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Pour faire le portrait d’un portraitiste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du pantonyme* et du club Dorothée  réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 21 septembre 2014, dernier jour complémentaire du calendrier républicain, dédié colchiqueaux récompenses, et donc, à la veille du nouvel an républicain. Colchique dans les prés, c’est la fin de l’été, chantait mon aïeule qui, vous le constatez, avait tous les talents. Un autre qui possédait un talent inoui et dont je voulais dire quelques mots avant de l’accrocher aux cimaises de notre galerie, c’est Jean Lébédeff. Rien à voir avec le Ti beudeff à Groix, bistro mythique que tous les marins connaissent.

* Une religion, qu’est-ce d’autre qu’une doctrine qui explique quelque chose que l’on ne comprend pas (l’univers, la vie…) par quelque chose que l’on comprend encore moins (Dieu).
André Comte-Sponville 

Or donc, le 21 septembre 1972, mort de Jean LEBEDEFF à Nimes (Gard). Artiste libertaire, peintre et graveur. Il était né le 25 novembre 1884, à Bogorodskoïé (Nijni Novgorod, Russie), dans une famille de commerçants-agriculteurs. Après avoir obtenu, en 1907, un brevet de l’école de navigation de Nijni Novgorod, il devient capitaine sur un bateau de la Volga. Il manifeste sa solidarité avec le mouvement révolutionnaire en cachant plusieurs militants sur son bateau. En novembre lebedeff_jean1908, il fait expulser de son navire des gardes du Tsar, qu’il abandonne désarmés, sur une rive déserte. Il s’exile alors pour fuir la répression, traverse la Finlande, le Danemark et l’Allemagne, il arrive en Belgique où il retrouve à Ixelles son frère aîné, Nicolas, étudiant à l’Université libre dirigéé par Elisée Reclus. En 1909, il se fixe à Paris et exerce alors divers petits métiers. Il prends des cours de dessin et entre aux Beaux-arts en 1911. Il fréquente également l’académie de Léon Léonovitch Tolstoï (fils de l’écrivain) et l’Académie russe de Paris constituée d’émigrés souvent de tendances anarchistes. Il s’initie aussi à la xylographie, et ne cessera plus dès lors d’exercer son talent à travers la gravure sur bois. Il fréquente la bohême de Montparnasse et ses nombreux artistes ou littérateurs célèbres.
Lebédeff va influencer de nombreux graveurs dont le libertaire Germain Delatousche, fondateur du groupe Les Compagnons, dont il fera partie de 1921 à 1927. Ami avec Pierre Kropotkine, il sera également durant l’entre-deux guerres très lié au milieu libertaire et particulièrement aux exilés russes comme Voline et Makhno. Il hébergera d’ailleurs ce dernier plusieurs mois à son domicile et lui permettra le drapeau noird’obtenir des papiers. Il a collaboré dans cette période à divers titres de la presse libertaire Le Néo Naturien, La Vache enragée journal de la Commune libre de Montmartre dont il était membre et qui était dirigé par M. Hallé ainsi qu’à l’en dehors d’E. Armand, notamment en 1938.
Pendant l’occupation allemande, il cache dans son atelier de Fontenay-sous-Bois plusieurs amis juifs et anarchistes traqués par la Gestapo et pour lesquels il falsifiera à plusieurs reprises les papiers d’identité. Après la guerre, il épouse Kamille Klimeck, fille d’une famille bourgeoise polonaise, avec laquelle il aura un fils, Georges. Il continuera de collaborer à la presse libertaire L’Unique d’E. Armand et la revue Maintenant (1945 – 1948) d’Henri Poulaille. En 1947 il illustre la couverture du livre de Voline La Révolution inconnue, ainsi que l’ouvrage de Fernand Planche consacré à Kropotkine (1948).
En 1972, il se retire avec sa compagne Marie-Claire Blanc Maguelone et leur fils François à Gallargues-le-Montueux dans le Gard. Malade depuis une dizaine d’années, il décède à l’hôpital de Nîmes ce 21 septembre 1972.Sources.

Allez, bonne fin de semaine, portez vous bien et à demain peut-être.