Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Jud”

Page 1 de 1

Le crime ne paie pas…

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

, , , ,

Amis de l’histoire ancienne et de la galette de Pleyben réunies, bonjour ! Nous sommes le lundi 02 décembre 2013, 12è jour de frimaire dédié au Raifort. Chez nous, on célèbre (ou pas) les TADEG. On peut dire aussi, Tudeg, en tout cas, cela vient 70622107_pdu vieux breton « tad » le père… Mon arrière grand-père se faisait appeler Tadig, petit-père. Tudeg a laissé son nom à la commune de Landudec en pays bigouden où il est invoqué contre la surdité (hein!). Mais l’histoire de ce saint, plus ou moins légendaire, se déroule plus haut en Cornouaille du côté du Faou. En effet, le seigneur du coin le fit assassiner en compagnie de son compagnon Jud alors qu’ils célébraient la messe.(à gauche une des rares statues de St Tudeg, ici à Poullaouen) Le seigneur du Faou donc, voyant sa cote diminuer dans les sondages, imaginât de mener campagne en stigmatisant ces étranges étrangers qui débarquaient avec leur religion sans oublier le bruit et l’odeur…

Il se répandait dans tout le canton en haranguant la foule : avec tous ces immigrés, la délinquance augmente ! A cette allure là, bientôt l’Armorique sera chrétienne. L’Armorique aux gaulois. Halte aux flux migratoires… Bref, autant de slogans 70622172_pqui flattaient les bas instincts de la populace. (C’est pas aujourd’hui qu’on verrait des choses pareilles, madame Michu). Puis, in fine, de la parole aux actes, il décida d’en finir définitivement avec deux de ceux là… Il faut reconnaître que le coin était propice aux immigrations grâce ou à cause de cette embouchure sur les voies maritimes. Aussi loin que remonte leur histoire, Daoulas et L’Hôpital-Camfrout ont été des lieux de passage : Légions romaines, pillards, colons, pèlerins, commerçants ont emprunté, au fil des siècles, les voies maritimes et terrestres qui se sont nouées ici.
Quelques siècles plus tard, les Bretons chassés de leur île par les Saxons sont venus en remontant les rivières comme les saumons. Parmi eux, Jaoua, fondateur légendaire de l’abbaye de Daoulas en 510.

- Euh, monsieur le cénobite, quel rapport avec Tadeg?

- Pas d’impatience, cher(e) lecteur(trice), voici la suite. (j’essaie d’imiter Madamedansmacuizine)

C‘est lui (Jaoua) qui fit rendre grâce au puissant seigneur du Faou qui avait massacré Tadec et Jud en le condamnant à 70626675_périger une abbaye qu’il devrait financer pour expier son double crime. D’où l’expression daou laz (double meurtre en breton). Aujourd’hui, l’abbaye de Daoulas est devenue un haut lieu de l’expression culturelle en Bretagne et a fondé sa réputation sur des expositions de renommée internationale orientées sur le thème des civilisations du monde. Mais si l’on en croit les experts de l’expertise, L’abbaye de Daoulas ne fut créée qu’au XIIè siècle soit cinq ou six cent ans après l’existence présumée de Tadeg. Personnellement je pense que Daoulas vient plutôt de Daou glaz que l’on pourrait traduire par deux ruisseaux, comme la « Mignonne » et le « Lézuzan » qui confluent sur cette commune.

Un millénaire s’est écoulé et on ne sait toujours pas à qui profite le crime… Allez, portez vous bien et à demain peut-être.