Vous lisez actuellement les articles ayant les mots clés “Jazz”

Page 1 de 3

Le sax de Willem…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

,

Amis du métissage absolu et de l’andouille de Guéméné réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 07 Aout 2019, qui correspond au vingtième jour de Thermidor dédié à l’écluse. A l’été 2010, nous apprenions la disparition d’un grand saxophoniste de free jazz, Willem Breuker.

«Il était le Duke Ellington de la free music», si l’on en croit Armand Meignan, directeur de l’Europa Jazz du Mans, dowillem Breuker-D-nt il fut l’un des invités les plus fréquents. Né le 4 novembre (c’est une excellente date) 1944, le saxophoniste hollandais, un des pères de la free music, a bien connu le festival Manceau voué, dans sa genèse, au jazz européen de façon assez radicale. Il y fut l’invité en 1982 de l’indétrônable Régional Tour, qui lui fit sillonner les Pays de la Loire pour douze concerts. Breuker était de ces personnages à part dans l’histoire de la musique. Hors modes, tout sauf show-business.

Son parcours, marqué par son engagement social, avait commencé dans la rue et les usines. Une dimension politique qui a dominé son œuvre, tout à fait originale, qui se situe entre lbreuker3a tradition jazz américaine, le nouvel élan européen survenu au milieu des années 60, et des influences Kurt Weill. Sa musique, ouverte à tous les horizons, à toutes les influences laissait une grande part à l’improvisation et le Willem Breuker Kollektief qu’il avait crée, offrait de véritables spectacles qui relevaient autant du théâtre que de la musique. Pour des raisons qui me restent obscures il fut dédaigné des médias français. Il méritait bien un petit coup de chapeau. Salut l’artiste !

Allez, le bonjour vous va, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Ar mein glaz – La pierre bleue…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, ,

Amis de l’existentialisme sartrien et du poulet Stroganoff réunis, bonjour ! Nous sommes le Mercredi 02 janvier 2019, treizième jour de nivôse dédié à l’ardoise. À ciel ouvert ou souterrainement,faoukast l’exploitation de l’ardoise fut une des aventures industrielles les plus passionnantes de Bretagne. Débutée au XIVe siècle dans la région de Châteaulin, elle va s’étendre vers l’Est en suivant le canal de Nantes à Brest. La vitalité des ardoisières a profondément marqué la vie des régions où l’on a extrait ar maen glas, la pierre bleue.  En Bretagne armoricaine justement, ce jour est dédié à Koupaïa dont je vous ai parlé ICI.

Tout à fait autre chose.

Milt Jackson est né un premier Janvier (ceci explique cela)1923 à Detroit. C’était un vibraphoniste de jazz américain, et une des grandes figures du be bop. Milton « Milt » Jackson dit aussi « Bags » a forgé son style à l’écoute des boppers tout en restant proche de l’esprit du blues et des gospels. Il fut le premier vibraphoniste 260px-Milt_Jackson_and_Ray_Brown,_New_York,_between_1946_and_1948_(William_P._Gottlieb_04461)à jouer dans le style be bop. Il est découvert par Dizzy Gillespie en 1946 qui lui offre une place dans son sextet. Milt acquiert rapidement une solide expérience en jouant avec les plus grandes figures du jazz de l’époque : John Coltrane, Woody Herman, Howard McGhee, Thelonious Monk, et Charlie Parker. Dans le Big band de Gillespie, il joue en quartet avec John Lewis, Percy Heath, et Kenny Clarke quand la section cuivre prend des pauses.

https://youtu.be/vyTS7uzVM6A

Ce groupe deviendra le Modern Jazz Quartet (MJQ) qui suivra une belle et longue carrière indépendante de 20 ans jusqu’en 1974. Il est aussi invité par beaucoup d’artistes de jazz, blues et soul, par exemple B. B. King, Ray Charles, Miles Davis, etc. Sa composition Bags’ Groove (« Bags » c’est son surnom, qui vient des poches sous ses yeux quand il arrive en retard) est devenu un standard de jazz. (source wikipédia)

Allez, portez vous bien et à bientôt peut-être.

Je hais le nouvel an…

Posté par erwandekeramoal dans HUMEUR

, ,

Amis des années bissextiles et de la pizza trois fromages réunies, bonjour ! Nous nous retrouvons donc en ce Mardi 1er janvier 2019 dans les vapeurs à peine dissipées de cette nuit d’ivresse pour un nouveau parcours. Après moult hésitations, le cénobite a décidé de poursuivre cette aventure à laquelle vous êtes forcément associés. Pas de lecteur, pas de blogueur, aurait dit mon aïeule qui ne voulait jamais s’en laisser compter… Nous sommes le 12è jour du mois de nivôse dédié à l’argile. Plutôt que de vous enquiquiner avec mes états d’âme, je cède la parole à Antonio gramsci.

Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. On finit par croire sérieusement que gramsci-533x421d’une année à l’autre existe une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait des résolutions et l’on regrette ses erreurs etc. etc. C’est un travers des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire. Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie. Ainsi la  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante. Voilà Gramsci_tombepourquoi je déteste le nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve, fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation. Tout cela est écœurant.
(Antonio Gramsci, 1er janvier 1916 sur l’Avanti!, édition de Turin, rubrique « Sotto la Mole ») Traduit par Olivier Favier.

Allez, c’est reparti pour un tour, pour une nouvelle année, dix ans après le début de l’aventure. Portez vous bien et à bientôt peut-être.

Alors, ça jazze ?

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

, ,

Amis de la trompinette et du ris de veau réunis, bonjour ! Faut-il vous le rappeler, nous sommes le Lundi 16 Mai 2016, 27è jour de Floréal et c’est le jour de la civette; petit mammifère plus proche du bureau de tabac plus vieux de Parisblaireau que du chat d’après Buffon mais qui sent comme un putois. Les secrétions des glandes anales de la civette étaient utilisées en pharmacie et dans la fabrication des cigares ou de parfums d’où le nom de nombreux débit de tabac en manque d’imagination (celui-ci en photo est le plus ancien de Paris, il se trouve rue St-Honoré et existe toujours depuis 1716). Leur usage remonte à plus de 2 000 ans ; elles avaient la réputation d’être très appréciées de Cléopâtre; il est vrai qu’elle avait du nez… Il existe par ailleurs un café, que les connaisseurs jugent « le meilleur du monde » et qui est récolté dans les excréments d’une civette; le kopi luwak..

Allez, musique… Woody Herman de son vrai nom Woodrow Charles Herman, était un saxophoniste (alto & soprano), chanteur et chef d’orchestre de jazz américain. Né en 1913 dans une famille travaillant dans le vaudeville, Woody Herman apprend le saxophone à 11 ans et la clarinette à 14. À l’âge de 15 ans, il devient professionnel et joue dans de nombreuses formations dont les Isham Jones Juniors. C’est avec cinq des anciens musiciens de ce groupe, qu’en 1936 il forme son 220px-Woody_Hermanpremier orchestre. Ce big band, vite appelé The band That plays the Blues, enregistre Woodchopper’s ball en 1939, un titre qui le rendra célèbre. Après un remaniement de personnel, l’orchestre devient The First Herd (le premier troupeau). C’est pour cette formation qu’Igor Stravinski écrit Ebony concerto. En février 1942, le morceau Blues in the Night (My Mama Done Tol’ Me) est n°1 aux États-Unis. L’orchestre est dissous en 1946. De 1947 à 1949, Woody Herman dirige le « Second Herd ». La section de saxophones de cet orchestre, composée de Stan Getz, Zoot Sims, Herbie Steward (saxophone ténor) et de Serge Chaloff (saxophone baryton) et connue sous le nom des Four Brothers, est l’une des plus remarquables de l’histoire du jazz. Fin 1949, des difficultés financières poussent Woody Herman à dissoudre ce big band pour se produire en petite formation.

En 1950, il forme le Third Herd qui connait de fréquents changements de personnel et de dimension. À partir des années 60, Woody Herman va diriger d’autres grands orchestres : les Thunderings Herds. L’époque « héroïque » des big bands est révolue et le clarinettiste, pour faire survivre sa formation, engage essentiellement de jeunes musiciens issus des orchestres universitaires. Woody Herman, ruiné par les malversations de son manager, meurt d’une attaque cardiaque en 1987. Instrumentiste limité, il se considérait lui-même comme un « soliste moyen », fut surtout un exceptionnel meneur d’hommes. Il fit toujours preuve d’une grande ouverture d’esprit. En témoigne le répertoire de ses derniers Thundering Herds où se côtoyaient ses anciens succès de l’époque swing (Apple honey, Caldonia) et des compositions de John Coltrane ou Chick Corea. Il est évoqué dans le 280e des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.

Allez, voila pour aujourd’hui, portez vous bien et à demain peut-être.

Embraceable you…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

, , ,

Amis de la propédeutique et des œufs mollets réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 26 juin 2015, huitième jour de Messidor dédié à l’échalote. Autant vous dire que dans le Léon (pointe du Finistère) où réside votre serviteur, c’est fête nationale… Aujourd’hui,  je vous invite à (re) découvrir un trompettiste de jazz.

Clifford Benjamin Brown (ou de son surnom Brownie) est un trompettiste de jazz et compositeur américain né à Wilmington dans l’État de Delaware le 30 octobre 1930 et mort lors d’un accident de la route le 26 juin 1956. Dernier des huit enfants de la famille Brown, et dont le père rêvait d’avoir un descendant artiste de jazz, Clifford n’a pourtant commencé à jouer vraiment de la musique qu’à partir de 14 ans. Son père lui offrit pour son anniversaire une clifford gauchetrompette, qui attendait dans un écrin au fond d’un cagibi, mais qui attirait l’attention de l’adolescent depuis quelques années. En 1944, Clifford Brown commence à suivre des cours auprès d’un trompettiste local très doué, Robert Lowery, ami de Dizzy Gillespie. À l’âge de quinze ans, Clifford, devenu lycéen, approfondit auprès de Lowery ses connaissances musicales de façon intensive à la Howard High School, s’initiant même au piano, au vibraphone et à la contrebasse. Au début des années 50 il enregistre pour la première fois sous son nom pour le label Blue note. En 53 il rejoint Lionel Hampton pour sa grande tournée européenne.

En fin 1954, il accompagne Sarah Vaughan.  Ses derniers enregistrements en studio se font le 22 mars 1956 avec Sonny Rollins. Suivent deux enregistrements « live » avec Max Roach, et une ultime jam session en compagnie de musiciensclifford droite locaux au « Music City Club », à Philadelphie, le 25 juin 1956. La même nuit, Brown et Powell (le frère de Bud Powell) prennent la Pennsylvania Turnpike pour rejoindre Chicago dans une voiture conduite par Nancy, la femme de Richie. Sous la pluie battante, celle-ci perd le contrôle du véhicule et sort de la route. Aucun des trois occupants ne survécut à l’accident.  Clifford Brown étant tellement modeste qu’il a cherché tout au long de sa courte carrière à se faire oublier. Il a inspiré de nombreux artistes dont Wynton Marsalis.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

L’arrache-coeur…

Posté par erwandekeramoal dans PORTRAIT

, , ,

Amis de la trompette acoustique et de la chaussette à clous réunies, bonjour ! Nous sommes le mardi 10 mars 2015, 20è jour de ventôse dédié au cordeau. Bien entendu et, en vertu de ce qui va suivre, je me dois de préciser que pour les pataphysiciens Le 10 Mars 2015 est en réalité le Lundi 16 Pédale 142 Sts Templiers, adeptes.

Rendons hommage à un des grands bonhommes du début du XXè siècle qui aurait 95 ans aujourd’hui: Boris Vian est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né le 10 mars 1920, à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, aujourd’hui Hauts-de-Seine), mort le 23 juin 1959 à Paris. Il fut aussi ingénieur de l’École centrale, Boris 1inventeur, scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur d’occasion et peintre. À douze ans, Boris est victime d’un rhumatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique. Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en fera la cible de l’affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L’Herbe rouge, et plus encore dans L’Arrache-cœur. Il fait ses études primaires et de collège au lycée de Sèvres (1927-1932), puis entre au lycée Hoche de Versailles, de la troisième à la classe de Philosophie (1932-1936). S’il passe avec facilité la première partie du baccalauréat en 1935, il est contraint de suivre une seconde terminale au lycée Condorcet, à Paris, où il obtient le baccalauréat final A-philosophie, avec option mathématiques. Il suit les classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques au lycée Condorcet et entre à l’École centrale Paris en 1939.

À la fin de ses études, il travaille comme ingénieur à l’Association française de normalisation (AFNOR) de 1942 à 1946, où il profite de ses instants de liberté pour écrire et jouer de la musique jazz. Le 5 juillet 1941, il épouse Michelle Léglise à Paris. Il fréquente les cafés de Saint-Germain-Vian Sartredes-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l’époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L’Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis. Son premier roman célèbre est J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan l’un des nombreux pseudos qu’il utilisera, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu’il est retrouvé sur les lieux d’un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S’ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c’est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz ». 1951 et 1952 seront borisvian-trompette-1958des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948, et vit difficilement de traductions dans une chambre de bonne, au 8 boulevard de Clichy. Il n’a plus un sou mais le fisc s’acharne à lui soutirer des impôts anciens qu’il ne peut payer. Son esprit fécond l’amène cependant à collaborer au Collège de Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis Satrape en mai 1953. En 1954, il se remarie avec Ursula Kübler. Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J’irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu’il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s’effondre dans son siège et, avant d’arriver à l’hôpital, meurt d’une crise cardiaque. Le Collège de Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».

Chacun se souvient de « l’herbe rouge », de « l’arrache-cœur », de « j’irai cracher sur vos tombes », de « l’écume des jours »; et ses célèbres chansons écrites pour Salvador, Gréco, Mouloudji, Reggiani…La plus fameuse est sans doute « le déserteur », longtemps interdite à cause du dernier couplet litigieux: « si vous me poursuivez, prévenez vos gendarmes que je possède une arme et que je sais tirer ». Couplet qui fut tardivement transformé par Vian à la demande de Mouloudji: « …Prévenez vos gendarmes que je n’aurai pas d’armes et qu’ils pourront tirer ». Bon, des « comme ça » on n’en fait plus, le moule est cassé. C’est bien simple, de Boris Vian, j’aime tout, sans modération, sans condition…

Allez, surtout n’hésitez pas à repasser, les « cénobites tranquilles » c’est un peu comme le bistro (avec ou sans T, c’est comme on veut) du coin, c’est ouvert tous les jours. En attendant, portez vous bien et à demain peut-être.

Tiens, un peu de Boogie…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

, , , , ,

Amis de la botanique (nique-nique) et de la salade de cresson réunis, bonjour ! Nous sommes le samedi 12 juillet 2014, 24è jour de Messidor, Toreille (66) - 16/04/2008dédié à l’Orcanette. Oui je sais, y’en a pas beaucoup par ici… L‘orcanette des teinturiers est une plante méditerranéenne de la famille des Boraginacées, l’un des rares représentants du genre Alkanna en France. Sa racine rouge servait autrefois à faire de la teinture, d’où son qualificatif. Elle est très basse et très velue, et pousse le plus souvent sur les sables du littoral, en touffes plus ou moins circulaires.

Allez, retour au Jazz et au saxo. 12 juillet: Anniversaire de la mort de Benny Carter. Dans les vieux 33t, on trouve encore l’orthographe Bennie Carter et même Paul-Bennie Carter. Ce natif de New-York était un génial touche à tout: Benny Cartertrompettiste, saxophoniste, chanteur, arrangeur, compositeur et chef d’orchestre. Il a été un des grands du Jazz des années trente jusqu’à 1990. Il est mort en 2003 à Los Angelès. Benny  Carter a passé son enfance à Harlem en compagnie de Duke Ellington et de Bubber Miley auprès de qui il a appris la trompette. Quand il comprit qu’il ne jouerait jamais aussi bien que lui, il troqua sa trompette pour un saxophone. A 15 ans, il enregistre son premier disque (1927), un an plus tard il crée son propre big band. En 1935 il part pour l’Europe et devient l’arrangeur de l’orchestre de danse de la BBC.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Entre Europe et États Unis, il va jouer, chanter et composer jusqu’à ses 90 ans. Il travaille pour les plus grands, Ray Charles, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Louis Armstrong. Son plus grand succès a sans doute été: Cow Cow Boogie que l’on entend ici interprété par Ella Fitzgerald. Il reste un des premiers noirs à avoir écrit de la musique de film. Il a beaucoup inspiré Quincy Jones quand celui-ci a commencé à écrire pour le cinéma et la télévision. Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être?

Le roi du swing…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

, , , , ,

Amis de Blaise Pascal et de la panse de brebis farcie réunis, bonjour ! Nous sommes le vendredi 30 mai 2014, onzième jour de Prairial dédié à la fraise, ce qui laisse à penser que nous ne sommes guère éloignés de la fin du mois.

Tiens, c’est le jour anniversaire de la naissance de Benny Goodman: 30 mai 1909 à Chicago. Clarinettiste exceptionnel, on lui a attribué le titre de Roi du Swing.  Il est le neuvième des douze enfants de David Gutman et Dora Grisinsky, immigrants modestes de l’Empire russe. C’est à l’âge de 10 ans qu’il prend Benny-Goodmanpour la première fois une clarinette, au cours de musique donné à la Kehelah Jacob Synagogue, dont il intègre l’orchestre à l’âge de 11 ans. Avec toute la détermination qu’il possède, il devient professionnel à l’âge de 14 ans, et son salaire lui permet d’aider sa famille. Il est âgé de 16 ans lorsqu’on lui demande de se joindre à un groupe de musique basé en Californie dirigé par Ben Pollack, avec qui il fait ses premiers enregistrements. C’est en 1929, après son séjour en Californie, qu’il s’établit à New York. Il se produit dans de nombreuses formations et dirige plusieurs orchestres.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

En 1934, il crée un big band qui deviendra un des orchestres les plus populaires de l’ère du swing. Cette même année, lui et son orchestre passent une audition pour participer à une émission radiophonique de la NBC (National Broadcasting Company) intitulée Let’s Dance. Il obtient le contrat et, pendant quintetcette émission, joue en rotation avec deux autres orchestres ayant un style de musique différent.  C’est en juillet 1935 que naît le Benny Goodman Trio, grâce à l’arrivée de Teddy Wilson. Rejoint par Lionel Hampton en août 1936, il devient le Benny Goodman Quartet. Photo de gauche: Charlie Barnett – Tommy Dorsey – Benny Goodman – Louis Armstrong – Lionel Hampton. En formant ces petits groupes, Benny est un des premiers musiciens blancs à embaucher, à une époque où sévit une ségrégation raciale, des musiciens noirs. Le premier est le pianiste Teddy Wilson en 1935. Suivent le vibraphoniste Lionel Hampton, le guitariste Charlie Christian et le trompettiste Cootie Williams (ces deux derniers musiciens font également partie du big band).
Enfin, le 16 janvier 1938,  le Carnegie Hall lui ouvre ses portes. C’est dans ce temple de la musique américaine, situé dans la septième avenue en plein cœur de New-York, et où plusieurs grands artistes débutèrent leur carrière (la salle est également la maison de l’Orchestre philharmonique de New York), qu’a lieu la consécration pour Benny Goodman.  Lors de ce concert Carnegiehistorique Benny Goodman, que l’on entend jouer avec Harry James, Ziggy Elman, Teddy Wilson, Jess Stacy, Lionel Hampton et le batteur Gene Krupa partage aussi l’affiche avec des invités prestigieux comme Duke Ellington et Count Basie. C’est également dans cette salle que Benny Goodman débute sa carrière de soliste. En 1947, Benny Goodman dissout son Big Band. Il se produit à partir de cette date essentiellement comme leader de petites formations. Il meurt d’un arrêt cardiaque le 13 juin 1986 à New York à l’âge de 77 ans. On l’enterre au cimetière Long Ridge à Stamford, dans le Connecticut. Cette même année, il est honoré du Grammy Lifetime Achievement Award. Toutes les partitions que Benny Goodman a écrites ont été léguées à l’Université Yale après sa mort.                                        Allez, merci de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

Hey, Jo …

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

, , , , , ,

Amis de la tradition et du café-cognac sans café, bonjour ! Nous sommes le jeudi 24 avril 2014, c’est vous dire que les choses ne traînent pas et c’est le cinquième jour de Floréal dédié au rossignol. Ah, Luis Mariano ! Vous vous souvenez: il était une fois, une fille de ch-phelan-segur-1970roi, au cœur plein de tristesse… Pour l’heure, en Bretagne on célèbre (où pas) les Felan (Phelan en irlande). J’ai bien connu un Phelan-Ségur du côté du bordelais qui faisait la part belle au Merlot et au Cabernet-Sauvignon. On dit qu’à l’origine de ce domaine il y a un irlandais du nom de Bernard Phelan au début du XIXè siècle. Aujourd’hui on écrit Phélan-ségur avec un accent allez savoir pourquoi. A n’en point douter c’est bien un saint-Estèphe dans toute sa splendeur alors que le St Felan de Bretagne se distingue par sa discrétion et son absence totale de notoriété.

Tout à fait autre chose.

Joe Henderson  naît à Lima dans l’Ohio dans une famille de 15 enfants. C’est à sa famille qu’il dédiera son premier album pour les remercier « d’avoir été aussi compréhensifs et tolérants » pendant ses années de formation.  Joe accomplit deux ans (1960–1962) de service militaire : d’abord à Fort Benning, où il participe à un concours des jeunes talents militaires et remporte le premier prix et à Fort Belvoir, où il est choisi pour faire partie d’une tournée mondiale destinée à distraire les troupes. Alors qu’il se trouve à Paris, il rencontre Kenny Drew et Kenny Clarke. Il est ensuite envoyé dans le Maryland.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

Après son service militaire, il s’installe à New York où il est pris en main par le trompettiste Kenny Dorham. Chaque soir, ils vont écouter Dexter Gordon jouer au Birdland au Birdland, le club mythique de la 52ème rue où le prince du ténor dirige la « jam session » tous les lundi.  Un soir, Gordon lui demande de jouer avec son groupe et c’est évidemmentJoe Henderson - Tony 4 avec joie que Joe accepte l’invitation. Joe Henderson fait un carton ce soir la et partage les applaudissements du public au même titre que Dexter Gordon lui-même. De 1963 à 1968, il enregistre en sideman sur une trentaine d’albums du mythique label Blue Note. Début des années 70, l’engouement pour le jazz commence à fléchir, les séances deviennent moins nombreuses pour la plupart des jazzmen. Joe Henderson se plonge dans l’enseignement à San José en Californie, mais est toujours fréquemment demandé dans les grands festivals internationaux.

C’est en 1985 que Blue Note décide de mettre Joe Henderson en première ligne, avec le merveilleux The State Of The Ténor-Live avec Ron Carter à la basse et Al Foster à la batterie, considéré par la chronique comme le meilleur album de trio avec ténor depuis le Night At The Village Vanguard de Sonny Rollins en 1957. Du be-bop au hard-bop, au jazz d’avant joe_hendersongarde, aux rythmes sud américains, au latin jazz, en passant par la soul, le jazz fusion ,le smooth et le funk, on peut certainement citer le nom de Joe Henderson comme celui d’un très grand saxophoniste ténor au service de la musique, d’un professionnel philosophe au service des artistes, comme d’un poète ou d’un écrivain au service de l’art en lui même. Si le son très personnel de Joe Henderson, entre John Coltrane, Lester Young et Dexter Gordon a discrètement bercé le jazz tout entier, aux aléas des modes de ces dernières décénnies pour finalement venir exploser au grand jour sur la fin de sa vie et juste avant l’an 2000, c’est que Joe Henderson mérite véritablement son statut du dernier des « titans ».

Joe Henderson décède le 30 juin 2001 à 64 ans d’une insuffisance cardiaque après une longue lutte. Il est enterré au Dayton National Cementery, dans l’Ohio, parmi plus de 44 000 autres vétérans de l’Armée des États-Unis. Sources: Arnaud Syllard. Allez, merci beaucoup de votre visite, portez vous bien et à demain peut-être.

CASSOULET BLUES…

Posté par erwandekeramoal dans JAZZ, PORTRAIT

, , , ,

Amis du swing éternel et de la soupe à l’oseille réunis, bonjour ! Nous sommes le dimanche 20 avril 2014, premier jour de Floréal dédié à la rose, et, je ne peux faire autrement qu ‘évoquer ce musicien flamboyant au swing incomparable et qui a su donner au vibraphone ses lettres de noblesse. Cher lecteur, entends-tu les clochettes tintinabuler ? Cela s’appelle Flying Home et c’est daté de 1957.

The video cannot be shown at the moment. Please try again later.

 

Lionel HAMPTON, surnommé  » Hamp « , joue un rôle éminent dans l’histoire du jazz. Il est né à Louisville, Kentucky, le 20 avril 1908. Lionel est entré dans la légende grâce à ses interprétations d’une virtuosité époustouflante.  » Mon oncle travaillait avec le célèbre gangster Al Capone, qui se montrait fort bon avec les Noirs, en particulier les musiciens de jazz « . Avec de telles relations, il était normal que Lionel s’installe avec sa famille à Chicago pour tambouriner, non pas Lionel 2sur la tête d’Eliot Ness, mais sur la grosse caisse de l’orchestre d’enfants du Chicago Defender Newsboys Band qui l’accueille à partir de 1920.1930 marque une étape importante puisqu’il rencontre Louis Armstrong avec lequel il enregistre le premier solo de vibraphone jamais effectué en jazz :  » Louis a été comme un esprit descendu du ciel ! Lorsque je me produisais avec lui, j’étais au paradis « .En 1936 il se fait engager dans le quartette du célèbre clarinettiste Benny Goodman, entouré des meilleurs jazzmen de l’époque tels Duke Ellington ou Count Basie.Sa carrière explose en 1940 il fonde sa propre formation qui connaît un succès immédiat et devient un des plus célèbres big bands de l’époque, où se produisent des héros du jazz tels Quincy Jones, Art Farmer, Dexter Gordon et Charles Mingus. A partir de 1953, il part à la conquête de l’Europe et enregistre à Paris avec Mezz Mezzrow, Claude Bolling, Alix Combelle, Jean-Claude Pelletier et Guy Lafitte…

En 1992, alors âgé de 83 ans, il donne un show à Bobino au cours duquel il est atteint d’une attaque cardiaque. Emmené sur une civière, il hurle à ses musiciens de continuer à jouer… » Je ne peux pas décrocher…  » dit Hamp qui continue à swinguer à travers la planète jazz. Retour en France du jeune homme de 90 ans en avril 1999, avec une série de concerts à l’hôtel Méridien. Car  » Hamp  » aime profondément la France où Lionel 1il a d’ailleurs créé le Jazz Club Lionel Hampton à Paris.  » Dans votre pays, j’ai été intronisé par la Confrérie du cassoulet… Ça ne s’oublie pas « . D’ailleurs n’a-t-il pas composé un succulent  » Cassoulet Blues  » ? Car  » Hamp  » est aussi glouton de bonne chère que de rythmes endiablés…Virtuose inégalable du swing à outrance qu’il manie avec des techniques insensées, il est aussi l’un des pionniers du rock and roll avec certains de ses tubes comme  » Hey-ba-be-re-bop « . Mais HAMPTON n’est pas seulement un jazzman génialement exubérant. C’est avant tout un artiste conscient de ses responsabilités, créateur d’une fondation destinée à la construction d’immeubles dans Harlem. C’est aussi le premier jazzman noir à avoir intégré le quartette non racial de Benny Goodman. Car  » Hamp  » s’est engagé courageusement contre la ségrégation et a défendu Nelson MANDELA et Malcolm X :  » J’ai toujours eu de l’amour pour ces hommes qui ont combattu pour la liberté. Nous nous devions de les soutenir « 

Allez, merci à vous pour la visite, portez vous bien et à demain peut-être.