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Le d’Artagnan de la Commune…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LECTURE

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Amis de l’apophtegme et du Coco boer réunis, bonjour ! Cahin caha nous avons atteint ce dimanche 21 juin 2015, 3è jour de messidor, qui marque le solstice d’été (16h37:55 U.T.C très exactement) et que ces mécréants de révolutionnaires avaient dédié à l’oignon. Hier, samedi 20 juin 2015, s’est déroulée l’inauguration de la rue Maxime Lisbonne dans le 18e arrondissement de Paris. Espérons que cette cérémonie fasse moins de difficultés que celle de la Ferté-Alais en 1970…

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Maxime LISBONNE est né à Paris, le 24 mars 1839, il aura un sacré parcours. Il s’engage très jeune dans la vie militaire, et dès le 7 mai 1854, il embarque comme mousse sur la Belle Poule et participe ainsi à la campagne de Crimée. Maxime Lisbonne fait la campagne en Italie et en Syrie. Envoyé aux lisbonnecompagnies de discipline, il fut gracié pour s’être signalé pendant l’incendie de l’hôpital d’Orléansville. Pendant le siège de Paris, il se range du côté des Fédérés, et joue un rôle très actif dans la défense de la capitale. Il prend part à plusieurs combats (Arcueil, Buzenval). Capitaine au 24ème bataillon de la garde nationale, lieutenant dans un régiment de marche, il prit une part active à la journée du 18 mars 1871, s’empara de la caserne des Minimes et fut nommé le 1er mai 1871 Lieutenant-colonel par la Commune.

Louise Michel dira de lui : « Quand Lisbonne vint le matin ( à Clamart  ) amenant du monde, il fut à la foi content et furieux, secouant ses cheveux sous les balles qui recommençaient à siffler ainsi qu’il eut chassé  des mouches importunes ». Le 26 mai, il est blessé et arrêté. En décembre 1871, le Conseil de guerre le condamne à la peine de mort, mais un second conseil, en juin 1872, commue sa peine en travail forcé en Nouvelle-Calédonie. Après l’amnistie de 1880, il revient en maxime lisbonne edtion dittmarFrance, reprend ses activités théâtrales aux Bouffes du Nord. Il se lance dans le journalisme avec L’Ami du peuple où il prône la révolution sociale. Il ouvre différents cabarets, La Taverne du Bagne, Le Casino des Concierges, Le Ministère des Contributions directes. Il s’y ruine. En juin 1889, un candidat de cinquante ans aux élections législatives à Paris publia un manifeste qui contenait ce passage : « SALTIMBANQUE Je suis ! SALTIMBANQUE Je reste ! Envoyez-moi grossir le nombre de ceux auxquels vous osez donner cette épithète, et vous verrez si j’hésite, en vrai acrobate, à crever le papier du cerceau sur lequel sera écrit : RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE ET SOCIALE ! » Le texte était signé de Maxime Lisbonne, ancien communard. Il termina sa vie comme débitant de tabac à la Ferté-Alais. Vous pouvez relire: Le banquet des affamés de Didier Daeninckx chez Gallimard. Il fallait bien tout le talent de cet auteur pour nous remettre en mémoire la vie mouvementée de ce héros de la Commune. Ou encore celui-ci de Marcel Cerf: Maxime Lisbonne le D’Artagnan de la Commune de Paris aux Editions Dittmar, 2014. Sources: Philippe AUTRIVE et site lafertealais.com https://www.lafertealais.com/

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à demain peut-être.

De Majan à Vallès…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du structuralisme et des jeans Levi-strauss réunis,  bonjour ! Nous sommes le jeudi 11 juin 2015, c’est le 23è jour de Prairial dédié au chèvrefeuille. Pour les adeptes de la pataphysique, cette date est importante car le 11 Juin 2015 est en réalité le Mercredi 25 Merdre 142 apparition d’Ubu roi. Par chez nous, certains vont célébrer les Majan (du vieux breton Maiian). A la même époque que Thénénan, peu après Plouguin-Loc-Majan2-224x300l’an 600, Thudon émigrait, lui aussi, en Armorique, accompagné de ses fils Majan et Gouesnou et de sa fille Tudona. Il accosta dans la région de Landéda, puis vint créer son ermitage au lieudit Saint-Thudon, situé à 2 km du bourg de Guipavas sur l’actuelle route de Gouesnou, près de Kervao. Je vous conterai un de ces jours les aventures de Majan qui a laissé son nom à une très jolie fontaine (aujourd’hui en fort mauvais état) que l’on nomme encore Feuteun ar Boan Benn, fontaine du mal de tête, qui était ce pourquoi on la fréquentait.  Outre les maux d’yeux on venait ici pour rechercher un mieux être.

Mais, passons à notre portrait du jour. Voici quelques mots sur un célèbre Communard qui a longtemps fréquenté Nantes. Le 11 juin 1832, naissance de Jules VALLES au Puy-en-Velay (Haute Loire). Journaliste, membre de la Commune, propagandiste libertaire et écrivain. Très tôt révolté, il prendVallès part à l’agitation révolutionnaire de 1848 à Nantes (où il est renvoyé du lycée). En décembre 1851, il essaie de s’opposer au coup d’Etat en tentant de soulever le peuple. De retour à Nantes, son père (qui ne partage pas ses idées) le fait interner dans un asile. Il n’en sera libéré que trois mois plus tard. A Paris, il se passionne pour les idées de Proudhon, mais à la suite d’une conspiration contre l’Empereur, il subit une peine de prison durant l’été 1853. (à droite: son portrait réalisé par Nadar)
Il devient journaliste, et publie ses premiers textes. Le 1er juin 1867, il lance l’hebdomadaire « La Rue » qui s’entoure de plumes et d’artistes célèbres, de Zola à Courbet. Mais après 6 mois de parution, le journal est interdit.

Vallès subit, fin 1868, un nouvel emprisonnement à cause d’un article. De 1869 à 1871, il lancera successivement plusieurs titres de presse « Le Peuple », « Le réfractaire » (dont je reproduis ci-contre à gauche un fac-similé), « La Rue » et à partir du 22 février 1871 « Le Cri du peuple » qui devient le journal de la Commune. Cosignataire, en janvier 1871, de « L’affiche rouge » (appel à l’insurrection), c’est tout le réfractairenaturellement qu’il devient, le 26 mars 1871, membre de la Commune. Partisan de la minorité, il s’opposera au Comité de Salut Public. Il combat sur les barricades durant la  » Semaine sanglante » puis parvient à se réfugier en Angleterre. Condamné à mort, il ne rentre à Paris qu’à l’amnistie de 1880, il y publie à nouveau, en 1883, « Le Cri du peuple », où s’y expriment blanquistes, et libertaires. Entre temps, ses romans autobiographiques « L’enfant », « Le bachelier » et « L’insurgé », ont été édité sous pseudonyme. Un dernier roman « Les blouses », sortira avant sa mort qui survient, après une maladie, le 14 février 1885.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

Les dragons de la phynance…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la variétoche et de la soupe de congre réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 14 octobre 2014, 23è jour de vendémiaire dédié au navet. Aléa jacta est ! Comme disait mon aïeule qui lisait Epicure dans le texte et Ouest-Eclair dans les cabinets.
Le sort en est jeté, à partir de dorénavant, tout sera comme avant… C’est du moins ce que semble dire nos dirigeants qui continuent de faire preuve d’une surdité ahurissante. A moins que… Les djeun’s ne prennent un coup de vieux, les ico-commune-1cheminots jouent les locomotives, les dockers se fâchent, les enseignants se, heu, comme d’hab’, les boulangers nous mettent dans le pétrin, les jardiniers nous envoient sur les roses, les routiers ne soient plus sympas, les électriciens fassent des étincelles, les magistrats debout abandonnent leurs assises, et tout ce petit monde décide de renvoyer les élus à leurs chères études. Tiens, souvenirs de la Commune: Le Comité central de la Garde nationale, installé à l’Hôtel de Ville depuis la soirée du 18 mars, précise, dans son appel du 22 mars (1871) aux électeurs, sa conception de la démocratie :  » Les membres de l’assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par l’opinion, sont révocables, comptables et responsables  » C’est pas interdit de rêver !

Vous avouerez qu’on ne sait plus à quelle sainte se vouer. Je vous propose d’essayer Enora.
En effet, en Bretagne armoricaine ce jour on célèbre (ou pas) les ENORA. On raconte que son père l’ayant forcée à épouser saint Efflam, elle refusa, d’accord avec Efflam, de mener vie commune. Ils se marièrent néanmoins et vécurent comme frère et sœur tout au long de leur vie. On peut voir sa statue Enoradans l’église de Plestin (Finistère) et dans la chapelle de Trézeny. La légende raconte qu’Enora, la chaste épouse de Saint-Efflam donc, partie à sa recherche en Armorique, vit son esquif de cuir (les fameux curraghs) échouer dans la baie de la Vierge, retenu par les pierres en fermant l’entrée à marée descendante. Un monastère fut dès lors fondé à cet endroit. Il n’y subsistera que du 5ème au 8ème siècle et fut sans doute à l’origine d’une légende qui voulait que le Yaudet fut le premier évêché, éphémère, du Trégor. Les pierres d’une première église remontent au 11ème siècle de notre ère, sur les fondations d’un temple romain dont elle récupéra certains matériaux. Enora est la patronne des nourrices, aujourd’hui on dit assistantes maternelles…

Quand à Efflam, oyez ce qu’en dit Albert le Grand : «  … nôtre Saint, avec sa compagnie, passa la mer & vint heureusement surgir à la coste de la Bretagne Armorique, en la baye de sable, qui est entre Toul Efflam & Loc-Mikel, dite communement la lieue de gréve, en la paroisse de Plestin, Diocese de Treguer, & leur vaisseau s’arresta vis-à-vis d’un grand roc, qui est au milieu de la gréve (en terre neanmoins), nommé Hyrglas. Il y avoit pour lors, le long de la gréve, une très-grande forest, de laquelle S. Efflam & sa troupe, descendans de leur vaisseau, virent sortir un horrible dragon, lequel se retiroit à travers la grève dans sa la croixcaverne, distante d’environ mil pas de ce roc; laquelle caverne était profonde de neuf coudées, & en avoit douze en la circonférence de son ouverture; mais de peur qu’à la piste et trace de ses griffes, il ne fut découvert & assiégé en cét antre, il avoit cette astuce de marcher à reculons, de sorte qu’à voir les marques de ses griffes dans le sable, on eut pensé qu’il venoit de sortir du lieu où il ne faisoit que d’entrer. » .

Au milieu de cette vaste grève sillonnée de ruisseaux et de filières, s’élève une croix de pierre (la croix de la lieue de grève-photo de gauche). Autrefois l’habitant de ce pays, avant d’entreprendre la traversée ne manquait jamais d’interroger la croix_10croix. Si les flots la recouvraient, il était trop tard : l’imprudent eut été infailliblement englouti. Si, au contraire, la croix se montrait au-dessus de l’eau, on disait : « la croix nous voit » et l’on s’avançait sans crainte. On dit qu’elle se déplace de l’épaisseur d’un grain de blé tous les sept ans : « Treuz ur gwinizhenn a bep seizh bloaz ». Bon, ben, y’a plus qu’à retrouver saint Efflam pour qu’il nous débarrasse des dragons de la phynance. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la libre pensée et du pili-pili réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 18 octobre 2013, 27è jour de Vendémiaire dédié au piment. Vous êtes encore devant votre ordinateur, Valls est toujours socialiste et sa petite entreprise ne connait pas la crise…

Le 18 octobre 1844, naissance d’Amilcare CIPRIANI à Rimini, Italie. Révolutionnaire Garibaldien, internationaliste, communard, puis anarchiste et socialiste. A 15 ans il s’engage dans l’armée, puis déserte pour rejoindre les troupes de Garibaldi. Fait prisonnier, il s’évade et rejoint la Grèce où il prend part aux insurrections contre la monarchie. Expulsé, il part en Egypte puis à Londres où il participe à la fondation de « l’Internationale ».
En 1865, il va défendre l’Italie en guerre contre l’Autriche, puis il combat en Crête où il devient l’ami de Gustave Flourens. De retour à cipriani_aAlexandrie, il est blessé dans un attentat. il rejoint alors Londres.
En 1870, il est à Paris et il participe à la guerre contre les allemands. Apprenant que Flourens est à la prison de Mazas, il prend la tête d’un commando et le fait libérer.
Le 18 mars 1871, aux premiers rangs parmi les communards, on le nomme chef d’État major. Le 3 avril, effectuant une marche sur Versailles, il est blessé et arrêté. Condamné à mort, il sera finalement déporté en Nouvelle Calédonie et ne rentrera en France qu’à l’amnistie de 1880. Expulsé, il passe en Suisse, puis en Italie, où il est arrêté le 31 janvier 1881 pour « conspirations », et condamné à 20 ans de bagne. Une campagne pour le faire libérer (en l’élisant député) n’aboutira qu’en 1888.
Retour en France où il collabore à la presse anarchiste : Le plébéien, etc. En 1897, il part en Grèce se battre contre les Turcs (il y sera blessé). Le 30 juillet 1898, en Italie, on le condamnera à nouveau, avec cinq anarchistes, à 3 ans de prison. En France, il militera ensuite au sein du mouvement socialiste révolutionnaire. Il meurt à Paris le 2 mai 1918. Sources

Allez, merci à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

Eugène VARLIN…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la propédeutique et du café-calva réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 28 65062789_pmai 2013, neuvième jour de Prairial dédié au Serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet, c’est bon pour tout: en infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches… Ce proche cousin du thym est une vraie panacée? C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale.

Le 28 mai 1871 marque, au rouge, la fin de la Commune de Paris. Toute la 53539711_psemaine, les Versaillais ont assiègé les fédérés, les derniers tomberont au cimetière du père Lachaise. Les hommes de Thiers vont s’acharner sur les communards. Arrestations, exécutions sommaires, déportation, emprisonnement… Cet épisode de l’histoire, qui n’a pourtant duré que 70 jours, a marqué à jamais l’épopée du peuple parisien. Séparation de l’église et de l’Etat, respect des immigrants, droits des travailleurs, égalité des sexes et autres avancées sociales. Et puis, des milliers, sans doute des dizaines de milliers de morts. Parmi eux, Eugène VARLIN.

Le 5 octobre 1839, naissance d’Eugène VARLIN à Claye Souilly, près de Paris. Relieur, militant ouvrier, internationaliste, communard et libertaire. En 1865, il participe à la fondation d’une société d’épargne et de crédit mutuel des ouvrierstil21_luce_001z relieurs. A la création de « l’A.I.T » (l’Internationale), il adhère à l’organisation et devient un des secrétaires du bureau parisien. Il sera délégué au congrès de l’A.I.T à Genève en 1868, et de Bâle en 1869. Il s’y prononce pour l’égalité des sexes ou encore pour « la collectivisation de la terre par les communes solidarisées ». Il est aussi, en 1868, à l’origine de coopératives de consommation. Lorsque la répression s’abattra sur l’A.I.T, Varlin sera condamné une première fois à 3 mois de prison, puis contraint de s’exiler en Belgique pour se soustraire à une nouvelle condamnation en 1870. Il rentre en France à la chute de l’empire, devient le commandant d’un bataillon de la garde nationale, participe aux élections du 8 février 1871 puis, à partir du 18 mars, jour de l’insurrection, il fait partie du Comité central de la garde nationale.  En illustration, l’assassinat d’Eugène Varlin par Maximilien Luce.

Le 26 mars, il est élu membre de la Commune de Paris. Il participe aux derniers DownloadedFile-1combats de la semaine sanglante. Arrêté le 28 mai 1871, il est roué de coups, puis fusillé par les Versaillais, après avoir crié « Vive la République vive la Commune ». C’est la fin du vieux monde gouvernemental et clérical, du militarisme, du fonctionnarisme, de l’exploitation, de l’agiotage, des monopoles, des privilèges, auxquels le prolétariat doit son servage, la Patrie, ses malheurs et ses désastres. Eugène Varlin, pendant la commune. Relisez le cri du peuple cette magnifique bande dessinée de Tardi d’après le roman de Vautrin.

Allez, soyez remercié d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LE TEMPS DES CERISES…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la butte Montmartre et de la chakchouka réunies, bonjour !

Nous sommes le samedi 23 février 2013 correspondant au 5è jour de ventôse qui était généralement dédié au bouc, ce qui bien évidemment n’a rien à voir avec ce qui suit.

Je voudrais dédié ce billet à un auteur et militant dont la plupart des oeuvres ont été oubliées à l’exception de quelques chansons emblématiques comme le temps des cerises ou la semaine sanglante. J’ai déjà eu l’occasion d’ évoquer ici Jeanbaptiste Clément*, ce révolutionnaire , anarchiste, syndicaliste et Franc-maçon mais, l’art de la pédagogie c’est la répétition, n’est-il pas ? *oui, son prénom s’écrit sans trait d’union… Ecoutons Francesca Solleville interpréter La semaine sanglante, chanson d’une actualité déconcertante.

Le 23 février 1903, à Paris. Mort de Jeanbaptiste CLEMENT (né le 31 mai 1836, à Boulogne). Communard et auteur de la célèbre chanson « Le Temps des Cerises ». Avant 62102891_p1870, il est plusieurs fois condamné à la prison pour ses écrits et pamphlets « Les Carmagnoles », « 89″, etc. Il siège ensuite à la Commune de Paris. Le 28 mai, il est avec Varlin et Ferré, sur la dernière des barricades. Il se cache un temps, avant de pouvoir trouver refuge en Angleterre, via la Belgique. Condamné à mort par contumace en 1874, il ne rentre en France qu’après l’amnistie de 1879. Il devient socialiste (nobody perfect), et s’engage dans le syndicalisme, particulièrement dans les Ardennes, où il donne de nombreuses conférences, organise des syndicats, etc. Le « Temps des Cerises » fut écrit en 1866. Mais c’est en 1885 qu’il dédiera cette chanson à Louise, ambulancière sur la dernière barricade du 28 mai. Cette chanson deviendra le symbole de la Commune de Paris.

« Quand nous chanterons le temps des cerises

Et gai rossignol et merle moqueur                          62103098_p

Seront tous en fête.

Les belles auront la folie en tête

Et les amoureux, du soleil au coeur!

Quand nous chanterons le temps des cerises

Sifflera bien mieux le merle moqueur! (…) »

Dans quelques années, un poète arabe, dédiera à une jeune infirmière du croissant rouge, une complainte intitulée « le temps du Jasmin », souvenir de ces journées qui firent basculer les régimes de Ben Ali, de Moubarak, de Kadhafi, de… En attendant ce jour, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Encore un grand bonhomme…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’insurrection et du Fernet branca réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 11 juin, 23è jour de Prairial dédié au Chèvrefeuille.

Après avoir évoqué samedi les rapports de Barbara avec la ville de Nantes, voici quelques mots sur un célèbre Communard qui lui aussi a longtemps fréquenté Nantes.

Le 11 juin 1832, naissance de Jules VALLES au Puy-en-Velay Haute Loire. Journaliste, membre de la Commune, propagandiste libertaire et écrivain.Très tôt révolté, il prend part à l’agitation révolutionnaire de 1848 à Nantes où il est renvoyé du lycée. En décembre 1851, il essaie de s’opposer au coup d’État en tentant de soulever le peuple. De retour à Nantes, son père qui ne partage pas ses idées, le fait interner dans un asile. Il n’en sera libéré que trois mois plus tard. A Paris, il se passionne pour les idées de Proudhon, mais à la suite d’une conspiration contre l’Empereur, il subit une peine de prison durant l’été 1853. à droite: son portrait réalisé par Nadar. Il devient journaliste, et publie ses premiers textes. Le 1er juin 1867, il lance l’hebdomadaire « La Rue » qui s’entoure de plumes et d’artistes célèbres, de Zola à Courbet. Mais après 6 mois de parution, le journal est interdit. Vallès subit, fin 1868, un nouvel emprisonnement à cause d’un article. De 1869 à 1871, il lancera successivement plusieurs titres de presse « Le Peuple », « Le réfractaire », dont je reproduis ci-contre à gauche un fac-similé, « La Rue » et à partir du 22 février 1871 « Le Cri du peuple » qui devient le journal de la Commune. Cosignataire, en janvier 1871, de « L’affiche rouge », appel à l’insurrection, c’est tout naturellement qu’il devient, le 26 mars 1871, membre de la Commune. Partisan de la minorité, il s’opposera au Comité de Salut Public. Il combat sur les barricades durant la  » Semaine sanglante » puis parvient à se réfugier en Angleterre. Condamné à mort, il ne rentre à Paris qu’à l’amnistie de 1880, il y publie à nouveau, en 1883, « Le Cri du peuple », où s’y expriment blanquistes, et libertaires. Entre temps, ses romans autobiographiques « L’enfant », « Le bachelier » et « L’insurgé », ont été édités sous pseudonyme. Un dernier roman « Les blouses », sortira avant sa mort qui survient, après une maladie, le 14 février 1885.

Encore un sacré bonhomme. J’ai franchement l’impression que le moule est cassé et qu’il s’agit d’une espèce en voie de disparition. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Le banquet des affamés…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, LES BEAUX SAINTS

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Amis de l’histoire en marche et du café-croissants réunis, bonjour !

Nous sommes le vendredi 08 juin, jour de la saint Médard… Comme disait mon aïeule, qui savait de quoi elle causait: S’il pleut à la saint Médard, on est dans le coltar !

Dans notre calendrier républicain, c’est le 20 de Prairial dédié à la fourche. Le 20 Prairial de l’an II voit l’apparition du culte de l’être suprême, une des fantaisies qu’affectionnait Robespierre. Ce dernier, déiste, avait vivement attaqué les tendances athées et la politique de déchristianisation des ultra-révolutionnaires, qui avaient institué le culte de la Raison fin 1793. Il leur opposa une religion naturelle – reconnaissance de l’existence de l’Être suprême et de l’immortalité de l’âme – et un culte rationnel (institution des fêtes consacrées aux vertus civiques) dont le but était, selon lui, « de développer le civisme et la morale républicaine ». Tiens, à propos de républicains, voici une idée de lecture pour vos vacances à venir: Le banquet des affamés de Didier Daeninckx chez Gallimard. Il fallait bien tout le talent de cet auteur pour nous remettre en mémoire la vie mouvementée de Maxime Lisbonne, héros de la Commune.

Maxime LISBONNE est né à Paris, le 24 mars 1839, il aura un sacré parcours. Il s’engage très jeune dans la vie militaire, et dès le 7 mai 1854, il embarque comme mousse sur la Belle Poule et participe ainsi à la campagne de Crimée. Maxime Lisbonne fait la campagne en Italie et en Syrie. Envoyé aux compagnies de discipline, il fut gracié pour s’être signalé pendant l’incendie de l’hôpital d’Orléansville.

Pendant le siège de Paris, il se range du côté des Fédérés, et joue un rôle très actif dans la défense de la capitale. Il prend part à plusieurs combats (Arcueil, Buzenval). Capitaine au 24ème bataillon de la garde nationale, lieutenant dans un régiment de marche, il prit une part active à la journée du 18 mars 1871, s’empara de la caserne des Minimes et fut nommé le 1er mai 1871 Lieutenant-colonel par la Commune.

 Louise Michel dira de lui : « Quand Lisbonne vint le matin ( à Clamart  ) amenant du monde, il fut à la foi content et furieux, secouant ses cheveux sous les balles qui recommençaient à siffler ainsi qu’il eut chassé  des mouches importunes ». Le 26 mai, il est blessé et arrêté. En décembre 1871, le Conseil de guerre le condamne à la peine de mort, mais un second conseil, en juin 1872, commue sa peine en travail forcé en Nouvelle-Calédonie. Après l’amnistie de 1880, il revient en France, reprend ses activités théâtrales aux Bouffes du Nord. Il se lance dans le journalisme avec L’Ami du peuple où il prône la révolution sociale. Il ouvre différents cabarets, La Taverne du BagneLe Casino des ConciergesLe Ministère des Contributions directes. Il s’y ruine. En juin 1889, un candidat de cinquante ans aux élections législatives à Paris publia un manifeste qui contenait ce passage : « SALTIMBANQUE Je suis ! SALTIMBANQUE Je reste ! Envoyez-moi grossir le nombre de ceux auxquels vous osez donner cette épithète, et vous verrez si j’hésite, en vrai acrobate, à crever le papier du cerceau sur lequel sera écrit : RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE ET SOCIALE ! » Le texte était signé de Maxime Lisbonne, ancien communard. Il termina sa vie comme débitant de tabac à la Ferté-Alais.

Allez, bonne lecture, portez vous bien et à demain peut-être.

Ca branle dans le manche…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de la satirologie et du pain bénit réunis bonjour !

Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce 28 mai, 9è jour de prairial, qui s’enorgueillit d’être dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…Encore faut-il rappeler que ce dernier n’est pas imputable aux dépenses des pauvres gens mais, en grande partie, aux mauvais, voire aux non-paiements du patronat…

Tout à fait autre chose: Ce 28 mai est jour anniversaire de la triste et funèbre fin de la Commune de Paris. Ce fut dans le sang, les pleurs, la déportation bref, la répression féroce et cruelle comme savent si bien la manier les forces de la réaction. Un siècle et demi plus tard, les méthodes n’ont guère changées…

La semaine sanglante.

Il y a 141 ans, le 28 mai 1871 marquait la fin de ce que l’histoire allait garder en mémoire sous le nom de semaine sanglante. C’était la fin d’une utopie joyeuse, d’un espoir en la capacité des hommes à vivre libres et égaux en droit. C’était la fin de la Commune.

Aujourd’hui, j’ai une pensée pour tous les indignés de la planète de Madrid à Montréal en passant par Athènes et les pays arabes. Les sbires de Bachar al Assad en Syrie ou les flics de Québec ne connaissent qu’une logique: la répression. Mais je vous le dis, amis lecteurs, ça branle dans le manche !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

A LA BASTILLE…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE, PORTRAIT

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Amis de la libre pensée et du coq au vin réunis, bonjour!

Nous sommes le lundi 19 mars 2012, 29è jour de ventôse dédié au Frêne. Hier les troupes du front de gauche de Mélenchon et consort ont rejoué la prise de la Bastille histoire de commémorer les évènements qui allaient rester dans l’histoire sous l’appellation « La Commune de Paris », le 18 mars 1871.

 

Puisque nous sommes en pleine commémoration de la naissance de la Commune de Paris, je souhaitais épingler cet infatigable combattant à notre galerie de portraits. Il est certes moins célèbre que Louise Michel et d’autres protagonistes de cette époque mouvementée mais il a dédié sa vie entière à une certaine idée de la République. Le blog des « Cénobites » se devait de lui rendre hommage.

Le 19 mars 1820, naissance de Charles Ferdinand GAMBON à Bourges. Avocat à 19 ans puis magistrat, d’abord républicain modéré, il devient socialiste révolutionnaire puis anarchiste et pacifiste.Elu du peuple après la révolution de 1848, il est arrêté dès 1849 pour son hostilité au futur empereur, et emprisonné à Belle-Ile en mer, puis en Corse, jusqu’en 1859. (Jean-Yves Mollier lui a consacré un livre « Dans les bagnes de Napoléon III, mémoires de Ferdinand Gambon» aux Presses Universitaires de France en 1983). Par la suite, ne reconnaissant pas l’Empire, il refuse d’acquitter l’impôt. Il adhère à l’Internationale et participe à la fédération des sociétés ouvrières. Le 26 mars 1871, il est élu membre de la Commune de Paris. Désigné à la fonction de procureur, il refuse le poste, trop conscient des méfaits de la justice et de la prison. Il est partisan d’aider au soulèvement des villes de province, dans le but de former une grande fédération des communes. Présent sur les dernières barricades, le 28 mai, il parvient pourtant à échapper aux massacres et se réfugie en Suisse. Il devient propagandiste anarchiste et milite à la Fédération Jurassienne. A son retour en France,en 1880, il prend part au mouvement anarchiste aux côtés de Louise Michel, sans rompre avec les socialistes révolutionnaires il sera même élu député en 1882. Il défendra les anarchistes lyonnais emprisonnés lors du procès de 1883. Il est l’auteur, dans « Le cri du peuple », du célèbre slogan pacifiste « Guerre à la guerre ». Il meurt le 16 septembre 1887.J’ai retrouvé un texte de Eugène Pottier, auteur de chants magnifiques sur la Commune et de « l’Internationale », écrit en 1883 et dédié à Ferdinand Gambon, il s’intitule Abondance.

Toute une mer d’épis ondule et les sillons
Portent à la famine un défi ; l’été brille,
De chauds arômes d’ambre emplissant les rayons ;
Les blés murs, pleins et lourds, attendent la faucille.

Les moineaux, les mulots festinent ; les grillons
Poussent un chœur strident comme un feu qui pétille.
La brute semble croire à ce que nous croyons,
On entend tout chanter l’Abondance en famille.

Du sein de la nourrice, il coule en ce beau jour
Une inondation d’existence et d’amour.
Tout est fécondité, tout pullule et foisonne !

Mais, rentrant au faubourg, mon pied heurte en chemin
Un enfant et sa mère en haillons… morts de faim !
Qu’en dites-vous, blés mûrs, et qui donc vous moissonne?

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.