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Grand frère et petit père (du peuple)

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la propédeutique et du pouce-pied mayonnaise réunis, bonjour ! Ce Samedi 21 janvier 2017 correspond au 2è jour de pluviôse dans notre calendrier républicain. C’était le jour dédié à la mousse, je vais donc, de ce pas tranquille qui caractérise les cénobites, m’en faire couler une petite. Non pas que l’atmosphère nécessite un quelconque rafraichissement, le mercure est toujours en dessous du zéro fatidique…

La vie s’emploie chaque jour à nous proposer des coïncidences parfois drôles, quelquefois dramatiques et toujours surprenantes. Tenez, à priori, quoi de commun entre ces deux hommeLenine-haranguant-189x300s ? Vladimir Ilitch Oulianov qui fut relégué par la police du tsar en Sibérie, au bord de la Léna (d’où le surnom Lénine par lequel il se fera dès lors appeler). Et, Eric Arthur Blair qui se fera appeler George Orwell, né d’un père fonctionnaire en charge du commerce de l’opium aux Indes. Et bien, tous deux sont décédés un 21 Janvier et, plus le premier raffermissait le communisme à la mode soviétique, plus le second s’en éloignait. La «Révolution d’Octobre» débouche sur le pouvoir sans partage des bolcheviques (le nom venant de большинство, bolchinstvo, qui signifie « majorité », par opposition aux mencheviks du russe : меньшинство, menchinstvo, « minorité »). Le Bolchevisme deviendra le Communisme et celui-ci cédera la place au Stalinisme, vous connaissez la suite.

De son côté, le jeune Blair découvre très tôt la nécessité de s’engager. Après des études au collège d’Eton, où il découvre le militantisme, il s’engage comme sergent en Birmanie puis vit de petits boulots à Paris et Londres. Il va se battre en Espagne dès 1936 aux côtés des communistes dissidents du POUM, il prend conscience de la nature totalitaire du CVT_Orwell-anarchiste-Tory_4612-187x300Communisme à une époque où les intellectuels de son espèce préféraient en chanter les louanges. À la veille de la seconde guerre mondiale, il est réformé suite à une blessure à la gorge et devient reporter. C’est ainsi qu’il publie en 1945 un petit roman parodique: la Ferme des Animaux. Il s’agit d’une allégorie satirique du communisme qui raconte la prise de pouvoir des animaux dans une ferme, à l’instigation des cochons, et la manière dont ces derniers s’arrogent un pouvoir dictatorial au nom des grands principes : «Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres…» En 1949, son dernier roman, 1984, décrit une société totalitaire sous le regard d’un chef omniprésent, «Big Brother» et chacun de reconnaître le petit père du peuple dans le grand frère du roman – Staline. L’autorité s’exerce par le contrôle de la langue officielle, la novlangue.

Etonnant, non ! Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

La dame de Nohant…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de la paracentèse bilatérale et de la foire à Neuneu réunies, bonjour ! Nous sommes bien le Lundi 02 mai 2016, treizième jour de Floréal dédié au bâton d’or (c’est une sorte d’espèce de genre de giroflée), jolie plante qui FujysZRaWcBKVF3JE871Oj8eexwfleurit au printemps sur les vieux murs où elle épanouit ses fleurs jaune orangé d’une odeur délicieuse, recherchées par les abeilles. Si je vous dis qu’il s’agit d’une plante  de la famille des Brassicacées qui inclut les giroflées, dont beaucoup sont originaires de Macaronésie, ça vous la baille belle non ? Encore que je soupçonne certains d’entre vous de faire semblant de prendre la Macaronésie pour un pays de nouilles comme d’autres prennent l’helvétie pour une lanterne…

Le 2 mai 1832, la critique littéraire salue la sortie à Paris d’un roman intitulé Indiana. Tiré à 750 exemplaires, il dresse la critique de la vie bourgeoise sous le règne de Louis-Philippe 1er. Son auteur est un inconnu du nom de George Sand. Derrière ce pseudonyme se cache une jeune femme de 28 ans au parcours déjà rocambolesque, née le 1er juillet 1804 à Paris sous le nom sandd’Amantine Aurore Lucile Dupin. Ses parents sont un officier et la fille d’un pauvre cabaretier. Elle épouse à 18 ans le baron Dudevant dont elle se séparera en 1836 après une relation orageuse et de multiples liaisons. Un an après le mariage, en 1823, naît un garçon, Maurice. Cinq ans plus tard naît une fille, Solange. Le pseudonyme George Sand sous lequel Aurore accède à la célébrité littéraire rappelle par ailleurs Jules Sandeau, l’amant avec lequel elle a commencé à écrire. Passionnée et volontiers exubérante, révolutionnaire et républicaine dans l’âme, elle mène en marge de ses travaux d’écriture maints combats politiques et des engagements féministes avant l’heure. Elle ne craint pas non plus de scandaliser les bonnes âmes en s’affichant en tenue d’homme ou avec un cigare.

La maturité venue, la romancière prend ses distances avec la bourgeoisie louis-philipparde et découvre comme bien d’autres le monde du travail. Elle devient ainsi l’amie du peintre Jean-François Millet, l’auteur de L’Angélus. Pour Alfred de Musset, son talent de poète et de dramaturge va se révéler à la faveur de sa rencontre explosive et passionnelle avec George Sand. Elle ne durera que quelques mois, de juin 1833 à mars 1835 mais l’amènera à georgeproduire plusieurs chefs-d’œuvre : Lorenzaccio, Les Caprices de Marianne, La confession d’un enfant du siècle, Il ne faut jurer de rien… Et puis, bien sur, Chopin. Après les journées révolutionnaires de 1848, elle se retire dans son château de Nohant, au cœur de cette campagne berrichonne qui lui fournit la matière de ses meilleurs romans :  La Mare au diable (1846), François le Champi (1847) ou encore La petite Fadette (1849). Elle écrit vite. Quatre jours lui suffisent par exemple pour écrire La Mare au diable, l’un de ses plus célèbres ouvrages. Mais elle prend ensuite son temps pour relire et corriger son texte. La « dame de Nohant » meurt dans la sérénité le 8 juin 1876. Passionnée, provocatrice, elle a créé un personnage inédit : la femme libérée. Sources: hérodote.net

Allez, merci de vos fréquentes visites, portez vous bien et à demain peut-être.

L’oncle (Jacques) Bens…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la Pataphysique et de la raie au beurre noir réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 25 mars 2016, 5è jour de germinal que nos amis républicains avaient décidé de dédier à la poule… Allez savoir ce qui se passait dans la tête de Fabre d’Eglantine ! Voici un autre grand poète qui mériterait mieux que les obscurs rayonnages des bibliothèques municipales. Il est né un 25 mars 1931 dans le Vaucluse.

Jacques Bens fut l’un des fondateurs de l’Oulipo. Dataire au Collège de Pataphysique, gendre de Célestin Freinet (dont j’ai longuement parlé dans ces colonnes), il a travaillé avec Raymond Queneau chez Gallimard à l’Encyclopédie de la Pléïade, de 1960 à 1963. Il a été reunion de l'oulipodurant les trois premiers siècles de l’OuliPo son « secrétaire provisoire » chargé des comptes-rendus de séances, rassemblés aujourd’hui chez Bourgois. Poète, romancier, et nouvelliste (il a reçu en 1990 le Goncourt de la Nouvelle pour ses Nouvelles désenchantées.) Je vous recommande Cinq châteaux de cartes chez Nathan en 1983, il fut également un éminent cruciverbiste, et collabora avec Perec pour les jeux du journal Télérama. A droite, réunion de l’OuLiPo en 1975 dans les jardins de François Le Lionnais.

Or donc, notre ami Bens a été membre fondateur de l’Oulipopo, Ouvroir de littérature policière potentielle mais aussi, de l’OuCuiPo (ouvroir de cuisine potentielle). On lui doit notamment, la cuisine en AVT_Jacques-Bens_2210jeux paru chez Zulma en 1999, ouvrage dans lequel il organise une visite ludique et gourmande à travers les provinces françaises. Comment concilier des activités d’écrivain, d’oulipien chevronné et de cruciverbiste avec une passion pour l’art culinaire ? En imaginant un petit livre où alternent recettes, grilles de mots croisés, acrostiches et autres anagrammes. De quoi faire patienter vos invités si votre gigot nécessite un temps de cuisson supplémentaire !
Poème irrationnel

Le presbytère n’a rien perdu de son charme,
Ni le jardin de cet éclat qui vous désarme
Rendant la main aux chiens, la bride à l’étalon.
Mais cette explication ne vaut pas ce mystère.
Foin des lumières qui vous brisent le talon,
Des raisonnements qui, dissipant votre alarme,
Se coiffent bêtement d’un chapeau de gendarme,
Désignant là, le juste, et ici, le félon.
Aucune explication ne rachète un mystère.
J’aime mieux les charmes passés du presbytère
Et l’éclat emprunté d’un célèbre jardin;
J’aime mieux les frissons (c’est dans mon caractère)
De tel petit larron que la crainte oblitère,
Qu’évidentes et sues les lampes d’Aladin.

Vous, je ne sais pas, moi j’adore… Allez, encore merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Sacré Léon…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, Non classé, PORTRAIT

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Amis de l’antanaclase* et de la confiture de mirabelles réunies, bonjour ! Nous sommes le mercredi 09 septembre 2015, jour béni entre tous puisqu’il est dédié au houblon dans notre calendrier républicain. *Pour houblonles amoureux de la langue française je rappelle que l’antanaclase est la répétition d’un mot ou d’une expression avec un sens différent, en exploitant sa polysémie. Elle est proche de la paranomase et de la syllepse de sens. Ex : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Blaise Pascal, Pensées) C’est pas littéraire ça mes body boys ?

Le 9 septembre ( 28 août selon le calendrier Julien) 1828, naissance de Léon Nicolaïevitch Tolstoï, à Iasnaïa Poliana, Russie. Un des plus grands écrivains, mais aussi un pédagogue libertaire et un théoricien de la résistance non-violente, qualifié d’anarchiste chrétien (ou mystique). Né dans une vieille famille noble, il est très jeune orphelin de sa mère puis de son père. Il fait des études à l’Université de Kazan et hérite en 1847 d’Iasnaïa Poliana et de 4 villages (et de leurs habitants). En 1853, en AVT_Leon-Tolstoi_7816tant que sous-officier d’artillerie, il prend part à la guerre de Crimée. En 1856, il publie Enfance et adolescence et voyage à travers l’Europe. De retour en Russie, il gère ses propriétés, s’occupe de l’école qu’il a créée et écrit Les Cosaques. En 1860-1861, nouveaux voyages : France, Italie, Belgique (où il rencontre Proudhon) et Allemagne. Mais en 1862, ses prises de positions contre le servage et son action pédagogique en faveur des enfants des paysans asservis « Le seul critère de la pédagogie est la liberté et la seule méthode est l’expérience. » lui valent une surveillance de la police politique et même une perquisition.

La même année, il se marie avec une jeune fille de 18 ans. Il se consacre à l’écriture de Guerre et Paix (titre emprunté à Proudhon) puis Anna Karénine; chefs-d’œuvres qui obtiennent un immense succès. Mais, sensibilisé par l’état de misère et de servage du peuple, il en vient à remettre en question l’autocratie du Tsar et l’orthodoxie religieuse et publie Ma confession suivi de Quelle est ma foi ; ouvrages qui seront saisis par la police et interdit par le Saint-Synode. Mais il poursuit l’élaboration de ses idées et de sa « foi » en publiant de multiples brochures et s’engage personnellement en soutenant les objecteurs de quote-napoleon-ne-cessa-de-se-plaindre-a-koutouzov-et-a-alexandre-que-la-guerre-fut-menee-leon-tolstoi-154452conscience et en particulier les Doukhobors qui refusent le service militaire. Lorsque surviennent les famines de 1891-1892, il assure la subsistance de quatre mille personnes. Ses idées sur la résistance non-violente font de plus en plus d’adeptes, et Tolstoï met sa vie en accord avec sa pensée en se rapprochant encore du peuple, prenant part aux travaux des champs. Ses écrits sont le reflet de ses convictions La mort d’Ivan Ilitch(1886), La sonate à Kreutzer(1889), Résurrection(1899). Mais sa foi s’accommode mal avec l’idéologie rétrograde de l’église orthodoxe qui l’excommunie le 9 mars 1901. Il se consacre davantage à l’éducation en écrivant de nombres livres ou manuels pour les enfants d’Iasnaïa et à répandre ses croyances. Mais l’harmonie dans son couple devient impossible et il fuit sa maison dans la nuit du 27 octobre 1910. Il est recueilli par le chef de gare d’Apostovo. Atteint de pneumonie, il meurt le 20 novembre 1910. Des milliers de personnes assisteront à son enterrement qui sera le premier enterrement civil célébré en Russie.
« L’Etat est un complot qui a pour but, non seulement l’exploitation, mais la corruption des citoyens. Jamais je ne servirai nulle part aucun gouvernement. » Sources:
Allez, encore une fois, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Qui a peur de Virginia Woolf…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis des sciences occultes et des coups de pied au cul réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 25 janvier 2015, sixième laurier tinjour de Pluviôse dédié au Laurier tin et non au laurier-thym comme on le rencontre parfois orthographié. On le nomme aussi, Viorne-tin voire lauretin. On rencontre parfois l’orthographe « laurier-thym », qui est illogique, cette plante n’ayant aucun rapport avec le thym.

Tout à fait autre chose.

Née Adeline Virginia Stephen à Londres, au 22, Hyde Park Gate, le 25 janvier 1882. Virginia Woolf grandit et fut éduquée dans une famille victorienne classique où la figure du père autoritaire domine mais où la curiosité intellectuelle est fortement encouragée, En 1895, suite à la mort de sa mère, elle souffrit de la première dépression nerveuse d’une longue série. Elle indiqua plus tard dans un récit autobiographique que ses demi-frères George et Gerald Duckworth avait Virginia_Woolf_1927fréquemment abusé d’elle et de sa sœur Vanessa Bell. Suite à la mort de son père (Sir Leslie Stephen, rédacteur et critique littéraire) en 1904, elle déménagea avec sa sœur Vanessa dans une maison à Bloomsbury, formant le noyau du Bloomsbury Group, un cercle intellectuel. Le « Cercle de Bloomsbury » est alors fréquenté par les plus grands noms intellectuels et artistiques de l’époque et notamment Leonard Woolf. Les idées qui y circulent défendent le pacifisme, les contacts humains et le culte de la beauté contre les inhibitions et l’étroitesse des valeurs bourgeoises de la société victorienne. Ils peignent, ils écrivent, ils dissertent, ils seront en tout cas à l’origine de tout un mouvement qui influencera la vie artistique en Angleterre.

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Elle commença l’écriture comme activité professionnelle en 1905, initialement pour le supplément littéraire du Times. En 1912, elle épousa Leonard Woolf, fonctionnaire et théoricien politique. En 1917, alors quelle a quitté Londres pour s’installer à Richmond avec son mari, ils fondent ensemble leur propre maison d’édition, « The Hogarth Press », qui constituera un prestigieux catalogue avec des noms tels que Freud, Dostoïevski, Mansfield et Woolf elle-même. Son premier virginia-woolfroman, La Traversée des apparences (The Voyage Out), fut publié en 1915. Elle continua à publier des romans et des essais en tant qu’intellectuelle, qui rencontrèrent un succès aussi bien auprès de la critique que du grand public. La plupart de ses œuvres furent publiées à compte d’auteur aux presses Hogarth. Elle est sans doute l’une des plus grandes romancières du XXe siècle et l’une des meilleures Modernistes. En 1941, Virginia Woolf se suicida. Elle remplit ses poches de pierres et se jeta dans la Ouse, près de sa maison de Rodmell. Elle laissa une note à son mari: «J’ai la certitude que je vais devenir folle: je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la bonne chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible… Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler

Voilà, voilà, allez, merci d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Il faisait encore nuit…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis du jazz manouche et du ragout de hérisson réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 23 janvier 2015, 250px-Schneeglockenquatrième jour de Pluviôse, dédié au Perce-neige, les puristes de l’orthographe ne manqueront pas de relever qu’il faudrait dire LA perce-neige. Personnellement je m’en soucie comme de ma première pipe en terre. Cela me fait penser qu’à Keramoal, les jonquilles montrent déjà le bout de leur nez et je suis loin d’avoir terminé mes tailles d’hortensias… Travaillez, prenez de la peine, aurait dit mon aïeule, toujours en mal de citation.

Tout à fait autre chose.
SMS de mon libraire brestois (Dialogues – je les cite car ils le méritent): »votre commande est disponible » et me voici en train de rattraper mon retard en matière de lecture. Il faisait encore nuit de Rod Lediazec aux éditions Edilivre dont je vous laisse découvrir la quatrième de couv. «La vérité est que dans cette ville moyenne où tout est moyen, à commencer par la vie, leshqdefault jours passent et avec eux les rêves s’évanouissent. La routine s’est installée dans les têtes et avec elle son lot de regrets, son pack de frustrations. Chacun a fait l’effort qu’il faut pour laisser les « vieux démons » là où ils sont, sur le comptoir d’un bistrot, sur une nappe de resto, tout au fond de la prison à ciel ouvert que la société construit pour empêcher le « pire » d’arriver… Mais qui dit prison dit évasion, et le jour vient où l’un des geôliers laisse échapper son propre monstre, l’Assassin. Dès lors, la vie de cette cité si tranquille et si exemplaire est bouleversée. Les meurtres se succèdent avec une régularité implacable sous les yeux d’une police impuissante. Chacun ne rêvant que d’une chose : que cela cesse !»

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Un vrai plaisir de lecture, suspens garanti, émotion, rythme, personnages bigarrés, tout y est. La blogosphère m’avait déjà permis de rencontrer le talent de Stéphane Grangier voici un autre blogueur qui s’amuse à jeter cailloux dans la mare; heu non, dans le brouillard… Bon, OK, je n’ai pas la signure de l’auteur en deuxième page mais, le plaisir est intact. Mon aïeule, toujours bien renseignée, me dit qu’un second opus serait en préparation. Affaire à suivre.

En attendant, je retourne au jardin. Portez vous bien et à demain peut-être.

Illustre inconnu…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la littérature romanesque et de la bouillie d’avoine  réunies, bonjour ! Nous sommes le vendredi 08 août 2014, 21è jour de thermidor dédié à la Carline. Ce matin du 08 carlina vulgaris fleursemble à peu près aussi grisailleux que l’était le soir du 7 sur cette pointe du Finistère offerte aux vents de la mer d’Iroise. Dans le calendrier républicain, c’est le jour de la carline, ne cherchez pas, c’est une espèce de sorte de genre de chardon qui n’a guère d’autre utilité que d’occuper le temps du préposé aux écritures du jardin des plantes. Aussi vais-je en profiter pour vous parler de Michel Zévaco… Qui ça ?

Le 8 août 1918, mort de Michel ZEVACO, à Eaubonne (Seine-et-Oise). Romancier, socialiste révolutionnaire puis anarchiste et anticlérical (pléonasme). Il est né le 1er février 1860 à Ajaccio (Corse). Après de brillantes études, il est nommé professeur au collège de Vienne (Isère) en 1881, mais il en Zévacodémissionne pour s’engager pour cinq ans dans l’armée (drôle d’idée). En 1889, il devient un collaborateur de Jules Roques et de son journal « l’Égalité » autour duquel se crée une « Ligue socialiste-révolutionnaire ». En 1890, il apporte son aide aux ouvriers en participant à la création de plusieurs Chambres syndicales, ce qui l’amène à côtoyer les groupes anarchistes de la capitale. Condamné une première fois en avril 1890 à quatre mois de prison pour délit de presse, il publie, le 27 mars 1892, un hebdomadaire anarchiste et fait, un mois plus tard, un éloge de Pini et de Ravachol, ce qui lui vaut une nouvelle condamnation à 6 mois de prison et 1500 F d’amende.

Par la suite il collabore au « Libertaire » de Sébastien Faure, ainsi qu’au journal anarchiste « La Renaissance ». En 1898, il dirige « l’Anticlérical » (organe de la Ligue anticléricale de France), et soutien Dreyfus. A partir de 1900, il commence à couverture Zévacopublier sous la forme de feuilletons, dans plusieurs quotidiens, ses romans de cape et d’épée qui auront un succès populaire comme « Le Chevalier de Pardaillan ». Durant toutes les dernières années du XIXe siècle, Zévaco est l’un des journalistes les plus actifs et les plus fameux de la presse d’extrême gauche. Il tente de fonder un journal, Le Gueux, participe au Journal du peuple et à la Petite République socialiste (journal dirigé par Jaurès). C’est dans ce périodique qu’il fait paraître ses premiers feuilletons d’importance, débutant en 1900 par Borgia et Triboulet, suivis rapidement par Pardaillan (publié d’abord en 1902 sous le titre éloquent de Par le fer et par l’amour), puis par Le Pont des soupirs, Fleurs de Paris, Fausta, Buridan

En réalité, Zévaco oppose l’individu seul à l’État dans toutes ses manifestations. Pardaillan comme le Capitan refusent systématiquement de se lier à un pouvoir, et ils le font à travers des mots qui les apparentent à des anarchistes avant la lettre: « Mon maître c’est moi! » rétorque Pardaillan à Saint-Mégrin; et plus tard: « Je désire n’être que d’une seule maison [...] la mienne! » Car la raison d’État, commandée par les passions les plus tortueuses, n’est plus que déraison à laquelle l’auteur oppose le grand cœur de ses personnages. De fait, parcolonne Zévaco un processus d’inversion carnavalesque, derrière les Princes et les moines, ce sont les passions les plus viles que l’on devine. A l’inverse, le peuple des sans grade reçoit les sympathies de l’auteur, toujours prompt à lire en eux de la noblesse. On comprend alors que l’individualisme des Pardaillan s’affirme toujours contre les figures de pouvoir, quelles qu’elles soient, puisque la pureté chevaleresque ne peut plus dès lors se penser qu’en dehors de la corruption de l’État. Michel Zévaco fait partie de la lignée des Eugène Sue (Les mystères de Paris) , Paul Féval ( Le Bossu) et autre Ponson du Terrail (Rocambole), dont les feuilletons firent le succès des journaux de l’époque. Tous n’ont pas connu la gloire littéraire, en particulier Zévaco qui est le seul des quatre à n’avoir pas eu droit à la reconnaissance du « Petit Larousse », même encore de nos jours.

 

En cherchant bien sur les étagères du haut vous allez retrouver un des livres de Zévaco, relisez le avec un œil nouveau. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Raiponce pour un champion…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis Républicains, bonjour ! Nous voici donc le jeudi 21 novembre 2013, 1er jour de Frimaire et il est vrai que les frimas font leur apparition. Les initiateurs du calendrier qui nous intéresse en ont fait le jour de la Raiponce. En photoimages5 (plus bas à gauche), Campanula rapunculus,  plante de la famille des campanulacées mais ça, je suppose que c’est le cadet (de Gascogne) de vos soucis. La Raiponce est un légume dont on consomme toute la plante, racines et feuilles, à partir du mois de novembre, en même temps que les Mâches. Ses jolies racines allongées, pointues, d’un blanc nacré à chair blanche, et croquante, sont d’une saveur douce et se mangent crues en salade, ainsi que ses feuilles, qui sont très tendres et analogues comme saveur à la mâche.

Raiponce (en allemand Rapunzel) c’est aussi le titre d’un conte recueilli par les frères Grimm. Une histoire de sorcière, de jeune fille aux longs cheveux et de prince charmant. images-17Raiponce (Rapunzel) est le douzième des Contes pour les enfants et le foyer (Kinder- und Hausmärchen) de Jacob et Wilhelm Grimm, une place qui restera inchangée entre la première édition de 1812 à Berlin et la dernière de 1857, à Göttingen. Et quand je vous aurais dit que Owen Hurley s’en est inspiré pour réaliser un film d’animation dont l’héroïne n’est autre que la fameuse Barbie, vous pourrez vous présenter à « Questions pour un champion ».

Hé bien, si un jour on m’avait dit que je parlerai de Barbie dans ce blog… Il est vrai que l’éclectisme, y compris en philosophie, n’est pas pour me déplaire. Ce n’est pas celui-ci images-1qui me démentira: je veux parler de Potamon. Un vieux monsieur des temps anciens  et qui a disparu des tablettes, lui qui fut chef de file des néo-Platoniciens et « inventeur » de l’éclectisme. Il aura fallu attendre le XIXè siècle pour que Victor Cousin et ses disciples le remette au goût du jour. Allez, sur ces considérations, je vous abandonne non sans vous remercier d’avoir consacré un peu de votre temps à visiter ce blog. Portez vous bien et à demain peut-être.

Ecce Homo…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de l’oxymore et du kig ha farz réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 29 octobre 2013, ce jour, 8è de brumaire, est dédié à la scorsonère, dite salsifis noir dont la racine est censée guérir de la morsure des vipères (scorzone en italien).

Voici un court portrait d’un poète et philosophe libertaire, Jean-Marie GUYAU. Il naît le 29 octobre 1854, à Laval (Mayenne), dans une famille bourgeoise. Elevé par sa mère jusqu’à l’âge de 12 ans, celle-ci est l’auteure d’un fameux livre « Tour de la France par deux enfants » 51412507_ppublié en 1877 sous le pseudonyme de G. Bruno en référence à Giordano Bruno . Il obtient une licence de philosophie à 17 ans. A dix-neuf ans, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, et à vingt ans, il donne à Paris ses premiers cours de philosophie au lycée Condorcet. A l’âge de trente ans, il a déjà écrit une dizaine d’ouvrages, fruits de son intense activité intellectuelle. Mais réfugié sur la Côte d’Azur, dans l’espoir de combattre par le soleil une maladie qui le minait, il succombe prématurément dans sa 34e année.
Il nous laisse sa poésie et ses ouvrages philosophiques : « Morale d’Epicure », et encore « Problèmes de l’esthétique contemporaine » et « l’Art au point de vue sociologique », mais c’est surtout à ses derniers ouvrages « Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction » (1884) et «l’Irreligion de l’avenir » (1887) qu’il doit sa notoriété internationale et rejoint les préoccupations des anarchistes dans son approche d’une société libertaire et d’une morale au service de l’individu. Il sera abondamment cité par Nietzsche dans son « Ecce homo ».

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

The beat generation…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la littérature noire et du lapin blanc réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 février 2013, 17è jour de Pluviôse dédié au Lichen; vous lisez le 1256è billet des « cénobites tranquilles » ce qui prouve que vous êtes encore devant votre ordinateur au lieu de vous adonner à la marche à pied, au jardinage ou à la lecture. Tiens, à ce propos…

Si je vous dis; Kerouac, Ginsberg, beat génération, vous pensez bien sur à William Seward Burroughs.

Préférant les aléas de l’errance à la vie bourgeoise qui lui est destinée, il choisit de 49331332_ppartager la destinée des drogués et des marginaux (un homme de goût quoi !). Des années 1940 aux années 1960, il vit le plus souvent dans les bas-fonds de New York, de Mexico, de Tanger, de Londres et de Paris, exerçant pour survivre tous les métiers possibles: employé d’une agence de publicité, détective privé spécialisé dans les affaires de divorce, destructeur de parasites à Chicago.

 

 

 

Refusé par tous les éditeurs américains, son second roman, Le Festin Nu, sera publié à Paris en 1959 (grâce à l’entregent de J. Kerouac), traduit par Éric Kahane à qui l’on doit la traduction du « Lolita » de Nabokov.. Le procès pour « obscénité » qui accompagne sa publication quatre ans plus tard aux États-Unis contribuera paradoxalement à parfaire sa notoriété d’écrivain et à l’imposer comme l’une des figures majeures de la littérature contemporaine. La cour suprême finira par reconnaître sa valeur littéraire et le caractère non obscène du texte. (Cette décision va ouvrir la voie à de nombreuses autres publications, notamment celles de Henry Miller). On lui doit notamment la technique du cut-up qui consiste à créer un texte à partir de fragments déjà existants.

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En 1944 le poète Allen GINSBERG lui présente l’écrivain Jack KEROUAC Ils resteront intimement liés, créant ensemble un mouvement artistique basé sur le refus de DownloadedFilel’American Way of Life des sixties, la fameuse BEAT GENERATION, contre-culture qui influencera le mouvement hippies des sixties et jusqu’aux punks des années 70. Il épouse Joan Vollmer ADAMS en 1946. En 1953, un soir de beuverie à Mexico, [où il a émigré pour fuir ses ennuis avec la police New-new-yorkaise] tel Guillaume TELL, il vise le verre que sa femme tient sur la tête, le rate mais pas elle et la tue accidentellement. (sur la photo ici, avec Kerouac)

« Le Festin nu » a été adapté au cinéma par David CRONENBERG en 1992. Bon d’accord, c’est pas la bibliothèque rose, tout ce petit monde sent un peu le soufre, mais Burroughs reste à mes yeux un auteur « majuscule » du XXe siècle. Il apparaît également dans le film « Drugstore cowboys » de Gus Van Sant dont j’insère un petit bout de vidéo.

Allez, merci encore pour cette visite, portez vous bien et à demain peut-être.