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Loc Envel…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

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Amis du grand architecte et du p’tit cordonnier réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 03 décembre 2012, 13è jour de Frimaire dédié au Cèdre. Dois-je rajouter que le 03 Décembre 2015 est en réalité le Mardi 3 Sable 143 St Phlegmon, doctrinaire – fête suprême quarte dans le calendrier pataphysique.

En Bretagne on fête Envel qui a légué son nom à la magnifique petite commune de Loc-Envel en Côtes d’Armor. C’est la plus petite commune de ce département et qui compte aujourd’hui 80 habitants après en avoir eu près de 400 à la fin du 19è siècle. Sans doute grâce aux mines de fer et de zinc qui existaient sur son territoire. C’est tout près de loc-envel_0Belle-Isle-en-terre et du fameux château de Coat an noz dans la forêt du même nom. Envel lui, s’installa comme anachorète dans la forêt de Coat-an-noz (le bois de la nuit) et sa sœur Yuna en fit autant dans le bois de Coat-an-Hay (le bois du jour). La légende dit qu’ils ne se revirent jamais. Les deux forêts existent toujours et j’y ai fait de belles cueillettes de champignons.

Si vos pas vous mènent dans ces parages, jetez donc un œil sur cette petite église absolument épatante (gothique flambloyant). Les chimères et les gargouilles qui ornent l’église gardent une expression fort gargouillecurieuse, malgré la patine et l’usure du temps. Mais, je me suis souvent posé cette question: pourquoi tous ces singes sur les églises en Bretagne? Il semble bien que la plupart des bestiaires du moyen-âge dérivent du fameux Physiologus, ouvrage Grec du IIè siècle. Traduit en latin dès le IVème siècle, le « Physiologus » a exercé une influence déterminante sur toute la chrétienté. Par le biais des nombreux manuscrits, souvent illustrés, les monstres de l’Orient et de l’Antiquité gréco-romaine ont ainsi pénétré physiologusl’imaginaire des hommes du Moyen Age. Loc-Envel avait autrefois une léproserie et les seuls vestiges qui en restent sont les trois fenêtres qui donnent sur la chapelle des fonts baptismaux et par lesquelles les lépreux assistaient aux offices. La tradition raconte que les cloches, très recherchées à la révolution pour être refondues furent enlevées et enterrées dans un lieu secret. Si secret qu’elles ne furent jamais retrouvées le calme revenu.

Bon, et bien voilà une jolie promenade. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’escourgeon tranquille…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de la mécanique des fluides et de la panse de brebis farcie réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi (jour des crêpes) 21 août 2015, septième jour de Fructidor dédié au Sucrion. C’est assez étonnant car, le quatrième jour de fructidor est lui, dédié à l’escourgeon. Or, Sucrion et Escourgeon ne sont que deux appellations différentes pour désigner la même plante: l’orge d’hiver. La fine équipe290px-Escourgeon-Hordeum_vulgare_subsp._vulgare réunie par Fabre d’Églantine pour réaliser le calendrier républicain avait du se laisser aller à quelques libations pour s’être ainsi mélangé les pinceaux. L’orge à six rangs est encore très présente dans les Orcades en Écosse. Dénommée Bere, elle y est consommée régulièrement sous forme de galettes épaisses (bannock), de pains ou de biscuits. Les grains transformés en malt sont utilisés surtout pour préparer des bières de fermentation haute. Présente sur l’île d’Islay, elle y sert à la fabrication du whisky. En Bretagne on célèbre (ou pas) Yuna…

Elue comme sainte patronne par les sabotiers, Yuna est venue du pays de Galles au 6ème siècle accompagnée de son frère Envel. S’établissant tous deux près de Belle-Isle-en-Terre, ils y bâtirent leur ermitage où par esprit de contrition (acte de volonté pour se détourner du péché et revenir à Dieu), ils décidèrent de ne jamais se revoir. La légende raconte que chaque jour qui passait, Yuna faisait sonner sa cloche à l’heure de la prière. Or un beau jour, celle-ci ne sonna point et Envel comprit alors que sa sœur était morte. Dérivé du prénom Yves, Yuna a été francisée loc-envel_0par les ecclésiastes en Jeune. Il est plus probable que cela vienne du vieux breton Iun (désir.) Nous trouvons par ailleurs de nombreuses variantes orthographiques de ce prénom telles que : Youna, Yeuna, Yoena, Jûna, Junan… Selon une autre légende,  le saint honoré sous la forme Envel avait un frère de même nom. Tous deux deviennent les supérieurs de monastères différents. Fuyant leur Bretagne insulaire dévastée, ils gagnent l’Armorique pour se retirer au lieu qui prendra leur nom. Le premier en la forêt de Coat an noz et l’autre dans celle de Coat an hay Cette légende semble basée sur la confusion avec le breton heñvel, « semblable ».

Loc Envel est une des plus petites communes des Côtes d’Armor par son nombre d’habitants et sans doute une des plus jolies ! En bordure de la forêt de Coat-An-Noz, la commune surplombe la vallée du Guic. Ses habitations typiquement bretonnes et son église sauront vous séduire. Jadis, la commune était peuplée d’artisans travaillant le bois de la forêt toute proche : sabotiers, bûcherons, charbonniers, envel et son loupforgerons… En l’église on voit encore du côté de l’épître, un panneau de bois représentant le saint, toujours en costume de laboureur, qui fouette un loup attelé à une herse ; au fond du tableau, l’on voit le loup qui dévore l’âne du saint ; il fut tout simplement condamné à le remplacer. L’inscription a disparu, on a mis à sa place un morceau étranger à la scène, qui représente un énorme hibou (?). La tradition place le théâtre de cette scène dans un champ en bordure de la forêt que l’on appelle Renik an azen, le champ de l’âne; l’on rapporte même les paroles du saint quand il attela le féroce animal : « Manket out dantek, Pa d’eus taget, ma azenek ». Je ne garantis pas l’orthographe…

Voilà pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Promenons nous dans les bois…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du grand architecte et du petit charpentier réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 03 décembre 2014, 13è jour de Frimaire dédié au Cèdre. En Bretagne on célèbre Envel qui a légué son nom à la magnifique petite commune de Loc-Envel en Côtes d’Armor. L’étymologie de ce prénom vient des mots de vieux breton uuin (blanc) et mael (prince). Loc-EnvelAutrefois, on l’invoquait contre les loups. C’est la plus petite commune de ce département et qui compte aujourd’hui 80 habitants après en avoir eu près de 400 à la fin du 19è siècle. Sans doute grâce aux mines de fer et de zinc qui existaient sur son territoire.

C’est tout près de Belle-Isle-en-terre et du fameux château de Coat-an-noz dans la forêt du même nom. C’est ce château que Lady Mond fit reconstruire à Belle-Isle-en-terre (voir mon billet gargouillede novembre 2009). C’est encore la même histoire qui date du début du VIè siècle lorsque le Pays de Galles décida d’aller se refaire les saints en petite Bretagne et les expédia par charters entiers sur les côtes armoricaines. Envel lui, s’installa comme anachorète dans la forêt de Coat-an-noz (le bois de la nuit) et sa soeur Yuna en fit autant dans le bois de Coat-an-Hay (le bois du jour). La légende dit qu’ils ne se revirent jamais. Les deux forêts existent toujours et j’y ai fait de belles cueillettes de champignons.

Si vos pas vous mènent dans ces parages, jetez donc un œil sur cette petite église absolument épatante (gothique flambloyant). Les chimères et les gargouilles qui ornent l’église gardent une expression fort curieuse, malgré la patine et l’usure du temps. Mais, je me suis souvent posé cette question: pourquoi tous ces singes sur les églises en physiologusBretagne? Il semble bien que la plupart des bestiaires du moyen-âge dérivent du fameux Physiologus, ouvrage Grec du IIè siècle. Traduit en latin dès le IVème siècle, le « Physiologus » a exercé une influence déterminante sur toute la chrétienté. Par le biais des nombreux manuscrits, souvent illustrés, les monstres de l’Orient et de l’Antiquité gréco-romaine ont ainsi pénétré l’imaginaire des hommes du Moyen-Âge. LOC-ENVEL avait autrefois une léproserie et les seuls vestiges qui en restent sont les trois fenêtres qui donnent sur la chapelle des fonts baptismaux et par lesquelles les lépreux assistaient aux offices. La tradition raconte que les cloches, très recherchées à la révolution pour être refondues furent enlevées et enterrées dans un lieu secret. Si secret qu’elles ne furent jamais retrouvées le calme revenu.

Bon, et bien voilà une jolie promenade. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Gargouilles et chimères…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis du grand architecte et du petit charpentier réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 03 décembre 2012, 13è jour de Frimaire dédié au Cèdre.

En Bretagne on célèbre Envel qui a légué son nom à la magnifique petite commune de Loc-Envel en Côtes d’Armor. L’étymologie de ce prénom vient des mots de vieux breton uuin (blanc) et mael (prince). Autrefois, on l’invoquait contre les loups. C’est la plus petite commune de ce département et qui compte aujourd’hui 80 habitants après en avoir eu près de 400 à la fin du 19è siècle. Sans doute grâce aux mines de fer et de zinc qui existaient sur son territoire. C’est tout près de Belle-Isle-en-terre et du fameux château de Coat-an-noz dans la forêt du même nom. C’est ce château que Lady Mond fit reconstruire à Belle-Isle-en-terre (voir mon billet de novembre 2009). C’est encore la même histoire qui date du début du VIè siècle lorsque le Pays de Galles décida d’aller se refaire les saints en petite Bretagne et les expédia par charters entiers sur les côtes armoricaines. Envel lui s’installa comme anachorète dans la forêt de Coat-an-noz (le bois de la nuit) et sa soeur Yuna en fit autant dans le bois de Coat-an-Hay (le bois du jour). La légende dit qu’ils ne se revirent jamais. Les deux forêts existent toujours et j’y ai fait de belles cueillettes de champignons. Si vos pas vous mènent dans ces parages, jetez donc un oeil sur cette petite église absolument épatante (gothique flambloyant). Les chimères et les gargouilles qui ornent l’église gardent une expression fort curieuse, malgré la patine et l’usure du temps. Mais, je me suis souvent posé cette question: pourquoi tous ces singes sur les églises en Bretagne? Il semble bien que la plupart des bestiaires du moyen-âge dérivent du fameux Physiologus, ouvrage Grec du IIè siècle. Traduit en latin dès le IVème siècle, le « Physiologus » a exercé une influence déterminante sur toute la chrétienté. Par le biais des nombreux manuscrits, souvent illustrés, les monstres de l’Orient et de l’Antiquité gréco-romaine ont ainsi pénétré l’imaginaire des hommes du Moyen Age.

LOC-ENVEL avait autrefois une léproserie et les seuls vestiges qui en restent sont les trois fenêtres qui donnent sur la chapelle des fonts baptismaux et par lesquelles les lépreux assistaient aux offices. La tradition raconte que les cloches, très recherchées à la révolution pour être refondues furent enlevées et enterrées dans un lieu secret. Si secret qu’elles ne furent jamais retrouvées le calme revenu.

Bon, et bien voilà une jolie promenade. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.