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L’ajonc sur le bout de la lande…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la protohistoire et du pain perdu réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 06 décembre 2015, seizième jour de Frimaire dédié à l’ajonc, plante emblématique de notre chère Bretagne. A tel point que l’ajonc est venu prendre sa place au magasin des clichés Ajoncd’une certaine poésie bretonne qu’Anatole Le Braz qualifiait de poésie passe-partout, invariablement calquée sur le même poncif, et qui n’a de breton que le nom. Ainsi écrivait-il avec un rien de moquerie: « Vous prenez quelques clochers à jours, quelques calvaires, un air de biniou, trois notes de bombarde; vous ajoutez un brin de genêt, un bouquet d’ajonc-d’or, du vent, de la brume, de la pluie, de la mer; vous mêlez le tout, vous agitez fortement… et vous avez la Bretagne.» Il existe d’ailleurs une espèce nommée l’ajonc Le Gall qui doit son nom d’espèce à Nicolas Joseph Marie Le Gall de Kerlinou qui avait le premier différencié cet ajonc de l’ajonc de Provence, mais qui n’avait pu faire paraître l’ouvrage où il décrivait la nouvelle espèce avant que Planchon ne le fasse lui même en 1849. C’était un juge et néanmoins botaniste breton qui fut député du Morbihan entre 1834 et 1837. Sa maman n’était autre que Magdelaine Vincente Millon de Saint Goustan, très connue dans son canton. (j’emprunte le tire à Daniel Giraudon, professeur de celtique à l’UBO qui à produit une recherche exemplaire à ce sujet)

C’est aussi le jour anniversaire de la disparition de Hudson « Huddie » Leadbetter plus connu sous le pseudonyme de LEADBELLY. Sans doute le plus légendaire des artistes noirs, ce fils d’anciens esclaves joue dès l’âge de seize ans piano et guitare dans les maisons closes de Louisianne. Leadbelly est un invétéré coureur de jupons et un lead-belly-statue-shreveport-300x179redoutable bagarreur, son colt toujours passé à la ceinture lui servant d’argument décisif. En 1927 il tue un rival et se voit infliger trente ans de prison au terrible pénitencier d’Angola. C’est là que John Lomax va le dénicher et réussir, après plusieurs démarches à le faire libérer. Il sera un des tout premiers noirs du Sud à jouer pour le public blanc du Nord, hors du ghetto. « Il va devenir, aux côté de Pete Seeger et Woody Guthrie un véritable folk-singer d’autant que ses tentatives d’enregistrer des blues à destination d’un public noir sont un échec commercial. » Cette statue de la légende Huddie « Lead Belly » Ledbetter se trouve à Marshall Street au centre-ville de Shreveport en Louisianne.

La renommée de Leadbelly ne va cesser de grandir jusqu’à faire de lui une figure mythique. Son rôle dans la reconnaissance des musiques leadbellynoires sudistes, le blues en particulier, a été considérable. Nombre de ses œuvres ont été reprises par des grands artistes comme Van Morisson, dick Annegarn, les Stones, Johnny Cash ou Little Richard. Sources: La grande encyclopédie du blues – Gérard Herzaft – Fayard – J’en profite pour vous indiquer que si vous aimez le blues, faites un tour de temps à autre sur le site de Serge - Hobo-lullaby – vous ne serez jamais déçu.

 

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

Les folk journées (bis)

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis des folk journées et du pâté d’alouette réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 29 janvier 2014, 10è jour de Pluviôse dédié à la cognée. Lundi dernier, le vieux Pete à cassé sa pipe à l’âge de 94 ans. C’est le départ pour l’Orient éternel d’un monsieur qui a marqué de son empreinte le protest song. Je lui avait consacré un petit billet que je reproduis ci-après. C’était aussi un clin d’œil à Serge pour son superbe site.

La carrière de Pete Seeger, personnage clef du mouvement folk revendicatif, s’étend sur plus de cinquante années et autant d’albums. Né à Manhattan (03 mai 1919) dans une DownloadedFile-1famille musicienne, il commence assez tôt à apprendre le banjo. Il se passionne pour l’héritage folk et, parallèlement à ses études à l’université Harvard, il travaille comme archiviste auprès d’Alan Lomax, célèbre folkloriste attaché à la bibliothèque du Congrès. Sa démarche le pousse à aller glaner les chansons folkloriques sur le terrain et, de même que Woody Guthrie, il parcourt le pays tel un hobo (vagabond travaillant occasionnellement pour des fermiers ou de gros chantiers), banjo sous le bras, partageant la vie des travailleurs et des journaliers.

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Après la Seconde Guerre mondiale, qu’il passe dans l’armée, Seeger entame une carrière de musicien à temps complet. Il rencontre bientôt de graves problèmes, consécutifs à ses engagements politiques. En 1948, son nom est porté sur la liste noire du sénateur McCarthy, et il est cité à comparaître devant le fameux Comité sur les activités antiaméricaines, qui démolira bien des vies, notamment à Hollywood. Malgré cet épisode, il n’arrêtera jamais de clamer ses convictions. Il images-1recomposera ainsi la chanson We Shall Overcome, à partir d’un très vieux gospel qui sera, tout au long des années 60, l’hymne des militants antiségrégationnistes et des opposants à la guerre du Viêt Nam. Il sera aussi l’auteur de nombreux autres titres célèbres comme « If I Had A Hammer » (reprise en France par Claude François sous le titre Si j’avais un marteau dans une version édulcorée qui en gomme tout le côté protestataire.), Turn, Turn, Turn, sur des paroles tirées de l’Ecclésiaste  (reprise par les Byrds) ou Guantanamera (reprise en France par Joe Dassin). Si Pete Seeger joue occasionnellement avec les Guthrie père et fils, tant sur vinyle que sur scène, il aide aussi aux débuts de Don MacLean. On tombe aisément sur son nom au dos d’une pochette de disque, même insignifiante, tant il a été repris ou a participé à des enregistrements d’autres artistes. Joan Baez dira de lui : « Nous devons tous notre carrière à Pete. » Il demeure comme une des figures les plus incontournables de la musique populaire américaine.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite portez vous bien et à demain peut-être.