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T’es Rock, coco …

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de l’Internationale prolétarienne et des rillettes de maquereaux réunies, bonjour ! Nous sommes donc le mercredi 21 octobre 2015, trentième et dernier jour de vendémiaire dédié au tonneau. C’est donc en ce 21 Octobre, en réalité le Lundi 16 Haha 143 Ste Vadrouille, emblème, qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire, même si ça va mieux en l’écrivant, ce 2327è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie… Or, il y a précisément 46 ans, le 21 octobre1969, disparaissait cet auteur à nul autre pareil: Jack Kerouac. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’immense modestie qui me caractérise, que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux auteurs; mais il me fallait trouver une intro…

Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. 200px-DoctorSaxCoverLa description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack  et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il Kerouac gaucheavait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Et puis tiens, ne ratez pas: 24 histoires pour Lemmy. Ça vient de paraître: 24 nouvelles par 24 auteurs pour rendre hommage a Lemmy lemmymaxiKilmister, bassiste/chanteur et leader du groupe Motörhead. En vérité, je ne l’ai pas encore lu mais, comme dit le poète: La signature me sourit… Avec : Thomas Fleitour – Karine Médrano – Jean-Pierre Jaffrain – Pierre Mikaïloff – Patrick Foulhoux – Jean-Luc Manet – David Boidin – Giuglietta – Merle Leonce Bone – Max Well – Mathias Moreau – Stéphane Grangier – Stanislas Petrosky – Olivier Keraval – Alain Feydri – Jean-Eric Perrin – Frédéric Paulin – Pierre Domengès – Stéphane Pajot – Hugues Fléchard – Denis Roulleau – Stéphane Le Carre – Jean-Noël Levavasseur – Patrick Cazengler.

Aux éditions Camion Blanc, vous savez, l’éditeur qui véhicule le Rock.

Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

DOCTEUR SAX…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE

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Amis de l’Amérique profonde et du Breizh Cola light réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 30 avril 2014, onzième jour de Floréal dédié à la rhubarbe. Autant dire que c’est la fin du mois. C’est donc en ce mercredi 11 Palotin – 141 – Explosion du Palotin qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 1807è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie… Or, il y a précisément 55 ans, le 30 avril 1959, paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise, que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’oeuvre; mais il me fallait trouver une intro…

Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Docteur SaxMassachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent. Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’«il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en Kerouacbanque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57. Allez, merci d’être passé, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

The beat generation…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la littérature noire et du lapin blanc réunis, bonjour !

Nous sommes le mardi 05 février 2013, 17è jour de Pluviôse dédié au Lichen; vous lisez le 1256è billet des « cénobites tranquilles » ce qui prouve que vous êtes encore devant votre ordinateur au lieu de vous adonner à la marche à pied, au jardinage ou à la lecture. Tiens, à ce propos…

Si je vous dis; Kerouac, Ginsberg, beat génération, vous pensez bien sur à William Seward Burroughs.

Préférant les aléas de l’errance à la vie bourgeoise qui lui est destinée, il choisit de 49331332_ppartager la destinée des drogués et des marginaux (un homme de goût quoi !). Des années 1940 aux années 1960, il vit le plus souvent dans les bas-fonds de New York, de Mexico, de Tanger, de Londres et de Paris, exerçant pour survivre tous les métiers possibles: employé d’une agence de publicité, détective privé spécialisé dans les affaires de divorce, destructeur de parasites à Chicago.

 

 

 

Refusé par tous les éditeurs américains, son second roman, Le Festin Nu, sera publié à Paris en 1959 (grâce à l’entregent de J. Kerouac), traduit par Éric Kahane à qui l’on doit la traduction du « Lolita » de Nabokov.. Le procès pour « obscénité » qui accompagne sa publication quatre ans plus tard aux États-Unis contribuera paradoxalement à parfaire sa notoriété d’écrivain et à l’imposer comme l’une des figures majeures de la littérature contemporaine. La cour suprême finira par reconnaître sa valeur littéraire et le caractère non obscène du texte. (Cette décision va ouvrir la voie à de nombreuses autres publications, notamment celles de Henry Miller). On lui doit notamment la technique du cut-up qui consiste à créer un texte à partir de fragments déjà existants.

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En 1944 le poète Allen GINSBERG lui présente l’écrivain Jack KEROUAC Ils resteront intimement liés, créant ensemble un mouvement artistique basé sur le refus de DownloadedFilel’American Way of Life des sixties, la fameuse BEAT GENERATION, contre-culture qui influencera le mouvement hippies des sixties et jusqu’aux punks des années 70. Il épouse Joan Vollmer ADAMS en 1946. En 1953, un soir de beuverie à Mexico, [où il a émigré pour fuir ses ennuis avec la police New-new-yorkaise] tel Guillaume TELL, il vise le verre que sa femme tient sur la tête, le rate mais pas elle et la tue accidentellement. (sur la photo ici, avec Kerouac)

« Le Festin nu » a été adapté au cinéma par David CRONENBERG en 1992. Bon d’accord, c’est pas la bibliothèque rose, tout ce petit monde sent un peu le soufre, mais Burroughs reste à mes yeux un auteur « majuscule » du XXe siècle. Il apparaît également dans le film « Drugstore cowboys » de Gus Van Sant dont j’insère un petit bout de vidéo.

Allez, merci encore pour cette visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

Distro ar Gelted…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis de la diaspora bretonne et du biniou koz réunis, bonjour !

Nous sommes arrivés ensemble jusqu’à ce mercredi 29 août, douzième jour de Fructidor dédié au fenouil, ce qui prouve, si besoin était, qu’il ne faut douter de rien…

Voici un poème que l’on doit à Youenn GWERNIG qui aurait eu 87 ans aujourd’hui. Il était né à Scaër et s’est éteint le 29 août 2006 à Douarnenez.  J’ai eu le bonheur de rencontrer le grand Youenn à plusieurs reprises et c’était toujours un bonheur de l’entendre raconter son aventure américaine, ses rencontres avec les artistes de la beat génération et son amitié avec Jack Kerouac. Dans les années 50, Youenn qui exerce alors la profession de sculpteur sur bois, rencontre un certain Milig Le SCANV, qui sera connu plus tard sous le nom de GLENMOR. Ce dernier l’entraîne alors dans sa petite troupe « Breizh a Gan », et les compères monte une opérette en breton, Genovefa. Mais l’époque est difficile pour l’identité bretonne, le souvenir de la guerre est encore chaud et l’héritage de certains « Breiz Atao » dur à porter. En 1957 Youenn s’embarque pour les Etats-Unis. Il y passera une douzaine d’années, exerçant ses talents de sculpteur dans le Bronx et s’essayant à l’écriture. En 1982 paraîtra La grande tribu, roman autobiographique dans lequel il raconte son expérience américaine.

Voici ce qu’en disait le réalisateur brestois Jean-Charles Huitorel qui lui a consacré deux documentaires:

« Je pense que nous ne sommes encore qu’au tout début de la découverte de la formidable empreinte que Youenn Gwernig a laissée dans la culture bretonne, comme Glenmor, Xavier Grall ou Servat. Il a ouvert un nouvel espace d’expression mariant la langue bretonne à une expression contemporaine. Je retiens de lui sa grande jubilation à passer d’une langue à une autre, breton, anglais, français, incarnée dans sa chanson Identity. Et je me souviens à quel point l’homme et l’oeuvre fusionnaient dans les mêmes valeurs humanistes et universelles. »

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A son retour en Bretagne, il refuse de s’acquitter de la redevance TV afin de protester contre le traitement que subit la langue bretonne sur la station régionale de FR3. Comble de l’ironie, c’est à lui que la chaîne fera appel de 1983 à 1989 pour diriger les programmes en breton. Je repense souvent à ce colosse à la carrure de bûcheron qui m’évoque immanquablement la stature et le style de Félix Leclerc.

Allez, merci à vous d’avoir fait le détour par ici, portez vous bien et à demain peut-être.

DOCTEUR SAX…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis des « Cénobites tranquilles » et du livre de poche réunis, bonjour !

 

C‘est donc en ce 30 avril de l’an de grâce 2011 qu’apparaît aux yeux du monde, béat d’admiration, cela va sans dire même si ça va mieux en l’écrivant, ce 600è billet des « cénobites tranquilles » que l’univers blogosphérique dans son entier nous envie…

 

Il y a 52 ans, le 30 avril 1959 paraissait ce merveilleux livre de Jack Kerouac, Docteur sax. Et c’est bien parce que mon aïeule, dans sa stricte éducation, a su m’inculquer l’ immense modestie qui me caractérise que je ne tracerai aucun parallèle entre ces deux chefs-d’oeuvre.

 

Docteur Sax, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui s’éveille à la vie dans une ville ouvrière grise et morne de la Nouvelle-Angleterre. C’est l’histoire de Jack Duluoz, canadien français comme Jack Kerouac lui-même, qui grandit sous les porches obscurs et parmi les immeubles bruns de Lowell, Massachusetts. C’est l’aventure empreinte de terreur vécue avec intensité par un adolescent.
Toujours tapie dans un repli de l’âme de Jack, se trouve l’ombre du Docteur Sax, avec sa cape qui flotte au vent et son chapeau mou dissimulant à demi un regard chargé de haine. Il fait partie d’une horde de fantômes, de monstres et de démons qui peuplent ce monde fantastique. Souvenir et rêve se mêlent dans un univers démentiel qui occupe une place grandissante dans l’esprit de Jack jusqu’au point de s’imposer avec une violence effroyable dans une véritable vision d’apocalypse. Mais la réincarnation du mal sera finalement anéantie et, avec elle, les fantômes et les démons qui hantaient l’âme du héros.


Un critique américain, J. Donald Adams, a dit de Kerouac qu’« il était capable de décrire le monde de l’expérience physique beaucoup mieux que quiconque depuis Hemingway », relisez
le soleil se lève aussi. La description des odeurs, des bruits dans la petite ville de Lowell est parfois empreinte d’une telle fantaisie bouffonne qu’elle témoigne d’une invention verbale inépuisable. L’auteur a transcrit des passages entiers en canadien français, ce patois savoureux que parlent Jack et ses parents ainsi que la joyeuse bande qui gravite autour d’eux et dont la verve truculente anime des scènes d’une vigueur rabelaisienne.

Le 24 octobre 1969, on enterrait au cimetière catholique de Lowell, morne petite ville industrielle du Massachussetts, le corps de Jack Kerouac, mort d’une hémorragie abdominale à l’âge de 47 ans. Il avait 91 dollars sur son compte en banque… Quelques années plus tôt, il avait fait le voyage jusqu’à Brest (Finistère – France) et s’était présenté sous le nom de Jean-Louis Le Bris de Kerouac, à la recherche de ses ancêtres bretons. Depuis quelque temps, il n’était plus que l’ombre de lui-même, revenu auprès de sa mère. Il resta sourd à la musique de Woodstock dont il aurait pu y reconnaître, comme Ginsberg, la moisson de ce que lui et ses amis avaient semé. Un chapitre était clos. Kerouac le clochard céleste, lampant sa gnôle à même le goulot et scandant ses blues à l’escale de la grande-route avait été la star numéro un du mouvement beat qu’une Amérique un peu effarouchée avait vu exploser en 1955-57.

Bon allez, c’est promis, pour le 1000è billet, la rédaction organisera un apéro géant dans les jardins de Keramoal (c’est une idée de ma fiancée qui assumera l’organisation) en attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

ECOUTE DANS LE VENT…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la nostalgie et du carpaccio parmesan réunis, bonjour !

 

En ce 5 avril, 16è jour de germinal dédié à la laitue, je voulais rendre hommage à un grand poète de la beat-génération; Allen GINSBERG. ci dessous en photo en compagnie de Bob Dylan.

Né le 3 juin 1926 à Paterson (New Jersey, Etats-Unis), Allen Ginsberg est le fils d’une émigrée russe et d’un poète assez connu, Louis Ginsberg.
Après de brillantes études au lycée de Paterson, il entre à l’université de Columbia, à New York. Il rencontre alors les membres de ce qu’on allait appeler la « Beat Generation »: William Burroughs (que j’ai déjà évoqué ici) qui fréquente délinquants et drogués, un milieu dont Burroughs tirera ensuite ses premiers livres, notamment Le Festin nu; Ginsberg fait aussi la connaissance de Jack Kerouac, qui passe un an à l’université de Columbia. Ces deux amitiés ne se démentiront jamais, aboutissant même à la publication d’une correspondance entre Burroughs et Ginsberg, Les Lettres du Yage (1963).


Au milieu des années quarante, Allen Ginsberg fait un bref passage dans la marine marchande, puis il rencontre Neal Cassady, le futur héros de deux romans majeurs de Kerouac, Sur la route et Visions de Cody. Il suit Cassady à Denver, puis tous deux rejoignent Burroughs au Texas. À New York, Ginsberg devient le promoteur de ses amis écrivains, tout en travaillant sur un texte poétique qui allait s’intituler Howl (1956) et faire sensation en novembre 1955, lorsqu’il le lit à la Six Gallery de San Francisco; mais plutôt que de simple « lecture » il faudrait parler de performance. Cette soirée inaugura le style futur des apparitions publiques de Ginsberg et marqua la naissance d’un mouvement poétique incarné entre autres par Allen Ginsberg, Gregory Corso, Gary Snyder, Robert Duncan, Michael McClure.( Ici à gauche avec Peter Orlowsky.)


Cette lecture eut aussi pour effet d’attirer l’attention des médias sur ce qu’un journaliste appela la « Beat Generation »: un groupe de jeunes gens en colère, révoltés par les valeurs américaines, ennemis déclarés du complexe militaro-industriel, de l’impérialisme et des religions instituées, adeptes du voyage sous toutes ses formes (voyages à travers les Etats-Unis et le monde, mais aussi explorations intérieures à l’aide des drogues) désireux de créer des formes d’écriture inédites pour rendre compte d’expériences nouvelles.
Allen Ginsberg réussit alors à faire publier les premiers livres de Burroughs ainsi que Sur la route de Kerouac. Par ailleurs, il s’intéresse de plus en plus au bouddhisme, aux techniques de méditation orientales et en vient à considérer la poésie comme un « antique yoga ». Il voyage à Mexico, écrit Kaddish (1961), part pour Panama, rejoint Burroughs à Tanger (Maroc), traverse l’Europe, puis rentre aux Etats-Unis où il publie Miroir vide (1961), Reality Sandwiches (1963), Planet News (1968). En 1962 et 1963, il séjourne aux Indes avec son ami Peter Orlowsky. Il publie ensuite son journal de voyage sous le titre Journaux indiens (1970).

La poésie de Ginsberg est à la fois collage, prière et musique. Musique, car, comme Jack Kerouac, Allen Ginsberg a été profondément marqué par le jazz moderne et des musiciens tels que Charlie Parker ou Thelonious Monk.
La grande diversité des thèmes abordés, le désir d’englober l’intégralité de l’expérience humaine, la profonde originalité formelle de son oeuvre font d’Allen Ginsberg l’un des poètes contemporains essentiels.

Allez, je vous souhaite de passer une excellente journée, portez vous bien et à demain peut-être.

JIM MORRISON…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la beat génération et de la fumette réunies, bonjour !


Profitons de ce 3 juillet pour avoir une pensée pour Jim Morrison, disparu un trois juillet en 1971.

Poète inspiré ou maudit c’est selon. Il fut autant sur les traces de Kerouac que de Rimbaud et surtout Michael Macclure. poète et chanteur de rock américain, leader du groupe The Doors de 1965 à 1971. Sex-symbol provocant au comportement volontairement excessif, véritable idole de la musique rock, mais aussi intellectuel engagé dans le mouvement de la protest song, en particulier contre la guerre du Viêtnam, attiré par le chamanisme, on lui attribue une réputation de « poète maudit » que sa mort prématurée, à Paris, dans des circonstances mal élucidées, transforme en légende. A droite, le mythe…

Sitôt sorti du lycée, Morrison s’installe chez ses grands-parents à Clearwater pour suivre des cours au Saint Petersburg Junior College. En particulier, il s’inscrit dans deux cursus qui le marqueront profondément : d’une part, un cours sur la « philosophie de la contestation », qui lui permet d’étudier Montaigne, Jean-Jacques Rousseau, David Hume, Jean-Paul Sartre et Friedrich Nietzsche ; d’autre part, un cours sur la « psychologie des foules » inspiré de l’ouvrage de Gustave Le Bon La Psychologie des foules

En janvier 1964, alors que son père est promu capitaine de vaisseau, Jim entre à l’UCLA. Dès le début de l’année, tout en continuant à « tester » les gens (en particulier ses colocataires auprès de qui il se rend rapidement insupportable), il s’encanaille, s’enivre de manière de plus en plus régulière, fréquente les quartiers « chauds » et les bas-fonds de Los Angeles, et touche sans doute dès cette époque aux drogues hallucinogènes, en particulier le LSD.

Il faut préciser que, en 1964, et en particulier à UCLA, il est extrêmement facile de se procurer du LSD. D’une part, cette drogue n’est réglementée que depuis 1962 aux États-Unis, et d’autre part, de nombreux programmes de recherche universitaires portent sur les propriétés du LSD ou d’autres substances psychoactives : il suffit donc aux étudiants aventureux de s’inscrire comme « volontaires » et ils peuvent obtenir des doses non seulement quotidiennes, mais gratuites. De plus, Morrison se trouvait doublement incité à « expérimenter » les drogues. Du point de vue poétique, cela le rattachait à des poètes comme Henri Michaux, Edgar Poe, Aldous Huxley, Thomas de Quincey ainsi que par les poètes de la beat generation, très admirés de Morrison. Du point de vue mystique, la consommation de psychotropes le rapprochait du chamanisme, lequel pratique la transe souvent provoquée par des hallucinogènes naturels comme la mescaline ou encore l’ayahuasca. A gauche, la réalité.

Puis c’est la création du groupe «Les DOORS» et l’épopée qui s’en suivra jusqu’à ce jour de juillet 71 à Paris. Jim Morrison repose au Père Lachaise où l’on dit que sa tombe est fleurie en permanence. Sa mort mystérieuse n’en finit pas d’alimenter la chronique et sans doute n’en saura t-on jamais davantage puisque le seul témoin direct, Pamela Courson est mort d’une overdose en 1974.

Allez, sortez la platine et écoutez Riders on the storm ou revoyez Val Kilmer dans le film d’Oliver Stone… parmi les nombreux ouvrages qui lui sont consacré, je vous conseille: The end, Jim Morrison de Romain Renard en bande dessinée.

Voila pour aujourd’hui, si vous allez à la plage essayez d’éviter les algues vertes et les méduses, autrement c’est sympa. Portez vous bien et à demain peut-être pour de nouvelles aventures sur ce magnifique blog pour lequel vous pouvez toujours voter (colonne de droite, en bas).

N° 148

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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WILLIAM BURROUGHS.

Si je vous dis; Kerouac, Ginsberg, beat génération, vous pensez bien sur à William Seward Burroughs.

Préférant les aléas de l’errance à la vie bourgeoise qui lui est destinée, il choisit de partager la destinée des drogués et des marginaux. Des années 1940 aux années 1960, il vit le plus souvent dans les bas-fonds de New York, de Mexico, de Tanger, de Londres et de Paris, exerçant pour survivre tous les métiers possibles: employé d’une agence de publicité, détective privé spécialisé dans les affaires de divorce, destructeur de parasites à Chicago.

Refusé par tous les éditeurs américains, son second roman, Le Festin Nu, sera publié à Paris en 1959 (grâce à l’entregent de J. Kerouac), traduit par Éric Kahane à qui l’on doit la traduction du « Lolita » de Nabokov.. Le procès pour « obscénité » qui accompagne sa publication quatre ans plus tard aux États-Unis contribuera paradoxalement à parfaire sa notoriété d’écrivain et à l’imposer comme l’une des figures majeures de la littérature contemporaine. La cour suprême finira par reconnaître sa valeur littéraire et le caractère non obscène du texte. (Cette décision va ouvrir la voie à de nombreuses autres publications, notamment celles de Henry Miller). On lui doit notamment la technique du cut-up qui consiste à créer un texte à partir de fragments déjà existants.

En 1944 le poète Allen GINSBERG lui présente l’écrivain Jack KEROUAC Ils resteront intimement liés, créant ensemble un mouvement artistique basé sur le refus de l’American Way of Life des sixties, la fameuse BEAT GENERATION, contre-culture qui influencera le mouvement hippies des sixties et jusqu’aux punks des années 70. 

Il épouse Joan Vollmer ADAMS en 1946. En 1953, un soir de beuverie à Mexico, [où il a émigré pour fuir ses ennuis avec la police New-new-yorkaise] tel Guillaume TELL, il vise le verre que sa femme tient sur la tête, le rate mais pas elle et la tue accidentellement. (sur la photo ici, avec Kerouac)

« Le Festin nu » a été adapté au cinéma par David CRONENBERG en 1992. Bon d’accord, c’est pas la bibliothèque rose, tout ce petit monde sent un peu le soufre, mais Burroughs reste à mes yeux un auteur « majuscule » du XXe siècle. Il apparaît également dans le film « Drugstore cowboys » de Gus Van Sant dont j’insère un petit bout de vidéo.

Bon, voila, ça c’est fait et à classer dans la catégorie littérature. A ce propos, je n’ai toujours pas résolu cette histoire de classement et de catégorisation. Cela me semble pourtant à portée du blogueur moyen. Aujourd’hui je fais court car je dois profiter des rares éclaircies pour avancer dans mon jardinage.

Allez, encore merci de consacrer un peu de votre temps à visiter « les Cénobites tranquilles », portez vous bien et à demain peut-être.