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Le Fur, Troadec, Merret: le trium verrat…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

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Amis de l’analyse concrète et du sirop d’érable réunis, bonjour ! Nous cheminons lentement vers avril et nous voici déjà le Dimanche 27 mars 2016, date qui correspond au 7è jour de germinal et qui est dédié au bouleau. Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique; il symbolise la sagesse, en breton Bezo (coad-bezo ou bien encoreslavicek Koad-argant – le bois d’argent, de bouleau, la boulaie, en Gallo la Bouillie) et dans le grand Nord Björk… Le nom local du bouleau est également à l’origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen); il s’agirait d’une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque. Au Canada et en Alaska on en tire un sirop et une eau de vie. Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie sous le nom de merisier, celui du bouleau flexible sous le nom de merisier rouge. On apprend chaque jour quelque chose sur « les cénobites tranquilles ». Voyez ici à droite ce magnifique tableau de Slavicek. Et voila, j’ai jamais tant parlé du bouleau que depuis que je suis retraité…

Or donc, si vous le souhaitez, vous pouvez célébrer les Louarn qui était, nous dit la chronique, le fils de Conan Meriadec, fondateur mythique de la Bretagne armoricaine. C’est ce qu’écrivait au tout début du dix neuvième, Miorcec de Kerdanet dans ses articles sur l’histoire de Bretagne dès la première livraison de la revue (nantaise) Le lycée armoricain; première revue à inscrire la Bretagne dans le mouvement romantique. Ce monsieur faisait partie de ceux là qui ont «inventé» l’histoire de la Bretagne et, comme vous pouvez le remarquer, ils était presque tous issus de la petite noblesse bretonne et/ou du clergé: Hersart de la Villemarqué, Morcet de Kerdanet, Arthur le Moyne de la 563286-merretBorderie, Albert le Grand… Son père, Daniel Nicolas Miorcec de Kerdanet (1752-1836), fut avocat, maire de Lesneven et député ultra-royaliste du Finistère à la Restauration. C’est à cette époque et avec les mêmes acteurs que naquit l’idée d’organiser la paysannerie et l’on vit naître l’Office central de Landerneau présidé par Hervé Budes de Guébriant qui, face aux idéologies révolutionnaires visait à donner l’illusion de l’existence d’une communauté naturelle, organiquement soudée dont on retrouve encore les traces aujourd’hui (bonnets rouges). Les droites bretonnes apparaissent alors à la charnière des deux siècles comme l’expression du consensus social et culturel qui continue à lier les différentes couches du monde rural. Le concept de «bloc agraire», emprunté à Gramsci, souligne la cohésion entre l’aristocratie foncière, le clergé, et une partie de la paysannerie autour de la défense d’un modèle proche de l’ancien régime. Presque deux siècles plus tard, Troadec, Le Fur et Merret, le trium « verrat » de la ruralité bretonne tentent de nous rejouer la même scène sur fond de biniouserie.

Allez je m’arrête là avant de vous lasser. Portez vous bien et à demain peut-être.

Un discret décret…

Posté par erwandekeramoal dans Actualités

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Amis de la géologie et du rougaï saucisse réunis, bonjour! Nous sommes le vendredi 10 janvier 2014, 21è jour de nivôse dédié à la pierre à plâtre, autrement dit le Gypse, longtemps exploité à Montmartre et dont les carrières accueillirent les suppliciés de la Commune.

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Tout à fait autre chose.

Un décret, publié au Journal officiel le 31 décembre, éclaire ce que la « simplification » vantée par François Hollande peut signifier. Ce texte permet aux éleveurs de porcs de créer ou d’agrandir plus facilement leurs installations. Jusqu’à présent, les élevages de moins de 450 bêtes devaient simplement s’enregistrer, mais toute ouverture ou extension au-dessus de 450 animaux nécessitait une autorisation assortie d’une imageslongue enquête administrative afin de vérifier l’impact environnemental. Cette demande d’autorisation disparaît ! C’est Marc Le Fur (député du 22 et bonnet rouge) qui est content… Désormais, les élevages de 450 à 2 000 porcs (ou inférieurs à 750 truies) n’auront qu’à s’enregistrer. La mesure ravit le lobby porcin, très actif en Bretagne, mais va augmenter les rejets nitratés alors que la Cour de justice européenne a constaté en juin le manquement de la France à ses obligations en matière de lutte contre cette pollution. «C’est un très mauvais coup porté à la protection de l’environnement» et cette mesure va «favoriser la concentration des élevages et aaaaaaaaaaaaaaaaaaaa-agrrr-808x1024amplifier les pertes d’emplois dans l’agriculture», alors que la Bretagne, «qui produit 58 % de la production nationale de porcs, a déjà perdu le quart de ses exploitations porcines entre 2000 et 2010», souligne Eaux et rivières de Bretagne.
Selon l’association de défense de l’environnement, «ce décret ajoute un nouveau recul réglementaire après la diminution des surfaces exigées pour l’épandage du lisier et la suppression de l’interdiction d’extension dans les zones d’excédent structurel de lisier».Les rejets nitratés issus des élevages sont considérés comme une cause majeure de pollution des eaux et de prolifération des algues vertes sur le littoral.(illustration piquée sur Dilhadsul) La Cour de justice européenne a de son côté constaté en juin le manquement de la France à ses obligations en matière de lutte contre la pollution aux nitrates sans toutefois lui infliger de sanctions pécuniaires à ce stade.

Pendant ce temps là, le cours de la quenelle ne cesse de grimper, les sénateurs séniles refusent la levée de l’immunité de Dassault, Hollande est toujours de droite, le stade brestois s’est fait lessiver par le PSG et il me reste 122 plants d’hortensia à tailler.  En attendant le prochain billet, portez vous bien et à demain peut-être

COCHON QUI S’EN DEDIE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis
des polyphosphates et du jambonneau réunis, bonjour !


Le 17
février
correspond au 29è jour de Pluviôse que nos ancêtres
républicains avaient dédié à la chélidoine dans leur calendrier.
Cette plante est aussi nommée herbe aux verrues car elle était
sensé les faire disparaître.


Une
verrue que l’on aimerait voir disparaître de nos côtes bretonnes ce
sont les algues vertes. Voilà sans doute pourquoi, le collectif
France Nature environnement, qui regroupe près de 3 000 associations
de protection de l’environnement, lance à partir de mardi une
campagne de publicité dans le métro parisien avec des affiches
choc (si la censure n’intervient pas). Au total, six montages différents qui montrent un enfant
jouant au milieu des algues vertes ou encore un homme jouant à la
roulette russe avec un épi de maïs dont on ignore s’il est OGM ou
non. Les agriculteurs de la FNSEA ont fait part de leur “dégoût”
face à “une campagne parisienne de dénigrement (…)
caricaturale et clairement orientée contre l’agriculture”
.

En
Bretagne
, les professionnels de la profession, producteurs et
marchands de cochons ont le groin qui se renfrogne. Le député Marc
Le Fur se dit scandalisé: « cette affiche n’est pas une
affiche de protection de l’environnement mais une affiche
anti-bretonne.
» On croit rêver, rappelons que c’est lui
qui a fait adopter un amendement au projet de loi sur la
modernisation agricole qui permettrait de relever le seuil de la
taille des porcheries soumises à étude d’impact de 450 à 2000
places .

Le
comité régional du tourisme, le Conseil Régional, tout ce beau
monde s’émeut, le ministre Bruno Lemaire dénonce lui aussi « un
scandale ».

Cette
fois
, France Nature Environnement revient donc avec une campagne choc
qui devrait lui permettre largement de se faire entendre. Toujours de
très bonne idées créatives mais en plus des images et des mots
très forts qui vont sans doute éveiller l’intérêt du grand
public et des médias.


En
effet
, des vacances avec vue sur les porcs, pas terrible. Que vient
faire le cochon là- dedans ? Son lisier est le responsable numéro
un de cette pollution dangereuse. Conjuguées aux fientes de
volailles et aux bouses de vaches dans une région leader en matière
d’élevages, ces cochonneries représentent l’équivalent de la
pollution générée par 50 millions d’habitants! Une marée marron
qui contamine l’atmosphère, charrie des nitrates dans des sols
saturés et vire au glauque lorsque ces fertilisants prennent la mer,
déclenchant une prolifération d’algues vertes qui s’échouent
sur les plages.
Consciente des enjeux en termes de survie des
entreprises et donc d’emplois, FNE propose un gel du cheptel,
jusque là en perpétuelle croissance, des incitations à l’élevage
sur paille, en plein air, associé aux cultures locales tout en
renforçant le contrôle du respect des textes, notamment en ce qui
concerne les installations ou épandages. Comment ne pas être
d’accord sauf à croire encore que la « paysannerie »
représente une force électorale dont il ne faut pas se couper. A
quelques jours du salon de l’agriculture, passage obligé pour tout
élu, l’ambiance est de mise. « Les cénobites tranquilles »
applaudissent à cette campagne qui vient réveiller les consciences
avant que la côte de granit rose ne devienne la côte de porc.


Allez,
cela suffira pour aujourd’hui, portez vous bien (si je puis dire) à
demain peut-être et n’oubliez pas: Indignez vous !