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Tous les goùts (doux) sont dans ma nature…

Posté par erwandekeramoal dans LECTURE, PORTRAIT

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Amis de la poésie érotique et du riz pilaf réunis, bonjour ! Nous sommes le Vendredi 18 novembre 2016, 28è de brumaire dédié au coing… Alors que Pujadas, bravant tous les interdits, ose demander à Sarko où est passé le flouze, le blé, l’oseille, l’artiche, jusqu’à lui transporté par un commissionnaire de Kadhafi… Le cénobite se retourne plein de zénitude vers les chemins de la poésie… Vous ai-je déjà parlé de cette merveilleuse poétesse, enlevée à l’affection de ses admirateurs bien trop tôt ?

Renée Vivien, née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 », est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque. Renée Vivien était la fille d’une mère américaine et d’un père britannique fortuné qui mourut en 1886, lui laissant un héritage qui la mettait à l’abri du besoin. Après sa scolarité (au cours de laquelle elle se fait remarquer par son attachement pour son amie Violet VivienShillito) effectuée d’abord à Paris, ensuite à Londres, elle retourne, à sa majorité s’établir à Paris dans un luxueux appartement avenue du Bois de Boulogne donnant sur un jardin japonais. Elle voyagea beaucoup à travers le monde. Ainsi, le Japon, Mytilène et Constantinople figuraient au nombre de ses destinations préférées. Elle eut une relation orageuse avec Natalie Barney, qu’elle quitta, trouvant ses infidélités trop stressantes, refusant même, à son retour des États-Unis de la revoir. Natalie, qui ne se résigna jamais à cette séparation, devait faire des efforts acharnés jusqu’à la mort de Renée pour tenter de la reconquérir, y compris en lui envoyant des amis communs plaider en son nom. Elle eut, en revanche, une liaison plus stable avec la richissime baronne Hélène de Zuylen, pourtant mariée et mère de deux fils. En effet, Hélène lui apporta un équilibre émotif et une stabilité bénéfiques à sa création littéraire, rédigeant même quatre ouvrages en collaboration avec elle sous le pseudonyme collectif de Paule Riversdale.

Alors qu’elle était toujours avec Zuylen, Vivien reçut une lettre d’une mystérieuse admiratricrenée gauchee stambouliote, Kérimé Turkhan Pacha, l’épouse d’un diplomate turc d’où s’ensuivit, quatre ans durant, une correspondance intense, passionnée, suivie de brèves rencontres clandestines. En 1907, la baronne la quitta brusquement pour une autre femme, donnant lieu à toutes sortes de commérages dans la coterie lesbienne de Paris. Profondément choquée et humiliée, Vivien s’enfuit avec sa mère au Japon et à Hawaï, tombant sérieusement malade au cours du voyage. Le départ en 1908 de Kérimé pour Saint-Pétersbourg, pour suivre son mari en poste, mettant un terme à leur liaison, fut un nouveau coup dur pour Renée. Elle se tourna de plus en plus vers l’alcool, la drogue et les fantasmes sadomasochistes. De mystérieuses frasques sexuelles la laissant des jours entiers sans repos, elle recevait à des dîners au champagne des invités qu’elle abandonnait aussitôt qu’une amante exigeante la faisait demander.

« À l’instar de Natalie Barney, plus connue parce que plus mondaine, Renée Vivien a radicalement rejeté les valeurs machistes de son temps pour créer un univers exclusivement féminin, organiser des soirées littéraires et tenter de recréer un cénacle de poétesses à l’image de celui qu’à animé Sapho au VIe siècle avant Jésus-Christ. Ensuite et surtout parce qu’elle est la première femme, plus de vingt siècles après Sapho, à avoir bâti toute son œuvre sur l’affirmation de son amour renée saphopour les femmes, à une époque où le discours lesbien était l’apanage des hommes. De ce fait, elle peut être considérée comme un véritable précurseur, un pilier de la culture lesbienne contemporaine. » extrait du site Gouts-doux.fr Lors de son séjour à Londres en 1908, elle tente de se suicider au laudanum après s’être allongée sur son canapé en tenant un bouquet de violettes sur son cœur. Souffrant de gastrite chronique, due à des années d’abus d’alcool et d’hydrate de chloral, elle avait également commencé à refuser de s’alimenter. Au moment de sa mort, elle pesait à peine plus de 30 kilos. Morte au matin du 18 novembre, âgée de 32 ans, le décès fut attribuée, à l’époque, à une « congestion pulmonaire », mais sans doute attribuable à une pneumonie compliquée par l’alcoolisme, la toxicomanie et l’anorexie mentale.

« Dans mon âme a fleuri le miracle des roses.
Pour le mettre à l’abri, tenons les portes closes.
Je défends mon bonheur, comme on fait des trésors,
Contre les regards durs et les bruits du dehors. »

Voilà pour aujourd’hui, en attendant la suite, portez vous bien et à bientôt peut-être.