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CES ETRES LA SONT ADORABLES…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du symbolisme décadent et du jambon de Bayonne réunis, bonjour!

C‘est aujourd’hui le trentième et dernier jour de thermidor, dédié au moulin. A l’heure où vous lirez ce billet (pour ceux qui suivent au jour le jour les aventures du cénobite) je serai sur la route des vacances avec ma belle amie. Nous abandonnons quelques jours les brûmes d’Avallon pour visiter nos amis d’Euskadi. Pour l’heure je voulais vous inviter à profiter de cette période estivale pour délaisser un peu vos ordinateurs et vous plonger dans un beau recueil de poésie. J’ai opté pour Jules Laforgue dont la misogynie au 18è degré me comble d’aise à chaque fois.

 

Je me souviens d’un soir d’hiver dans un manoir proche de Dinard, alors que la soirée traînait en longueur et que le feu crépitait faiblement dans la grande cheminée de granit. On refaisait le monde à notre manière quand l’un de nous récita ce poème et pour beaucoup ce fut une découverte. Le récitant s’appelait Bernard Lavillier et fit plus tard la carrière que vous savez.

Un couchant des Cosmogonies ! 
Ah ! que la Vie est quotidienne...

 Et, du plus vrai qu'on se souvienne,
 Comme on fut piètre et sans génie...

On voudrait s'avouer des choses,
Dont on s'étonnerait en route,
Qui feraient une fois pour toutes !
Qu'on s'entendrait à travers poses.

On voudrait saigner le Silence,
Secouer l'exil des causeries ;
Et non ! ces dames sont aigries
Par des questions de préséance.

Elles boudent là, l'air capable.
Et, sous le ciel, plus d'un s'explique,
Par quel gâchis suresthétique
Ces êtres-là sont adorables.

Justement, une nous appelle,
Pour l'aider à chercher sa bague,
Perdue (où dans ce terrain vague ?)
Un souvenir d'AMOUR, dit-elle !

Ces êtres-là sont adorables !

Au moment de la mort de son père, en 1881, il part pour Berlin, où il devient lecteur de la francophile et libérale Impératrice Allemande Augusta de Saxe-Weimar, grand-mère du futur Guillaume II. Son travail consiste à lire à l’impératrice, deux heures par jour, les meilleures pages des romans français. Il s’agit d’un emploi très rémunérateur qui lui laisse du temps libre et qui lui permet de voyager à travers l’Europe. Malgré cela, il éprouve ennui et mal de vivre.

Ce n’est qu’en 1886 qu’il quitte ce poste ; dès le début de l’année, à Berlin, il rencontre une jeune Anglaise, Leah Lee, qu’il épouse le 31 décembre à Londres. Il rentre alors à Paris. Mais son état de santé se dégrade rapidement : atteint de phtisie, il meurt en août 1887 à son domicile; il venait d’avoir 27 ans ; sa femme, atteinte du même mal, succombera l’année suivante. Il rejoint le club des 27 dont j’ai déjà parlé ici.

 

Et voila, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

LA BARRE A DROITE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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A DROITE TOUTE !

Après la votation populaire des petits Suisses contre l’érection de nouveaux minarets, voilà que les Italiens à leur tour donnent de la voix. Le vice-ministre des infrastructures et des transports, Roberto Castelli, a proposé d’ajouter un crucifix au drapeau national. Ce monsieur fait partie de la Ligue du Nord, un parti populiste anti-immigrés qui appartient à la coalition dirigée par Sylivio Berlusconi. Et voici donc l’Europe sur le chemin de la surenchère. C’est à celui qui en fera le plus pour affirmer ses racines Judéo-Chrétiennes et bouter hors de nos frontières l’envahisseur musulman. Le comble dans cette triste et douloureuse histoire, c’est que ce sont les athées et autres libres penseurs comme votre serviteur qui s’en émeuvent.

GASTON COUTE: POETE ET PAYSAN

C‘était en 1970, peut-être 71, j’animais à l’époque un stage à Dinard et la partie musicale était assurée par un jeune chanteur qui, plus tard allait faire parler de lui, il s’appelait Bernard LAVILLIER. Au cours d’une soirée, il interprétât plusieurs poème d’un auteur libertaire et paysan qui s’appelait Gaston COUTE, mort en 1911. Il semble que Gaston Couté se voua de tout son cœur à la cause du Peuple, en donnant sa collaboration à quelques journaux anarchistes de ce temps. Ses chansons, écrites sur des sujets d’actualité, pouvaient se chanter sur des airs connus. Bâclées à la dernière heure, elles étaient souvent trop violentes et dépassaient ainsi le but qu’elles voulaient atteindre.

Le 13 juin 1911,  » La Guerre Sociale  » annonçait que Gaston Couté était poursuivi pour « outrages à la Magistrature ».
Un ouvrier, arrêté au cours d’une manifestation, avait été trouvé porteur d’un tire-bouchon. Il avait été traduit en Correctionnelle pour port d’arme prohibée. Couté en avait fait une chanson sous le titre  » Il avait an tire-bouchon « . Elle pouvait se chanter sur l’air  » Elle avait une jambe en bois « .

Il avait un tir’ bouchon
Dans la poch’ de son veston
On s’ demande où s’arrêt’ra
L’audace de ces scélérats ?

Par cette poursuite judiciaire Couté payait les outrances des chansons parues dans les journaux et revues anarchistes. Il était très connu dans les milieux syndicaux. On fredonnait ses chansons dans les rues et les ateliers.

Il paraît qu’il y eut, quelques mois plus tard, un second procès. Après la mort de Couté, les foudres de la justice se déchaînèrent encore une fois sur lui. Il fut poursuivi au sujet de la chanson  » Pour faire plaisir au Colon « .Le prévenu ne put venir au tribunal et pour cause.
Après un bref jugement, il fut condamné par contumace. Le Président demanda à l’avocat s’il n’avait rien à objecter. Il répondit : « Si, Messieurs, j’ai simplement à vous dire que vous venez de condamner un mort !  » Ces infos sont extraites d’un site qui lui est consacré: gastoncoupé.free.fr

C‘est tout pour aujourd’hui, allez, portez vous bien et, à demain peut-être.