Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Kerlouan”

Page 1 de 1

La légende de Bran…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé, TRADITION

, , , ,

Amis de la peinture à l’eau et de la sardine à l’huile réunies, bonjour !

Nous sommes le lundi 19 novembre 2012, 29è jour de brumaire dédié au cormier. Il s’agit d’un bel arbre reconnu pour la dureté de son bois. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d’outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes…), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins , les dents rapportées sur la couronne en fonte de l’engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes). Ils existent quelques spécimens remarquables de cormier qui peuvent être plusieurs fois centenaire comme celui-ci dans le parc du château du Martreil non loin de Chemillé dans le Maine et Loire. Par chez moi, le 19 novembre, on célèbre les Bran. Oyez cette histoire.

Pas très loin de l’ermitage de Keramoal où réside votre serviteur, face à la mer, du côté de Kerlouan, quelques vieux connaissent encore la légende de Bran. Elle raconte le souvenir d’un combat livré par Even le Grand aux hommes du Nord. L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi lesquels le petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau, l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de Bretagne. 

Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille de Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. Chaque année, en novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose en haut du chêne et dit «chantez pour moi, oiseaux de mon pays, vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne ». Alors les oiseaux entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de bouger et fait silence pour les écouter ! 

C‘est la même légende qui est attachée à la présence des fameux corbeaux de la tour de Londres. Six corbeaux entretenus par le gouvernement. La légende des corbeaux de la Tour fut mise en place, principalement, par le chroniqueur médiéval Geoffrey de Monmouth, qui relata de nombreux mythes et légendes gallois. En 1136 Geoffrey de Monmouth écrivit Historia Regum Britanniae (Histoire des Rois de Bretagne). Dans ce livre, il mentionne un ancien roi britannique, Bran Hen de Bryneich (né vers 485), tué à la bataille, et qui avait demandé à ce que sa tête soit enterrée, comme talisman contre les invasions, à Gwynfryn (la Butte Blanche), lieu où la Tour de Londres se tient aujourd’hui. Un Yeoman Warder (nom des gardes de la Tour) tient le rôle particulier de ‘Maître-corbeau’ et s’occupe de les nourrir et de les soigner. Lorsque John Flamsteed, l’astronome, se plaignit au roi du fait que les corbeaux gênaient ses observations, Charles II fit déplacer l’observatoire jusqu’à Grennwich plutôt que de toucher aux corbeaux… Etonnant, non !

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.


 

C’EST NOUS LES CANUTS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , , ,

Amis du mutualisme social et des pieds paquets réunis, bonjour !

Le 21 novembre correspond au 1er jour de frimaire habituellement dédié à la Raiponce, jolie petite fleur bleue. L’allégorie qui représente frimaire est toute symbolique. La scène de chasse ne fait pas qu’allusion à la saison, mais aussi au
signe du Sagittaire (symbolisé en filigrane, en haut à droite),
correspondant à cette période.

En hiver, le ciel est aussi dominé par la constellation du Grand
Chasseur (Orion ). A l’inverse, le ciel d’été est dominé par le Scorpion
(à l’opposé dans le ciel ). Dans la mythologie, ce scorpion fut envoyé
par la déesse Gaïa (la Terre ) pour tuer Orion. La constellation d’Orion
est suivie par celles du Petit Chien et du Grand Chien.
Les bretons vont célébrer (ou pas) St Koulman. En fait il s’agit sans doute de St Colomban qui débarqua de son curragh du côté de St Malo après avoir traversé le Channel. Grand voyageur, il évangélisa l’Europe et du coup, le Vatican a accepté d’en faire le Saint patron des motocyclistes !  Nous sommes au milieu du VIè siècle, Clovis réunifie la Gaule et en Bretagne Armoricaine règne Judicaël.

Mille ans plus tard…
Le 21 novembre 1831, éclate sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Elle va se propager dans tous les quartiers ouvriers de la métropole. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise: « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ».


Cinquante ans plus tard, Aristide Bruant en fera cette chanson magnifique. Ce mouvement social est exemplaire à plus d’un titre ainsi que nous l’allons voir. Les canuts dont le nom vient de du mot canette ou bobine, sont des artisans qui tissent la soie à domicile sur leur propre métier à bras. Ils travaillent pour le compte des soyeux (les patrons) qui leur fournissent la matière première et récupèrent le produit fini. Il sont environ 6000 artisans qui emploient 30 000 compagnons. Tout cela pour 18 sous par jour et 15 heures de travail.

Après un accord arraché au préfet du département sur un tarif minimum que les soyeux refusent d’appliquer prétextant de la concurrence internationale et des contraintes du marché (cela ne vous rappelle rien ?), la colère éclate. Les canuts descendent de leur colline, drapeau noir en tête, et occupent le centre de Lyon. Après de nombreux combats, on compte une centaine de morts. Le maréchal Soult débarque à Lyon à la tête de 20 000 soldats, la ville est reprise, la garde nationale qui avait pactisée avec les ouvriers est dissoute, le tarif minimum abrogé et le préfet révoqué. En 1834, les canuts vont remettre le couvert et cette fois ci, c’est Thiers, celui là même qui quelques années plus tard écrasera la Commune dans le sang, qui va se charger de la sale besogne. 600 morts et 10 000 arrestations. A la chambre des députés, Casimir Perier, président du Conseil, s’exclame: « Il faut que les ouvriers sachent qu’il n’y a de remède pour eux que la patience et la résignation.« . Et alors, 180 ans plus tard…A vous de juger ! A lire, le livre de Jacques Perdu aux éditions Spartacus.

Voila pour ce dimanche, portez vous bien et à demain peut-être.

LA LEGENDE DE BRAN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , ,

 

Amis
de la Celte attitude et de la saint jacques « juste poëlée »
réunies, bonjour !

Pour
les Bretons, le 19 novembre marque la Saint BRAN.

Pas très loin de
Keramoal, face à la mer, du côté de Kerlouan, quelques vieux
connaissent encore la légende de Bran. Elle raconte le souvenir d’un
combat livré au 10ème siècle par Even le Grand aux hommes du Nord.
L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne
s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers, parmi lesquels le
petit-fils du Comte Even, celui qu’on appelle Bran le corbeau,
l’oiseau divin des celtes. Il ne reverra jamais les côtes de
Bretagne.

Le temps a passé ; à Kerlouan, sur le champ de bataille à
Neiz-Vran, un grand chêne domine le rivage. Chaque année, en
novembre, des oiseaux de mer se posent sur ses branches, des oiseaux
au plumage noir et blanc, avec une tâche de sang au front. Au cœur
de la nuit apparaît un jeune corbeau, bien fatigué, qui se repose
en haut du chêne et dit « chantez pour moi, oiseaux de mon pays,
vous qui n’êtes pas mort loin de la Bretagne
». Alors les oiseaux
entonnent un chant si beau que la grande mer salée s’arrête de
bouger et fait silence pour les écouter !

C’est beau comme un camion rouge…

 

Le
19 novembre c’est aussi la date anniversaire de la mort d’un grand
peintre et graveur Belge: James ENSOR.

Anarchiste,
symboliste et expressionniste, il est né à Ostende en 1860. Fils
d’un ingénieur Anglais ruiné, sa maman tenait une boutique de
souvenirs. En 1877, il s’inscrit à l’académie des beaux arts de
Bruxelles et commence à fréquenter les milieux artistiques de la
capitale. Il se lie avec Félicien Rops et le professeur Rousseau qui
vont l’introduire plus avant dans l’anarchisme. En 1881, il expose ses
premières oeuvres et va intégrer divers cercles artistiques
d’avant-garde mais, ses toiles ne suscitent qu’incompréhension et
refus de la part des salons d’Anvers et Bruxelles. C’est en 88 qu’il
peint le tableau qui le rendra célèbre par la suite: « Entrée
du Christ à Bruxelles
».Ici à droite.

Soutenu
par Emile Verhaeren (les villes tentaculaires), il expose au salon de
la « libre esthétique » puis à Paris en 1894 sans
pourtant soulever un grand enthousiasme. Pamphlétaire insolent et
savoureux, il ne rencontrera la reconnaissance officielle qu’à
partir de 1929, année où il devient citoyen belge et où la
bourgeoisie, pas rancunière, lui décerne le titre de Baron,
organisant une grande rétrospective de son oeuvre au palais des
beaux arts de Bruxelles.

 

Voilà
pour ce jour d’hui, 438è billet mis en ligne par « les
cénobites tranquilles ». Et comme il n’est jamais trop tard, voici un conseil de notre ami SINE pour le choix de votre beaujolpif mis en ligne sur sa zone. Merci de votre attention, de votre
indulgence à l’égard de l’auteur et surtout de votre fidélité.
Pour ceux qui, par le plus grand des hasards, auraient échappé à
cette recommandation, vous pouvez toujours voter pour ce blogue
(colonne de droite en bas). Portez vous bien et à demain peut-être.