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A propos de Johann Most…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la philosophie des lumières et de la pile Mazda réunies, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 05 février 2016, 17è jour de pluviôse dédié au lichen. En Bretagne on célèbre les Merin, un saint gallois qui a laissé son nom à la commune de Plomelin en Finistère.

C’est aussi le jour anniversaire de la naissance de Johann Most en1846 en Bavière. Ouvrier relieur, c’est à la faveur de son compagnonnage, en 1867, qu’il prend contact avec la section suisse de l’A.I.T. D’abord social démocrate (en 1870), il séjourne en Autriche où il prononce ses most_johannpremiers discours. Arrêté, il est condamné à 5 ans de prison, mais finalement amnistié le 9 février 1871, puis expulsé. Il rentre en Allemagne où il poursuit ses activités d’agitateur, devenant journaliste. Elu au Reichstag en 1874, il est néanmoins condamné à la prison de nombreuses fois pour ses discours enflammés, ce qui l’amène, en 1878, à s’exiler en Angleterre. Il y publie le journal « Freiheit » (Liberté). Suite à un article qui glorifie l’attentat contre le Tsar Alexandre II, il est condamné à 16 mois de travaux forcés. A la fin de sa peine, il s’exile aux Etats-Unis en 1882.

Influencé par les idées de Kropotkine, il devient véritablement anarchiste. Partisan de la propagande par le fait, il édite même un petit guide du poseur de bombe, après avoir travaillé dans une fabrique de dynamite. Le 11 mai 1886, il est arrêté à New York après un meeting, et condamné le 2 juin à un an de prison pour incitation à l’émeute. Le peste_religieuse1journal « Freiheit », publié ensuite au États-Unis, reste l’œuvre de sa vie. Il est également l’auteur de « La peste religieuse », œuvre dans laquelle on peut lire ceci d’une édifiante actualité: « Espérons que les masses ne se laisseront plus longtemps tromper et berner, mais qu’un jour viendra où les crucifix et les saints seront jetés au feu, les calices et ostensoirs convertis en ustensiles utiles, les églises transformées en salle de concerts, de théâtre ou d’assemblées, ou, dans le cas où elle ne pourraient servir à ce but, en greniers à blé et en écuries à chevaux. » Sources

Allez, c’est pas tout ça, le jardin m’attend et, crénom de nom, c’est qu’y a d’ l’ouvrage. Portez vous bien et à demain peut-être.

Ferrer, Freinet, Roorda, et les autres…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chanson populaire et du calvados hors d’âge réunis, bonjour ! Nous sommes le Samedi sept novembre 2015, 17è jour de brumaire dédié au cresson…

Le 7 novembre 1925, mort volontaire d’Henri ROORDA Van EYSINGA, à Lausanne. Pédagogue libertaire, écrivain, publiciste et grand humoriste. Issu d’une famille hollandaise de libres-penseurs, il naît le 30 novembre 1870 à Bruxelles. Il n’a que deux ans lorsque la famille vient s’établir en Suisse. Son père Sicco Ernst Willem Roorda qui est l’auteur d’un roorda_henripamphlet anticolonial « Malédiction » se liera avec F.D. Nieuwenhuis, Pierre Kropotkine et Elisée Reclus, ce dernier étant leur voisin à Clarens. Henri subira à son tour son influence et indique « j’ai été élevé sur les genoux d’Elisée Reclus »; celui-ci guidera ses pas en anarchie. A 16 ans, il se lie avec le fils de Ferdinand Domela Nieuwenhuis venu étudier à Lausanne. En septembre 1892, Henri est nommé professeur de mathématiques et commence à enseigner à l’Ecole supérieure de jeunes filles de Villamont. En 1896, il écrit un article dans « Les Temps Nouveaux » de Jean Grave et collabore ensuite à « l’Humanité nouvelle » puis à la « Revue Blanche ». Son champ d’action restera sa vie durant la pédagogie libertaire, il donnera à partir de 1903, à ce sujet, de nombreuses conférences. Il écrit dans le « Bulletin de l’Ecole moderne » de Francisco Ferrer plusieurs articles comme: « L’Ecole et le savoir inutile », « L’écolier est un prévenu ». Il sera le représentant en Suisse de « La Ligue Internationale pour l’Education rationnelle de l’Enfance ».
A partir de 1910, il s’engagera auprès de « l’Ecole Ferrer de Lausanne » créée par le docteur Jean Wintsch pour laquelle il rédigera la « Déclaration de principes. A partir de 1917 il va travailler pour divers journaux comme « La Tribune de Lausanne » puis « La Gazette de Haeschlieman-Roorda-340x358Lausanne » où il signera du pseudonyme Baltasar des chroniques satiriques et désopilantes. La même année est publié par Les Cahiers Vaudois son ouvrage au titre volontairement provocateur: « Le Pédagogue n’aime pas les enfants » où il dresse un réquisitoire contre l’école autoritaire. Certaines de ses chroniques journalistiques seront publiées en recueils : « A prendre ou à laisser »(1919), « Le Roseau pensotant »(1923), « Le débourrage des crânes est-il possible » (1924), etc. De 1922 à 1925 il publiera quatre drolatiques « Almanachs Baltasar ».

En 1925 paraît encore l’ouvrage « Avant la grande réforme de l’an 2000″, mais le 7 novembre, désabusé et endetté, celui qui professait Henri-Roorda« un pessimisme joyeux » met fin à ses jours en se tirant une balle dans le cœur. Un an plus tard paraîtra de façon posthume « Mon suicide ».
« On oblige trop tôt l’écolier à parler la langue des adultes; on lui enseigne trop tôt la science et la sagesse des adultes; et on lui impose beaucoup trop souvent l’immobilité des vieillards. » Sources. Si le bonhomme vous intéresse, je ne saurai trop vous conseiller l’excellent billet que lui avait consacré notre ami Paul sur son site La feuille charbinoise autrement plus complet que celui-ci.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Ecoutez Claudot…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’utilitarisme et de la crêpe Suzette réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 13 juin 2015, 25è jour de Prairial dédié à la tanche. Comme le disait mon aïeule, qui avait son avis sur tout et surtout qui tenait à ce que cela se sache, ce n’est pas parce que l’on s’appelle Claudot qu’on est forcément à la rue… La preuve en est: Le 13 juin 1982, mort d’André CLAUDOT (né le 14 février 1892 à Dijon).

Dessinateur et militant anarchiste. Elève de l’école des Beaux-Arts de Dijon, il fréquente les anarchistes et donne ses dessins dans les journaux anticléricaux et anarchistes. En 1909 il entre aux Arts Décoratifs à Paris. C’est là qu’il rencontre des militants anarchistes comme Pierre Martin, ancien compagnon de cellule de Kropotkine à Clairvaux. Une illustration parue dans « Le libertaire » en 1911 lui vaut d’être poursuivit par la justice. Fiché au Carnet B (des antimilitaristes), il est mobilisé en 1914, mais il continuera à collaborer durant et après le conflit à la presse libertaire. EnClaudot 1926, sa passion de l’Orient le pousse en Chine, où il devient professeur à l’institut national des Arts de Pékin, puis à Hang-Tchéou, en 1928. En 1930 il revient à Paris puis ensuite à Dijon comme professeur, où il avait débuté comme élève, mais il s’éloigne de l’anarchisme et adhère à la SFIO (nobody perfect) et à la franc-maçonnerie à la loge Travail et vrais amis fidèles. Révoqué en 1941, il s’engage dans la résistance puis milite au parti communiste (nouvelle cécité) à la Libération. La fin de sa vie est essentiellement consacrée à la peinture. À 85 ans, toujours révolté et véhément, il raconte son itinéraire à l’historien du mouvement ouvrier Jean Maitron, dans un documentaire, « Écoutez Claudot », réalisé en 1978, par Bernard Baissat, film récompensé par le prix de la qualité du Centre National de la Cinématographie.
Allez, merci encore d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

La vérité toute nue…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de l’Hypnérotomachie et de la galette au lait ribot réunies, bonjour ! Nous sommes le jeudi 18 décembre 2014, la vérité28è jour de frimaire dédié à la truffe. Et puisque Noël n’est plus très loin, voici en cadeau de fin d’année ce magnifique croquis de KUPKA, peintre Tchèque né en Bohème, intitulé « La vérité ». Il est dédié à Malato, écrivain anarchiste qui accompagna Louise Michel en Nouvelle Calédonie. KUPKA est considéré comme un des pères de l’abstraction avec Kandinsky et Mondrian. Le fait qu’il ait longtemps fréquenté les anarchistes explique peut-être que sa notoriété soit moindre que celle des deux autres.

Au printemps 1896, il arrive à Paris et s’installe dans le quartier de Montmartre, lieu de la bohème artistique où il vit d’abord pauvrement. En 1898, il loue un atelier et commence à travailler comme illustrateur. Il collabore à la célèbre revue satirique anarchisante « L’Assiette au Beurre » y réalisant kupka_autoportraitplusieurs numéros, mais aussi aux « Temps Nouveaux » de Jean Grave (qu’il soutiendra également en faisant des dons aux tombolas de 1908 et 1912), à « La Cravache », au « Rire », au « Cri de Paris », ainsi qu’à des revues anarchistes tchèques. De 1904 à 1908, il illustre « L’Homme et la Terre » d’Elisée Reclus, publié de façon posthume entre 1905 et 1908 par Paul Reclus.
En 1904, il s’installe définitivement avec Eugénie Straub à Puteaux, et poursuit des études de physiologie à la Sorbonne, puis de biologie et d’archéologie.

En 1909, il dessine la couverture pour la réédition de la brochure (n° 37) sur Le Salariat de Pierre Kropotkine. Il aurait préparé des illustrations pour « La Grande Révolution » de Argent-Kupka-01Kropotkine, mais le projet ne se réalisa pas et les dessins n’ont pas été retrouvés. En 1909, il était en correspondance avec Francisco Ferrer pour donner des illustrations à une série de brochures de l’école moderne (Escuela Moderna). Vers 1910, il s’oriente vers l’art non figuratif et abstrait. En 1912, il est au Salon d’automne avec des œuvres non-figuratives, puis au Salon des Indépendants où il est exposé avec les peintres cubistes, tout en refusant d’y être assimilé. Il se joint au Groupe de Puteaux ou Groupe de la Section d’Or, regroupant divers artistes comme Marcel Duchamp, Francis Picabia, etc.

En 1913, il publie un recueil de textes « La Création dans les arts plastiques ». A la déclaration de guerre en août 1914, bien qu’antimilitariste et fréquentant le milieu anarchiste, il s’engage comme volontaire et se retrouve sur le front de la Somme. En 1915, gravement malade, il est évacué sur Paris 250px-Assiette-au-beurre-162mais n’en poursuit pas moins son action auprès de la communauté tchèque. Il est de nouveau mobilisé en 1918 et finit la guerre comme capitaine et reçoit la Légion d’honneur. Après-guerre, il reprend sa palette, et participe à diverses expositions. En 1931, il participe à la fondation du mouvement « Abstraction-Création », mais quittera le groupe en 1934. En 1936, il participe à l’exposition « Cubism and Abstract Art » à New York. Entre 1939 à 1945, il vit à Beaugency avec sa compagne Eugénie Straub. Il meurt à Puteaux le 24 juin 1957. Il laisse de nombreuses œuvres, impressionnistes et symbolistes, avant 1910, abstraites après 1910. En 1958, le Musée d’art moderne de Paris organisera une rétrospective posthume. Plus récemment, Le Musée d’Orsay lui a consacré une importante exposition en 2002.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Pour faire le portrait d’un portraitiste…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du pantonyme* et du club Dorothée  réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 21 septembre 2014, dernier jour complémentaire du calendrier républicain, dédié colchiqueaux récompenses, et donc, à la veille du nouvel an républicain. Colchique dans les prés, c’est la fin de l’été, chantait mon aïeule qui, vous le constatez, avait tous les talents. Un autre qui possédait un talent inoui et dont je voulais dire quelques mots avant de l’accrocher aux cimaises de notre galerie, c’est Jean Lébédeff. Rien à voir avec le Ti beudeff à Groix, bistro mythique que tous les marins connaissent.

* Une religion, qu’est-ce d’autre qu’une doctrine qui explique quelque chose que l’on ne comprend pas (l’univers, la vie…) par quelque chose que l’on comprend encore moins (Dieu).
André Comte-Sponville 

Or donc, le 21 septembre 1972, mort de Jean LEBEDEFF à Nimes (Gard). Artiste libertaire, peintre et graveur. Il était né le 25 novembre 1884, à Bogorodskoïé (Nijni Novgorod, Russie), dans une famille de commerçants-agriculteurs. Après avoir obtenu, en 1907, un brevet de l’école de navigation de Nijni Novgorod, il devient capitaine sur un bateau de la Volga. Il manifeste sa solidarité avec le mouvement révolutionnaire en cachant plusieurs militants sur son bateau. En novembre lebedeff_jean1908, il fait expulser de son navire des gardes du Tsar, qu’il abandonne désarmés, sur une rive déserte. Il s’exile alors pour fuir la répression, traverse la Finlande, le Danemark et l’Allemagne, il arrive en Belgique où il retrouve à Ixelles son frère aîné, Nicolas, étudiant à l’Université libre dirigéé par Elisée Reclus. En 1909, il se fixe à Paris et exerce alors divers petits métiers. Il prends des cours de dessin et entre aux Beaux-arts en 1911. Il fréquente également l’académie de Léon Léonovitch Tolstoï (fils de l’écrivain) et l’Académie russe de Paris constituée d’émigrés souvent de tendances anarchistes. Il s’initie aussi à la xylographie, et ne cessera plus dès lors d’exercer son talent à travers la gravure sur bois. Il fréquente la bohême de Montparnasse et ses nombreux artistes ou littérateurs célèbres.
Lebédeff va influencer de nombreux graveurs dont le libertaire Germain Delatousche, fondateur du groupe Les Compagnons, dont il fera partie de 1921 à 1927. Ami avec Pierre Kropotkine, il sera également durant l’entre-deux guerres très lié au milieu libertaire et particulièrement aux exilés russes comme Voline et Makhno. Il hébergera d’ailleurs ce dernier plusieurs mois à son domicile et lui permettra le drapeau noird’obtenir des papiers. Il a collaboré dans cette période à divers titres de la presse libertaire Le Néo Naturien, La Vache enragée journal de la Commune libre de Montmartre dont il était membre et qui était dirigé par M. Hallé ainsi qu’à l’en dehors d’E. Armand, notamment en 1938.
Pendant l’occupation allemande, il cache dans son atelier de Fontenay-sous-Bois plusieurs amis juifs et anarchistes traqués par la Gestapo et pour lesquels il falsifiera à plusieurs reprises les papiers d’identité. Après la guerre, il épouse Kamille Klimeck, fille d’une famille bourgeoise polonaise, avec laquelle il aura un fils, Georges. Il continuera de collaborer à la presse libertaire L’Unique d’E. Armand et la revue Maintenant (1945 – 1948) d’Henri Poulaille. En 1947 il illustre la couverture du livre de Voline La Révolution inconnue, ainsi que l’ouvrage de Fernand Planche consacré à Kropotkine (1948).
En 1972, il se retire avec sa compagne Marie-Claire Blanc Maguelone et leur fils François à Gallargues-le-Montueux dans le Gard. Malade depuis une dizaine d’années, il décède à l’hôpital de Nîmes ce 21 septembre 1972.Sources.

Allez, bonne fin de semaine, portez vous bien et à demain peut-être.

Le révolté (poil au nez)…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la bande dessinée et de la bande à Siné réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 09 décembre, 19è jour de Frimaire dédié à la Sabine (la sabine de bain comme disait l’autre). On en profite pour se souvenir de la naissance, le 9 décembre 1842, de Pierre Alexeiévitch KROPOTKINE à Moscou.

Descendant du grand-prince de Kiev Vladimir II Monomaque, donc issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l’armée impériale russe à partir de 1857. Il est alors affecté comme 49644920_pofficier de Cosaques en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l’armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l’université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l’Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s’évade deux ans plus tard. Réfugié en Grande-Bretagne, il revient en Suisse, reprend son activité militante et publie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l’intervention, en particulier, de Victor Hugo. Il s’installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d’Élisée Reclus. Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksandr Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique, notamment de la personnalité de Lénine, et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.(ici, une photo de Kropotkine que l’on doit à Nadar. Jaime bien le côté père Noël.)

En 1919, l’insurrection anarchiste menée par Nestor Makhno (qui se réfugia en France et fit escale à Brest) à travers l’Ukraine revendiquera l’application effective des principes exposés dans l’Entraide. Le 13 février 1921, à Moscou. Les kropot_cortege-300x215funérailles de Pierre KROPOTKINE sont le théâtre de la dernière manifestation libre et de masse  en Russie bolchévique. On sait ce qu’il en est advenu par la suite. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d’assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes suit le cercueil jusqu’au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, mais aussi des banderoles proclamant : Où il y a de l’autorité, il n’y a pas de liberté. Sources:

Allez, merci à vous de suivre les tribulations du cénobite; portez vous bien et à demain peut-être.

François Le Levé

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

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Amis du clabaudage et de la carabistouille réunis, bonjour ! Nous voici le jeudi Le_Leve_francois20 juin 2013, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine.                                                            Comme le disait mon aïeule: la pluie de juin fait belle avoine et mauvais foin. L‘homme du jour est un militant anarchiste breton, François Le Levé, né dans le Morbihan, à Locquimélic, en novembre 1882, décédé un 20 juin au retour de déportation au camp de Neuengamme.

 

En 1900, il entre comme apprenti à l’arsenal de Lorient. Il devient très vite un militant actif du syndicat des travailleurs du port, animateur du groupe libertaire des « temps nouveaux » et surtout, administrateur de la bourse du travail. En 58898161_p
contact avec Emile Masson, il collabore à la revue « Brug » (à ne pas confondre avec Bleun-Brug d’obédience catho. créée par l’abbé Perrot) qui tente d’implanter les idées libertaires dans le milieu paysan breton. Fiché au fameux « carnet B » des antimilitaristes, il va pourtant rejoindre Jean Grave et Kropotkine et signer le « manifeste des seize » en mars 1916 favorable à l’intervention armée. En 36, il participe aux comités du Front populaire et poursuit son action syndicaliste. En 43, sous le feu des bombardements qui frappent la ville de Lorient, il s’enfuit pour Vannes où il retrouve René Lochu (tu t’souviens Lochu ?) et prend part au comité départemental de la résistance. Il sera arrêté par la police allemande en mars 44 et déporté au camp de Neuengamme près de Hambourg. Libéré, il meurt d’épuisement le 20 juin 1945 durant le voyage de retour en France. Sources

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

La philosophie sans boudoir…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la chapelle sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour ! Nous sommes le dimanche 31 mars 2013, onzième jour de germinal dédié à la pervenche; pas la contractuelle, non la fleur.

Le 31 mars 1888, mort de Jean-Marie GUYAU à Menton. Poète et philosophe libertaire f1.highresfrançais. Il naît le 29 octobre 1854, à Laval (Mayenne), dans une famille bourgeoise. Elevé par sa mère, Augustine Tuillerie, jusqu’à l’âge de 12 ans, celle-ci est l’auteure d’un fameux livre « Tour de la France par deux enfants » publié en 1877 sous le pseudonyme de G. Bruno en référence à Giordano Bruno. Il obtient une licence de philosophie à 17 ans. A dix-neuf ans, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques, et à vingt ans, il donne à Paris ses premiers cours de philosophie au lycée Condorcet. A l’âge de trente ans, il a déjà écrit une dizaine d’ouvrages, fruits de son intense activité intellectuelle. Mais réfugié sur la Côte d’Azur, dans l’espoir de combattre par le soleil une maladie qui le minait, il succombe prématurément dans sa 34e année.

Il nous laisse sa poésie et ses ouvrages philosophiques : « Morale d’Epicure »,  et encore « Problèmes de l’esthétique contemporaine » et « l’Art au point de vue sociologique », mais 51412507_pc’est surtout à ses derniers ouvrages « Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction » (1884) et l’Irreligion de l’avenir » (1887) qu’il doit sa notoriété internationale et rejoint les préoccupations des anarchistes dans son approche d’une société libertaire et d’une morale au service de l’individu. Il sera abondamment cité par Nietzsche dans son « Ecce homo ». Pierre Kropotkine  s’y réfère également dans La Morale anarchiste, allant même jusqu’à faire de Guyau le « jeune fondateur de l’éthique anarchiste », éthique qu’il définit comme « la science de la morale des sociétés ».

Voici une citation qui mérite qu’on s’y arrête un instant et qu’on y réfléchisse à deux fois avant de trimballer sa poussette à la manif pour tous: « Le jour où les religions positives auront disparu, l’esprit de curiosité cosmologique et métaphysique qui s’y était fixé et engourdi pour un temps en formules immuables sera plus vivace que jamais. Il y aura moins de foi, mais plus de libre spéculation; moins de contemplation, mais plus de raisonnements, d’inductions hardies, d’élans actifs de la pensée; le dogme religieux sera éteint mais le meilleur de la vie religieuse se sera propagé, aura augmenté en intensité et en extension. Car celui-là seul est religieux, au sens philosophique du mot, qui cherche, qui pense, qui aime la vérité » Jean-Marie Guyau, L’Irréligion de l’avenir, 1886

Allez c’est sympa à vous d’être passé par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

L’insurgé…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

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Amis de la chapelle sixtine et de la cousine Bette réunies, bonjour !

Nous sommes le vendredi 15 mars 2013,  25è jour de ventôse dédié au Thon. Le 15 mars 1830, naissance d’ Elisée RECLUS à Sainte-Foy-la-Grande, Gironde.

Géographe, théoricien du mouvement libertaire et militant anarchiste. Issue dune famille protestante, Elisée Reclus fait ses études de géographe à Berlin, avant de parcourir le monde. En 1871, il prend une part active à la Commune de Paris. Arrêté les armes à la DownloadedFile-1main, il est condamné à la déportation en Nouvelle Calédonie. Mais, grâce au soutien de la communauté scientifique, sa peine sera commuée, le 3 février 1872, à dix ans de bannissement. Il rejoint alors son frère, Elie également anarchiste et communard, en Suisse, et participe activement à la Fédération Jurassienne, avec Bakounine et James Guillaume. En 1877, il rencontre Pierre Kropotkine, qui deviendra son ami.

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Après la Suisse, cest en Belgique, à Ixelles près de Bruxelles qu’ Elisée Reclus s’installe. Très actif, c’est sous son impulsion qu’une Université Nouvelle est créé, ainsi qu’un Institut des Hautes Etudes en 1894 dans lequel il enseignera. Auteur prolifique, Elisée Reclus a participé à de nombreuses revues, brochures et journaux : Le Révolté, L’Insurgé, Le Cri du Peuple, etc. Mais il est surtout l’auteur de l’extraordinaire Géographie Universelle 19 volumes, et de L’Homme et la Terre 6 volumes, ouvrages de géopolitique dans lesquels il analyse le rapport de l’homme avec son environnement, et aborde des sujets très variés éducation, naturisme, etc.. Elisée Reclus meurt le 4 juillet 1905. Le dernierles-freres-reclus volume de L’Homme et la Terre ne sortira quaprès sa mort édité par son neveu Paul Reclus. « Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. La morale qui naît de la hiérarchie sociale est forcément corrompue. » Elisée Reclus. En effectuant mes modestes recherches j’ai déniché un très bon excellent billet que lui avait consacré Paul, notre ami de La feuille charbinoise dans lequel il y avait cette étonnante photographie d’une partie de la fratrie. Il parait qu’ils furent dix sept enfants… C’est autrement plus documenté que mes gribouillis, je vous invite à visiter ce site aussi souvent que possible.

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la prochaine édition, portez vous bien et à demain peut-être.

Pierre Kropotkine.

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

Amis de l’éthologie et de la terrine de lièvre réunies, bonjour !

Nous sommes le mercredi 13 février 2013, 25è jour de Pluviôse dédié au Lièvre. C’est un 13 février en 1921 que fut enterré Kropotkine suivit par une foule considérable.statue_kropot_dmitrov

Descendant du grand-prince de Kiev Vladimir II Monomaque, donc issu de la haute noblesse moscovite, il intègre l’armée impériale russe à partir de 1857. Il est alors affecté comme officier de Cosaques en Sibérie. À partir de 1867, il quitte l’armée pour faire des études de mathématiques et de géographie à l’université de Saint-Pétersbourg. Il publie plusieurs travaux sur l’Asie septentrionale et explore la péninsule scandinave. Il repart à Saint-Pétersbourg où il mène une activité de militant clandestin. Il est emprisonné en 1874 et s’évade deux ans plus tard.

Réfugié en Grande-Bretagne, il revient en Suisse, reprend son activité militante et 49644920_ppublie plusieurs ouvrages politiques. Il fonde en 1879 le journal Le Révolté. Il est détenu à Lyon et amnistié en 1886, grâce à l’intervention, en particulier, de Victor Hugo. Il s’installe alors en Angleterre et publie différents ouvrages de géographie et de politique. Il collabore notamment à la Géographie Universelle d’Élisée Reclus. Il retourne en Russie en 1917 et refuse un poste de ministre, proposé par Aleksandr Kerenski. Il prend une attitude critique vis-à-vis du pouvoir bolchévique, notamment de la personnalité de Lénine, et des méthodes autoritaires de la nouvelle URSS.(ici, une photo de Kropotkine que l’on doit à Nadar. Jaime bien le côté père Noël.)

En 1919, l’insurrection anarchiste menée par Nestor Makhno (qui se réfugia en France et fit escale à Brest) à travers l’Ukraine revendiquera l’application effective des principes exposés dans l’Entraide.

Le 13 février 1921, à Moscou. Les funérailles de Pierre KROPOTKINE sont le théâtre de la dernière manifestation libre et de masse  en Russie bolchévique. On sait ce qu’ilkropot_cortege en est advenu par la suite. Sous la pression des libertaires, des prisonniers anarchistes sont relâchés pour leur permettre d’assister aux obsèques. Une foule de cent mille personnes suit le cercueil jusqu’au cimetière. Des drapeaux noirs sont déployés, mais aussi des banderoles proclamant : »Où il y a de l’autorité, il n’y a pas de liberté ». Sources:

Allez, merci à vous de suivre les tribulations du cénobite; portez vous bien et à demain peut-être.