ces jeunes cassent pour s’imposer dans un système qui ne veut pas d’eux. Si on applique à ces événements une seule lecture policière, on rate l’essentiel.

En tout état de cause, ces émeutiers là n’ont pas grand chose à voir avec nos jacqueries du temps jadis quand « la populace » décidait de s’en prendre aux entrepôts du fermier général. Mais demain, qu’en sera t-il?

Allez, bonnes vacances, portez vous bien et à demain peut-être.