Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Jean Grave”

Page 1 de 1

Le moine et le savetier …

Posté par erwandekeramoal dans LES BEAUX SAINTS

,

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour ! Ce lundi O4 mai 2015 correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec cette sale bête qui est le ver à soi, quand bien même par ici il soit surtout question du verre à soi… Tiens, justement, en Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui était, nous dit la chronique, un220px-Image_018.lit_de_Saint-Eneour supposé saint homme venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle et de l’Armorique réunis. Dans les monts d’Arrées, à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, par temps clair et avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales du bonhomme ainsi que la marque de son corps (photo de droite). Elle est située à environ un kilomètre au Nord de l’église, et à trois cents mètres à l’Est du manoir du Penhoat. Selon la légende, l’ermite, qui aurait laissé son nom à la paroisse, Plonéour-Menez, avait pour habitude de se retirer thumetteegliseplomeur-135x300en ce lieu pour prier et dormir. La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui, vous en conviendrez, n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de Galles. Mais bon, les paysans du Léon n’avaient pas encore inventé la Brittany Ferries… Il aurait été accompagné de sa sœur Thumette, on n’est jamais trop prudent. Thumette donc, Tunvezh en breton, qui était il n’y pas si longtemps encore un prénom très porté en pays bigouden, est toujours me dit-on aujourd’hui la patronne des marins au long cours, des Cap-horniers. L’église de Nevez regorgeait d’ex-votos de trois-mats et autres navires.

 

Tout à fait autre chose.

C‘est le 4 mai 1895 que paraît le premier numéro du journal Les temps nouveaux, à l’initiative de Jean Grave, dont j’ai souvent parlé ici même. Tiens, ça va faire plaisir à Michel: Jean Grave, faut-il le rappeler qui avait suivi l’enseignement des Frères des écoles chrétiennes jusqu’à l’âge de onze ans. Cet hebdomadaire qui vivra jusqu’en 1914 sera un formidable outil de propagande des idées anarchistes. De nombreux artistes et intellectuels y ont les temps nouveauxcollaboré: Kropotkine, Elisée Reclus, Octave Mirbeau, Felix Nadar… On peut voir ici, à droite, une lithographie de Maximilien Luce pour illustrer le supplément littéraire du journal. C’est donc plus de 900 numéros qui verront le jour ainsi que quelques suppléments et brochures consacrés à Malatesta, Elisée Reclus, Proudhon… Voici ce que l’on pouvait lire dès le premier numéro:Par ces temps de tripotages financiers, de réclame sans vergogne, la presse est devenue la servante de la banque et du commerce. Il est admis, aujourd’hui, qu’un journal ne peut vivre sans bulletin financier et qu’en abandonnant sa quatrième page aux petites correspondances amoureuses, aux marchands de « curiosités », aux charlatans de la « spécialité ». Sans capitaux et sans avance, nous lançons notre journal, ne comptant que sur l’appui du public intellectuel et la bonne volonté de ceux qui nous connaissent. Nous n’insérerons ni bulletin financier, ni réclame payée, ni annonces commerciales, n’espérant pour faire vivre notre journal qu’en la seule vente de ses numéros. Cette tentative réussira-t-elle ? – Au public d’en juger s’il doit continuer à servir le puffisme qui se fait sur son dos, ou apporter son concours à une œuvre d’idée.

Cela vous rappelle quelque chose ? En tous cas, ce petit billet m’a permis de découvrir ce qu’était le « puffisme », cet art de la réclame outrancière. De l’anglais to puff. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

Dans le mille, Emile…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , , ,

Amis de la lutte finale et du corned-beef réunis, bonjour ! Nous sommes le mercredi 18 février 2015 qui est le trentième et dernier jour de pluviôse, dédié au traîneau. Chez nousstguire3 aujourd’hui dans certains calendriers, on fête les Kireg qui laissa son nom à la station de Perros-Guirec. Sur la côte de granit rose, à Ploumanac’h,( ce nom de commune vient du breton Poul-Manach, le marais du moine; peut-être un cénobite) on trouve l’oratoire de Saint Kireg. Et puis tiens, je sais que vous êtes des milliers à attendre l’info avec fébrilité. Cette année se sont les Nordistes qui sont champions du monde de Bouloupok.

L’homme du jour est Emile ARMAND.

C‘était une p’tit gars qui s’appelait armand, n’avait pas d’papa, n’avait pas d’maman… Vous connaissez la célèbre chanson, et bien, cela n’a rien à voir avec ce qui suit. En vérité, Emile Armand s’appelait, Ernest Juin et est mort en février 1962. Fils d’ancien communard, le petit Ernest Juin, dit Emile ARMAND, ne fréquente pas l’école et c’est dans la bibliothèque paternelle qu’il fait son instruction. Il pratique néanmoins de nombreuses langues. Suite à la lecture de l’Ancien testament, il est secoué Emile A.vers l’âge de seize ans par une crise mystique qui le tourne vers la religion. Il fréquente les réunions de l’Armée du Salut, qu’il joint officiellement en décembre 1889. Vers 1895-1896, Armand découvre l’anarchisme à travers la revue Les Temps nouveaux de Jean Grave. L’activité anarchiste, pacifiste et antimilitariste d’Armand lui vaut d’être condamné et emprisonné à de multiples reprises. Arrêté le 6 août 1907, il est condamné à cinq ans de prison pour complicité d’émission de fausse monnaie . Il en profite pour rédiger le livre « Qu’est-ce qu’un anarchiste » (1908) qui constitue sa première synthèse. Après la mort de Marie Kugel, son amie, Armand se marie avec une institutrice, Denise Rougeault, qui le soutient financièrement et lui permet de se consacrer entièrement à l’action anarchiste. Sa situation matérielle assurée, ayant trouvé en Denise Rougeault la stabilité et une collaboratrice, il peut mettre son érudition, sa puissance de raisonnement et sa connaissance d’une dizaine de langues au service de sa révolte.

Il fait paraître « l’En-Dehors » pendant 17 ans.( Aujourd’hui, l’en dehors est un site d’informations à glisser impérativement dans votre blog-liste.) Il publie plusieurs dizaines de brochures, organise causeries et cercles d’amis. A l’intérieur de son individualisme libertaire, il continue de progresser et aboutit, entre autres, à la thèse de la « Camaraderie amoureuse ». Il collabore également à l'en dehorsl’Encyclopédie Anarchiste de Sébastien Faure.. Arrêté une troisième fois le 27 janvier 1940, il est condamné pour appel à l’insoumission le 16 avril suivant et est interné dans divers camps jusqu’en septembre 1941. L‘action militante d’Armand s’oriente également vers les «milieux libres» (les colonies anarchistes) où il prône l’amour libre, la camaraderie amoureuse, le naturisme et le refus généralisé des contraintes. Armand se définit par l’épitaphe qu’il se composa : « Il vécut, il se donna, il mourut inassouvi ».

Voila pour ce mercredi, lendemain de Gras; je vous parle de carna308ça parce que hier au soir au lieu d’aller faire du termaji* sur le port à Douarnenez, j’ai  concocté une fondue de poireaux à la crème safranée et sa ribambelle de saint-Jacques de la baie de St Brieuc (ça fait plus trois étoiles que: Poireaux  & coquilles), accompagnés, l’une et les autres d’un merveilleux Savennières…Un vrai plaisir, à consommer sans modération. Allez, ne soyez pas jaloux, portez vous bien et à demain peut-être.
*mot typiquement douarneniste que l’on pourrait traduire par: faire du reuz; du dismégans, aller en riboul, partir en jabadao. Allez: deus ta bugale, deus ta war an aod…

Le philanthrope libertaire…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, PORTRAIT

, , ,

Amis de la contrepèterie et des bêtes à cornes réunies, bonjour ! On approche de la fin de thermidor et celundi 11 août 2014 est consacré à l’Aunée, cette Inule appelée aussi herbe aux mouches. L’herbe aux mouches, qui se fait appeler encore inule squalleuse, herbe aux punaises, œil de cheval, chasse puces… n’a rien d’extraordinaire, malgré toutes ces aunéeappellations peu flatteuses. Autrefois, entre autres, on lui prêtait des pouvoirs insecticides, d’où ces noms qui font référence aux insectes. Du reste, son odeur n’est pas très agréable, mais elle est  appréciée des abeilles. On peut très bien passer près d’elle sans y faire attention.Elle affectionne particulièrement les terrains secs. Le sable du platier semble lui convenir. De ce fait on en trouve fréquemment sur nos dunes. Autrefois, on lui attribuait des vertus curatives et elle a été fréquemment utilisée en décoction pour soigner les contusions, les hernies, les blessures internes, etc… Elle a été appliquée en usage externe pour traiter les démangeaisons. Alors, ça vous chatouille ou ça vous gratouille ?

Le 11 août 1921 , mort de Léon PROUVOST, à St-Raphaël (Var), surnommé « Le Philanthrope libertaire ». Fils d’un fabricant de tissus de Roubaix, Léon Prouvost y avait suivi des études dans un collège religieux. Puis, après que l’affaire de ses parents ait périclité, il travailla à Lille dans l’agence d’assurance que ceux-ci avaient fondé, avant de s’installer en 1889 en Belgique où il fit fortune. En 1904, il se retira à Saint-Raphaël (Var) et commença à s’enthousiasmer pour l’anarchisme. Entré en contact avec André Lorulot, il s’intéressa à l’expérience de vie internationale noireen commun que ce dernier tenta en 1906-1907 à Saint-Germain. Il se lia également à Jean Grave  et collabora aux Temps Nouveaux. Devenu secrétaire de L’Emancipatrice, la section locale de La Libre Pensée, il lança dans La Guerre Sociale (30 mars 1910) un appel pour reconstituer la Libre Pensée dans le département et annonça la constitution d’une union de défense sociale du Var et des Alpes Maritimes dont il était le secrétaire. A partir de décembre 1911, il fut l’éditeur de La revue Sociale (Raphaël, 1911-1914, puis 1921, au moins 37 numéros), dans sa logique de Libre penseur, « l’anarchiste millionnaire », comme on le surnommait, avait même supprimé dans l’adresse la mention « Saint » de Saint-Raphaël.

Lors de la première guerre mondiale, il rompit avec Jean Grave, rallié à l’union sacrée et signataire du Manifeste des seize. En 1917 il organisa une bibliothèque circulante et publia en supplément à L’Idée Libre de Lorulot, une chronique du mouvement antireligieux. Pendant la guerre il collabora aux organes individualistes La Feuille de Jules Vigne, L’Idée Libre de Lorulot, Par dela la mêlée d’E. Armand, La Mêlée de Pierre idee_libreChardon et Maurice Charron, La Plèbe  publié par les opposants à la guerre. En  1919 , après avoir distribué des tracts antimilitaristes imprimés par Lorulot, il fut inculpé « d’incitation de militaires à la désertion » et aurait été condamné à un an de prison. Il collaborait à cette époque à Le Communiste  publié par Armand Lebrun et au Réveil de l’Esclave  dont les rédacteurs principaux étaient A. Lorulot, et M. Devaldés. Il publia également « Le code bolchevik du mariage ».  Soupçonné par la police de faire de la propagande « communiste et antimilitariste » au camp d’aviation de Fréjus, Léon Prouvost, qui était membre du Comité de Défense des marins de la Mer Noire, était perquisitionné le 27 juillet 1921. Quelques jours plus tard, le 11 août 1921 il se suicidait en se jetant dans le puits de sa propriété, après avoir légué une partie de sa fortune à Lorulot. Sources

Allez, encore merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

François Le Levé

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME

, , , ,

Amis du clabaudage et de la carabistouille réunis, bonjour ! Nous voici le jeudi Le_Leve_francois20 juin 2013, deuxième jour de Messidor dédié à l’avoine.                                                            Comme le disait mon aïeule: la pluie de juin fait belle avoine et mauvais foin. L‘homme du jour est un militant anarchiste breton, François Le Levé, né dans le Morbihan, à Locquimélic, en novembre 1882, décédé un 20 juin au retour de déportation au camp de Neuengamme.

 

En 1900, il entre comme apprenti à l’arsenal de Lorient. Il devient très vite un militant actif du syndicat des travailleurs du port, animateur du groupe libertaire des « temps nouveaux » et surtout, administrateur de la bourse du travail. En 58898161_p
contact avec Emile Masson, il collabore à la revue « Brug » (à ne pas confondre avec Bleun-Brug d’obédience catho. créée par l’abbé Perrot) qui tente d’implanter les idées libertaires dans le milieu paysan breton. Fiché au fameux « carnet B » des antimilitaristes, il va pourtant rejoindre Jean Grave et Kropotkine et signer le « manifeste des seize » en mars 1916 favorable à l’intervention armée. En 36, il participe aux comités du Front populaire et poursuit son action syndicaliste. En 43, sous le feu des bombardements qui frappent la ville de Lorient, il s’enfuit pour Vannes où il retrouve René Lochu (tu t’souviens Lochu ?) et prend part au comité départemental de la résistance. Il sera arrêté par la police allemande en mars 44 et déporté au camp de Neuengamme près de Hambourg. Libéré, il meurt d’épuisement le 20 juin 1945 durant le voyage de retour en France. Sources

Allez merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

 

To puff…

Posté par erwandekeramoal dans ANARCHISME, HISTOIRE

, ,

Amis de l’humour noir et du puffisme (voir plus bas) réunis, bonjour !

Ce 4 mai correspond au 15è jour de Floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec le taenia qui est le ver à soi…

C‘est le 4 mai 1895 que paraît le premier numéro du journal Les temps nouveaux, à l’initiative de Jean Grave, dont j’ai souvent parlé ici même. Cet hebdomadaire qui vivra jusqu’en 1914 sera un formidable outil de propagande des idées anarchistes. De nombreux artistes et intellectuels y ont collaboré: Kropotkine, Elisée Reclus, Octave Mirbeau, Felix Nadar… On peut voir ici, à droite, une lithographie de Maximilien Luce pour illustrer le supplément littéraire du journal. C’est donc plus de 900 numéros qui verront le jour ainsi que quelques suppléments et brochures consacrés à Malatesta, Elisée Reclus, Proudhon… Voici ce que l’on pouvait lire dès le premier numéro: « Par ces temps de tripotages financiers, de réclame sans vergogne, la presse est devenue la servante de la banque et du commerce. Il est admis, aujourd’hui, qu’un journal ne peut vivre sans bulletin financier et qu’en abandonnant sa quatrième page aux petites correspondances amoureuses, aux marchands de « curiosités », aux charlatans de la « spécialité ». Sans capitaux et sans avance, nous

Jean GRAVE

lançons notre journal, ne comptant que sur l’appui du public intellectuel et la bonne volonté de ceux qui nous connaissent. Nous n’insérerons ni bulletin financier, ni réclame payée, ni annonces commerciales, n’espérant pour faire vivre notre journal qu’en la seule vente de ses numéros. Cette tentative réussira-t-elle ? – Au public d’en juger s’il doit continuer à servir le puffisme qui se fait sur son dos, ou apporter son concours à une œuvre d’idée. »

Cela vous rappelle quelque chose ?

En tous cas, ce petit billet m’a permis de découvrir ce qu’était le « puffisme », cet art de la réclame outrancière. De l’anglais to puff. Sources:Ephéméride Anarchiste

 

Allez, merci à vous d’être passé, je vous sais très occupés par les temps qui courent, hé oui, libération: J-2, portez vous bien et à demain peut-être.

 

UN ARTISTE POINTILLEUX…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , , , ,

Amis du pointillisme et de l’eau de seltz réunis, bonjour !

Nous sommes le lundi 12 mars de l’an 2012, 22è jour de ventôse dédié au Persil… Demain nous commémorons l’anniversaire d’un peintre anarchiste : Maximilien LUCE. Allez, hop, dans la galerie…

 

Le 13 mars 1858, naissance de Maximilien Jules LUCE à Paris, (mort à Paris le 7 février 1941).
Peintre, graveur et militant anarchiste.
Enfant, il est témoin de plusieurs faits tragiques de la Commune de Paris. Dès 1881, il fréquente les anarchistes parisiens. Lecteur de « La révolte », il devient l’ami de
Jean Grave. En 1887, Pissaro, Seurat et Signac l’accueillent dans le groupe des néo-impressionnistes. Luce signe alors de nombreux dessins pour les journaux tels que « Le père Peinard », « La Révolte », « L’endehors », « La Feuille » etc. Il est à noter qu’en 1879, le 07 novembre pour être exact, il est incorporé au 48e régiment d’infanterie de ligne à GUINGAMP, au titre du service militaire, mais il peut regagner Paris en mai 1881. A droite, son portrait par Signac.

En 1894, faisant suite aux attentats de Ravachol, Vaillant, etc., il est arrêté et jeté en prison. Désigné comme « Anarchiste dangereux » ses dessins sont jugés « inciter le peuple à la révolte »(Procès des 30). Sur la vie carcérale, Luce réalise une série des lithographies, accompagnées d’un texte de Jules Vallès. Libéré, il collabore à la revue « Les temps nouveaux ».
En 1934, il assure la présidence de la Société des artistes indépendants. La même année, il signait une pétition appelant à la lutte antifasciste. Il a laissé de nombreuses toiles ayant pour thème la Commune de Paris comme « la mort de Varlin », (à gauche) Luce donnera plusieurs versions (sept versions répertoriées) de la mort d’Eugène Varlin sur laquelle il s’est longuement documenté par le biais de témoignages d’anciens communards et de lectures historiques.Le choix de cette figure de la Commune n’est pas gratuit. Membre du conseil de la commune, de la commision des substances et directeur général des approvisionnements militaires,
Eugène Varlin (1839-1871) tenta de s’opposer au massacre des otages de la rue Haxo, pendant la semaine sanglante. Il fut arrêté le 28 mai 1871 et aussitôt emmené sous les injures jusqu’à Montmartre avant d’être exécuté rue des Rosiers.

Si le temps ne vous manque pas de trop, vous pouvez visiter la galerie de portraits des cénobites, y’a que du beau monde. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

 

 

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , , ,

Amis de la jocrissade et du poulet basquaise réunis, bonjour!

Et bien voila, nous y sommes au 15 août…Si vous êtes impatient de finir le mois, dites vous que nous sommes le 28 de thermidor et que c’est le jour du lupin. Je connaissais la valeur décorative du lupin et ses fleurs de toutes les couleurs mais, un jour dans le Sud de la France j’ai découvert que ses graines saumurées étaient comestibles et que les autochtones les consommaient à l’apéro sous le nom de Tramousse.

En Amérique latine le lupin blanc est cultivé pour en faire de la farine et au Brésil ils en tirent une bière. Egyptiens, Incas et Mayas connaissaient déja cette plante protéagineuse fort nourrissante. Comme disait Lewis Carroll:Suivez ce lupin blanc… Et puisque nous sommes le jour de Marie, je vais en profiter pour vous parler de… Paul.

 

Le 15 août 1935, mort de Paul SIGNAC, à Paris.
Artiste peintre néo-impressionniste et anarchiste. A gauche, son portrait par Seurat.
Il naît le 11 novembre 1863, à Paris. Fils unique de riches commerçants, il peut donner libre court à sa passion pour la peinture. Sa carrière artistique débute en 1880, mais sa rencontre en 1884 avec Seurat est déterminante pour son orientation artistique. L’école néo-impressionniste vient de naître et il devient rapidement un de ses brillants représentants. A l’avant-garde des recherches picturales il en vient naturellement à s’intéresser aux idées révolutionnaires de son temps. La lecture de Kropotkine, d’
Élisée Reclus lui font découvrir les idées anarchistes.

Ami de Jean Grave, il va alors collaborer à partir de 1896 aux « Temps Nouveaux », revue qu’il aide également financièrement. Mais l’art purement militant ne l’intéresse guère, il lui préférera une libre expression de l’artiste plus à même de lutter contre les conventions bourgeoises. Nombre de ses tableaux représentent des paysages bucoliques de bord de Seine où de bord de mer, mais son Chef-d’œuvre, tant par sa taille (3 mètres sur 4) que par l’idée qu’il exprime, reste le célèbre Au temps d’harmonie qui décrit une société libertaire réalisée. D’abord désigné sous le titre de « Temps d’anarchie » et destiné à décorer la Maison du Peuple de Bruxelles, ce tableau nécessitera deux ans de travail (1893-1895) ici à droite.

Parmi les quelques portraits, notons celui de son ami Félix Fénéon où celui des « Démolisseurs » symbolisant admirablement l’assaut contre la société bourgeoise. Profondément anarchiste, le ralliement en 1914 de Jean Grave et Kropotkine en faveur de l’intervention guerrière lui causera un véritable traumatisme qui l’empêchera de peindre pendant trois ans. Il rejoint alors les pacifistes internationalistes autour de Romain Rolland, puis s’enthousiasme pour la révolution russe. Un an avant sa mort, il se mobilisera encore au sein d’un comité de vigilance des intellectuels antifascistes et de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires.

Voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

 

LES TEMPS NOUVEAUX…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

, , , , ,

 

Amis de l’humour noir et du blanc-manger réunis, bonjour !

 

Ce 4 mai correspond au 15è jour de floréal dédié au ver à soie, à ne pas confondre avec le taenia qui est le ver à soi… En Bretagne on célèbre les Eneour, Enewyr en gallois, qui doivent leur nom bien entendu à un supposé saint venu d’outre manche sur une barque de granite aux alentours du VIè siècle. Il fait partie de cette cohorte de saints que les évangélisateurs de la Bretagne ont imposé pour christianiser à marche forcée cette terre de païens. Un certain nombre de communes lui doivent leur nom à l’instar de Ploneour-Menez, Ploneour-Trez ou Ploneour-Lanvern, toutes dans le Finistère. La légende le fait débarquer en pays Bigouden, ce qui n’est pas le plus court chemin quand on vient du pays de galles vous en conviendrez. Il aurait été accompagné de sa soeur Thumette, on n’est jamais trop prudent. La légende toujours, le veut enterré dans l’église de Ploneour-Menez. Dans les monts d’Arrées, à quelques pas de Roc’h Trevezel se trouve une pierre remarquable que les autochtones nomment le lit de Eneour. On y voit, avec beaucoup de bonne volonté, l’empreinte du chapeau, du livre et des sandales de St Enéour ainsi que la marque de son corps. Si l’on en croit l’almanach des PTT (oui, je sais, je date un peu) c’est aujourd’hui la St Sylvain qui faisait dire à mon aïeule:c’est à la St Sylvain que vend son vin le malin… Bonne fête donc à Sylvain qui se reconnaîtra.

 

Tout à fait autre chose.

 

C‘est le 4 mai 1895 que paraît le premier numéro du journal Les temps nouveaux, à l’initiative de Jean Grave, dont j’ai souvent parlé ici même. Cet hebdomadaire qui vivra jusqu’en 1914 sera un formidable outil de propagande des idées anarchistes. De nombreux artistes et intellectuels y ont collaboré: Kropotkine, Elisée Reclus,Octave Mirbeau, Felix Nadar… On peut voir ici, à gauche, une lithographie de Maximilien Luce pour illustrer le supplément littéraire du journal. C’est donc plus de 900 numéros qui verront le jour ainsi que quelques suppléments et brochures consacrés à Malatesta, Elisée Reclus, Proudhon… Voici ce que l’on pouvait lire dès le premier numéro:Par ces temps de tripotages financiers, de réclame sans vergogne, la presse est devenue la servante de la banque et du commerce. Il est admis, aujourd’hui, qu’un journal ne peut vivre sans bulletin financier et qu’en abandonnant sa quatrième page aux petites correspondances amoureuses, aux marchands de « curiosités », aux charlatans de la « spécialité ». Sans capitaux et sans avance, nous lançons notre journal, ne comptant que sur l’appui du public intellectuel et la bonne volonté de ceux qui nous connaissent. Nous n’insérerons ni bulletin financier, ni réclame payée, ni annonces commerciales, n’espérant pour faire vivre notre journal qu’en la seule vente de ses numéros. Cette tentative réussira-t-elle ? – Au public d’en juger s’il doit continuer à servir le puffisme qui se fait sur son dos, ou apporter son concours à une œuvre d’idée.

Cela vous rappelle quelque chose ? En tous cas, ce petit billet m’a permis de découvrir ce qu’était le « puffisme », cet art de la réclame outrancière. De l’anglais to puff

 

Allez, merci à vous d’être passé, je vous sais très occupés par les temps qui courent, portez vous bien et à demain peut-être.