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IL JOUAIT DU PIANO DEBOUT…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

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Amis de la litote et du baechoffe réunis, bonjour !

Nous sommes le 15 décembre, il vous reste 15 jours pour préparer le réveillon, et c’est le 25è jour de frimaire dédié au grillon…

Vous vous souvenez de ce conte de Dickens le grillon du foyer ? J’ai en mémoire un maître d’école, oui, c’est comme cela que l’on disait à l’époque, qui ne jurait que par cet auteur. Je crois bien avoir fait des dictées de tous les contes de Noël que Dickens écrivait chaque année pour ses enfants.

 

Tout à fait autre chose.

Les cénobites tranquilles ne pouvaient passer sous silence le jour anniversaire de la disparition de FATS WALLER l’un des plus grands pianistes de jazz que la Virginie est connu. Thomas Wright Waller naît le 21 mai 1904 dans le quartier de  Harlem à New York (États-Unis). Son père, le prêcheur baptiste Edward Waller, lui enseigne dans sa jeunesse, dès six ans, quelques rudiments d’orgue à l’église et de piano à la maison. Il pense alors faire du garçon son successeur à la chaire dominicale. Mais, Fats préfère le swing des pianos bars à celui du gospel. Tout en jouant avec un sens du swing et une dextérité incroyable, « Fats » Waller régale le public de ses histoires ; ses performances qui le distinguent des autres pianistes attirent les foules qui le considèrent davantage comme un amuseur que le musicien surdoué qu’il est vraiment. Ecoutez « All That Meat And No Potatoes« 


Boulimique de la vie (enregistrements, tournées, bouffe, boisson), Thomas « Fats » Waller est au fond de lui désabusé de n’être pas pris au sérieux et de ne pas être considéré comme un vrai jazzman. La tournée californienne de 1943 est la dernière. Tombé malade durant un concert au club Zanzibar Room à Hollywood, le pianiste meurt d’une pneumonie dans le train qui le ramène de Santa Fé à New York, en gare de Kansas City, le 15 décembre. Ce jour là, le jazz perd l’un de ses premiers maîtres et l’un de ses meilleurs compositeurs et performers, dont la carrière aurait été toute autre sans les barrières raciales de l’époque.

On raconte qu’un jour, Fats Waller fut kidnappé par quatre  gangsters sous la menace de leurs armes et jeté dans une limousine. Étant noir et ses ravisseurs blancs, Fats était terrorisé. On l’emmena à une réception où on le fit s’asseoir au piano. Fats Waller était le cadeau d’anniversaire fait à AL CAPONE par ses hommes. Capone lui servit du champagne et remplissait ses poches de billets à chaque fois qu’il lui jouait un air à sa demande. Fats rentra chez lui au bout de 3 jours avec une gueule de bois et les poches remplies de billets… Quelle époque madame Michu!

 

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

MAILLETZ SONNANTS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis de la trompette à cornet et du cornet de frites réunis, bonjour !

Reprenons notre tour d’horizon des grands musiciens de jazz et aujourd’hui, coup de chapeau à Memphis SLIM.
De son vrai nom, John Len Chatman, il est né un 3 septembre en 1915. J’ai eu le bonheur de l’entendre à la fin des années soixante, c’était « aux trois mailletz », club de jazz du quartier St Michel à Paris et qui a vu passer les plus grands, une vraie cave comme on n’en fait plus.
Il s’est fait d’abord connaître sous le nom de Peter Chatman et ce n’est que bien plus tard qu’il a choisit le pseudonyme de Memphis Slim, nom de la ville d’où il est originaire.
Il commence à jouer du piano dans les années 1920 avant de partir pour Chicago où il rencontre Willie Dixon. C’est après une tournée en Europe qu’il s’installe à Paris.
On lui doit près de 300 albums mais j’avoue que j’ai un faible pour every days i have the blues.

L‘auteur-illustrateur Jean Claverie a dédié à Memphis Slim les deux livres pour enfants qu’il a consacrés au blues, Little Lou (1990) et La route du sud
(2003), s’inspirant de lui pour son personnage de petit pianiste.
Memphis Slim a préfacé le premier d’entre eux mais est mort avant
d’avoir pu voir le livre terminé.

On a souvent dit que le jazz de Memphis Slim était un peu trop sage, trop « propre sur soi », c’est peu être pour cela que notre ministre perpétuel de la culture, Jack Lang, l’a décoré de l’ordre des arts et des lettres.

Ici, c’est une photo de Coleman « aux trois mailletz », belle époque où l’on pouvait écouter de la bonne musique en buvant un coup et en fumant un clope…

Allez, voila pour ce vendredi de rentrée, portez vous bien et à demain peut-être.

WILLEM BREUKER KOLLEKTIEF…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du métissage absolu et de l’andouille de Guéméné réunis, bonjour !

Il y a quelques jours, nous apprenions la disparition d’un grand saxophoniste de free jazz, Willem Breuker.

«Il était le Duke Ellington de la free music», s’exclame Armand Meignan, directeur de l’Europa Jazz du Mans, dont il fut l’un des invités les plus fréquents. Né le 4 novembre (c’est une excellente date) 1944, le saxophoniste hollandais, un des pères de la free music, a bien connu le festival Manceau voué, dans sa genèse, au jazz européen de façon assez radicale. Il y fut l’invité en 1982 de l’indétrônable Régional Tour, qui lui fit sillonner les Pays de la Loire pour douze concerts. Breuker était de ces personnages à part dans l’histoire de la musique. Hors modes, tout sauf show-business.

Son parcours, marqué par son engagement social, avait commencé dans la rue et les usines. Une dimension politique qui a dominé son œuvre, tout à fait originale, qui se situe entre la tradition jazz américaine, le nouvel élan européen survenu au milieu des années 60, et des influences Kurt Weill. Sa musique, ouverte à tous les horizons, à toutes les influences laissait une grande part à l’improvisation et le Willem Breuker Kollektief qu’il avait crée, offrait de véritables spectacles qui relevaient autant du théatre que de la musique.

Pour des raisons qui me restent obscures il fut dédaigné des médias français. Il méritait bien un petit coup de chapeau. Salut l’artiste !

Voila donc pour ce samedi 7 août, vous avez surement remarqué le petit défaut dans la présentation qui est dû à la précipitation de l’auteur… En effet, je dois à présent vous quitter car aujourd’hui est jour anniversaire pour ma fiancée et je me dois aux préparatifs de la fête. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

ETRANGES FRUITS…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Amis du développement durable et des sauveteurs en mer réunis, réunis, bonjour !

Le 17 juillet 1959 c’est la disparition de Billie HOLIDAY, la plus grande d’entre les grandes dames du jazz. Alors, à tout seigneur, tout honneur ! Ce billet lui sera exclusivement consacré.

 

Elle était née à Baltimore en 1915. Enfance très difficile, viol à l’age de dix ans, couvent du bon pasteur…Jeune fille elle découvre Harlem, sa vie est faite d’hommes et de violences. Elle découvre aussi les boites clandestines où l’alcool coule à flots et où le jazz résonne du soir au matin. La petite Eléanora adopte le pseudo de Billie et connait ses premiers succès dans les clubs de harlem où elle chante pour quelques sous. Elle se lie d’amitié avec Lester Young qui la surnomme Lady Day. Elle accompagne également Duke Ellington qui la fait tourner dans son court métrage Symphony in black. Elle devient dès lors une des vedettes du jazz new-yorkais et la voici qui chante bientôt dans le grand orchestre de Count Basie. Mais ses tournées sont souvent écourtées notamment dans le sud où elle ne peut chanter ni même réserver une chambre ou entrer dans un restaurant avec les musiciens.
C‘est en 1939 qu’elle va interpréter Strange fruit, métaphore du lynchage des noirs. Mais c’est aussi l’époque de l’alcool et de la drogue et de ses liaisons féminines. Son nouveau compagnon Jimmy Monroe l’entraine vers la cocaïne, l’opium; il faut dire que c’est un escroc qui se retrouve rapidement en prison. Puis, malgré ses succès, c’est la dérive totale, dépression, drogue, alcool et retour vers la case prison. En 1951, c’est Louis MCKAY qui va contribuer à relancer sa carrière. Il faudra attendre 1954 pour qu’elle réalise un vieux rêve, une tournée en Europe. En 1955, Billie retrouve Carnegie Hall où elle participe au grand concert en hommage à Charlie Parker. Le 30 mai 1959 elle est admise à l’hospital où elle décèdera le 17 juillet victime de sa cirrhose et d’une insuffisance rénale.

Billie Holiday s’est produite seulement deux fois en France et uniquement à Paris. En 54 et en 58. A l’issue de son passage au Mars Club, voici ce que disait Françoise Sagan: « C’était elle et ce n’était pas elle, elle avait maigri, elle avait vieilli, sur ses bras se rapprochaient les traces de piqures…Elle sautait un couplet, se tenait au piano comme à un bastingage… » et la Sagan elle s’y connaissait en matière de came.

Aujourd’hui encore, dès les premières notes d’une de ses chansons, vous êtes saisis par cette voix à nulle autre pareille et qui vous serre la gorge comme un mauvais whisky. Mais bon, c’est pas non plus « la danse du canard » ou « le petit bonhomme en mousse« . Il faudrait des pages et des pages pour narrer la vie de cette artiste et ce blogue n’a pas une telle prétention. Comme disait BLIER dans les « tontons flingueurs »: « J’critique pas…J’évoque ! ».

Allez, merci d’être passé et merci pour vos commentaires toujours appréciés. Si vous partez, bonnes vacances, si vous revenez, bon retour, si vous ne bougez pas… Portez vous bien et à demain peut-être.

CA C’EST JAZZY…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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Barney Kessel est un guitariste de jazz américain, né le 17 octobre 1923 à Muskogee (Oklahoma) et mort le 6 mai 2004 à San Diego (Californie).

Né dans une famille modeste, Barney Kessel s’achète sa première guitare à 12 ans et apprend l’instrument en autodidacte. Dès l’âge de 14 ans, il se produit dans des formations locales. La principale source d’inspiration du jeune musicien est le guitariste Charlie Christian. Il semble d’ailleurs que ce dernier soit allé écouter son « jeune disciple », lors d’un passage à Oklahoma City en 1939. Barney Kessel va s’installer à Hollywood où il exerce des petits métiers alimentaires.

En 1943, Il est membre de l’orchestre, dirigé par Ben Pollack, qui accompagne le show de Chico Marx. Kessel se produit avec de nombreux musiciens de jazz et commence à se faire une solide réputation. En 1944, on peut le voir dans le court métrage « Jammin’ the blues » de Gjon Mili, aux côtés de Lester Young et Illinois Jacquet. Il fait partie des big bands de Charlie Barnet (1944-1945) et Artie Shaw (1945) tout en continuant une abondante carrière en studio.

En 1947, Kessell rejoint la troupe de Norman Granz et accompagne Charlie Parker lors de l’enregistrement du fameux « Relaxin’ at Camarillo ». En 1952-1953, il accomplit une longue tournée comme guitariste du trio du pianiste Oscar Peterson. Sous le nom des « Poll Winners », il enregistre quatre albums entre 1957 et 1960 qui connaissent un franc succès.

Catalogué un peu hâtivement comme étant un guitariste bebop, Barney Kessel est capable de s’adapter à tous les styles. On peut l’entendre avec des musiciens aussi différents que Louis Armstrong, Nat King Cole, Lionel Hampton, Ben Webster, George Benson et même Ornette Coleman. Il est aussi un exceptionnel accompagnateur de chanteuses et on a pu l’entendre aux côtés de Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, et Julie London (c’est lui qui tient la guitare sur le tube de cette dernière « Cry me a river » dans la vidéo).

Dans les années 1960, il se livre à des activité plus commerciales (séances « pop », musiques de films…). En 1973, il revient au jazz. On l’entend, entre autres, dans le quintette « Great guitars » (avec ses confrères Charlie Byrd et Herb Ellis). En 1992, il est victime d’une grave attaque cérébrale et doit restreindre son activité ce qui l’amène à connaître de sérieux problèmes financiers. Pour l’anecdote, Sacha Distel organise en novembre 2002 au Petit Journal Montparnasse à Paris, un gala exceptionnel de soutien. Barney Kessel s’éteint en juin 2004.

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Errata: Une erreur de photographie s’est glissée dans le post d’hier. A propos du prix Jean Vigo, c’est Pénélope Lévèque qui apparait, jeune actrice dans le court métrage de Katell Quillévéré « Imprudence » en 2007. Voici la bonne photo et,la réalisatrice est, ma foi, toute aussi séduisante. Gageons que son film saura séduire le jury Cannois.

Allez, je vais m’arrêter là pour aujourd’hui. Demain je vous présente un groupe musical qui vaut le détour mais…A chaque jour suffit sa peine et, peut-être êtes vous comme Bernard Shaw qui préférait un quart d’heure de mauvaise musique à une demie heure de bonne ! En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.


DE L’ART DE RAMPER…

Posté par erwandekeramoal dans Non classé

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PETIT CONSEIL DE LECTURE.

Voici que vient d’être rééditée une perle de la littérature qui, me semble t-il, trouve aujourd’hui tout son sel. Il s’agit de: «  Essai sur l’art de ramper à l’usage des courtisans » que l’on doit au baron d’Holbach, ami de Diderot. Aux ed. Allia pour la modique somme de 3 euros.

Philosophe français d’origine allemande, érudit et fortuné, Paul Henri Dietrich, baron d’Holbach est, grâce au salon qu’il anime, l’une des grandes personnalités de la vie parisienne. Sa formation aux sciences naturelles lui permet de collaborer à l’Encyclopédie pour des articles de chimie et de minéralogie.

Matérialiste et fataliste athée, Holbach s’oppose à toutes les doctrines religieuses, instruments du despotisme. Sans être vraiment novateur par les concepts qu’il développe, il emprunte ses idées aux sources les plus variées. Il les combine et les développe avec une grande hardiesse qui l’oblige à publier ses ouvrages sous un pseudonyme. Sa philosophie est exposée dans « Le christianisme dévoilé » et « Système de la nature », véritable code de l’athéisme. Il y décrit un univers entièrement déterminé par le principe de la causalité qui s’applique à toute la matière, excluant donc toute intervention divine. Ce sont la peur et l’ignorance qui conduisent les hommes à croire en Dieu et les poussent vers les religions.« L’homme n’est superstitieux que parce qu’il est craintif, il ne craint que parce qu’il est ignorant. »
(Paul Henri Dietrich, baron d’Holbach / 1723-1789 / Contagion sacrée / 1767). Un petit livre donc, à méditer en ces temps où il est à nouveau de bon ton de se montrer à la cour.

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Le 7 mars 1917 enregistrement du premier disque de jazz…

L‘Original Dixieland Jazz Band est un quintette de blancs américains formé par le cornettiste Nick la Rocca, les premiers a avoir enregistré un disque de Jazz en 1917. Il sont pour la plupart originaires de la Nouvelle Orléans mais ils se sont installés à Chicago puis à New York. Autoproclamés « créateurs du jazz » (The Creators of Jazz), les musiciens de l’Original Dixieland Jazz Band n’étaient pas de grands jazzmen. L’ODJB n’a d’ailleurs pas survécu quand, au début des années 1920, de vrais jazzmen ont commencé à être enregistrés. À l’ODJB revient le mérite d’avoir fait connaître le jazz, d’avoir ouvert la porte des studios à des musiciens plus intéressants et d’avoir éveillé des vocations chez de jeunes instrumentistes des années 1920. Bix Beiderbecke, par exemple, a toujours reconnu avoir été initialement inspiré par Nick La Rocca.

Note : le personnel de l’ODJB à l’époque de l’enregistrement « historique » de 1917 est : Nick La Rocca (cornet), Larry Shields (clarinette), Eddie Edwards (trombone), Henry Ragas (piano) et Tony Sbarbaro (batterie). A vos cassettes.

Et bien voila la fournée du dimanche, merci d’être passé et surtout, portez vous bien et, à demain peut-être.