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Pierre Kropotkine.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

Amis de l’éthologie et de la terrine de lièvre réunies, bonjour !

Nous sommes le mercredi 13 février 2013, 25è jour de Pluviôse dédié au Lièvre. C’est un 13 février en 1921 que fut enterré Kropotkine suivit par une foule considérable.statue_kropot_dmitrov

Descendant du grand-prince de Kiev Vladimir II Monomaque, donc issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l’armée impériale russe à partir de 1857. Il est alors affecté comme officier de Cosaques en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l’armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l’université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l’Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s’évade deux ans plus tard.

Réfugié en Grande-Bretagne, il revient en Suisse, reprend son activité militante et 49644920_ppublie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l’intervention, en particulier, de Victor Hugo. Il s’installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d’Élisée Reclus. Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksandr Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique, notamment de la personnalité de Lénine, et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.(ici, une photo de Kropotkine que l’on doit à Nadar. Jaime bien le côté père Noël.)

En 1919, l’insurrection anarchiste menée par Nestor Makhno (qui se réfugia en France et fit escale à Brest) à travers l’Ukraine revendiquera l’application effective des principes exposés dans l’Entraide.

Le 13 février 1921, à Moscou. Les funérailles de Pierre KROPOTKINE sont le théâtre de la dernière manifestation libre et de masse  en Russie bolchévique. On sait ce qu’ilkropot_cortege en est advenu par la suite. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d’assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes suit le cercueil jusqu’au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, mais aussi des banderoles proclamant : »Où il y a de l’autorité, il n’y a pas de liberté ». Sources:

Allez, merci à vous de suivre les tribulations du cénobite; portez vous bien et à demain peut-être.

 

Kropotkine

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

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Amis de la bande dessinée et de la bande à Siné réunies, bonjour !

Nous sommes le dimanche 09 décembre 2012, 19è jour de Frimaire dédié à la Sabine (espèce de genevrier).

Le 9 décembre 1842, naissance de Pierre Alexeiévitch KROPOTKINE à Moscou. 

Descendant du grand-prince de Kiev Vladimir II Monomaque, donc issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l’armée impériale russe à partir de 1857. Il est alors affecté comme officier de Cosaques en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l’armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l’université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l’Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s’évade deux ans plus tard. .(ici, une photo de Kropotkine que l’on doit à Nadar. Jaime bien le côté père Noël.)

Réfugié en Grande-Bretagne, il revient en Suisse, reprend son activité militante et publie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l’intervention, en particulier, de Victor Hugo. Il s’installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d’Élisée Reclus.

Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksandre Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique notamment de
la personnalité de Lénine et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.

En 1919, l’insurrection anarchiste menée par Nestor Makhno (qui se réfugia en France et fit escale à Brest) à travers l’Ukraine revendiquera l’application effective des principes exposés dans l’Entraide.

Le 13 février 1921, à Moscou. Les funérailles de Pierre KROPOTKINE sont le théâtre de la dernière manifestation libre et de masse  en Russie bolchévique. On sait ce qu’il en est advenu par la suite. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d’assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes suit le cercueil jusqu’au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, mais aussi des banderoles proclamant : »Où il y a de l’autorité, il n’y a pas de liberté ». Sources: L’éphéméride anarchiste et, à voir sur Causeur.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Y’EN A PAS UN SUR CENT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des chinoiseries et du thé noir réunis, bonjour !

Nous sommes le 17 octobre, 26è jour de vendémiaire dédié à l’aubergine. Tiens, commençons cette semaine par un peu d’humour: celui-ci est glané dans les colonnes du Canard enchainé: « Ten years ago we have Steve Jobs, Bob Hope and Johnny Cash, now we have no jobs, no hope and no cash. » Amusant non!

Tout à fait autre chose.

Il est assez rare que l’on parle des anarchistes chinois, pourtant, il en est qui ont marqué l’histoire de leur empreinte.

Après plusieurs années d’une interminable agonie – l’euthanasie lui fut toujours refusée – l’écrivain chinois Pa Kin est mort le 17 octobre 2005, à l’âge de cent ans. Depuis 1949, il était une des figures littéraires officielles du régime de Pékin. Ce qu’on sait moins, c’est que Pa Kin fut un des principaux introducteurs de l’anarchisme en Chine, notamment en traduisant les œuvres complètes de Kropotkine. Le « Kin » de son pseudo était d’ailleurs un hommage à Kropotkine.

Né en 1904 à Chengdu, la capitale du Sichuan, dans une grande famille bourgeoise, la jeunesse de celui qui s’appelle encore Li Feigan est marquée par les convulsions révolutionnaires qui agitent l’empire du Milieu. En 1912, l’empereur est déchu et la république proclamée. En 1919, en pleine vague de grèves et d’agitation sociale, l’adolescent s’engage au sein du groupe anarchiste de Chengdu. Il est alors ébloui par la pensée de Pierre Kropotkine et les articles de l’Américaine Emma Goldmann, avec qui il entretiendra une correspondance. Il part étudier à Nankin puis à Shanghai, et apprend le français, le russe, l’anglais et l’esperanto. Shanghai est alors l’épicentre des luttes révolutionnaires en Chine, qui vont culminer avec la tentative ratée d’insurrection communiste en 1927. Le mouvement anarchiste chinois, pris en étau entre les nationalistes et les communistes, décline. Li Feigan part en 1927 faire des études à Paris « pour aller vers l’Occident à la recherche de la vérité », comme de nombreux jeunes Chinois progressistes.

En France, il milite au sein du mouvement anarchiste et s’engage dans la campagne internationale pour la libération de Sacco et Vanzetti. Ce séjour à Paris est également l’occasion de publier son premier roman : Destruction, pour la première fois sous le nom de Pa Kin. L’œuvre littéraire de Pa Kin aura donc deux versants : la traduction d’une part, le roman d’autre pa

Revenu en Chine en 1929, il devient un des intellectuels en vue du mouvement anarchiste, en publiant divers romans où s’affrontent la Chine féodale et révolutionnaire, dont son chef-d’œuvre quasi autobiographique, Famille (1931), portrait au vitriol du système familial, féodal et patriarcal.

Les années 1930 sont, en Chine, celles de l’invasion japonaise, qui va sceller l’alliance entre communistes et nationalistes pour la libération nationale. Lui s’enthousiasme pour la Révolution espagnole qui, à l’autre bout du monde, porte les espoirs d’une société libre, socialiste et libertaire. Mais il est en Chine, et la nécessité politique prime.

La guerre terminée, en 1945, il s’attaque à la traduction des œuvres complètes de Kropotkine, et publie l’un de ses derniers romans, très pessimiste, Nuit glacée (1946). Le mouvement anarchiste est alors disloqué dans son pays, mais Pa Kin reste le principal correspondant en Chine de la Commission des relations internationales anarchistes (CRIA), bureau de liaison du mouvement anarchiste.

Les communistes s’emparent définitivement du pouvoir en octobre 1949 et il va devenir impossible, pour un écrivain de la stature de Pa Kin, de ne pas adhérer à une des organisations satellites du Parti. Il rejoint donc l’Association des écrivains chinois, et devient député à l’Assemblée nationale populaire. Glorifiés, ses romans sont portés à la scène et à l’écran.

Sa vie sera désormais ballotée au gré des fluctuations et retournements brutaux propres aux organisations léninistes et staliniennes. Il sera du côté des bourreaux en 1957, à l’époque du « tournant antidroitier », et s’associera à la dénonciation des écrivains accusés de déviance. Ses romans sont censurés puis réédités, tronqués de tout élément proanarchiste. Il n’entreprendra désormais que des traductions, des essais et ses mémoires.

En 1966, à l’occasion de la Révolution culturelle, c’est à son tour de faire partie des victimes. Publiquement humilié, dénoncé comme « traître à la nation », placé sous surveillance, il passe dix ans à faire et refaire son autocritique. Il ne sera réhabilité qu’en 1977, après la mort de Mao et l’éviction de la « Bande des quatre ». Ici à gauche, à Shangaï, lors de ses obsèques.

Sources:Alternative Libertaire-Novembre 2005.

Voila pour ce début de semaine qui aurait du être consacré à la désignation de Machin à l’issue de la primaire citoyenne mais, vos gazettes vont déborder de commentaires…Le cénobite n’aime guère les chemins battus. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


 

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la jocrissade et du poulet basquaise réunis, bonjour!

Et bien voila, nous y sommes au 15 août…Si vous êtes impatient de finir le mois, dites vous que nous sommes le 28 de thermidor et que c’est le jour du lupin. Je connaissais la valeur décorative du lupin et ses fleurs de toutes les couleurs mais, un jour dans le Sud de la France j’ai découvert que ses graines saumurées étaient comestibles et que les autochtones les consommaient à l’apéro sous le nom de Tramousse.

En Amérique latine le lupin blanc est cultivé pour en faire de la farine et au Brésil ils en tirent une bière. Egyptiens, Incas et Mayas connaissaient déja cette plante protéagineuse fort nourrissante. Comme disait Lewis Carroll:Suivez ce lupin blanc… Et puisque nous sommes le jour de Marie, je vais en profiter pour vous parler de… Paul.

 

Le 15 août 1935, mort de Paul SIGNAC, à Paris.
Artiste peintre néo-impressionniste et anarchiste. A gauche, son portrait par Seurat.
Il naît le 11 novembre 1863, à Paris. Fils unique de riches commerçants, il peut donner libre court à sa passion pour la peinture. Sa carrière artistique débute en 1880, mais sa rencontre en 1884 avec Seurat est déterminante pour son orientation artistique. L’école néo-impressionniste vient de naître et il devient rapidement un de ses brillants représentants. A l’avant-garde des recherches picturales il en vient naturellement à s’intéresser aux idées révolutionnaires de son temps. La lecture de Kropotkine, d’
Élisée Reclus lui font découvrir les idées anarchistes.

Ami de Jean Grave, il va alors collaborer à partir de 1896 aux « Temps Nouveaux », revue qu’il aide également financièrement. Mais l’art purement militant ne l’intéresse guère, il lui préférera une libre expression de l’artiste plus à même de lutter contre les conventions bourgeoises. Nombre de ses tableaux représentent des paysages bucoliques de bord de Seine où de bord de mer, mais son Chef-d’œuvre, tant par sa taille (3 mètres sur 4) que par l’idée qu’il exprime, reste le célèbre Au temps d’harmonie qui décrit une société libertaire réalisée. D’abord désigné sous le titre de « Temps d’anarchie » et destiné à décorer la Maison du Peuple de Bruxelles, ce tableau nécessitera deux ans de travail (1893-1895) ici à droite.

Parmi les quelques portraits, notons celui de son ami Félix Fénéon où celui des « Démolisseurs » symbolisant admirablement l’assaut contre la société bourgeoise. Profondément anarchiste, le ralliement en 1914 de Jean Grave et Kropotkine en faveur de l’intervention guerrière lui causera un véritable traumatisme qui l’empêchera de peindre pendant trois ans. Il rejoint alors les pacifistes internationalistes autour de Romain Rolland, puis s’enthousiasme pour la révolution russe. Un an avant sa mort, il se mobilisera encore au sein d’un comité de vigilance des intellectuels antifascistes et de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LES TEMPS NOUVEAUX…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour !

 

Ce 4 mai correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec le taenia qui est le ver à soi… En Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui doivent leur nom bien entendu à un supposé saint venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle. Il fait partie de cette cohorte de saints que les évangélisateurs de la Bretagne ont imposé pour christianiser à marche forcée cette terre de païens. Un certain nombre de communes lui doivent leur nom à l’instar de Ploneour-Menez, Ploneour-Trez ou Ploneour-Lanvern, toutes dans le Finistère. La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de galles vous en conviendrez. Il aurait été accompagné de sa soeur Thumette, on n’est jamais trop prudent. La légende toujours, le veut enterré dans l’église de Ploneour-Menez. Dans les monts d’Arrées, à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales de St Enéour ainsi que la marque de son corps. Si l’on en croit l’almanach des PTT (oui, je sais, je date un peu) c’est aujourd’hui la St Sylvain qui faisait dire à mon aïeule:c’est à la St Sylvain que vend son vin le malin… Bonne fête donc à Sylvain qui se reconnaîtra.

 

Tout à fait autre chose.

 

C‘est le 4 mai 1895 que paraît le premier numéro du journal Les temps nouveaux, à l’initiative de Jean Grave, dont j’ai souvent parlé ici même. Cet hebdomadaire qui vivra jusqu’en 1914 sera un formidable outil de propagande des idées anarchistes. De nombreux artistes et intellectuels y ont collaboré: Kropotkine, Elisée Reclus,Octave Mirbeau, Felix Nadar… On peut voir ici, à gauche, une lithographie de Maximilien Luce pour illustrer le supplément littéraire du journal. C’est donc plus de 900 numéros qui verront le jour ainsi que quelques suppléments et brochures consacrés à Malatesta, Elisée Reclus, Proudhon… Voici ce que l’on pouvait lire dès le premier numéro:Par ces temps de tripotages financiers, de réclame sans vergogne, la presse est devenue la servante de la banque et du commerce. Il est admis, aujourd’hui, qu’un journal ne peut vivre sans bulletin financier et qu’en abandonnant sa quatrième page aux petites correspondances amoureuses, aux marchands de « curiosités », aux charlatans de la « spécialité ». Sans capitaux et sans avance, nous lançons notre journal, ne comptant que sur l’appui du public intellectuel et la bonne volonté de ceux qui nous connaissent. Nous n’insérerons ni bulletin financier, ni réclame payée, ni annonces commerciales, n’espérant pour faire vivre notre journal qu’en la seule vente de ses numéros. Cette tentative réussira-t-elle ? – Au public d’en juger s’il doit continuer à servir le puffisme qui se fait sur son dos, ou apporter son concours à une œuvre d’idée.

Cela vous rappelle quelque chose ? En tous cas, ce petit billet m’a permis de découvrir ce qu’était le « puffisme », cet art de la réclame outrancière. De l’anglais to puff

 

Allez, merci à vous d’être passé, je vous sais très occupés par les temps qui courent, portez vous bien et à demain peut-être.

IL ETAIT UN P’TIT MOINE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la culture pour tous et du poulet aux marrons réunis, bonjour !

En ce 7è jour de frimaire, nous saluons le chou-fleur qui est un peu le légume emblématique du Léon (finistère nord). Restons donc dans le Léon puisqu’aujourd’hui, nous célébrons la Saint Tangi. Encore un moine qui fonda l’abbaye de st Mathieu au Conquet. La légende dit qu’il était fils du seigneur Galono de Trémazan en Léon, près de portsall. Celui-ci avait eu comme seconde épouse une femme qui le maltraitait lui et sa sœur. Envoyé à la cour du roi franc Childebert 1er, pour son éducation, où il devint chevalier, il a laissé sa sœur Haude
au pays (ce qu’il ne faut jamais faire). À son retour sa belle-mère dénonce celle-ci comme déshonorant
la famille et Tanguy la tue en la décapitant d’un coup d’épée. La victime prend alors sa tête dans les mains et ses jambes à son cou et rentre à
la maison pour demander les sacrements avant de mourir. Horrifié Tangi se repent sévèrement et se voue à la vie monastique avant de fonder sur la pointe St Mathieu (appelée en breton Locmazhé) une nouvelle abbaye. Il a fondé aussi l’abbaye de Gerber. Il est inhumé et vénéré (ou pas) par tout le peuple breton à Locmazhé. Pourtant, faire perdre la tête à sa soeur, pour une vie de saint, ça commençait mal !

Le 27 novembre (du calendrier Julien) c’est la naissance de Kropotkine. J’ai souvent évoqué la figure de ce personnage dans mes billets car il a eu une importance singulière dans l’histoire de l’anarchisme. Tout comme notre petit moine,outre le fait qu’il portait la même barbe, il était pourtant issu de la noblesse, descendant du grand prince de Kiev, Vladimir II Monomaque. C’était par ailleurs un savant et on lui doit nombre de publications notamment de géographie.(Sur ce dessin, à gauche, il ressemble comme deux gouttes d’eau à un ami de Dinan)
En 1883, à la suite des grèves des canuts dont je vous ai parlé récemment, il est arrêté. Il ne sera amnistié que grâce à l’intervention de Victor Hugo. Il va dès lors s’installer en Angleterre et collaborer à la rédaction de la géographie Universelle d’Elisée Reclus. Il retournera en Russie en 1917 et refusera le poste de ministre que lui propose Kerenski. Ses critiques vis à vis du pouvoir bolchevique se feront de plus en plus virulentes. On considère généralement, qu’après Fourier, Proudhon et Bakounine, c’est Kropotkine qui va donner à l’anarchisme la consistance idéologique qui lui manquait. Il va décéder le 8 février 1921 à Moscou. Son enterrement va constituer la dernière grande manifestation anarchiste qui sera tolérée à Moscou.

Tout à fait autre chose.
J‘entends souvent les gens se plaindre de l’apparition de tags ou de graffitis sur les murs de leur quartier. Les brestois de la rue Sané ont, eux, bien de la chance. Des artistes anonymes ont tagué une reproduction du célèbre tableau de Picasso « Guernica » devant chez eux. Qui s’en plaindrait ?

Allez, voila pour ce samedi frigorifique, sortez couvert, portez vous bien et à demain peut-être.

C’est un plaisir pour moi que d’évoquer devant vous ce grand bonhomme que fut Charles-Ange Laisant.

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des mathématiques modernes et du pigeonneau laqué réunis, bonjour !

C‘est
un plaisir pour moi que d’évoquer devant vous ce grand bonhomme que
fut Charles-Ange Laisant.

Le
1er novembre
1841,
naissance de Charles-Ange LAISANT, à La Basse-Indre, département de
la Loire-Atlantique.
Militaire, mathématicien, député
d’extrême-gauche, franc-maçon, il devient ensuite anarchiste,
pédagogue rationaliste, libre-penseur, espérantiste.
Parcours
atypique que celui d’Ange Laisant, après de brillantes études au
lycée de Nantes, il intègre l’Ecole Polytechnique. Capitaine du
génie lorsque éclate la guerre de 1870, il assurera durant le siège
de Paris la défense du Fort d’Issy jusqu’en janvier 1871. Après la
chute de l’Empire, il se présente en février 1871 aux élections
sur une liste républicaine (il sera battu) mais, en octobre de la
même année, il devient Conseiller Général du canton de Nantes. Il
se trouve en garnison à Tours lorsque la Commune de Paris est
proclamée mais ses opinions avancées lui vaudront d’être muté en
Corse puis en Algérie. Il quitte ensuite la carrière militaire pour
se consacrer à la politique et sera élu député de Nantes le 20
février 1876 (à l’époque en Loire inférieure), il siégera alors
sur les rangs de l’extrême-gauche (mandat qui sera renouvelé cinq
fois). Le 29 novembre 1877, à Paris, il soutiendra avec succès deux
thèses pour un doctorat ès sciences mathématiques. En 1885 il est
élu député de la Seine, puis en 1889 à Paris (18ème) sous
l’étiquette Boulangiste (il avait fait ses études avec Boulanger)
puis Dreyfusard. Mais, dégoûté de la carrière politique, il y
renonce en 1893 pour se consacrer à l’enseignement. C’est par son
fils Albert, devenu anarchiste, qu’il rallie à son tour les
libertaires. Il sera un des responsables de la « Ligue
internationale pour l’éducation rationnelle de l’Enfance »
fondée par Franscisco Ferrer et l’inspirateur de Freinet pour
l’enseignement des mathématiques.
Néo-malthusien, libre-penseur
et franc-maçon, il écrit des textes éducatifs pour les enfants, en
mathématique, physique, etc., et se passionne pour l’espéranto. Il
collabore aux journaux « La Bataille syndicaliste » ,
« l’Ecole rénovée », « l’Ecole émancipée »,
« L’idée Libre », et écrit également des brochures ou des
essais théoriques comme « La barbarie moderne » (1912). On
lui doit la préface d’une édition moderne du « discours de la
servitude volontaire
» de Etienne de la Boëtie.

Durant
la première guerre mondiale, dans le sillage de Jean Grave et
Kropotkine il signera le « Manifeste des seize » favorable à
l’intervention contre l’Allemagne. Pourtant, ce grand mathématicien
et philosophe est pratiquement inconnu en France, offrons lui la
place qui lui revient dans notre galerie de portraits.

P.S.
Message pour Jean-Yves. Existe t-il une rue ou une place portant son
nom à Nantes ?

Et bien voila pour ce 1er novembre, jour de tous les saints (et Dieu sait si il y en a). Merci d’être passé en ce jour férié, profitons pendant qu’il y en a encore, portez vous bien et à demain peut-être.

 

SOLEIL LEVANT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du soleil levant et des sushis de thon réunis, bonjour !

Le 16 septembre 1923 fut une date fatale pour Itö NOE, féministe et anarchiste Japonaise, puisque c’est le jour de son assassinat par un escadron de la police militaire. Le responsable militaire, un certain Amakasu, fut condamné à 10 ans de prison mais très vite remis en liberté.
Itô Noe est une pionnière du mouvement féministe au Japon. A 16 ans elle est diplômée de l’école de filles Ueno à Tokyo. Elle était née en Janvier 1895 sur l’île de Kukuoka. Très jeune elle est contrainte à un mariage forcé qu’elle finit par fuir. Elle trouve refuge chez son professeur d’anglais, le poète Dadaïste et libertaire Jun Tsuji qui fut le premier à traduire les travaux de Stirner en japonais. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (2). Elle sera la rédactrice en chef de la revue culturelle Seito-sha qui, comme chacun le sait, signifie « Le bas bleu ».
Elle devient romancière et publie des textes de critique sociale et traduira les écrits d’Emma Goldman; c’est en 1914 qu’elle va rencontrer Sakae Osugi. Lorsque le journal de ce dernier est interdit par la police, elle prend sa défense dans Seito-sha. Sa véritable histoire d’amour avec Osugi commence en 1916, mais celui-ci sera victime de la jalousie d’une ancienne maitresse qui le poignardera. L’épisode va provoquer un vrai scandale dans ce Japon traditionaliste qui va dénoncer leur immoralité. Elle va vivre avec Osugi avec qui elle aura quatre filles et travaillera à développer le mouvement anarchiste tout en continuant à traduire Emma Goldman et Kropotkine.
Dans la confusion qui suivit le tremblement de terre du 1er septembre 1923, elle est arrêtée avec Osugi et un neveu âgé de six ans. Tous trois seront massacrés par la police. Itô NOE avait 28 ans.

VICTOR JARA…

Décidément, l’inomable n’a pas de nationalité. Le 16 septembre 1973 est aussi la date à laquelle les sbires de Pinochet ont assassiné Victor Jara non sans lui avoir au préalable coupé les doigts à la hache.

Auteur compositeur, il fut l’un des principaux soutiens de l’Unité Populaire et du président Allende dont je vous parlais samedi dernier. Arrêté lors du coup d’Etat du 11 septembre, il fut emprisonné au stade national qui se nomme aujourd’hui Estadio Victor Jara. Après avoir été enterré semi-clandestinement, il a eu droit à des obsèques le 5 décembre 2009 dans le cimetière Général de Santiago lors d’une cérémonie à laquelle assistaient sa veuve, ses filles et la présidente du Chili Michelle Bachelet ainsi que plus de 5000 personnes.

Et bien voila, tout cela n’est pas très gai mais nous rappelle combien le chemin vers la liberté, l’égalité et la fraternité est semé d’embûches. Quelques soient l’époque, le pays, les hommes au pouvoir, ou ceux qui le voudraient,les réactionnaires ont toujours usé de la violence la plus ignominieuse pour faire taire les voix discordantes.

Allez, portez vous bien malgré tout et à demain peut-être.


LES CISEAUX D’ANASTHASIE…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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QUAND LE TSAR FAIT PEUR…

Magnifique expo que celle qui était prévue dans cette plus ancienne école d’art de notre bonne vieille République. Seulement voilà, il ne faut pas prendre le risque de froisser le prince. Alors on démonte, sans même prévenir l’artiste, SIU LAN KO. Voici ce qu’elle en pense:

« Je trouve dur de découvrir que cette forme de censure brutale puisse se produire en France. Il n’y a même pas de place pour la discussion, tout se passe dans mon dos et celui de la commissaire. Encore plus dur que cela se produise dans la plus ancienne école d’art française, où l’on est supposé encourager l’expression la plus libre des artistes.

Dur de croire encore que les enjeux économiques et politiques l’emportent sur toute autre préoccupation. Cela montre à mes yeux dans quel climat conservateur est tombée la France de Sarkozy, et à quel point celui-ci fait peur.

Je demande que mon travail soit remis sur la façade et que l’école donne une explication officielle à cette censure et s’excuse. Je réfléchis aussi à une éventuelle action judiciaire. »

Selon le chemin que vous empruntiez, vous auriez pu lire:

  • Gagner Plus Travailler Moins
  • Travailler Plus Gagner Moins
  • Travailler Moins Gagner Moins
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  • Plus Gagner Plus Travailler
  • Moins Gagner Plus Travailler
  • Moins Travailler Moins Gagner
  • Plus Travailler Plus Gagner
  • Plus Gagner Moins Travailler
  • Plus Travailler Moins Gagner

Je ne sais pas ce qu’en aurait pensé celui dont je dresse le portrait ci après mais j’ai comme dans l’idée qu’il n’aurait pas tellement apprécié…

PIERRE KROPOTKINE.

Descendant du grand-prince de Kiev Vladimir II Monomaque, donc issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l’armée impériale russe à partir de 1857. Il est alors affecté comme officier de Cosaques en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l’armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l’université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l’Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s’évade deux ans plus tard.

Réfugié en Grande-Bretagne, il revient en Suisse, reprend son activité militante et publie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l’intervention, en particulier, de Victor Hugo.

Il s’installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d’Élisée Reclus.

Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksandr Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique notamment de la personnalité de Lénine et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.(ici, une photo de Kropotkine que l’on doit à Nadar. Jaime bien le côté père Noël.)

En 1919, l’insurrection anarchiste menée par Nestor Makhno (qui se réfugia en France et fit escale à Brest) à travers l’Ukraine revendiquera l’application effective des principes exposés dans l’Entraide.

Le 13 février 1921, à Moscou. Les funérailles de Pierre KROPOTKINE sont le théâtre de la dernière manifestation libre et de masse  en Russie bolchévique. On sait ce qu’il en est advenu par la suite. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d’assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes suit le cercueil jusqu’au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, mais aussi des banderoles proclamant : »Où il y a de l’autorité, il n’y a pas de liberté« .

Allez, ça devrait suffire pour un samedi. C’est sympa à vous d’avoir pris le chemin des « Cénobites tranquilles », portez vous bien et à demain peut-être.