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En passant par Saint-Thélo…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’apophtegme et du pâté Hénaff réunis, bonjour ! Nous sommes le lundi 09 février 2015, 21è jour de pluviôse dédié au Tabouret des champs. Je vous assure que j’invente pas. Vous connaissez le « tabouret bleu » ? Et bien c’est la thlaspi_bellidifoliumThlaspi. Vous connaissez pas la thlaspi ? C’est une belle plante de la famille des brasicasées. Non, pas des bras cassés. Le tabouret des champs est une mauvaise herbe annuelle qui pousse sur les terres labourées. Sa silique (cosse) aplatie, ovale et à larges ailes la rend particulièrement reconnaissable. Les parties vertes de la plante dégagent une légère odeur d’oignon lorsqu’elles sont pressées. Mon aïeule lui donnait le nom d’herbe aux écus. Et alors, merci qui… Merci tonton Erwan.

En Bertaigne, on célèbre la saint Télo; enfin, si on veut hein… Les prénoms « Tilio – Tlio – Téliau – Théliau » proviennent de Teilo, nom de l’évêque de Llandaff au VIe siècle, métropole de Cambrie, successeur de saint Dubrice (Dyfrig). Teilo est un dérivé de Eliud (to-eliud) qui signifie « oint de Dieu ». Son orthographe armoricaine a connu beaucoup de variations : on 300px-StTeloécrira en breton Telo et en français Thélo, Théleau, Téliau, Théliau. Les Gallois conserveront quant à eux l’orthographe unique de Teilo. Il est le saint Patron de Landeleau, de Leuhan (29), de Saint-Thélo (22) et de Montertelot (56), des villes galloises de Llandaff, Llandeilo, Penalun… Il est fêté le 9 février dans ses paroisses et patronne chaque année, à la Pentecôte, la célèbre troménie de Landeleau, où ses reliques sont portées en procession tout autour de la paroisse.

La commune de Saint-Thélo (22) lui doit son nom et on le trouve souvent associé à un cerf. Sans doute une récupération de l’église catholique, apostolique et romaine de Cernunnos divinité celte. Le prince Breton-Armoricain, nommé Budic et exilé en Angleterre, avait épousé Aneumède, la soeur de Saint-Thélo, et avait eu trois enfants dont Oudocée, Tiffei et Ismaël qui entrèrent tous dans la prêtrise. Le jeune prince Oudocée 29530488fut confié aux soins de saint Thélo, son oncle. Il devint prêtre, puis évêque et qui plus est, d’être un saint, sa fête se célèbre le 2 juillet. Son frère aîné, nommé Tiffei, fut religieux et martyrisé par des barbares infidèles, envahisseurs du pays. Son corps fut déposé à Pennalun, au comté de Pembroc, dit l’historien Deric. Un autre frère, nommé Ismaël, avait aussi eu pour maître saint Thélo, son oncle. Il fut prêtre aussi et évêque de Ménévic.

Si vous passez dans le secteur de Uzel, Saint-Thélo, arrêtez vous et visitez la Maison des toiles, pour y découvrir les secrets de la petite fleur bleue, le lin. Située au cœur d’une demeure de marchand de toiles du 18e siècle, la Maison des Toiles est le premier site breton à aborder l’âge d’or de la Bretagne textile et à présenter le lin d’aujourd’hui. C’est l’histoire des célèbres toiles « Bretagnes ». Une grande Uzelaventure qui débute au 17e siècle et laisse son empreinte dans l’architecture et le paysage en Centre Bretagne. Notre amie, et lectrice, Annie, pourrait vous en conter davantage, elle qui a travaillé au succès de la route du lin… Cultivé dans le Trégor, le lin était livré en filasse aux tisserands du Centre Bretagne. Puis les marchands de la manufacture portaient les toiles blanchies et empesées  aux négociants malouins qui les expédiaient à Cadix, d’où elles repartaient vers leur destination finale, les colonies espagnoles d’Amérique du Sud, pour la confection de linge de luxe. Saint-Thélo était l’une des paroisses les plus importantes de cette manufacture. En 1789 plus de la moitié des 3000 habitants sont des tisserands. Cette industrie a totalement disparue depuis le milieu du XIXe siècle, mais a laissé sa trace à travers un patrimoine architectural impressionnant.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Le champ de Lin mais pas de l’autre…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du développement durable et du linoléum réunis, bonjour !

Nous sommes le samedi 4 août et pour nos amis du calendrier républicain, ce 17ème jour de thermidor était celui du lin. La Bretagne a été une grande productrice de lin à tel point qu’à la Renaissance, les toiles servant à la broderie portaient le nom de « Bretagne superfine ».

Mais le lin est présent depuis beaucoup plus longtemps. On en trouve dans les bandelettes qui emmaillotent les momies égyptiennes. C’est une plante qui connait aujourd’hui une seconde jeunesse tant on s’accorde à lui trouver de vertus. Riche en fibre, on en fait ce merveilleux tissu mais aussi des isolants et sa richesse en oméga 3 en fait un excellent additif alimentaire. Sa culture est il est vrai assez difficile et demande une technicité particulière. Le Trégor était avec le Nord de la France terre de production. J’ai eu le bonheur de résider quelques temps dans une ancienne fermette du Trégor qui possèdait encore son routoir, cette cuve maçonnée qui servait à faciliter le rouissage du lin. Dans le Nord, ces cuves étaient appelées « Poc à lin » c’est l’origine du nom de famille Poclain… De plus, sa culture offre à la vue dès le mois de juin de magnifiques champs tout bleus du plus bel effet.

En terme d’environnement le lin offre de multiples avantages et particulièrement celui de réclamer peu d’engrais et peu de produits phytosanitaires (cinq fois moins que le coton par exemple). Par ailleurs, sa culture étant rotative, elle  n’épuise pas les sols et ne nécessite aucune irrigation. Mais le lin est une plante exigeante car au moment de la récolte elle est arrachée et non coupée, exportant ainsi beaucoup de matière organique du sol ce qui nécessite un délai entre deux cultures sur une même parcelle de cinq ou six ans. A droite: Le champ de lin – huile sur toile de Denis Dumets, peintre normand.

 

Mais, on papote, on papote et on voit pas le temps passer même si, c’est pas le temps qui passe, c’est nous qui passons dans le temps comme disait le poète.

Allez, merci de votre amicale visite; il est vrai que « les cénobites tranquilles » font désormais partie des sites incontournables quand bien même l’Unesco ne l’a pas encore intégré dans le patrimoine universel. Portez vous bien et à demain peut-être.