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Fourier et les dunes de Keremma…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

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Amis du confucianisme et de l’onglet aux échalotes réunis, bonjour ! Nous sommes le mardi 07 avril 2015, c’est le 18è jour de Germinal dédié à la cigüe  et ce qui suit n’a rien à voir… Quoique. Socrate, grand parmi les grands philosophes 220px-Cicuta_virosamourut lui même par la cigüe et les sorcières de MacBeth en font bel usage:  « … oreille d’un singe noir et de la ciguë arrachée un soir. Remplissez la chaudière et bouillez l’ensemble afin qu’opère ce mélange infernal, ce charme sans égal. » Vous remarquerez qu’avant la réforme de l’orthographe, on mettait le tréma sur le ë et les points sur les i; mais ceci est un autre histoire. Pour l’heure, nous évoquons un autre grand philosophe. François-Charles-Marie FOURIER.

Penseur et économiste français, théoricien d’un socialisme d’associations. Il est né le 7 avril 1772 à Besançon, dans une famille de commerçants aisés. Il fait des études dans un collège religieux de Besançon avant de renter en apprentissage à Lyon en 1791. Incorporé durant les événements révolutionnaires, il combat avec les fédéralistes lyonnais en 1793 puis en 1794 dans l’Armée du Rhin. Malgré fourier droiteson aversion pour le milieu marchand, il commence à travailler dans le commerce à Lyon, Marseille et Paris (où il finira par s’installer en 1826). A Lyon, il ouvre une boutique d’épicerie mais essuie un revers de fortune et est jeté en prison. Il sera dès lors un simple employé de commerce. Préoccupé par les problèmes sociaux, il écrit en 1805 un premier article dans le « Bulletin de Lyon ». Il vit modestement et se consacre à l’écriture. Contestant l’ordre social établi, il veut le remplacer par un nouvel ordre, basé sur les « Passions » afin de retrouver l’harmonie naturelle. Pour cela, il imagine le système du Phalanstère (communauté, à la fois coopérative de production et de consommation).

Ses livres seront incompris et sujets de railleries, et ne lui permettront pas de mettre en pratique ses idées de son vivant, même s’il connaîtra sur la fin de sa vie un début de reconnaissance. Il groupera pourtant autour du mouvement de « l’Ecole sociétaire », qu’il a impulsé à partir de 1814, de nombreux disciples dont Victor Considérant (qui le rejoindra en 1825) et qui continuera son oeuvre.
phalanstèreSa pensée est à l’origine de nombreuses réalisations tant en France qu’à l’étranger (comme au Brésil et aux Etats-Unis), et conservera un intérêt certain pour les révolutionnaires, les utopistes et autres réformateurs sociaux ou tout simplement les tenant de l’amour-libre. Par exemple, le Familistère de Guise fondé par Godin et à propos duquel j’ai fait un billet le 26 janvier de l’an passé. On peut imaginer encore que les idées de Fourier ne sont pas sans avoir influencé l’oeuvre de Le Corbusier. Ici à gauche, une aquarelle représentant le Phalanstère idéal. FOURIER est l’auteur de « La Théorie des quatre mouvements et des destinées générales « (1808), « Traité de l’Association domestique et agricole »( 1822), « Le Nouveau Monde industriel où sociétaire »(1829), « Vers la liberté en amour », etc. « La concurrence prépare les crises, ruine le plus grand nombre, élève une aristocratie mercantile, frappe à la fois les chefs d’usines et les ouvriers. Elle perpétue l’esclavage sous la forme du salariat. Le travail rebutant, inorganisé, mal payé, ressemble à un châtiment. La misère grandit avec l’abondance. Nos populations sont aussi malheureuses que celle d’Asie. » Le nouveau monde industriel ou sociétaire (1829).

Mais aussi, et cela est moins connu, une tentative de Phalanstère non loin d’ici sur les dunes de TREFLEZ (Finistère) en bordure de l’anse du Goulven. Un certain Louis ROUSSEAU emma2dans les années 1820 y créa une communauté, « la société rurale de Lannevez », sur un terrain sablonneux. Il y fit construire un manoir qu’il baptisa du nom de son épouse « Emma » que l’on voit ici à droite. Ainsi sont nées les dunes de Keremma. 300 hectares qui, exceptionnellement, sont restés en indivision depuis lors et qui voient chaque été, les descendants de la famille Rousseau se retrouver dans ces magnifiques maisons bourgeoises qu’ils ont fait fait ériger tout au long de la route entre Plouescat et Treflez et qui n’existent nulle part ailleurs.

Ah, on est loin du traité de Lisbonne… Portez vous bien et à demain peut-être.

De Kernis à Keremma…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

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Amis des sciences occultes et des coups de pied du même nom réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 15 février 2015, 27è jour de Pluviôse dédié au noisetier. C’est en allumant ma pipe que je je m’aperçois qu’aujourd’hui, c’est la saint Claude… Chez nous on dit Glaode. C’est Albert le Grand (1636) qui nous en parle dans sa Vie des saints d’Armorique:   Du Temps du Pape Vigilius & de l’Empereur Justinian I, l’an de salut 540, regnant en la Bretagne Armorique le Roy Hoël, dit le Faineant, II du 200px-063_Plougastel_Chapelle_Saint-Guénolé_Tryptique_Panneau_de_saint_Goulvennom, un certain personnage, nommé Glaudan, passa la Mer, &, quittant la grande Bretagne (qu’à present on appelle Angleterre), vint, avec sa femme Gologuenn, aborder la coste de Leon, en la Bretagne Armorique : étans sortis du vaisseau, ils prirent leur chemin le long du rivage, & arriverent en la Paroisse de Ploüider, distant de deux lieuës de la ville de Lesneven,&, voulant passer outre, la nuit les surprit en la greve qui est entre ledit Ploüider & Plou-neour-trez, de façon qu’ils furent contraints de chercher à loger, cette nuit, en un Village situé és paluds de Brengorut, mais le Païsan à qui ils s’adresserent, voyant que c’estoient des étrangers pauvres & necessiteux, les refusa, de sorte qu’ils furent contraints de loger en un lieu, nommé alors Odena, où Gologuenn accoucha dun Fils.
Le matin venu, Glaudan alla à la prochaine maison demander un peu d’eau, pour laver l’enfant & rafraischir la mere extrémement alterée ; mais, d’autant que la fontaine étoit éloignée de là, il en fut éconduit ; toutefois, un Païsan lui presta un vaisseau & luy monstra le sentier qui, à travers la forest, menoit à la fontaine. Estant entré un peu avant dans la forest, il s’égara, le chemin estant tout couvert de feüilles & rameaux ermitaged’arbres, & ayant perdu la pluspart de la journée pensant trouver cette fontaine ; enfin, sur le soir, il se trouva prés du lieu où estoit sa femme & son enfant. Voyant donc qu’en vain il avoit courru, d’ailleurs la necessité de sa femme, l’enfant foible & debile, il eut recours à Dieu, se jetta à genoux & luy présenta son humble priere, le supliant, la larme à l’œil, de les assister en cette extréme necessité. Sa priere finie, tout incontinent, une belle fontaine sourdit, distante seulement d’un jet de pierre du lieu où estoit gisante Gologuenn, de laquelle elle but, puis y lava son enfant ; prognostique que cét enfant, en faveur duquel cette fontaine fut miraculeusement produite, seroit une vive source de doctrine & sainteté, de laquelle les hommes puiseroient les eaux salutaires, pour rassasier la soif de leurs Ames altérées. Cette fontaine miraculeuse se voit prés l’Eglise de saint Goulven & s’apelle communément Feunteun Sant Goulven

Bon, je vous fait grâce de la suite car, c’est long, très long, très très long… Le bon père Albert le Grand aurait fait fortune dans l’écriture de scénarios pour les séries télévisées. Personnages, suspense, rebondissements, tout y est. Dès qu’un paroissien lui parlait de l’existence d’une source sacrée, d’un menhir ou d’un arbre liés à la très vieille et très ancienne tradition celtique et peut-être même plus ancienne encore; il sortait son petit calepin et inventait illico une histoire de saint garanti grand teint, fervent chrétien et si possible catholique. Voilà pourquoi il y a plus de saints en Bretagne que de jours dans les calendriers. Néanmoins, si vos pas vous conduisent dans le secteur, prenez le temps de visiter l’anse de Goulven, la baie de Kernic, les dunes de Keremma et le restaurant de la Butte à Plouider…

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

POURQUOI N’ALLEZ-VOUS PAS A PARIS ?

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la révolution tranquille et de la peinture à l’eau réunies, bonjour !

Juillet tire à sa fin, les agités de la seringue arrivent à Paris et du coup, ma fiancée et moi même avons reporté notre visite à la capitale pourtant programmée de longue date. N’y voyez pas une relation de cause à effet mais, mauvais temps, chassé croisé des vacanciers sur les routes, impératifs professionnels, bref, les conditions n’étaient pas réunies pour une ballade des plus tranquilles.

J‘emprunte le titre de ce billet à René-Guy Cadou, vous savez…L’odeur des lys.

Pour compenser, on est allé visiter une table locale qui nous tentait depuis un certain temps: L’hôtel restaurant « La butte » à Plouider. Accueil sympathique, service impeccable et, en entrée une terrine de foie gras fondante après une coupette d’un champagne « maison » (ils ont leur propre cru – veuve Becam), suivi d’un lieu jaune relevé à l’anis étoilé accompagné d’un Rully blanc de chez Jadot. Je passe sur la petite coquille au gingembre avec l’apéro et la mise en bouche du meilleur effet quoique un peu trop axé sur le poivron à mon goût. Une table tout à fait recommandable et qui se trouve à proximité des dunes de Keremma dont je vous ai déjà parlé à propos d’une tentative de phalanstère au début du siècle dernier.
Et puis tiens, puisque j’en parle, voici un conseil de lecture pour l’été: KEREMMA de François Lunel aux éditions Riveneuve.
Roman, poème d’amour, chacun se fera son op
inion. Ca se lit d’une traite et on se laisse prendre par ce tête à tête singulier, corps à corps éperdu entre un homme et une femme dans la solitude des dunes de Keremma.

A Douarnenez, le rassemblement de bateaux a permis de découvrir la mascotte « Poru » ! C’est à n’y pas croire, il s’agit d’un lapin…Quand on sait à quel point la bête est interdite de séjour sur les navires, c’est assez rigolo.
Le clou du spectacle restera sans aucun doute les tentatives pour faire entrer le Bélem dans la ria du Port-Rhu. Et pourquoi pas dans une bouteille pendant qu’on y est…

Pour ce qui me concerne, je préfère de Port-Rhu ce cimetière marin, théâtre de nos jeux d’enfant avant que les rond-de-cuir n’inventent le principe de précaution qui empêche aujourd’hui les gosses de grimper aux arbres.

Allez, vivement l’hiver, portez vous bien et à demain peut-être.