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Entre ici Jean…ZAY

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la satirologie et du pain bénit-oui-oui réunis bonjour ! Nous sommes, bon an mal an, arrivés ensemble jusqu’à ce jeudi 28 mai 2015, 9è jour de prairial, que nos amis fleurs serpoletrépublicains avaient dédié au serpolet. Vous ne pouvez pas vous tromper, le serpolet c’est bon pour tout. En infusion, en compresse, en bain, dans la cuisine, notamment avec les viandes blanches, ce proche cousin du thym est une vraie panacée. C’est le genre de truc qui devrait être remboursé par la sécurité sociale si cela ne risquait d’aggraver le déficit…

Ainsi donc voici panthéonisés quatre méritants supplémentaires. L’un d’entre eux a déjà fait l’objet de plusieurs billets sur ce blogue: Jean ZAY. Le cénobite, qui adore se faire des amis, décide de vous offrir une de ses œuvres plutôt que de rééditer l’éloge panégyrique que délivrent toutes les télés. Jean ZAY,  né le 6 août 1904 à Orléans, d’un jean Zay gauchepère lorrain et d’une mère issue d’une famille protestante orléanaise, fut un brillant élève avant de devenir journaliste au Progrès du Loiret, le quotidien radical que dirige son père et d’entamer en 1928 une carrière d’avocat. Il y traite quelques difficiles procès d’assises tout en continuant à militer activement au parti radical. Situé à l’aile gauche de son parti, favorable à l’alliance avec les socialistes, ses amis se nomment Pierre Cot ou Pierre Mendès-France. En 1932, Jean Zay, est élu député du Loiret. Juif, franc-maçon (initié à la loge Etienne Dolet), partisan de l’union des gauches et du soutien à l’Espagne républicaine, anti-munichois, Jean Zay est à peine entré en politique qu’il est déjà, pour une certaine droite, l’homme à abattre. 

Le poème qui suit a été écrit en 1924 par Jean Zay. Aujourd’hui, il vaudrait à son auteur amende et prison, pour injure au drapeau français. Mais, que l’on ne se méprenne pas en cherchant ici l’écho des diatribes d’extrême droite glaviotant sur le complot judéo-maçonnique; tel Céline qui se plaisait à dénoncer en 1938 dans L’École des cadavres le « négrite juif Jean Zay » en ajoutant au terme d’un délire verbal : « Mites ! Larves ! Je vous Zay ! », au lieu de « Je vous hais ». Non, « En un temps on l’on parle de crise des « valeurs républicaines », dans le relativisme ambiant , le grand mérite civique du Drapeau de Zay est qu’il nous aide à identifier et combattre tous les porteurs de drapeaux ennemis de la France républicaine, à différencier les patriotes des antipatriotes, les antifascistes des fascistes, l’esprit de résistance de l’esprit de collaboration. Il nous permet de donner l’exemple de « l’homme qu’il sut être » : un républicain et un patriote qui sut s’engager à l’âge d’homme dans la guerre contre les fascismes totalitaires alors qu’il aimait tant la paix depuis sa jeunesse. Ce n’est pas sans vertu patriotique. » Olivier Loubes – historien.

Le drapeau 

Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays,
Quinze millions dans tous les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?

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Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicle sous tes plis
Je te hais au nom des squelettes…
Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais à cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.

Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs

Extrait de Les Respects. 6 mars 1924.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

UN CRIME FRANCAIS…

Posté par erwandekeramoal dans HISTOIRE

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Amis de l’histoire de France et du pâté hénaff réunis, bonjour!

Nous sommes le mercredi 14 mars, 24è jour de ventôse dédié à la Pâquerette…

Ce soir, hélas à 0h 20, FR3 Bretagne diffuse le film de Catherine Bernstein: Jean ZAY, un crime français. Je profite donc de cette occasion pour vous reparler de ce  grand monsieur à qui j’avais consacré un billet au mois d’août 2010.

Né le 6 août 1904 à Orléans, d’un père lorrain d’origine juive et d’une mère issue d’une famille protestante Orléanaise, il fut un brillant élève au lycée Pothier, puis il devient journaliste au Progrès du Loiret, le quotidien radical que dirige son père, avant d’entamer en 1928 une carrière d’avocat au barreau d’Orléans. Il y traite quelques difficiles procès d’assises tout en continuant à militer activement au parti radical, où il relance la section d’Orléans des Jeunesses laïques et républicaines. Situé à l’aile gauche de son parti, favorable à l’alliance avec les socialistes, ses amis se nomment Pierre Cot ou Pierre Mendès-France.

En 1932, Jean Zay, est élu député du Loiret.Juif, franc-maçon initié à la loge Etienne Dolet, partisan de l’union des gauches et du soutien à l’Espagne républicaine, anti-munichois, Jean Zay est à peine entré en politique qu’il est déjà, pour une certaine droite, l’homme à abattre.Nommé ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts de juin 36 à septembre 39, il est le plus jeune membre du gouvernement de Léon Blum . Partisan de l’école unique et de l’égalité des chances pour tous, il instaure la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, l’harmonisation des programmes et le rapprochement des filières. L’orientation se fait selon les goûts des élèves, les effectifs sont réduits, l’éducation physique devient obligatoire et l’après-midi de plein air est créée. Par deux circulaires, Jean Zay s’inscrit contre les propagandes politiques et religieuses à l’école. Son action dans le domaine culturel et scientifique est tout aussi novatrice : aide à la création du CNRS, démocratisation des musées, politique de la lecture et défense d’un droit d’auteur, projet de statut du cinéma et d’un festival de Cannes…Quand il démissionne de son poste de ministre pour rejoindre l’armée et s’embarquer le 20 juin 1940 avec 27 autres parlementaires pour continuer à servir la France depuis le Maroc, le régime de Vichy s’empare de l’événement pour faire de Jean Zay et de ses amis des fuyards et des déserteurs.

Arrêté le 16 août 40 à Rabat, dans un climat terrible d’hostilité à la République, il est condamné, le 4 octobre, à la déportation à perpétuité» après un simulacre de procès. Le 20 juin 44, Jean Zay est assassiné par des miliciens lors d’un transfert de prison. Il faudra pourtant attendre jusqu’en 1994 pour que la vérité historique soit clairement établie.Son assassin lui, sera condamné au bagne à perpétuité. J’évoque souvent ici même les relents Vichystes que je pressens dans la politique actuelle de nos gouvernants…Jean Zay était le type même du bouc émissaire que la vieille droite revancharde voulait accrocher à son tableau de chasse après avoir « raté » Dreyfus. Aujourd’hui, si vous êtes Roms, musulmans,un peu bronzé et sans papiers…Faites attention en traversant la rue.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

UN PICON SINON RIEN…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la République républicaine et de l’appenzeller réunis, bonjour !

Oui nous sommes le 6 août et donc, le 19 de thermidor qui est généralement dédié à la gentiane. Magnifique fleur d’un bleu inégalable et dont les racines servent à plusieurs préparations dont le fameux Picon qui lui même entre dans l’alchimie du trop fameux PBC, Picon-Bière-Citron.


Je profite donc de cette date anniversaire pour vous parler d’une grand monsieur qui mérite bien de venir compléter notre galerie de portraits: Jean ZAY.

Né le 6 août 1904 à Orléans,
d’un père lorrain d’origine juive et d’une mère issue d’une famille
protestante orléanaise, il fut un brillant élève au lycée
Pothier, puit il devient journaliste au Progrès du Loiret, le
quotidien radical que dirige son père, avant d’entamer en 1928 une
carrière d’avocat au barreau d’Orléans. Il y traite quelques
difficiles procès d’assises tout en continuant à militer activement
au parti radical, où il relance la section d’Orléans des Jeunesses
laïques et républicaines. Situé à l’aile gauche de son parti,
favorable à l’alliance avec les socialistes, ses amis se nomment
Pierre Cot ou Pierre Mendès-France. En 1932, Jean Zay, est élu
député du Loiret.

Juif, franc-maçon initié à la
loge Etienne Dolet, partisan de l’union des gauches et du soutien à
l’Espagne républicaine, anti-munichois, Jean Zay est à peine entré
en politique qu’il est déjà, pour une certaine droite, l’homme à
abattre.

Nommé ministre de l’Education
nationale et des Beaux-Arts de juin 36 à septembre 39, il est le
plus jeune membre du gouvernement de Léon Blum . Partisan de l’école
unique et de l’égalité des chances pour tous, il instaure la
scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, l’harmonisation des
programmes et le rapprochement des filières. L’orientation se fait
selon les goûts des élèves, les effectifs sont réduits,
l’éducation physique devient obligatoire et l’après-midi de plein
air est créée. Par deux circulaires, Jean Zay s’inscrit contre les
propagandes politiques et religieuses à l’école. Son action dans le
domaine culturel et scientifique est tout aussi novatrice : aide à
la création du CNRS,
démocratisation des musées, politique de la
lecture et défense d’un droit d’auteur, projet de statut du cinéma
et d’un festival de Cannes…

Quand il démissionne de son
poste de ministre pour rejoindre l’armée et s’embarquer le 20 juin
1940 avec 27 autres parlementaires pour continuer à servir la France
depuis le Maroc, le régime de Vichy s’empare de l’événement pour
faire de Jean Zay et de ses amis des fuyards et des déserteurs.
Arrêté le 16 août 40 à Rabat, dans un climat terrible d’hostilité
à la République, il est condamné, le 4 octobre, à la déportation
à perpétuité» après un simulacre de procès. Le 20 juin 44, Jean
Zay est assassiné par des miliciens lors d’un transfert de prison.
Il faudra pourtant attendre jusqu’en 1994 pour que la vérité
historique soit clairement établie.

Son assassin lui, sera condamné au bagne à perpétuité. Mardi dernier j’évoquais ici même les relents Vichystes que je pressentais dans la politique actuelle de nos gouvernants…Jean Zay était le type même du bouc émissaire que la vieille droite revancharde voulait accrocher à son tableau de chasse après avoir « rater » Dreyfus. Aujourd’hui, si vous êtes Roms, musulmans,un peu bronzé et sans papiers…Faites attention en traversant la rue.

Allez, passez une bonne fin de semaine, portez vous bien et à demain peut-être.