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Les chiens de la mort…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la polémique et du waterzoï réunis, bonjour ! Nous sommes le nivoseLundi 21 décembre 2015, si l’on en croit le calendrier républicain, ce jour, premier de Nivôse, est dédié à la tourbe. Nivôse qui nous vient tout droit du latin Nivosus, riche en neige… C’est bien tout ce qu’il reste de riche par les temps qui courent ; mis à part quelques spéculateurs véreux qui se repaissent sur le dos des peuples et qui regardent en se bidonnant nos acquis sociaux se réduire à peau de chagrin. Ma doué benniget !

La tourbe donc, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a été pendant longtemps la principale production du Yeun Elez, cette zone marécageuse située au cœur des Monts d’Arrée (Finistère) sous le regard vigilant de nos géants de granite: Roc’h Trevezel, Roc’h Trédudon, Menez Kador. La légende situe ici même, au cœur de ces tourbières, les portes de l’Enfer: Le Youdig. Voici ce qu’en dit Anatole Le Braz dans « La légende de la Mort »:  « On dirait, en été, une steppe la tourbesans limites, aux nuances aussi changeantes que celles de la mer. On y marche sur un terrain élastique, tressé d’herbes, de bruyères, de jonc. A mesure qu’on avance, le terrain se fait de moins en moins solide sous les pieds : bientôt on enfonce dans l’eau jusqu’à mi-jambes et, lorsqu’on arrive au cœur du Yeun, on se trouve devant une plaque verdâtre, d’un abord dangereux et de mine traîtresse, dont les gens du pays prétendent qu’on n’a jamais pu sonder la profondeur. C’est la porte des ténèbres, le vestibule sinistre de l’inconnu, le trou béant par lequel on précipite les « conjurés ». Cette flaque est appelée le Youdig (la petite bouillie) : parfois son eau se met à bouillir. Malheur à qui s’y pencherait à cet instant : il serait saisi, entraîné, englouti par les puissances invisibles ».

Depuis trente ans que l’on tente le démantèlement de la centrale deLankou-210x300 Brennilis… Elles sont peut-être là, les puissances invisibles. « Sant Mikêl vraz a oar an tu d’ampich ioual ar bleizi-du » ( Le grand saint Michel sait la manière d’empêcher de hurler les loups noirs ) allusion à la chapelle Saint-Michel de Braspart qui domine le Yeun Elez. Voila ce que l’on répond à ceux qui ont eu le malheur de s’égarer dans le marais et qui disent avoir entendu hurler les chiens de la mort. Mon aïeule nous contait l’histoire des crieurs de nuits (hoper noz) que sont les enfants morts sans baptême et qui doivent rester errer ainsi jusqu’au jugement dernier. Bref, que des trucs vachement rigolo…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Un korbac des corbeaux…

Posté par erwandekeramoal dans TRADITION

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Amis de la tragédie grecque et du savon de Marseille réunis, bonjour ! Nous sommes le Jeudi 19 novembre 2015, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être Cormier chateau de Martreilplusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et Loire. Subodorant votre esprit suspicieux, j’imagine que vous n’allez pas me croire, et pourtant, c’est vrai. C’est aujourd’hui « La journée internationale des toilettes publiques », décidée en 2001 à Singapour. Il y en a des tonnes comme cela, la plupart sous l’égide de l’ONU; ce « machin » comme disait de Gaulle. Journée de la femme, de l’eau, de la poésie, de la gentillesse, du suicide, du sommeil. Certaines nous interpellent davantage. Tenez, le 29 novembre par exemple, c’est la journée internationale de solidarité avec le peuple Palestinien; on croit rêver…

Par chez moi, le 19 novembre, on célèbre les Bran. Oyez cette histoire. Pas très loin de l’ermitage de Keramoal où réside votre serviteur, face à la mer, du côté de Kerlouan, quelques vieux connaissent encore la légende de Bran. Elle raconte le souvenir d’un combat livré par Even le Grand aux hommes du Nord. L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi neiz vranlesquels le petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau, l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de Bretagne. Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille de Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. (la photo ci-dessus est « empruntée » au site la tribu d’Anaximandre)

Chaque année, en novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose en haut du chêne et dit «chantez pour moi, oiseaux de mon pays, vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne ». Alors les oiseaux entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de bouger et fait silence pour les écouter !

Je vote pour l’instauration d’une journée internationale du corbeau. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.